Introduction
L'impact du surpoids et de l'obésité sur la fertilité est un sujet de préoccupation croissante. Les études se sont concentrées sur le lien entre le poids, l'alimentation et la fertilité, révélant qu'un changement important de poids (IMC supérieur à 30 ou inférieur à 18) peut entraîner des troubles de la fertilité chez les hommes et les femmes. Cet article examine en profondeur les risques associés au surpoids dans le contexte de la fécondation in vitro (FIV) et de l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), en tenant compte des dernières recherches et des recommandations cliniques.
Impact du Surpoids sur la Fertilité Naturelle
L’excès pondéral (IMC > 25 kg/m2) sinon l’obésité (IMC ≥ 30 kg/m2) deviennent progressivement un problème de santé publique. Dans le domaine de la fertilité, il est établi que l’excès pondéral, en particulier associé au tabagisme, est responsable d’une augmentation du délai à concevoir, même chez les femmes qui ont des cycles ovulatoires. Les conséquences de l’obésité ou du simple excès pondéral sur la fonction de reproduction sont multiples : modifications du cycle menstruel, anovulation, augmentation du risque de fausses couches et complications tardives durant la grossesse.
Chez les femmes obèses, même avec une ovulation normale, la fertilité est diminuée. Chez l’homme, la surcharge pondérale est associée à une diminution de la spermatogenèse et à une incidence augmentée de dysfonction érectile.
Surpoids et Assistance Médicale à la Procréation (AMP)
Efficacité des Traitements et Risques Accrus
Dans le cadre d’une AMP, les traitements employés peuvent être moins efficaces et les possibilités que l’embryon s’implante avec succès peuvent se voir réduites chez les femmes en surpoids. On estime que 12% des cas d’infertilité primaire sont liés à des problèmes de surpoids. De plus, si vous commencez une grossesse avec un IMC supérieur à 25, les risques de complications pendant la grossesse pourraient être considérablement augmentés.
Avec une surcharge pondérale, la stimulation de l’ovulation chez la femme nécessite de plus grandes doses de médication, ce qui augmente considérablement les coûts du traitement. Le suivi échographique des femmes obèses s’avère aussi plus difficile et le risque de complication comme l’hyperstimulation ovarienne plus important. De plus, durant un traitement par FIV, le nombre d’ovocytes prélevés est souvent inférieur chez les femmes obèses.
Lire aussi: Surpoids et santé abdominale pendant la grossesse
Impact sur les Cycles de FIV-ICSI
Dans les cycles de FIV-ICSI, l’excès pondéral est, en général, associé à une réduction du nombre d’ovocytes. De plus, si les chances de conception ne paraissent pas affectées, le risque de fausse couche est significativement augmenté chez les patientes obèses. De ce fait, la réduction pondérale est essentielle avant d’engager une stimulation ovarienne.
Une analyse rétrospective de 5 019 cycles de FIV-ICSI a confirmé l’association linéaire entre un IMC élevé et une durée de stimulation prolongée, une dose totale supérieure de FSH, une fréquence plus élevée d’annulation de cycle et un moindre nombre d’oocytes. De plus, selon cette analyse, si le taux d’implantation embryonnaire était similaire, le taux de fausses couches précoces était positivement corrélé à l’IMC.
Transfert d'Embryons Congelés et Risque d'Obésité
Une étude a révélé que la prévalence de l'obésité était significativement plus élevée après le transfert d'embryons congelés qu'après le transfert d'embryons frais, soit un risque majoré de 54 %. Bien que les différences de risque absolu restent faibles, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les causes de cette observation.
Recommandations et Stratégies de Prise en Charge
Perte de Poids comme Priorité
La perte de poids est devenue une priorité avant toute prise en charge de l’infertilité. Des modifications relativement simples du style de vie (exercice régulier, modifications de l’équilibre alimentaire) permettant une réduction pondérale même modeste (5 %) améliorent significativement les chances de conception spontanée, en particulier grâce à une réduction de l’insulino-résistance.
Une étude australienne a montré qu'une perte de poids, même modérée, peut considérablement augmenter les chances de concevoir, notamment en restaurant une ovulation spontanée. La perte de poids doit donc être considérée comme LA première option pour les femmes infertiles et en surpoids.
Lire aussi: Grossesse et indice de masse corporelle élevé
Rôle de la Metformine
Du fait de l’insulino-résistance et de l’hyperinsulinémie réactionnelle habituellement associée à l’excès pondéral, l’utilisation seule ou combinée d’agents insulinosensibilisateurs a été proposée. La Metformine a été l’agent thérapeutique le plus utilisé pour réduire l’insulino-résistance.
Deux études prospectives ont montré que l’administration même brève (trente à trente-cinq jours) de Metformine (1 500 - 1 700 mg/j) est bénéfique que l’IMC soit modérément augmenté ou franchement élevé. L’effet observé est une réduction du taux d’oestradiol plasmatique et du nombre de follicules en croissance, permettant ainsi un pourcentage supérieur de cycles à développement mono-folliculaire et une réduction des annulations pour hyper-réponse ovarienne.
Importance d'une Approche Personnalisée
Il y a encore besoin de davantage de consensus parmi les médecins lorsqu’il s’agit de FIV et de perte de poids. Au lieu de vous noyer dans les informations sur Internet, essayez plutôt de trouver un médecin capable de réfléchir sur le caractère unique de votre situation. Prenez connaissance des risques potentiels, armez-vous de questions et gardez l’esprit ouvert.
Amélioration de la Qualité Spermatique chez l'Homme
La réversibilité de l’obésité et de ses effets sur le sperme en cas de perte de poids par régime ou exercice physique a été évaluée chez la souris. Cette perte de poids a significativement amélioré la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes, diminué la fragmentation de l’ADN.
Facteurs Additionnels à Considérer
Style de Vie et Habitudes Alimentaires
Les traitements d’AMP doivent impérativement être accompagnés d’une bonne hygiène de vie afin d’optimiser les chances de réussite. Une pratique sportive intensive peut altérer la qualité des ovulations voir les bloquer même si l’IMC est normal. L’alcool, le cannabis et la cocaïne sont également néfastes pour la fertilité. Il est recommandé de ne pas dépasser 2 verres standard par jour et 10 verres par semaine.
Lire aussi: Comprendre la FIV ICSI
Soutien Psychologique
Le diagnostic d’infertilité et le traitement hormonal peuvent induire la survenue de diverses émotions : colère, anxiété, tristesse. N’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à prendre contact avec un sexologue.
tags: #surpoids #et #fiv #icsi #risques