Le spermogramme est un examen essentiel dans l'évaluation de la fertilité masculine. Il s'agit du premier examen prescrit à l’homme en cas d’infertilité du couple. Cet examen permet de diagnostiquer les problèmes masculins les plus fréquents et doit être parfois réalisé à deux reprises, idéalement à 3 mois d’intervalle, en raison des variations physiologiques des paramètres spermatiques. Cet article explore en détail les différentes facettes de cet examen, de sa réalisation à l'interprétation des résultats, en passant par ses indications et les examens complémentaires associés.
Déroulement d'un spermogramme
Le spermogramme se déroule en plusieurs étapes clés, chacune apportant des informations précieuses sur la qualité du sperme.
Questionnaire préalable
Un questionnaire avant le recueil est indispensable pour aider à l’interprétation (environnement professionnel, prise de médicament, consommation de tabac…). Ce questionnaire permet de recueillir des informations importantes sur l'hygiène de vie et l'état de santé du patient, qui peuvent influencer les résultats.
Recueil du sperme
Le prélèvement s’effectue par masturbation dans une salle dédiée du laboratoire, après une toilette intime appropriée. La présence de la conjointe est possible mais celle-ci devra respecter les consignes d’hygiène préconisées. Un délai d’abstinence sexuelle de 2 à 7 jours est recommandé pour garantir la fiabilité des résultats.
Analyse macroscopique
Observation des caractéristiques physiques du sperme : volume, viscosité et pH. Cette étape permet d'évaluer l'aspect général du sperme.
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Analyse microscopique
L’analyse microscopique évalue plusieurs paramètres essentiels. Il s'agit de l'étape la plus importante du spermogramme, qui permet d'évaluer en détail les caractéristiques des spermatozoïdes.
Concentration des spermatozoïdes
Un spermogramme normal contient ≥ 16 millions de spermatozoïdes/ml et ≥ 39 millions par éjaculat (OMS 2021). Une concentration faible (oligospermie) ou une absence totale de spermatozoïde(s) (azoospermie) peut indiquer un trouble de la fertilité.
Mobilité des spermatozoïdes
Trois types de mobilité sont analysés :
- Progressive : spermatozoïdes qui avancent en ligne droite.
- Non progressive : spermatozoïdes qui bougent mais sans déplacement efficace.
- Immobiles : spermatozoïdes sans mouvement.
La mobilité progressive doit être ≥ 32% pour être considérée comme normale.
Morphologie des spermatozoïdes
Analyse de la forme des spermatozoïdes sous microscope après coloration. Selon les critères OMS 2021, ≥ 4% des spermatozoïdes doivent être normaux. Une anomalie morphologique importante (tératozoospermie) peut impacter la fécondation naturelle. Spermatozoïde témoin observé au microscope électronique à balayage dans le cadre d'une étude de la globozoocéphalie spermatique, un des syndromes d'infertilité masculine caractérisé par des spermatozoïdes à tête ronde dépourvus d'acrosome (la vésicule contenant les enzymes permettant au spermatozoïde de percer la membrane pellucide de l'ovocyte). Des chercheurs ont découvert que le gène DPY19L2, nécessaire à l'élongation du spermatozoïde et à la formation de l'acrosome, serait responsable de ce syndrome. Ces travaux permettraient, à terme, d'imaginer des solutions thérapeutiques contre cette pathologie.
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Vitalité des spermatozoïdes
Permet d’évaluer la proportion de spermatozoïdes vivants. Une valeur normale est ≥ 54% de spermatozoïdes vivants. Une nécrozoospermie (trop de spermatozoïdes morts) peut nécessiter un examen complémentaire (spermoculture).
Présence de cellules anormales ou de germes
Détection d’éventuels globules blancs en excès, signe d’une inflammation. Présence de cellules immatures pouvant indiquer un problème de maturation. Si une infection bactérienne est suspectée, une spermoculture sera demandée. Cette analyse bactériologique du sperme recherche une infection microbienne, à l’origine des anomalies constatées. Les chlamydiae et les mycoplasmes sont des germes très répandus, qui n’entrainent pas forcément de signes cliniques, mais sont sexuellement transmissibles. Ils peuvent avoir des conséquences sur la qualité du sperme Fluide libéré par le pénis au moment de l’éjaculation servant à transporter les spermatozoïdes fabriqués dans les testicules.
Interprétation des résultats
Les résultats sont généralement disponibles sous 7 jours. Un deuxième spermogramme peut être prescrit après 3 mois pour confirmer les résultats. Si des anomalies sont détectées, le médecin peut demander d’autres examens (bilan hormonal, test génétique, échographie testiculaire…).
Quand faut-il recourir à un spermogramme ?
Le spermogramme est indiqué dans plusieurs situations :
- Infertilité : si un couple a des difficultés à concevoir après 12 mois de rapports non protégés.
- Contrôle post-vasectomie : pour vérifier l’absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat, idéalement au moins 3 mois après la vasectomie et après au moins 30 éjaculations.
- Préservation de la fertilité : avant un traitement pouvant affecter la spermatogenèse (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie testiculaire).
- Troubles hormonaux ou pathologies testiculaires : en cas de suspicion de dysfonctionnement testiculaire.
Examens complémentaires
En fonction des résultats du spermogramme, d'autres examens peuvent être prescrits pour affiner le diagnostic et orienter la prise en charge.
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Test de migration survie (TMS) ou test de capacitation
Le TMS est prescrit avant une prise en charge en Assistance Médicale à la Procréation (AMP). Il permet de :
- Évaluer la capacité des spermatozoïdes à survivre et se déplacer dans des conditions similaires à celles du tractus génital féminin.
- Orienter le couple vers la technique d’AMP la plus adaptée : Insémination intra-utérine (IIU), Fécondation in vitro (FIV), Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI).
Le TMS est un examen clé dans la prise en charge des couples infertiles. En fonction des CPAM (caisse primaire d’assurance maladie) une demande d’entente préalable peut être nécessaire à la prise en charge de cet examen. test de migration-survie (TMS) : permet la sélection des spermatozoïdes vivants et mobiles qui seront aptes à la fécondation.
Spermoculture
La spermoculture est un examen bactériologique recherchant d’éventuelles infections du sperme. Le sperme est normalement stérile, mais il peut être contaminé par des bactéries présentes dans l’urètre. En cas de détection de germes, un traitement antibiotique peut être prescrit. La spermoculture nécessite une analyse sur urines du 1er jet avant le recueil de sperme. Si elle doit être faite, la spermoculture se fera au moment du spermogramme puisqu’il y aura eu un recueil de sperme Fluide libéré par le pénis au moment de l’éjaculation servant à transporter les spermatozoïdes fabriqués dans les testicules.
Échographie transrectale (ETR)
L’échographie Examen utilisé à la place des rayons X pour visualiser les organes reproducteurs ou surveiller le développement folliculaire. transrectale (ETR) est aussi appelée sonogramme de la prostate et consiste à insérer une sonde fine dans le rectum pour observer la prostate, les vésicules séminales Deux poches situées derrière la vessie chez l’homme, qui produisent une partie du liquide séminal assurant l’acheminement et le développement des spermatozoïdes. et les canaux déférents.
Autres examens
- Bilan hormonal : pour évaluer la fonction hormonaleTest de décondensation : évalue la stabilité de la chromatine in vitro.
- Test génétique : pour rechercher des anomalies génétiques.
- Prélèvement testiculaire: Le prélèvement testiculaire peut être réalisé à l’Unité de Chirurgie Ambulatoire par un urologue du Groupe Hospitalier Cochin - Port-Royal.
- FIV IMSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes morphologiquement sélectionnés) : Lorsqu’une FIV IMSI est envisagée, un test pré imsi peut être demandé. Il vise à évaluer les spermatozoïdes avec le même microscope que celui qui servira lors de la FIV.
Facteurs affectant l'ADN des spermatozoïdes
Plusieurs facteurs peuvent altérer l'ADN des spermatozoïdes, compromettant ainsi leur capacité à féconder l'ovule :
- Maturation incorrecte : Le processus de maturation des spermatozoïdes comporte l’empaquetage de la chromatine nucléaire et l’acquisition de la mobilité spermatique. La stabilité de la chromatine est évaluée in vitro par des méthodes cytochimiques et biochimiques.
Techniques d'extraction de spermatozoïdes en cas d'azoospermie
Dans les cas d'azoospermie, où l'absence de spermatozoïdes est constatée dans le sperme, des techniques d'extraction chirurgicale peuvent être envisagées :
- Azoospermie liée à l’obstruction: Dans des cas d’azoospermie lié à l’obstruction, des petits fragments sont prélevés par une aiguille très fine en entrant dans les canaux obstrués ou bien dans le tissu testiculaire. Le taux d’obtention de spermatozoïdes dans ces fragments est proche à 100 %.
- Micro-TESE (Microscopic Testicular Sperm Extraction) : Dans cette procédure réalisée pour obtenir des spermatozoïdes par les testicules en utilisant un microscope chirurgical chez les hommes n’ayant pas de spermatozoïdes dans le sperme, les zones ayant des spermatozoïdes sont définies plus facilement et ainsi on obtient des spermatozoïdes. Lors de la procédure micro-TESE, les testicules sont examinés à l’aide d’un microscope sous anesthésie générale. Par cette méthode, les zones des testicules contenant des spermatozoïdes sont identifiées plus facilement et comme la quantité de tissu obtenu est moins importante, il est possible de prélever sur plusieurs zones. Ces tissus sont coupés au laboratoire par les embryologistes, les spermatozoïdes versés dans les canaux ou collés aux canaux sont séparés et utilisés lors de la procédure de micro injection.
Avantages de la méthode Micro-TESE
- L’examen des testicules sous microscope augmente également la chance de trouver des spermatozoïdes et permet l’obtention ceux-ci en plus grand quantité. Tandis qu’avec les anciennes techniques l’obtention des spermatozoïdes variaient entre 30 et 40 %, avec la technique micro-TESE, l’obtention de spermatozoïdes est aux alentours de 60 à 70 %.
- Également un autre sujet très important est que la perte de tissu testiculaire du patient est 70 fois moins importante par rapport à l’ancienne méthode. Ainsi, les dommages causés aux testicules lors de l’opération sont minimisés et les procédures causant la diminution du niveau de l’hormone de testostérone secrété sont évitées.
- Et autre avantage de la procédure micro-TESE réalisée sous microscope est la possibilité de sectionner sans endommager les veines qui alimentent le testicule. Pour cette raison les effets secondaires survenant après l’opération sont diminués.
Où réaliser un spermogramme ?
Les spermogrammes et les tests de migration-survie (TMS) peuvent être réalisés dans des laboratoires spécialisés. La prise de rendez-vous est obligatoire. Il est conseillé de contacter l’un des laboratoires pour obtenir les instructions précises avant l’examen.
Le spermogramme dans l'éducation
L’idée d’observer une coupe de testicule peut donc se justifier. Elle pourrait être inspirée d’un cliché observé par l’élève avant le cours dans un manuel (hypothèse dans la mesure où le dessin pourrait se rapprocher de celui d’une coupe). Pour intégrer cette difficulté, on peut s’appuyer sur un testicule entaillé de Rat : on montre ainsi que l’intérieur est constitué de très nombreux tubes. NB : l’entaille du testicule peut être faite en séance tandis que la dissection de l’animal peut être réalisée en amont au laboratoire. L’identification des tubes se fait ensuite à la loupe binoculaire (x20). On devra compléter l’observation en mentionnant le rôle de la prostate qui élabore le liquide spermatique. À l’issue de la séance d’observation des coupes de testicules, une confrontation des conceptions initiales des élèves au nouveau savoir construit est indispensable. On peut ainsi demander aux élèves d’identifier dans leurs dessins de départ les éléments que l’observation a permis de valider ainsi que ceux que l’observation a rendu caduques. Les élèves ont déjà étudié la fécondation, le rôle des gamètes et les transformations liées à la puberté. Bulletin officiel spécial n° 6 du 28 août 2008 (p. Les microscopes sont déjà placés sur les paillasses lorsque les élèves rentrent dans la salle (deux par paillasse). Dans un second temps, ils changent d’objectif (x10). Lorsque les élèves ont observé les spermatozoïdes au microscope, les élèves réalisent leur dessin d’observation à partir de la photographie qui est sur leur fiche de travail. C’est un spermatozoïde observé au microscope électronique pour leur permettre une observation à un grossissement supérieur. Lien avec la séance de SPC sur les lentilles : avant l’observation, il est demandé aux élèves d’observer les préparations microscopiques à l’œil nu pour vérifier qu’on ne « voyait rien ». Observation microscopique : le professeur passe de table en table pour repérer les élèves qui tâtonnent avec leur microscope ou ceux qui n’arrivent pas à refaire la mise au point après avoir changé d’objectif. Dessin d’observation : Le professeur rappelle à l’oral les critères de réussite d’un dessin d’observation en sciences. Ces critères sont indiqués dans la fiche de travail des élèves. Les élèves dessinent et vérifient s’ils ont bien respecté chacun des critères, le cas échéant ils modifient leur dessin. Le professeur circule entre les élèves pour aider ceux qui sont le plus en difficulté à repérer les critères non respectés et à les corriger. Remarque sur la mise en œuvre : seul un dessin de spermatozoïde est demandé pour gagner du temps. Un tableau comparatif complété est projeté à l’aide la webcam. Pour la taille, ils émettent l’hypothèse que si les spermatozoïdes sont plus petits que les ovules, c’est pour pouvoir rentrer dans l’ovule sans l’abimer. Le temps de réponse est paramétré avec un temps suffisamment long pour que tous les élèves puissent répondre. Il est possible de passer à la question suivante lorsque tous les élèves ont répondu plus rapidement que prévu. Aucune correction n’est faite durant la séance, toutefois les élèves ont la possibilité de vérifier ponctuellement, question après question, si leur réponse est juste (leur numéro de boitier apparait en vert ou en rouge en fonction de l’exactitude de leur réponse.
L'andrologue : le spécialiste de la fertilité masculine
L’andrologue est pour l’homme, ce que la gynécologue est à la femme. C’est le médecin spécialiste des pathologies de l’appareil génital de l’homme, et il est donc à même de traiter l’infertilité masculine.
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