La grossesse est une période de changements physiologiques importants. Chez les femmes en surpoids ou obèses, ces changements peuvent être amplifiés, affectant le déroulement de la grossesse, l'accouchement et la santé du bébé. Cet article explore l'impact du surpoids et de l'obésité sur la grossesse, en mettant l'accent sur les complications potentielles et les mesures à prendre pour assurer une grossesse saine.
Surpoids et Obésité: Définitions et Prévalence
On parle de surpoids lorsque l'Indice de Masse Corporelle (IMC) est compris entre 25 et 30. L'obésité est définie par un IMC supérieur à 30, et l'obésité massive ou morbide, par un IMC supérieur à 35. L'IMC se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille (en mètres) au carré. Un IMC idéal pour la conception se situe entre 18,5 et 25. Il est important de noter qu'un IMC trop faible (inférieur à 18,5) peut également augmenter le risque d'infertilité.
De nombreuses études ont mis en évidence l'impact de l'obésité et du surpoids sur le bon déroulement de la grossesse et de l'accouchement.
Difficultés de Conception Liées au Surpoids
Le surpoids et l'obésité peuvent rendre la procréation plus difficile. Les désordres hormonaux engendrés par un excès de graisse corporelle peuvent perturber l'ovulation. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une maladie hormonale fréquente, est plus courant chez les femmes en surcharge pondérale. La graisse corporelle affecte la production de gonadolibérine (GnRH), une hormone qui active l'hormone lutéinique (LH) et l'hormone de la stimulation folliculaire (FSH), indispensables à l'ovulation.
Ces troubles hormonaux ont tendance à se réguler spontanément avec une perte de poids.
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Le poids du partenaire peut également jouer un rôle dans les difficultés de procréation.
Risques et Complications Pendant la Grossesse
Les femmes obèses présentent souvent un diabète de type 2, source de nombreuses complications pendant la grossesse. Pour celles qui n'étaient pas diabétiques avant la grossesse, les risques d'apparition d'un diabète gestationnel sont multipliés par cinq avec l'obésité. L'hypertension est également plus fréquente chez les patientes obèses.
Plusieurs complications touchent les femmes enceintes en surpoids et ont un impact direct et durable sur le bébé.
Suivi de Grossesse et Examens
Pour les femmes obèses, les premières difficultés rencontrées dans le suivi de grossesse seront d'ordre pratique. Le matériel du service doit être adapté. La fiabilité des examens d'imagerie, et notamment de l'échographie, peut être compromise par la présence de graisse abdominale, qui rend plus compliquée la pénétration des ultrasons dans les tissus.
Stigmatisation et Prise en Charge Psychologique
Les femmes obèses peuvent être stigmatisées voire victimes de grossophobie, que ce soit dans leur quotidien ou dans des structures de soin. Une prise en charge psychologique et systématique est primordiale.
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Gestion du Poids Pendant la Grossesse
Bien que l'obésité soit un facteur de risques importants pendant la grossesse, ces quelques mois de gestation ne doivent pas être le moment pour ces patientes d'entamer un régime hypocalorique. Il est essentiel qu'elles soient sensibilisées à l'importance d'une alimentation équilibrée pendant la grossesse afin de maintenir un poids dans les normes, mais ce n'est pas le moment souhaitable pour les mettre au régime. L'équilibre alimentaire et une bonne hygiène de vie sont les deux axes principaux à aborder avec elles.
Alimentation Équilibrée
Il est conseillé d'adopter une alimentation équilibrée, sans supprimer les féculents, le pain ou le beurre. L'objectif est de se préparer des assiettes équilibrées, en veillant à apporter des fibres, présentes dans les légumes verts ou colorés, les légumes secs, les féculents à base de céréales complètes ou semi-complètes et les fruits. Il est important de manger en pleine conscience, lentement et dans le calme, afin de faciliter la digestion et de réguler l'appétit.
Hydratation et Fractionnement de l'Alimentation
Il est recommandé de bien s'hydrater, en buvant 1,5 L à 2 L d'eau par jour, par petites gorgées tout au long de la journée. Pour éviter les fringales et le grignotage, il est conseillé de fractionner son alimentation, en commençant la journée par un bon petit déjeuner riche en protéines et en bonnes graisses, suivi d'un déjeuner et d'une collation dans l'après-midi.
Activité Physique
Comme pour toutes les femmes enceintes, l'activité physique est essentielle au bon déroulement de la grossesse. Si l'obésité en soi n'est absolument pas une contre-indication médicale à la pratique d'un sport, il est néanmoins important d'entreprendre une activité compatible avec son état de santé. Une femme obèse enceinte qui n'a aucune contre-indication médicale, est invitée à être le plus active possible. La marche, la piscine, la gymnastique douce et le yoga prénatal sont des activités recommandées.
Produits Allégés et Hyperprotéinés
Pendant la grossesse, les produits allégés sont plutôt déconseillés. En consommant de l’allégé, la future maman envoie de faux messages nutritionnels au fœtus. Les produits contenant des édulcorants, tout sauf naturels, apportent certes un goût sucré tout en étant moins caloriques, mais peuvent être dangereux pour le fœtus. Ceux à éviter absolument sont les édulcorants qui contiennent de l’aspartame, à cause de la présence de phénylalanine. Cet acide aminé est toxique pour les bébés atteints de phénylcétonurie.
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Enceinte, il est préférable de reléguer les produits hyperprotéinés au fond du placard. Ces produits, consommés en remplacement d’un repas, n’apportent pas suffisamment de calories pour répondre aux besoins de la femme enceinte.
Prise de Poids Recommandée
La prise de poids pendant la grossesse est normale et variable d’une femme à une autre. Une prise de poids physiologiquement normale est estimée entre 9 et 15 kg. Cependant, il est important qu’elle soit adaptée en fonction du poids de départ. Plus le poids de départ est important, plus la prise de poids devra être modérée.
Lors du premier trimestre de grossesse, les besoins de la femme enceinte ne changent pas énormément. Il n’est pas nécessaire d’augmenter son apport calorique. Durant le premier trimestre, le poids peut augmenter d’un kilo. L’apport calorique reste le même et les nausées peuvent éventuellement engendrer une perte légère de poids. Au deuxième trimestre, le poids augmente de 1 kg par mois et au troisième trimestre de 2 à 3 kg par mois.
Une prise de poids trop importante est dangereuse pour la maman et pour le bébé. Lors de la première moitié du deuxième trimestre, c’est essentiellement la mère qui prend le plus de poids car elle constitue ses réserves lipidiques et son volume sanguin augmente. Pendant le dernier trimestre de grossesse, le poids du bébé augmente, mais le vôtre peut commencer à diminuer. Il en résulte un gain net d’environ 3 à 5 kilos. Certaines femmes constatent que leur poids se maintient ou même diminue au cours du neuvième mois, lorsque la contraction des abdominaux peut rendre difficile la recherche de nourriture.
Plus de la moitié de la prise de poids va profiter directement à la croissance du bébé, mais un gros tiers de la prise de poids va se stocker dans votre corps sous forme de réserves et dans votre poitrine.
Porter des Charges Lourdes Pendant la Grossesse
Il est bien connu que les femmes enceintes sont souvent découragées de porter des charges lourdes. Pendant la grossesse, l'utérus se dilate pour accueillir le fœtus en croissance. Cela exerce une pression sur les organes internes, y compris les poumons et le diaphragme, limitant ainsi la capacité respiratoire de la femme enceinte. Le centre de gravité du corps se déplace également vers l'avant à mesure que le ventre s'arrondit, ce qui peut rendre l'équilibre précaire.
En raison des changements physiologiques de la grossesse, les femmes enceintes peuvent voir leur capacité de levage diminuée. Les muscles et les articulations peuvent être plus faibles et plus instables, ce qui augmente le risque de blessure lors du soulèvement d'objets lourds.
Le port de charges lourdes pendant la grossesse peut entraîner diverses complications pour la mère. Cela peut augmenter la pression sur l'utérus, ce qui peut entraîner des douleurs abdominales, des contractions prématurées ou même un accouchement prématuré. Le port de charges lourdes peut également avoir des effets néfastes sur le bébé à naître. L'augmentation de la pression sur l'utérus peut restreindre le flux sanguin vers le placenta, ce qui peut affecter la croissance et le développement du fœtus.
Les professionnels de la santé sont unanimes : les femmes enceintes devraient éviter de porter des charges lourdes autant que possible. Il est essentiel de comprendre que pendant la grossesse, le corps de la femme subit de nombreux changements physiologiques pour soutenir le développement du fœtus. Porter des charges lourdes peut exercer une pression supplémentaire sur le dos, les articulations et les muscles déjà sollicités.
Alternatives et Précautions
La meilleure alternative au port de charges lourdes pendant la grossesse est d'éviter complètement cette tâche. Il est important de demander de l'aide à votre partenaire, à des amis ou à des collègues pour les tâches physiquement exigeantes. Par ailleurs, certaines femmes enceintes peuvent bénéficier de l'aide de professionnels spécialisés dans le déménagement ou le transport de charges lourdes.
Il existe de nombreuses façons de gérer les tâches quotidiennes sans avoir à porter de lourdes charges. Si vous travaillez dans un environnement qui vous demande de soulever des objets lourds, parlez-en à votre employeur pour trouver des solutions. Il existe également des aides spécifiquement conçues pour les femmes enceintes, qui peuvent faciliter les tâches quotidiennes sans nécessiter de levage. Par exemple, vous pouvez utiliser des chariots pour transporter des objets plutôt que de les porter, ou investir dans des sangles spéciales pour répartir le poids sur tout le corps.
Pour bénéficier d'une ergonomie optimale au travail, il est recommandé d'organiser votre espace de travail de manière à ce que tout soit à portée de main, sans avoir à effectuer des mouvements brusques ou à soulever des charges importantes. Utilisez des supports ajustables pour votre matériel de travail, comme un écran d'ordinateur à la hauteur des yeux, pour éviter les tensions musculaires.
Régime et Grossesse: Compatibilité et Recommandations
Surveiller ses kilos pendant la grossesse est possible et souvent conseillé. En revanche, ce n’est pas la période idéale pour se lancer dans un régime afin de perdre du poids.
Si notre poids avant la grossesse peut être une source d’inquiétude pour son bon déroulé, il peut être conseillé de suivre un régime, même en étant enceinte. « Une femme en surpoids ou obèse peut tout à fait perdre du poids en étant enceinte, sans mettre en danger le bon développement du fœtus. En moyenne, au cours de la grossesse, la prise de poids, inévitable, varie entre 9 et 15 kg selon la corpulence.
Conseils Alimentaires
Notre conseil pour éviter de voir les kilos s’accumuler à vitesse grand V alors qu’on est enceinte : on oublie les adages populaires du type « Enceinte, on mange pour deux ! » Le fait d’attendre un bébé ne signifie pas qu’on doit céder à toutes les tentations, ni multiplier les quantités. Mieux vaut suivre le proverbe selon lequel il ne faut pas manger deux fois plus, mais deux fois mieux.
Objectif : Se (faire) préparer des assiettes équilibrées, sans mettre de côté les féculents, le pain, le beurre… tout ce qui, d’après nous, « fait grossir » ! Attention donc à ne pas être carencée. On mange de tout, notamment des fruits et des légumes, en quantité suffisante, pour éviter les fringales, et en privilégiant les aliments riches en fer et en protéines, car on en a besoin. Prudence aussi à ne manquer ni de vitamine D, ni de calcium, ni d'acide folique. Des apports alimentaires insuffisants ne sont pas à prendre à la légère pendant la grossesse.
Produits Allégés et Hyperprotéinés
Yaourt 0 %, barre chocolatée hyperprotéinée… les produits allégés en sucre ou en graisse nous narguent. Pendant la grossesse, les produits allégés sont plutôt déconseillés. En consommant de l’allégé, la future maman envoie de faux messages nutritionnels au fœtus. En clair : si nous buvons un, voire deux sodas « light » dans la journée, notre organisme envoie, à chaque fois, un « message sucré » à notre futur bébé. Les produits contenant des édulcorants, tout sauf naturels, apportent certes un goût sucré tout en étant moins caloriques, mais peuvent être dangereux pour le fœtus. Ceux à éviter absolument sont les édulcorants qui contiennent de l’aspartame, à cause de la présence de phénylalanine. Cet acide aminé est toxique pour les bébés atteints de phénylcétonurie.
Enceinte, on relègue les produits hyperprotéinés au fond du placard ! Notre futur bébé, qui grandit en nous, demande beaucoup d’énergie. « Les barres et autres canettes hyperprotéinées, consommées en remplacement d’un repas, n’apportent que 600 calories par jour, alors que le corps en réclame entre 1 000 et 1 200 minimum », explique Jean-Philippe Carrasco. Certes, nous allons perdre quelques kilos en en consommant, mais on va surtout fondre autant en muscles. Résultat ?
Infertilité et Surpoids
Le surpoids et l’obésité ont, nous le savons, des conséquences délétères sur la santé d’une manière générale et sur la fertilité en particulier.
Selon la définition de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), on parle de surpoids lorsque l’IMC (Indice de masse corporelle) est égal ou supérieur à 25, et on parle d’obésité lorsque l’IMC est égal ou supérieur à 30. Vous pouvez facilement connaître votre indice de masse corporelle en faisant un calcul simple : divisez votre poids (en kg) par votre taille (en mètre) au carré. Il existe sur Internet de nombreux calculateurs d’IMC.
On ne parle pas de poids idéal pour tomber enceinte mais plutôt d’IMC idéal. Celui-ci se situe entre 18,5 et 25. Notez qu’un IMC trop faible (inférieur à 18,5) augmente également le risque d’infertilité : les femmes en sous-poids ont souvent des cycles irréguliers et n’ovulent donc pas tous les mois, voire jamais.
Le surpoids et a fortiori l’obésité engendrent des désordres hormonaux importants et notamment l’un des plus courants d’entre eux : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Cette maladie hormonale est la première cause d’infertilité féminine et peut toucher toutes les femmes, mais atteint plus souvent les femmes en surcharge pondérale importante. La graisse corporelle affecte en effet la production de gonadolibérine (GnRH), hormone qui active l’hormone lutéinique (LH) et l’hormone de la stimulation folliculaire (FSH). Hors ces deux hormones sont indispensables à l’ovulation.
Notez que le surpoids ou l’obésité du partenaire peut également entraîner des difficultés de procréation.
Le poids joue un rôle essentiel dans la réussite d’un parcours de PMA (procréation médicalement assistée). Un indice de masse corporelle (IMC) équilibré, compris entre 18,5 et 25, favorise une meilleure ovulation et augmente les chances d’implantation de l’embryon. En cas de surpoids ou d’obésité, les traitements hormonaux peuvent être moins efficaces et la stimulation ovarienne plus difficile à réguler. À l’inverse, un IMC trop bas peut perturber le cycle menstruel.
Certaines des complications qui touchent les femmes enceintes en surpoids ont un impact direct et durable sur le bébé.
Si vous rencontrez des difficultés à concevoir un enfant, commencez par faire le point avec votre gynécologue obstétricien. Il pourra vous conseiller et essayer d’identifier les raisons de votre infertilité.
Quoi qu’il en soit, si rencontrez des difficultés de conception alors que vous êtes en surpoids ou souffrez d’obésité, ne vous lancez pas dans un régime draconien qui implique de compter le nombre de calories par jour, et qui vise à perdre beaucoup de poids rapidement. Privation et restriction sont, on le sait, sources de stress et de compulsions. Une récente étude américaine a d’ailleurs montré que la perte de poids via une alimentation hypocalorique n’augmente pas les chances de grossesse, contrairement à l’activité physique.
Les situations d’infertilité chez les femmes obèses ou en surpoids sont plus fréquentes que chez les femmes d’un IMC considéré comme normal. L’obésité est un problème de santé publique majeur.
Impact de l'Obésité Maternelle sur la Santé de l'Enfant
Une première étude relate que le déroulement de la grossesse est décisif pour la santé future de l’enfant.
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