Le diabète gestationnel, également appelé diabète de grossesse, est une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse et disparaît généralement après l'accouchement. Il se caractérise par une hyperglycémie, c'est-à-dire un taux de sucre élevé dans le sang, qui survient chez une femme enceinte qui n'avait pas de diabète auparavant. Ces dernières années, on a constaté une augmentation significative du nombre de diabètes apparus au cours de grossesses.
Comprendre le diabète gestationnel
Selon la définition de l’Assurance maladie, le diabète gestationnel, ou « diabète de grossesse », est une augmentation de la glycémie (hyperglycémie) qui apparaît pendant la grossesse et disparaît après l’accouchement. Il a un impact sur la santé de la mère et de l’enfant. Il faut bien le différencier d’une grossesse se déroulant dans le contexte d’un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2 déjà posé chez la mère avant sa grossesse.
En France métropolitaine, la prévalence du diabète gestationnel a tendance à augmenter. Elle était de 16,4 % en 2021 contre 10,8 en 2016.
Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse mais il peut aussi installer un diabète de type 2 quelques années plus tard. Une étude française a montré que 35% des femmes atteintes de diabète gestationnel développent un « vrai » diabète de type 2 dans les 11 ans.
Causes et facteurs de risque
Les changements hormonaux de la grossesse entraînent une résistance à l’insuline, surtout à partir du 6e mois de grossesse. S’il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse, c’est que la grossesse est par nature diabétogène car il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement au cours de la grossesse.
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Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un diabète gestationnel. Parmi ceux-ci, on retrouve :
- L’âge de la mère au moment de sa grossesse : On constate en effet une plus forte incidence chez les mères âgées de 35 ans et plus lors de leur grossesse. En 2021, près de 25 % des femmes enceintes avaient plus de 35 ans, soit 4% de plus qu’en 2016.
- Le surpoids ou l'obésité avant la grossesse : L'un des principaux facteurs de risque d'apparition d'un diabète gestationnel est le surpoids de la femme avant sa grossesse. Il est convenu que la sédentarité peut aggraver le surpoids ou l'obésité. On constate que les femmes ayant un IMC de plus de 25, valeur à laquelle commence le surpoids, ont plus de risques de développer un diabète gestationnel.
- Des antécédents familiaux de diabète, surtout de type 2 : Si une personne a développé un diabète de type 2 dans la famille proche de la femme enceinte, elle a également plus de risques de déclencher un diabète gestationnel. Ce risque se situe essentiellement au sein des membres de la famille au premier degré, c’est-à-dire ses parents, ses frères ou sœurs.
- Des antécédents de diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse : Les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse ont un risque élevé de déclencher le même type de diabète lors des grossesses suivantes. L’évaluation de ce risque varie selon les études de 30 à 84 %, d’après le site de l’Assurance maladie.
- La naissance d’un bébé de 4 kilos ou plus : Enfin, les femmes ayant donné naissance à un enfant de 4 kilos ou plus ont également plus de risques de développer un diabète gestationnel lors d’une grossesse ultérieure.
Il est à noter qu’une jeune femme qui n’est ni en situation d’obésité ni en surpoids et avec une bonne hygiène de vie peut développer un diabète gestationnel. Il peut s’agir d’un dérèglement hormonal favorisé par certains facteurs et parfois inévitable.
Dépistage et diagnostic
Le diabète gestationnel concerne entre 2 et 6 % des femmes enceintes. On note une prévalence de diabète gestationnel en constante augmentation, comme le soulignent les chiffres issus d'une enquête nationale publiée par l'Assurance maladie. En 2021, 16,4 % des grossesses étaient impactées par un diabète gestationnel en France, contre 10,8 % en 2016.
Le diabète gestationnel peut être asymptomatique et passer inaperçu. Lors des consultations mensuelles de suivi de la grossesse, une recherche du sucre dans les urines est prévue pour toutes les femmes. Si du sucre est présent dans les urines, ou lorsque la femme présente des facteurs de risques, un dépistage du diabète gestationnel est lancé.
Pour les femmes qui présentent un de ces facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun au premier trimestre (idéalement avant la conception, dès l’intention d’avoir un enfant) est recommandé pour détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu jusqu’ici. Puis, en laboratoire d’analyses médicales une glycémie à jeun est réalisée, puis un second test appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voir orale) à 75 g de glucose sont réalisés, entre la 24 e et la 28 e semaine d’aménorrhée (absence des règles), période où la détection du diabète gestationnel est la plus propice.
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L’HGPO consiste à boire une quantité standard de glucose, sous forme de sirop, équivalente à 75 grammes. Des contrôles de la glycémie sont effectués à intervalle régulier avant et après la prise de cette boisson. Il suffit qu’une seule des valeurs de glycémie soit égale ou supérieure aux seuils définis pour établir le diagnostic de diabète gestationnel. Une seule valeur de glycémie au-delà des seuils définis (0,92 g/L à jeun ; ou 1,80 g/L 1h après la charge orale en glucose ; ou 1,53 g/L 2 h après) suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel. Il est à noter que la notion d’intolérance au sucre n’existe plus : on a soit une glycémie « normale », soit un diabète gestationnel.
Symptômes
Le diabète gestationnel peut passer inaperçu, être asymptomatique (sans symptôme) ou présenter des symptômes similaires à ceux des autres types de diabète : une soif intense, des mictions (urines) fréquentes et abondantes, une fatigue importante, des signes d’hyperglycémies répétées.
Conséquences du diabète gestationnel
Quand le diabète n’est pas pris en charge ou que les glycémies ne sont pas équilibrées, des risques peuvent survenir. Le risque le plus important pour votre bébé, c’est la macrosomie, c’est à dire un poids de naissance trop important, qui peut entraîner un accouchement difficile et des complications comme la dystocie des épaules. La macrosomie, qui désigne un poids à la naissance supérieur à 4 kg, peut entraîner un accouchement difficile, et des complications pour l’enfant comme :
- Une détresse respiratoire ;
- Une dystocie des épaules, liée à un poids trop élevé du bébé : l’épaule du fœtus se loge contre l’os pubien ou le sacrum de la mère, le bloque dans le canal vaginal ;
- Une hypoglycémie néonatale ;
- Un risque de développer plus tard un diabète de type 2.
Pour le nouveau-né, le risque principal est l’hypoglycémie, surtout si le diabète est désequilibre ou que le poids de naissance est trop petit ou trop gros. Votre bébé doit être nourri le plus tôt possible après la naissance et toutes les 3 heures environ.
Si le diabète gestationnel est bien équilibré et qu’il n’y a pas de complication, l’accouchement peut se dérouler normalement. Il n’y a pas de nécessité de déclencher systématiquement l’accouchement avant terme en l’absence de déséquilibre du diabète ou autre risque. Cependant, quand les effets du diabète gestationnel impactent le développement du fœtus, l’accouchement peut être provoqué avant le terme de la grossesse.
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Pour la mère : La complication la plus grave est la survenue d’une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique). Il s’agit d’un dysfonctionnement du placenta qui associe une hypertension artérielle, une prise de poids, des œdèmes et la présence de protéines dans les urines. D’autres risques existent, que ce soit pendant la grossesse ou après :
- Accouchement par césarienne ;
- Accouchement prématuré ;
- Risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse, même des années plus tard. Une mère ayant développé un diabète gestationnel a en effet 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2 ;
- Risque accru de maladies cardiovasculaires.
Parfois, le diabète gestationnel est révélateur d’un diabète antérieur. Votre glycémie sera surveillée afin de vérifier que le diabète disparaît, ce qui est le plus fréquent. Dans les années à venir, vous aurez un risque de développer un diabète de type 2, on vous conseille d’en parler avec votre médecin traitant.
Traitement du diabète gestationnel
Le traitement du diabète gestationnel revêt une très grande importance car il aide à réduire les risques de complications, aussi bien pour la maman au cours de la grossesse, pendant et après l’accouchement (risque accru de césarienne, d’hypertension artérielle ou bien encore un diabète de type 2) que pour le bébé à la naissance et au cours de sa vie (macrosomie avec un poids de naissance de plus de 4 kg, diabète de type 2, etc).
Les clefs d'un traitement réussi s'appuient sur un dispositif qui comprend :
- La motivation de la femme enceinte ;
- Son autosurveillance glycémique régulière ;
- Des mesures hygiéno-diététiques ;
- Le suivi de l’évolution de la grossesse et du diabète gestationnel par un professionnel de santé.
Mesures hygiéno-diététiques
Pour les femmes concernées par un diabète gestationnel, la première mesure proposée est l'adaptation du régime alimentaire et la mise en place d'une activité physique. Le traitement du DG repose avant tout sur l'adoption de règles hygiénio-diététiques afin de maintenir un bon équilibre de la glycémie. Ainsi, pour chaque repas, la quantité de glucides doit être contrôlée et adaptée à vos besoins. Ces derniers sont déterminés en collaboration avec l’équipe médicale en fonction de votre IMC, de vos habitudes alimentaires, et du poids pris pendant votre grossesse.
L’alimentation est primordiale dans la prise en charge de taux de glycémie trop élevés (hyperglycémie), mais elle n’est pas la seule ! Avoir une hygiène de vie saine est tout aussi important. Si vous souffrez de diabète gestationnel, comme nous l’avons précédemment évoqué, l’alimentation joue un rôle essentiel dans son évolution. Le régime recommandé pour une femme atteinte de diabète gestationnel repose essentiellement sur la consommation d’aliments à faible indice glycémique.
Voici quelques recommandations alimentaires :
- Privilégier les féculents à base de farine complète, qui ont un indice glycémique plus faible.
- Consommer des fruits avec modération, en choisissant ceux qui ont un taux de sucre raisonnable.
- Éviter au maximum le sucre et les aliments transformés.
- Répartir la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations).
- Privilégier les fibres qui ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale en mangeant suffisamment de légumes et de fruits.
Il est recommandé pour la femme enceinte de pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas. Lorsque ces résultats cibles sont dépassés de façon répétées, une prescription pour un traitement par insuline est effectuée sans tarder par le professionnel de santé qui suit la future maman afin de réguler au mieux la glycémie. La femme enceinte sera invitée à mesurer elle-même quotidiennement son taux de sucre dans le sang, à l'aide d'un lecteur de glycémie équipé de bandelettes. La mesure de la glycémie se fait à l’aide de bandelettes et d’un lecteur automatique (c’est « l’autosurveillance glycémique »).
Activité physique
En parallèle d’une alimentation saine, et, sauf contre-indications, la pratique d’une activité physique au cours de la grossesse est vivement conseillée. Celle-ci vous aidera à réguler votre glycémie. Choisissez une activité physique quotidienne de 30 minutes, à pratiquer 3 à 5 fois par semaine et qui vous procure du plaisir. (1) Il est recommandé de combiner des activités physiques d'endurance, de renforcement musculaire modéré et des exercices d’assouplissement.La marche, la natation ou l'aquagym sont des exemples d’activités physiques conseillées pendant la grossesse.
En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel ou d’une grossesse avec un diabète.
Traitement par insuline
Plus rarement, quand les mesures hygiéno-diététiques se sont révélées insuffisantes et n'ont pas suffi à normaliser la glycémie après 10 jours de régime adapté, un traitement par injection d'insuline peut être prescrit. L'insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre l’équilibre glycémique. Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Des injections d’insuline rapide de type “analogues rapides” peuvent être prescrites, de même que des insulines lentes, si nécessaire.
C’est votre médecin qui vous indiquera les doses d’insuline et la fréquence des injections à respecter scrupuleusement. Un passage à l’hôpital peut être envisagé selon l’avis du médecin et de la patiente.
Dans la plupart des cas, les mesures hygiéno-diététiques et le traitement par insuline permettent d'équilibrer le diabète gestationnel.
Après la grossesse
Pour la mère, la plupart du temps, le diabète gestationnel disparaît à la fin de la grossesse. Une surveillance particulière est mise en place pour le nourrisson, avec un suivi du risque d'hypoglycémie. Les nouveau-nés dont la mère a reçu un traitement par injection d'insuline ou dont le poids de naissance est trop faible ou trop élevé sont plus fréquemment sujets à des hypoglycémies.
Votre glycémie sera surveillée afin de vérifier que le diabète disparaît, ce qui est le plus fréquent. Dans les années à venir, vous aurez un risque de développer un diabète de type 2, on vous conseille d’en parler avec votre médecin traitant.
Prévention du diabète gestationnel
Les complications du diabète gestationnel sont-elles évitables ? La grande majorité des diabètes gestationnels ne vont pas se compliquer car ils vont très bien répondre à l’association de modifications nutritionnelles et d’une activité physique adaptée.
Voici quelques conseils pour prévenir le diabète gestationnel :
- Maintenir un poids santé avant la grossesse.
- Adopter une alimentation équilibrée et variée.
- Pratiquer une activité physique régulière.
- Se faire dépister si vous présentez des facteurs de risque.
Conclusion
Souffrir d'un diabète gestationnel n'est pas anodin pour la mère et l'enfant à naître. Suivi tout au long de la grossesse et après l'accouchement, le diabète gestationnel peut être traité par des mesures hygiéno-diététiques et par injection d'insuline si cela s'avère nécessaire. Avec une prise en charge adéquate, il est possible de minimiser les risques et d'assurer une grossesse et un accouchement en toute sécurité pour la mère et l'enfant.
Si vous recherchez du soutien, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Fédération, présente pour vous accompagner et vous soutenir, dans toutes les étapes de votre vie de femme. Différentes actions sont mises en place pour vous aider :
- Notre programme d’accueil spécial diabète gestationnel ;
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