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Le Syndrome de Moro chez le Nourrisson : Causes, Manifestations et Intégration

Les réflexes archaïques sont des composantes essentielles du système nerveux humain, jouant un rôle crucial dans le développement neuro-sensoriel et moteur dès la naissance. Parmi ces réflexes, le réflexe de Moro, découvert et décrit par le pédiatre autrichien Ernst Moro (1874-1951), occupe une place particulière en tant que mécanisme de protection et indicateur de la bonne santé du nourrisson. Cet article explore en profondeur le syndrome de Moro, ses causes, ses manifestations, son importance pour le développement de l'enfant et les moyens de favoriser son intégration.

Qu'est-ce que le réflexe de Moro ?

Le réflexe de Moro, également désigné sous les termes de réflexe archaïque de Moro ou réflexe de Moro bébé, est une réaction automatique présente dès la naissance. Il s'agit d'un réflexe dit archaïque, c'est-à-dire présent chez le nourrisson, de la naissance à environ 3 mois, mais pas au-delà de 5 mois, au même titre que celui de la marche ou encore de la succion. Ce réflexe est donc automatique et involontaire. Il se manifeste comme une réponse motrice archaïque, couplée à une décharge du système sympathique (adrénaline). Il est essentiel car il permet de s'assurer que le développement cérébral de bébé est normal.

Ce réflexe apparaît vers la 10ème semaine de vie intra-utérine et est complètement actif au moment de la naissance. Considéré comme un signe de bonne santé, le réflexe de Moro est suivi médicalement.

Manifestations du réflexe de Moro

Aussi appelé « réflexe d’embrassement », les signes du réflexe de Moro sont assez reconnaissables : bébé ouvre les bras brusquement, mains ouvertes, lève ses jambes, pleure ou crie avant de refermer les bras progressivement sur le buste et de détendre ses jambes.

Le syndrome de Moro se caractérise par un brusque écartement des bras et des doigts, suivi d’un mouvement de repli des membres supérieurs. Il est très souvent accompagné d’un cri et de pleurs.

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Le réflexe de Moro est une réponse automatique à la perte soudaine de soutien corporel. Le nourrisson répond à cette sensation de chute en étendant ses bras, tirant les bras vers l’intérieur, et aussi en pleurant.

Ces mouvements automatiques et involontaires surviennent en réponse à certains stimuli. Ici, en l’occurrence, le nourrisson réagit à un stimulus très bref (flash de lumière, son soudain, changement de position inopiné, perturbation de la surface où il est posé…) en écartant brusquement ses bras et ses jambes, de façon symétrique, puis en les ramenant devant lui comme pour étreindre quelqu’un. Ces gestes peuvent parfois s’accompagner de pleurs, mais ça n’est pas systématique.

Le syndrome de Moro peut se déclencher pendant le sommeil de bébé ou lors de ses phases d’éveil suite à un stimuli fort, comme un bruit, un changement brusque de luminosité, un déplacement dans l’espace, etc. Il peut d’ailleurs être provoqué au moment de soulever légèrement bébé, lorsqu’il est allongé sur le dos et qu’on le relâche.

Importance du réflexe de Moro

Le réflexe de Moro est bien plus qu’un simple repli sur soi. C’est un programme archaïque de survie, essentiel à la naissance, mais potentiellement envahissant s’il reste actif. Ce réflexe est un mécanisme de protection qui doit permettre au nouveau-né de s’agripper à ce qui est le plus proche de lui. Il prépare également à la marche, au cours de laquelle il aura besoin d’ouvrir les bras pour se rattraper.

Médicalement, le réflexe de Moro est suivi de près par les pédiatres et médecins généralistes durant les visites médicales obligatoires, car il est signe de bonne santé durant les tout premiers mois de vie de l’enfant. Pour ce faire, le médecin saisit l’enfant par les mains et le soulève de quelques centimètres, avant de le laisser retomber doucement sur la table d’examen. Le réflexe de Moro apparaît alors : l’enfant écarte bras et jambes de façon symétrique (extension), puis réalise une flexion, comme pour s’agripper. L’absence de ce réflexe ou une asymétrie de ces mouvements peuvent suggérer un problème neurologique ou une blessure (fracture d’un os de l’épaule ou lésion d’un nerf au niveau du plexus brachial).

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Comme c’est le cas pour les réflexes archaïques du nourrisson, le réflexe de Moro aurait à l’origine un rôle de survie : chez nos lointains ancêtres, le tout-petit se serait agrippé à sa mère, tel un bébé singe à sa maman, permettant à cette dernière de se mouvoir avec bébé tout contre elle, et de fuir rapidement en cas de danger imminent.

Causes du déclenchement du réflexe de Moro

Le réflexe de Moro est une réponse automatique à la perte soudaine de soutien corporel. Plusieurs stimuli peuvent déclencher ce réflexe chez le nourrisson :

  • Bruits forts et soudains : Les bruits forts peuvent surprendre le bébé et provoquer une réaction de Moro.
  • Changements brusques de position : Les mouvements rapides ou les changements de position inattendus peuvent également déclencher le réflexe.
  • Sensation de chute : La sensation de perdre l'équilibre ou de tomber peut provoquer une réaction de Moro.
  • Stimuli visuels intenses : Un flash de lumière ou un changement brusque de luminosité peuvent également déclencher le réflexe.
  • Douleur: Une douleur peut provoquer le réflexe.

Intégration du réflexe de Moro

Cette réaction s’intègre progressivement et disparaît vers 3-4 mois. Bébé est alors en mesure de mieux gérer ces stimulations inattendues. Présent dès la période fœtale et durant les premières semaines du nouveau-né, ce réflexe d’embrassement s’atténue puis « disparaît » (ou plutôt s’intègre) entre 3 et 6 mois, pour être remplacé par la réaction de sursaut, soit le fait de sursauter lorsqu’on est surpris.

Le réflexe de Moro est généralement intégré autour des 3-4 mois de l’enfant, ou, en tout cas, avant l’âge de 6 mois. Une persistance du réflexe de Moro passé cette période peut indiquer un problème neurologique, un mauvais développement du système nerveux central ou une immaturité du système nerveux. C’est pourquoi les pédiatres et médecins généralistes en charge du suivi du tout-petit prêtent attention à l’intégration de ce réflexe au fil des mois.

Comment savoir si le réflexe de Moro est persistant ou intégré ?

Le réflexe de Moro, à l’image de tout réflexe archaïque, est amené au fil des mois à disparaître spontanément. Le réflexe, ou mouvement involontaire, fait place à un mouvement volontaire. Le cycle de vie du réflexe de Moro se compose des étapes suivantes :

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  • Phase émergente : dès la naissance, le réflexe de Moro se déclenche en cas de bruit important ou de sentiment de chute.
  • Phase de maturation : la répétition de ces mouvements inconscients et involontaires permet la maturation du système nerveux central.
  • Phase d’intégration : au fil des semaines, la composante réflexe laisse place à une action consciente et volontaire du bébé. Cette dernière phase se situe vers les 3 à 6 mois de l’enfant.

Pour savoir si le réflexe de Moro est persistant, c’est-à-dire s’il est non intégré au-delà de l’âge de 6 mois, il faut procéder à une évaluation. Le médecin propose différents stimuli au bébé et si l’enfant continue à avoir des réactions exagérées en réponse automatique aux stimuli, cela peut être le signe d’une persistance du réflexe de Moro.

Conséquences d'un réflexe de Moro non intégré

De façon moins visible, le réflexe de Moro - comme d’autres réflexes archaïques d’ailleurs - peut peiner à s’intégrer chez le jeune enfant, et engendrer diverses complications, d’ordre postural, comportementales ou relatives à l’apprentissage. En effet, « lorsqu’il demeure après l’âge de six mois, ou au-delà, il peut notamment engendrer une hypersensibilité. Le corps reste en mode de survie permanent, l’enfant est en état d’hypervigilance », insiste Bérengère Lamy. Ce qui, de fil en aiguille, peut avoir des répercussions dans les apprentissages, notamment du fait de l’épuisement qui en découle, précise la spécialiste. Plus globalement, le Moro serait un réflexe en lien avec la gestion du stress et des émotions.

L’absence du réflexe de Moro, et de réflexes archaïques en général, indique un dysfonctionnement du système nerveux central. De même, les enfants dont le réflexe de Moro n’est pas correctement intégré vont présenter des troubles du comportement. Cela se traduit par des sursauts au moindre bruit, un manque de concentration, une agressivité, une hypersensibilité, une fatigue ainsi que de nombreux autres symptômes.

Certains enfants n’intègrent pas le réflexe de Moro. Terrorisés par l’angoisse de la chute, ils vont alors se raccrocher à des « ventouses sensorielles ». Ils vont alors se contenir en s’agrippant à des odeurs, à certains sons, certaines voix, certains rythmes, certaines sources lumineuses ou certaines stimulations buccales.

Les mouvements incontrôlés des bras et jambes de bébé, ou réflexe de Moro, sont tout à fait normaux au cours des premiers mois de son existence. En revanche, la persistance du réflexe au-delà de l’âge de 6 mois de bébé peut être révélatrice d’un trouble du spectre de l’autisme, d’un TDAH ou d’un autre problème neurologique. En effet, des chercheurs ont mis en avant l’existence d’un retard d’intégration des réflexes archaïques chez les enfants autistes.

Quand un réflexe archaïque comme le réflexe de Moro persiste, alors l’enfant est maintenu dans un état d’hyperactivité aux différents stimuli du quotidien. Cela génère en lui un stress, qui le conduit à adopter des comportements répétitifs (battement des mains, alignement des objets, balancements). Ces comportements répétitifs l’aident à se rassurer et à retrouver un certain contrôle sur son environnement et son corps.

Comment favoriser l'intégration du réflexe de Moro ?

Il est heureusement possible de faire en sorte que le réflexe de Moro s’intègre au mieux. Il faut en premier lieu répondre aux pleurs de bébé, en le prenant dans les bras et en le berçant pour le rassurer. Si le réflexe ne disparaît pas spontanément, consultez un ostéopathe. Le travail d’intégration des réflexes se fait par des mouvements appropriés.

Pour intégrer ce réflexe, bébé doit comprendre qu’il n’y a pas de danger face à ces stimulations. En cas de réveil dû au réflexe de Moro, il est important de prendre bébé dans ses bras, de le bercer et de lui parler de façon apaisante. Le but est de lui faire sentir qu’il est en sécurité. Si vous observez que votre bébé est très sensible aux stimuli extérieurs, il faudra veiller à limiter les mouvements brusques, les bruits et lumières trop intenses, au moins durant les premiers mois.

Voici quelques recommandations pour aider à apaiser bébé et à favoriser l'intégration du réflexe de Moro :

  • Rassurer bébé : Si votre bébé se met à pleurer après avoir manifesté un réflexe de Moro, prenez-le doucement dans vos bras et bercez-le pour le rassurer et l’aider à se calmer.
  • Créer un environnement apaisant : Pour limiter les déclencheurs du réflexe de Moro, essayez de créer un nouvel environnement calme et paisible pour votre bébé.
  • Envelopper bébé : Certains bébés se sentent plus sécurisés lorsqu’ils sont enveloppés dans une couverture légère ou dans une gigoteuse. Bébé est enveloppé dans un grand morceau de tissu, de manière à maintenir ses bras le long du corps.
  • Éviter les stimuli brusques : Manipulez votre bébé avec douceur et évitez les mouvements brusques qui pourraient déclencher le réflexe de Moro. Une fois bébé endormi pour la nuit, on chuchote, on utilise une lumière tamisée, etc. On lui préférera la gigoteuse pour la nuit complète, conformément aux recommandations permettant de diminuer les risques de mort subite du nourrisson.
  • Être à l'écoute des signaux de fatigue : Apprenez à repérer les signes de fatigue de votre bébé, tels que les bâillements, les frottements des yeux et les mouvements ralentis.
  • Mouvements doux : Au moment de changer la couche de votre bébé ou de l’habiller, veillez à effectuer des mouvements lents et doux pour éviter de déclencher le réflexe de Moro.
  • Position de sommeil sécurisée : Placez votre bébé sur le dos durant son sommeil, dans une position sûre et recommandée pour réduire le risque de syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN).

L’enfant devant la chute n’a pas seulement la peur de tomber mais qu’on le « laisse tomber » affectivement : le psychomotricien, en jouant à tomber avec l’enfant tout en le tenant dans ses bras, lui montre qu’il est possible de dissocier l’angoisse de tomber, d’être laissé tomber. La plasticité cérébrale permet de reconnecter les différentes aires du cerveau. Facilitant ainsi la transmission et l’exécution des informations entre le corps et le système nerveux central. L’intérêt de l’approche d’intégration des réflexes est que sa progression permet de s’effectuer depuis le tronc cérébral vers le cortex. L’intégration sensorielle étant indissociable de l’intégration des réflexes, il faudra alors travailler l’hyper ou hypo-sensibilité sensorielle. Sans omettre le sens vestibulaire et proprioceptif. Cela stimulera ces sens en proposant une intégration à la fois sensorielle et motrice. On peut aider à identifier si les réflexes archaïques ne sont pas intégrés et pour permettre de les réintégrer dans le schéma corporel. Il faudra alors réaliser des mouvements naturels, doux et passifs. Mais aussi des pressions isométriques légères, des jeux d’équilibre, de gros ballons ainsi des activités simples de rééducations kinesthésiques. Ces mouvements sont basés sur la stimulation des ressources naturelles des modèles de réflexes afin de réveiller la mémoire sensori-motrice, ce qui influence positivement sur tous les potentiels de compétences : capacités cognitives, émotionnelles, sociales et motrices. Ces mouvements peuvent être facilement appris par les personnes elles-mêmes, leurs parents et les professionnels qui travaillent avec eux.

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