Introduction
L'affaire Sylvie Reviriego, survenue à Tours, a marqué les annales de la criminologie. Ce fait divers, impliquant le meurtre et le démembrement d'une femme par sa meilleure amie, a suscité de nombreuses interrogations sur les motivations de l'acte et le rôle potentiel des médicaments. Cet article propose une biographie de Sylvie Reviriego, retraçant son parcours avant, pendant et après le crime, en explorant les éléments qui ont contribué à cette tragédie.
Jeunesse et Parcours Professionnel
Sylvie Reviriego était considérée comme une enfant modèle. Sa mère la décrivait comme "la fille dont toutes les mamans du monde peuvent rêver." Petite fille modèle qui va à la messe tous les dimanches, qui souffre, malgré tout, des moqueries des autres enfants. Elle a gardé les séquelles d’une polio et quitte l’école assez tôt. Et comme elle est bonne couturière, elle travaille comme piqueuse dans des entreprises de confection. Licenciée pour raisons économiques, elle se fait embaucher dans un hôpital près de Chinon en 1982, où elle travaille comme agent technique dans un service d'enfants grabataires.
Sa vie de couple se dégrade, marquée par l'infidélité et la violence de son mari. Sylvie fait une tentative de suicide. Ils divorcent finalement en 1987. En 1988, à 37 ans, Sylvie Reviriego obtient son diplôme d'aide-soignante.
La Rencontre et l'Amitié Toxique avec Françoise Gendron
Après son divorce, Sylvie quitte Chinon pour Tours, où elle retrouve Françoise Gendron, une amie d'enfance. Avec Françoise, c’est une amitié quasi-exclusive, elles se voient jour et nuit. Mais c’est une amitié teintée de jalousie et de rancœur… Le grand sujet de discussions et de disputes, ce sont les hommes. Françoise connaît bien le monde de la nuit. Elle y est plus à l’aise et Sylvie lui reproche de garder pour elle "les meilleurs éléments". Elle accuse aussi Françoise de lui emprunter de l'argent sans la rembourser, de vendre des vêtements qu’elle a cousus et de garder les sous. Elle ne lui dit rien, elle ne réclame jamais, mais elle rumine.
Le Crime et le Procès
Le 12 décembre 1988, Sylvie Reviriego tue son amie Françoise Gendron et la démembre pendant deux jours dans sa cuisine et sur son balcon. Elle avait invité Françoise à prendre le thé, l’avait droguée, vidée de son sang dans la baignoire de la salle de bains, puis découpée méthodiquement. Ensuite, après avoir fait cuire la tête de sa victime, la meurtrière avait abandonné les restes de son amie dans des sacs-poubelles disséminé dans plusieurs endroits de la ville.
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Lors du procès, en juin 1991, la thèse de la défense, selon laquelle Sylvie Reviriego était sous l’emprise d’un cocktail médicamenteux n’a pas convaincu les jurés. Et pourtant. Quelques mois avant l’assassinat, Sylvie Reviriego consommait à haute dose des extraits thyroïdiens frais, des amphétamines, des benzodiazépines et des anorexigènes. Or les "benzo" sont aujourd’hui de plus en plus fréquemment mis en cause dans les tribunaux. Sylvie Reviriego prenait du Lysanxia 40 mg. Il appartient à une classe de médicaments qui a pour objet de calmer les anxiétés, mais qui a des effets amnésiants et hypnotiques.
Malgré l'argument de la psychose médicamenteuse, Sylvie Reviriego fut condamnée en juin 1991 à la prison à perpétuité.
L'Intoxication Médicamenteuse : Un Élément Controversé
L'avocate de Sylvie Reviriego au moment des faits, Catherine Lison-Croze, a défendu la thèse d'une psychose médicamenteuse. Elle explique qu'au moment de la reconstitution, il y avait des boîtes de pilules partout dans la cuisine, sa mère m’a appris qu’elle ingurgitait plus de 20 gélules par jour dans le cadre d’un régime amaigrissant. La jeune femme qui venait de divorcer avait perdu 16 kg en quelques mois et avait fondu du 42 au 36 de tour de taille.
En 2001, deux experts judiciaires ont estimé que son traitement avait provoqué "une pathologie iatrogène grave" qui avait profondément modifié ses capacités de discernement dans le domaine personnel et professionnel. En s’appuyant sur leur rapport, Sylvie Reviriego a tenté d’obtenir un procès en révision. En vain.
Libération Conditionnelle et Reconstruction
Sylvie Reviriego a bénéficié d'une libération conditionnelle en 2009 avec interdiction formelle de s'exprimer sur cette affaire et suivi psychiatrique. Elle a reconstruit sa vie loin de Tours. À cette époque, selon son avocat, elle se trouvait quelque part en France, loin de Tours, en train de se reconstruire.
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