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Comprendre la gestation chez la chienne : De l'implantation à la mise bas

Cet article a pour but de vous guider à travers les différentes étapes de la gestation chez la chienne, de la fécondation à la mise bas, en passant par les signes à surveiller et les soins à apporter. Nous aborderons également les potentielles complications et l'importance d'un suivi vétérinaire rigoureux.

Gestation et lactation : Définitions

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est important de bien définir les termes de gestation et de lactation.

  • Gestation : Période pendant laquelle la chienne porte ses petits dans son utérus, allant de la fécondation à la mise bas. La gestation d'une chienne dure en moyenne neuf semaines (57 à 72 jours après la saillie, ou 61 à 63 jours après l'ovulation). Cette durée peut varier légèrement en fonction de la race, de la taille de la portée et des particularités individuelles de la chienne.
  • Lactation : Période qui suit la mise bas, pendant laquelle la chienne produit du lait pour nourrir ses chiots.

La gestion de la gestation débute dès que le diagnostic de gestation est établi et se termine dès que la mise bas débute. Ensuite, lorsque les chiots naissent, on rentre de la phase de lactation.

Les stades de la gestation

La gestation chez la chienne se divise en plusieurs stades, chacun étant marqué par des changements physiologiques et comportementaux spécifiques.

Semaines 1 à 3 : Les débuts discrets

Durant les deux premières semaines, rien ne permet visuellement de savoir si la chienne est gestante. La fécondation et l’implantation des embryons se font en silence. Certaines chiennes peuvent toutefois montrer une légère baisse d’énergie ou un comportement plus calme.

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D'un point de vue physiologique, la rencontre entre les spermatozoïdes et les ovules va déclencher le développement embryonnaire puis fœtal des futurs chiots. C'est pourquoi, cette phase, plus communément appelé fécondation, correspond au jour 1 de la semaine 1 de gestation.

Il n'est pas aisé de diagnostiquer si une chienne est gestante durant le premier mois. Parfois, on constate un changement dans le comportement de la chienne : elle devient plus calme et on peut aussi constater une augmentation de l'appétit. La palpation abdominale durant les 3 premières semaines est très hasardeuse et souvent source d'erreurs !

Semaines 3 à 4 : Premiers indices visibles

C’est à partir de la troisième semaine que les premiers signes apparaissent :

  • Fatigue inhabituelle : la chienne dort plus, est moins enjouée.
  • Mamelles qui commencent à gonfler : elles deviennent plus roses et légèrement volumineuses.
  • Changement d’appétit : certaines chiennes mangent moins (comme une sorte de « nausée »), d’autres au contraire réclament davantage.
  • Léger écoulement vaginal clair : pas systématique mais possible.
  • Modification du comportement : recherche de calme, câlins accrus ou au contraire besoin d’isolement.

Entre le 16ème et le 18ème jour de gestation, le trophoblaste (cellule qui entoure le blastocyste) s'implante dans la muqueuse utérine : c'est la nidation. Cette étape marque le début de la seconde phase de gestation : la période embryonnaire.

A partir de 21 jours, on peut palper les ampoules fœtales. Cette palpation doit être faite avec beaucoup de souplesse sous peine de provoquer un avortement. Si vous désirez un diagnostic précoce précis, il faudra attendre 3 semaines (21 jours- 25 jours) et vous rendre chez un vétérinaire équipé d’un échographe.

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Semaines 5 à 9 : La gestation devient évidente

Au cours du deuxième mois, la gestation devient visible :

  • Ventre qui s’arrondit progressivement : particulièrement net à partir de la 6ᵉ semaine.
  • Prise de poids notable : elle peut varier de 20 à 50 % selon la taille de la portée.
  • Mamelles très développées : elles sont turgescentes et peuvent sécréter du lait dans les derniers jours.
  • Mouvements des chiots visibles : vers la 7ᵉ-8ᵉ semaine, on peut voir le ventre bouger.
  • Comportement de nidification : la chienne cherche un endroit calme, gratte, organise son espace.

L'augmentation du volume de l’abdomen se manifeste à partir de la 5 è semaine. On constate également une modification de l’aspect des glandes mammaires : augmentation de la mamelle et un écoulement glaireux au niveau de la vulve.

Diagnostic et suivi vétérinaire

Les signes physiques ne suffisent pas à confirmer une gestation. Le suivi vétérinaire gestation chienne est indispensable pour s’assurer que tout se passe bien.

  • Palpation abdominale (J21-30) : Vers trois à quatre semaines de gestation, un vétérinaire expérimenté peut palper l’abdomen pour sentir les ampoules fœtales. Cette méthode est toutefois peu fiable car elle dépend de la morphologie de la chienne, de son état de relaxation et du nombre de chiots. Elle ne remplace pas l’échographie.
  • Échographie de gestation chienne (dès J18-21) : L’échographie de gestation chienne est l’examen de référence pour confirmer la grossesse. Elle peut être réalisée dès le 18ᵉ-21ᵉ jour après la saillie, mais on préfère généralement attendre J25-30 pour une meilleure visualisation. L'échographie permet de vérifier la vitalité des chiots.
  • Radiographie gestation chien (à partir de J45-50) : La radiographie gestation chien devient utile à partir de la 7ᵉ semaine, lorsque les squelettes des fœtus sont suffisamment calcifiés pour être visibles aux rayons X. Le grand avantage de la radiographie réside dans le fait que l’on peut déterminer exactement le nombre de chiots. C’est pour cela qu’en pratique, la radiographie n’est utilisée que dans les 10 derniers jours de gestation pour déterminer le nombre de chiots.
  • Tests hormonaux (optionnel mais utile pour les éleveurs) : Le dosage de la relaxine, une hormone spécifique de la gestation, peut être effectué à partir de J30. Il confirme la gestation avec fiabilité.

Alimentation de la chienne gestante

L’alimentation chienne gestante joue un rôle crucial dans le bon développement des chiots et la santé de la mère. Les besoins énergétiques augmentent considérablement au fil de la gestation.

  • Premières semaines (J0-J30) : pas de changement majeur. Durant le premier mois, les embryons sont minuscules et les besoins nutritionnels de la chienne restent sensiblement identiques à la normale. Continuez à donner une alimentation de qualité, équilibrée et complète. Évitez de suralimenter : une chienne trop grasse peut avoir des difficultés à la mise bas.
  • Deuxième mois (J30-J63) : augmentation progressive. C’est durant cette période que les besoins explosent. Les chiots grossissent rapidement et la chienne doit stocker de l’énergie pour la lactation à venir. Passez progressivement à un aliment « chiot » ou « chienne gestante/allaitante », plus riche en protéines (minimum 25 %), en matières grasses et en calcium. Cette transition doit se faire sur 7 à 10 jours pour éviter les troubles digestifs.
    • Semaine 5-6 : +10 à 15 % de la ration normale
    • Semaine 7-8 : +20 à 30 % de la ration normale
    • Semaine 9 : +30 à 50 % selon la taille de la portée
    • Fractionnement des repas : À mesure que le ventre grossit, l’estomac est comprimé par l’utérus. La chienne ne peut plus ingérer de gros volumes en une fois. Fractionnez la ration quotidienne en 3 à 4 petits repas.

Assurez-vous que la chienne ait toujours de l’eau fraîche et propre à disposition. Ses besoins hydriques augmentent.

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Préparation de la mise bas

La préparation mise bas chienne doit commencer dès la 7ᵉ semaine de gestation pour que tout soit prêt le jour J.

  • Aménager un nid de mise bas : Installez une caisse de mise bas dans un endroit calme, peu passant, à l’écart du bruit et de l’agitation, chauffé (température ambiante 22-24°C idéalement), facile d’accès pour surveiller discrètement, suffisamment grand pour que la chienne puisse s’étirer (au moins 1,5 fois sa longueur). Garnissez le fond de plusieurs couches de tissus absorbants (vieux draps, alèses jetables) que vous pourrez changer facilement. Ajoutez des rebords ou une planche anti-écrasement si la chienne est de grande taille, pour éviter qu’elle écrase accidentellement un chiot contre la paroi.

  • Familiarisation : Habituez la chienne à son nid dès la 8ᵉ semaine. Encouragez-la à y aller, donnez-y des friandises, faites-y des séances de câlins. Elle doit considérer cet endroit comme rassurant.

  • Surveiller la température chienne avant mise bas : La température chienne avant mise bas est un indicateur précieux. À partir du 56ᵉ jour, prenez la température rectale de votre chienne matin et soir. Notez les valeurs. La température chute brutalement à 37-38°C environ 8 à 24 heures avant le début du travail. Cette chute est un signal fiable que la mise bas approche.

  • Matériel à préparer : Ayez à portée de main :

    • Serviettes propres et sèches
    • Ciseaux désinfectés (pour couper les cordons ombilicaux si nécessaire)
    • Fil dentaire ou fil de suture stérilisé (pour ligaturer les cordons)
    • Gants jetables
    • Poubelle pour les placentas
    • Boîte avec bouillotte ou lampe chauffante (pour réchauffer un chiot faible)
    • Numéro de téléphone du vétérinaire (urgences comprises)

Déroulement de la mise bas

Dans toutes les espèces animales, comme dans l’espèce humaine, l’accouchement se réalise en 3 étapes successives.

  • stade I : des contractions utérines commencent à se produire mais elles sont imperceptibles de l’extérieur au départ (début du travail). Les jeunes chiennes peuvent présenter de l’énervement, gratter le sol furieusement avec leurs antérieurs ou se déplacer en tous sens exagérément. Ainsi, certaines chiennes se mettent à gratter le sol plusieurs jours, parfois une semaine, avant l’accouchement. Certaines chiennes s’isolent dans l’endroit qu’elles ont choisi pour accoucher (placard, lit, corbeille…) et parfois, elles tentent sommairement de préparer une sorte de nid avec des chiffons ou des morceaux de papier. Enfin, certaines femelles recherchent la solitude, semblent plus distantes.
  • stades II et III : sont en général mélangés chez la chienne, chaque sortie d’un chiot étant en général suivie de celle de son placenta quelques minutes après. Chaque chiot est expulsé dans un délai très variable également, de quelques minutes à une heure et demie. Le délai moyen entre l’expulsion de chaque chiot est de 20 à 30 minutes.

La chienne en général se tient couchée sur le côté. Parfois, elle se met accroupie, dans une position rappelant la défécation. De fortes contractions sont visibles au niveau du ventre, qui amènent rapidement l’apparition d’une poche de couleur verdâtre au niveau de la vulve. Il s’agit du chiot entouré de son amnios.

Complications possibles

Bien que la majorité des gestations se passent sans problème, certaines complications gestation chienne nécessitent une intervention vétérinaire rapide.

  • Pendant la gestation :
    • Résorption embryonnaire
    • Avortement
    • Infection utérine
    • Diabète gestationnel
  • Pendant la mise bas (dystocie) : Les contractions durent plus de 30 minutes sans expulsion de chiot, Plus de 2 heures s’écoulent entre deux chiots sans reprise des contractions, La chienne pousse violemment pendant plus d’une heure sans résultat, Un chiot est visible à la vulve mais ne sort pas malgré les efforts, Écoulement verdâtre avant la naissance du premier chiot, Saignement abondant et Épuisement complet de la chienne
  • Après la mise bas :
    • Rétention placentaire
    • Éclampsie
    • Métrite
    • Mammite

L'ocytocine : à utiliser avec précaution

L’ocytocine est une hormone normalement libérée dans l’organisme au moment de l’accouchement car elle provoque des contractions de l’utérus nécessaires à l’expulsion des chiots. Elle est produite par l’hypophyse, plus précisément la post-hypophyse, qui produit l’ocytocine, d’où le nom parfois donné par les éleveurs à cette hormone. Celle-ci est remarquablement efficace pour déclencher des contractions de l’utérus.

Le seul facteur important pour que l’ocytocine agisse réellement est que la chienne soit bien à terme. En effet, l’ocytocine agit sur l’utérus par l’intermédiaire de zones particulières servant de régions de couplage entre cette hormone et le muscle utérin et que l’on nomme des récepteurs. Or, au cours de la gestation, une autre hormone, la progestérone, est sécrétée dans l’organisme. Celle-ci est absolument indispensable à la survie des chiots et au maintien de la grossesse jusqu’à son terme. Une des actions de la progestérone est d’empêcher l’apparition de récepteurs à l’ocytocine au niveau de l’utérus.

Après la mise bas : Lactation et sevrage

Il est important que la lactation se passe bien. La mère n’a normalement pas besoin qu’on l’aide à mettre les petits à la mamelle ; ceux-ci rampent d’ailleurs naturellement vers cette source de nourriture. Il faut donc simplement surveiller qu’elle ne les agresse pas.

Il est important de laisser l’aliment mis en place pendant la gestation (voir plus haut) durant toute la lactation, afin que la mère ait suffisamment de ressources pour produire suffisamment de lait.

Le sevrage des chatons commence généralement vers 4 semaines, une période cruciale pour leur développement.

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