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Moins de 400 000 spermatozoïdes et chances de grossesse : Comprendre et Agir

L'infertilité est un sujet délicat qui touche de nombreux couples aspirant à fonder une famille. Elle se définit par l'absence de grossesse après une année de rapports sexuels réguliers, complets et non protégés. Les causes de l'infertilité peuvent être multiples, touchant aussi bien l'homme que la femme, voire les deux partenaires. Dans certains cas, jusqu'à 25%, l'origine de l'infertilité reste inexpliquée. L'augmentation de l'âge de la maternité en France est l'une des conséquences de l'infertilité.

Ce guide de fertilité a pour objectif de fournir des informations claires et précises pour aider les couples à mieux comprendre les enjeux de la fertilité et à optimiser leurs chances de concevoir un enfant. Abordons en particulier la question de la faible quantité de spermatozoïdes et son impact sur les chances de grossesse.

Fertilité masculine et nombre de spermatozoïdes

Chez l'homme, la fertilité est directement liée à la qualité et à la quantité des spermatozoïdes. Il en fabrique environ 200 millions par jour. La spermatogenèse, le processus de fabrication des spermatozoïdes, se déroule dans les testicules. Divers facteurs peuvent altérer ce processus et réduire le nombre de spermatozoïdes (oligospermie) ou même aboutir à une absence totale de spermatozoïdes (azoospermie).

Il est important de noter que la qualité des spermatozoïdes diminue rapidement une fois qu'ils ont été produits. De plus, une étude a révélé une diminution significative de la concentration de spermatozoïdes dans le sperme au cours des dernières décennies. La quantité moyenne de gamètes dans l’éjaculat des hommes a été divisée par deux en 50 ans ! Elle était de 101 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme en 1973, contre 49 aujourd’hui.

Facteurs affectant la production de spermatozoïdes

Plusieurs facteurs peuvent influencer la production de spermatozoïdes :

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  • Facteurs testiculaires : Torsion testiculaire aiguë, infections, varicocèle (dilatation des veines du cordon spermatique), exposition à des sources de chaleur.
  • Facteurs hormonaux : Un dysfonctionnement de l'hypophyse, une glande située devant le cerveau, peut entraîner une sécrétion insuffisante d'hormones nécessaires au bon fonctionnement des testicules.
  • Dysfonctions sexuelles : Troubles érectiles, éjaculation rétrograde.
  • Mode de vie : Le tabac, le surpoids et l'obésité peuvent également impacter la fertilité masculine.

Fertilité féminine : Un cycle prédéfini

La fertilité féminine est étroitement liée au cycle menstruel. Les femmes ne peuvent pas concevoir à n'importe quel moment, mais uniquement pendant la "fenêtre" de fécondité, qui se situe autour de l'ovulation. A la naissance, la femme a environ 2 millions d'ovocytes dans les ovaires, à la puberté, 400000 et environ 400 parviendront à l’ovulation au cours de toute la vie de la femme. Les ovaires contiennent des follicules ovariens, de minuscules cavités renfermant un ovule immature (ovocyte). Chaque mois, un seul follicule parvient à maturité et libère un ovule lors de l'ovulation. Cet ovule est alors prêt à être fécondé par un spermatozoïde.

Facteurs affectant la fertilité féminine

Plusieurs facteurs peuvent perturber la fertilité féminine :

  • Âge : Avec l'âge, la réserve ovarienne diminue naturellement. Cette perte folliculaire est normale. Néanmoins, si cette perte survient avant l’âge de 40 ans, on parle d'insuffisance ovarienne prématurée. À partir de 35 ans, l’horloge biologique reproductrice n’est pas rythmée à la qualité de vie optimale dont jouit le reste de notre organisme. La baisse de la fertilité est accompagnée d’une hausse lente de la probabilité d’avorter. À 40 ans, il se situe à 40% des grossesses, en étant également accompagné d’une hausse constante du risque de naissance d’enfants atteints de chromosomopathie.
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Trouble hormonal entraînant des anomalies du cycle menstruel et une surproduction de testostérone.
  • Insuffisance ovarienne prématurée : Épuisement prématuré du stock de follicules ovariens.
  • Sténose tubaire bilatérale : Obstruction des trompes de Fallope, empêchant le passage des spermatozoïdes vers l'ovule.
  • Troubles de l'hypothalamus et de l'hypophyse : Dysfonctionnement de ces glandes entraînant une sécrétion hormonale insuffisante.
  • Endométriose : Migration de tissu similaire à la muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine.
  • Mode de vie : Le stress, le surpoids et l'obésité peuvent également impacter la fertilité féminine. Le stress peut altérer la fertilité féminine notamment au niveau des cycles menstruels, de la qualité des ovocytes et de leurs maturations. Le surpoids et l’obésité peuvent être un véritable frein à la fertilité également.

Moins de 400 000 spermatozoïdes : Quelles chances de grossesse ?

Avoir moins de 400 000 spermatozoïdes peut effectivement réduire les chances de grossesse, mais cela ne signifie pas l'impossibilité de concevoir. La capacité de concevoir dépend de plusieurs facteurs, notamment la qualité des spermatozoïdes restants (mobilité, morphologie), l'âge de la femme, et la présence d'autres facteurs d'infertilité chez l'un ou l'autre des partenaires.

Solutions et assistance médicale

Si vous rencontrez des difficultés à concevoir, il est important de consulter un spécialiste de la fertilité pour réaliser un bilan complet et identifier les causes potentielles de l'infertilité. Des solutions existent, comme l'assistance médicale à la procréation (AMP), qui comprend différentes techniques visant à favoriser la fécondation.

Techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP)

  • Fécondation in vitro (FIV) : Cette technique consiste à prélever les ovocytes de la femme et à les mettre en contact avec les spermatozoïdes de l'homme en laboratoire. Les embryons ainsi obtenus sont ensuite transférés dans l'utérus de la femme.
  • Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) : Variante de la FIV, l'ICSI consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovocyte. Cette technique est particulièrement utile en cas d'infertilité masculine sévère. En effet, avec l'ICSI, on injecte directement un spermatozoïde dans l’ovocyte, ce qui augmente les chances d’obtenir des embryons (ovocytes fécondés). "Cette technique a résolu la grande majorité des problèmes d’infertilité masculine puisque seuls quelques spermatozoïdes mobiles sont nécessaires pour obtenir des embryons", explique l'Inserm
  • Insémination artificielle : Cette technique consiste à injecter directement les spermatozoïdes dans l'utérus de la femme au moment de l'ovulation.

Selon les profils des couples, les chances de réussites d'une fécondation in vitro est de 45%. La popularité de cette méthode s’explique par son taux de réussite de 45% par transfert d’embryon. À titre de comparaison, l’insémination artificielle n’aboutit à une grossesse que dans 12 à 15% des cas.

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Parcours de la FIV

La fécondation in vitro (FIV) est une technique très encadrée. Le processus commence par une étape essentielle : la stimulation des ovaires. C'est cette dernière qui va permettre le développement de plusieurs follicules. Ensuite, ces ovocytes prélevés (ponction) sont mis en contact dans une boîte de culture avec les spermatozoïdes du conjoint. Au bout de 48 heures, des embryons à 2 ou 4 cellules peuvent être obtenus. Ils sont alors replacés dans l’utérus (transfert) où ils pourront effectuer leur nidation.

Étapes clés de la FIV
  1. Bilan détaillé : Réalisation d'un bilan détaillé avec le gynécologue pour évaluer la nécessité d'une procréation médicalement assistée.
  2. Stimulation ovarienne : La femme suit un traitement hormonal pour stimuler et programmer les cycles menstruels afin d'augmenter le nombre d'ovocytes produits.
  3. Ponction folliculaire : Les ovocytes sont collectés par ponction. Elle est réalisée sous contrôle échographique au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale.
  4. Fécondation in vitro : Les ovocytes sont mis en contact avec les spermatozoïdes en laboratoire. Deux types de fécondation in vitro peuvent être utilisés : la FIV classique et la FIV avec micro-injection intracytoplasmique (ICSI).
  5. Culture embryonnaire : Les embryons sont mis en culture au laboratoire pour évaluer et suivre l'évolution de leur maturation.
  6. Transfert embryonnaire : Un ou plusieurs embryons sont transférés dans l'utérus de la femme.
  7. Test de grossesse : Un dosage sanguin des ßHCG est effectué 2 semaines après la réimplantation pour confirmer ou non la grossesse.
Risques et chances de succès de la FIV

Les risques de la FIV sont essentiellement liés à la prise du traitement hormonal. Le principal danger est que la patiente fasse une réponse trop forte au traitement c’est-à-dire une hyper stimulation ovarienne, explique l’embryologiste lyonnais. Ce risque d’hyper stimulation hormonale concerne 5% des patientes, notamment les plus jeunes.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à avoir recours à la fécondation in vitro. Soit moins d’une chance sur deux. La réussite de cette méthode dépend toutefois essentiellement du profil de la patiente, et notamment de son âge. « Il s’agit d’un des facteurs principaux du pronostic. À partir de la quarantaine, développer une grossesse devient plus complexe », détaille le Dr Ozanon. Si l’on a un désir de grossesse, le médecin recommande une grossesse avant l’âge de 38 ans.

Impact psychologique de la PMA

Le traitement contre l'infertilité est bien souvent un parcours du combattant. Il est important de ne jamais oublier qu’un bébé se fait à deux, et que sans l’homme rien ne se réalise. Le couple est malmené car c’est une médecine très intrusive. Mais il doit rester un lieu où parler, être écoutée et écouter l’autre. Depuis 2016, la loi permet aux femmes de “bénéficier d’une autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires” et au conjoint de l’accompagner à trois rendez-vous par protocole.

Conseils pour optimiser la fertilité

Pour optimiser ses chances de concevoir, il est important d'adopter un mode de vie sain :

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  • Alimentation équilibrée : Privilégier les fruits et légumes bio, les protéines végétales et animales (volaille, poissons, produits laitiers), et les bons gras (oméga 3).
  • Suppléments nutritionnels : Le magnésium, la vitamine E, la vitamine D et la vitamine C jouent un rôle essentiel dans la fertilité.
  • Gestion du stress : Le stress peut altérer la fertilité, il est donc important de trouver des techniques de relaxation et de gestion du stress adaptées.
  • Arrêt du tabac : Le tabac a un impact négatif sur la fertilité masculine et féminine.
  • Maintien d'un poids santé : Le surpoids et l'obésité peuvent être un frein à la fertilité.

Fertilité et cancer : Préserver ses chances

La survie des patients s’améliore du fait de la précocité et de la précision des diagnostics, de l’intensification des traitements. Le cancer du sein présente la particularité d’être hormonodépendant, ce qui implique des spécificités en termes de stratégie de préservation de la fertilité. Elle est proposée après l’annonce du cancer.

Impact des traitements contre le cancer sur la fertilité

La chimiothérapie et la radiothérapie ont une toxicité directe sur les follicules en cours de croissance avec trouble de la maturation folliculaire, expliquant la survenue rapidement après le début des traitements d’une aménorrhée chimio-induite initiale. Le capital folliculaire étant maximal pendant la vie embryonnaire et décroissant avec l’âge, l’atteinte ovarienne dépend de l’âge au moment de la chimiothérapie.

Mesures de préservation de la fertilité

Il existe plusieurs mesures pour préserver la fertilité ovarienne :

  • Transposition ovarienne : Avant irradiation pelvienne, en particulier avant curiethérapie.
  • Traitements conservateurs : Pour certains types de cancer, un traitement conservateur peut être envisagé.
  • Techniques de PMA : Après feu vert des cancérologues et bilan global de l’infertilité, il arrive parfois que la prise en charge de l’infertilité d’un couple nécessite le recours à une technique de procréation médicalement assistée, comme une insémination artificielle, une FIV et/ou micro-injection de spermatozoïde in vitro dans l’ovocyte (ICSI) .

Techniques de préservation de la fertilité

  • Mise au repos des ovaires : Utilisation d'un agoniste de la LH-RH/GnRH prescrit une semaine avant la chimiothérapie.
  • Congélation d'embryons : Après stimulation ovarienne et fécondation in vitro (FIV), les embryons obtenus sont congelés et seront réimplantés ultérieurement.
  • Congélation d'ovocytes : Stimulation ovarienne et congélation des ovocytes matures obtenus.
  • Maturation in vitro d'ovocytes immatures : Prélèvement d'ovocytes immatures dont la maturation sera effectuée au laboratoire.
  • Congélation de tissu ovarien : Prélèvement et congélation d'un ovaire avant la chimiothérapie.

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