Introduction
L'infertilité est un problème complexe qui touche de nombreux couples. Elle est communément définie par l'absence de grossesse après un an de rapports sexuels réguliers et non protégés. Les causes de l'infertilité peuvent être multiples, touchant aussi bien l'homme que la femme, ou résultant d'une combinaison de facteurs. Parmi les causes possibles, l'interaction entre la glaire cervicale et les spermatozoïdes joue un rôle crucial. La présence d'anticorps anti-spermatozoïdes dans la glaire cervicale peut entraver la progression des spermatozoïdes et ainsi compromettre la fécondation. Cet article se penche sur le rôle de la glaire cervicale, l'impact des anticorps anti-spermatozoïdes et les options de traitement disponibles.
Le test post-coïtal (TPC) : Un examen clé
Le test post-coïtal (TPC), décrit par Sims et Hühner, est un examen essentiel dans l'exploration de l'infertilité du couple. Il évalue l'interaction entre la glaire cervicale et le sperme, permettant d'étudier l'état de la barrière cervicale. Ce test, non douloureux et de première intention, complète le spermogramme et le spermocytogramme dans l'évaluation de la fertilité.
Modalités de réalisation du TPC
Pour une interprétation optimale, le TPC classique doit être réalisé dans des conditions précises :
- Moment de réalisation : En période pré-ovulatoire, idéalement 48 heures avant l'ovulation, après une abstinence sexuelle de 3 à 5 jours. La courbe de température permet de déterminer le moment optimal pour la pratique d’un TPC, celui-ci devant être effectué 24 à 48 heures avant la date prévue de l’ovulation, c’est-à-dire avant la montée thermique. Il est donc possible de prévoir le moment de réalisation du TPC en se référent au jour d’ovulation des cycles précédents. L’analyse de la courbe de température permet aussi au praticien d’annuler la réalisation d’un TPC si la montée thermique a eu lieu.
- Rapport sexuel : Un rapport sexuel réceptif sans préservatif ni lubrifiant est nécessaire six à vingt heures avant le recueil de la glaire.
- Score d'Insler : Pratiqué lors du prélèvement, il caractérise l'état du col et de la glaire avant l'ovulation. Il évalue l'ouverture du col, l'abondance, la limpidité et la filance de la glaire. L’Ouverture du col (entrouvert (1), ouvert (2) , béant (3)) ; son abondance (faible(1), moyenne(2), importante(3)) ; sa limpididité (eau de roche(3), opalescente(2), trouble(1)) et sa filance (1-2 cm(1), 2-4 cm(2), du col à la vulve(3)). L’addition des différentes notes permet d’établir le score : Nul : 0 - 3, Insuffisant : 4 - 7, Bon : 8 - 10, Excellent : 11-12.
- Recueil de glaire : Sans toilette vaginale préalable, l'exocol est nettoyé et la glaire endocervicale est aspirée puis examinée sur lame.
- Test biologique : Le résultat doit indiquer le jour du cycle, le délai depuis le coït, le degré de dilatation du col, l'abondance, la filance, la cristallisation et la transparence de la glaire, ainsi que le nombre de spermatozoïdes par champ, le pourcentage de spermatozoïdes mobiles progressifs, non progressifs et immobiles, et le pH. L'examen s'effectue au microscope, idéalement en contraste de phase, à l'objectif x 25.
Interprétation du TPC
Le TPC est un outil précieux pour évaluer l'interaction entre la glaire et le sperme. Il permet de vérifier si le rapport sexuel est complet, de quantifier le nombre de spermatozoïdes présents et d'évaluer leur comportement et leur survie dans la glaire.
Test positif : Indique une bonne interaction glaire-sperme. La glaire est abondante, filante, transparente, avec une cristallisation adéquate et un pH entre 6,5 et 8,5. Elle renferme plus de 20 spermatozoïdes mobiles par champ microscopique et ne comporte que peu de cellules et de leucocytes.
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Test négatif : Peut révéler une mauvaise qualité de la glaire ou une anomalie de l'interaction glaire-sperme.
- Mauvaise qualité de la glaire : La glaire est peu abondante, visqueuse, opaque et cristallise mal. Elle contient de nombreux leucocytes et/ou cellules, et les spermatozoïdes vivants mobiles sont rares ou absents. Dans ce cas, il faut s'assurer que le prélèvement a été effectué en période pré-ovulatoire. Si la qualité de la glaire ne s'améliore pas après deux tests consécutifs, une stimulation hormonale peut être envisagée.
- Bonne qualité de la glaire, mais peu de spermatozoïdes mobiles : Il faut vérifier que le rapport sexuel a été complet, que l'éjaculat est réel et que le spermogramme est normal. En cas de spermogramme normal, la glaire ou l'interaction glaire-spermatozoïdes est probablement en cause. Un test de pénétration in vitro croisé peut alors être réalisé pour déterminer si l'anomalie provient du sperme ou de la glaire.
Anticorps anti-spermatozoïdes et infertilité
La présence d'anticorps anti-spermatozoïdes (AAS) peut être un facteur d'infertilité. Ces anticorps, produits par le système immunitaire, peuvent attaquer les spermatozoïdes et entraver leur progression vers l'ovule.
Mécanismes d'action des anticorps anti-spermatozoïdes
Les AAS peuvent affecter la fertilité de plusieurs manières :
- Agglutination des spermatozoïdes : Les AAS peuvent provoquer l'agglutination des spermatozoïdes, formant des amas qui réduisent leur mobilité et leur capacité à pénétrer dans la glaire cervicale.
- Immobilisation des spermatozoïdes : Certains AAS peuvent immobiliser les spermatozoïdes, les empêchant de progresser vers l'ovule.
- Altération de la capacitation : La capacitation est un processus physiologique que les spermatozoïdes doivent subir pour acquérir la capacité de féconder l'ovule. Les AAS peuvent interférer avec ce processus.
- Blocage de la fécondation : Les AAS peuvent bloquer la liaison du spermatozoïde à l'ovule, empêchant ainsi la fécondation.
Diagnostic des anticorps anti-spermatozoïdes
La recherche d'AAS peut être effectuée chez l'homme et chez la femme.
- Chez l'homme : La présence d'AAS peut être suspectée en cas d'agglutination spontanée des spermatozoïdes dans l'éjaculat. Des tests spécifiques, tels que le MAR-test et l'immunobead test, permettent de détecter et de quantifier les AAS.
- Chez la femme : La présence d'AAS dans la glaire cervicale peut être suspectée en cas de TPC négatif malgré une glaire de bonne qualité et un spermogramme normal. Le test de sperme cervical mucus contact (SCMC) et le test de pénétration croisée in vitro sperme-glaire (TPG in vitro) peuvent être utilisés pour évaluer l'interaction entre le sperme et la glaire.
Traitements des anticorps anti-spermatozoïdes
Plusieurs options de traitement peuvent être envisagées en cas de présence d'AAS :
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- Traitements immunosuppresseurs : Les corticostéroïdes peuvent être prescrits pour réduire la production d'anticorps. Cependant, ces traitements présentent des effets secondaires potentiels et leur efficacité reste controversée.
- Lavage de sperme : Cette technique consiste à séparer les spermatozoïdes des AAS présents dans l'éjaculat. Les spermatozoïdes lavés peuvent ensuite être utilisés pour une insémination intra-utérine (IIU) ou une fécondation in vitro (FIV).
- Insémination intra-utérine (IIU) : L'IIU permet de déposer les spermatozoïdes directement dans l'utérus, contournant ainsi la barrière cervicale et réduisant l'exposition aux AAS présents dans la glaire.
- Fécondation in vitro (FIV) : La FIV consiste à féconder l'ovule en laboratoire, en dehors du corps de la femme. Cette technique peut être utilisée en cas d'échec de l'IIU ou lorsque les AAS sont présents en grande quantité.
- Micro-injection (ICSI) : L'ICSI consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovule. Cette technique est particulièrement utile en cas d'anomalies sévères des spermatozoïdes ou de présence d'AAS.
Autres causes d'infertilité et traitements associés
Outre les problèmes liés à la glaire cervicale et aux anticorps anti-spermatozoïdes, d'autres facteurs peuvent contribuer à l'infertilité.
Infertilité féminine
- Troubles de l'ovulation : Les troubles de l'ovulation peuvent être traités par des médicaments stimulant l'ovulation, tels que le citrate de clomifène ou les gonadotrophines.
- Obstruction tubaire : L'obstruction des trompes de Fallope peut être traitée par chirurgie (cœlioscopie) ou par fécondation in vitro (FIV).
- Endométriose : L'endométriose peut être traitée par médicaments, chirurgie ou FIV.
- Anomalies utérines : Les anomalies utérines, telles que les fibromes ou les polypes, peuvent être traitées par chirurgie.
Infertilité masculine
- Oligo-asthéno-tératospermie (OATS) : L'OATS peut être traitée par des changements de style de vie (arrêt du tabac, réduction de la consommation d'alcool, etc.), par des médicaments ou par des techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP), telles que l'IIU ou la FIV/ICSI.
- Azoospermie : L'azoospermie peut être traitée par chirurgie (en cas d'obstruction) ou par prélèvement de spermatozoïdes directement dans les testicules (en cas d'azoospermie sécrétoire), suivi d'une FIV/ICSI.
L'importance d'un deuxième avis
Face à la complexité de l'infertilité, il est souvent judicieux de solliciter un deuxième avis auprès d'un spécialiste. Un deuxième avis peut apporter un éclairage nouveau sur le diagnostic, les options de traitement et les chances de succès. Il peut également aider le couple à prendre des décisions éclairées et à mieux gérer les aspects émotionnels liés à l'infertilité.
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