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Solupred, Augmentin et Fécondation : Risques et Précautions

La prise de médicaments pendant la grossesse est une question délicate qui nécessite une attention particulière. Certains médicaments peuvent interférer avec le développement embryonnaire ou fœtal, entraînant des malformations ou des problèmes de santé pour l'enfant à naître. Il est donc crucial de bien s'informer sur les risques potentiels et de prendre les précautions nécessaires, notamment en évitant l'automédication.

Médicaments et Grossesse : Une Interaction Complexe

Pendant la grossesse, l'embryon puis le fœtus bénéficient des échanges avec la mère via le placenta. Certains toxiques, et notamment les médicaments, peuvent passer la barrière placentaire et interférer dans le bon déroulement de la croissance embryonnaire ou fœtale. On estime qu'environ 2 % des enfants naissent avec une malformation congénitale, et parmi ces malformations, 5 % seraient dues à la prise de médicaments pendant la grossesse.

Il est essentiel de faire attention à la prescription médicamenteuse pendant la grossesse et même pendant la période de conception. En effet, certains médicaments ont une demi-vie très longue et des médicaments potentiellement toxiques pris des semaines avant la fécondation peuvent avoir un impact sur le développement de l'embryon. Cependant, il est impératif de ne pas arrêter brusquement un traitement médicamenteux pendant la grossesse ou de sous-traiter une femme enceinte.

Médicaments Contre-Indiqués Pendant la Grossesse

Il existe deux grandes périodes pendant la grossesse :

  • La période embryonnaire : Elle s'étend jusqu'à la 10e semaine d'aménorrhée. C'est pendant cette période que les organes se mettent en place (organogenèse). Certains médicaments ne doivent pas être administrés pendant cette période en raison du risque malformatif élevé. Des médicaments comme des antimitotiques, la warfarine, la thalidomide ou encore les rétinoïdes ou le lithium sont contre-indiqués pendant la grossesse.
  • La période fœtale : Elle s'étend de la 10e semaine d'aménorrhée jusqu'à l'accouchement. Même si les risques malformatifs sont beaucoup moins importants, la prise de certains médicaments peut entraîner des problèmes de santé chez l'enfant à naître. Ainsi, les médicaments comme les anti-angiotensines II sont contre-indiqués pendant la période fœtale. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont, quant à eux, contre-indiqués à partir du 5e mois de grossesse, ou de la 24e semaine d’aménorrhée.

Il est souvent admis qu'un médicament est entièrement éliminé de l'organisme après 7 demi-vies. Ce temps peut être ainsi très long, et certains médicaments, même quand ils ont été arrêtés, peuvent encore provoquer des problèmes au niveau de la croissance de l'enfant à naitre. Par exemple, des médicaments comme les rétinoïdes ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse et même 1 mois avant d'envisager une grossesse. L'acitrétine nécessite une contraception pendant 3 ans après l'arrêt du traitement.

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Comment Se Soigner Pendant la Grossesse ?

Pendant la grossesse, de nombreux paramètres peuvent jouer sur l'absorption et l'efficacité d'un médicament. En effet, pendant la grossesse, le débit cardiaque ainsi que le débit urinaire peuvent augmenter de 50 % et l'activité métabolique est modifiée.

Un traitement pour une maladie chronique ne doit jamais être arrêté brusquement. Un traitement ne doit pas être diminué sans avis médical préalable. En effet, certaines pathologies, si elles ne sont pas soignées, peuvent être délétères pour la santé de la future maman et de son enfant.

Il est nécessaire de ne pas faire d'automédication pendant la grossesse. En effet, des médicaments même vendus sans ordonnance ou qui ne contiennent que des plantes peuvent être susceptibles d'être dangereux pour la grossesse. Il est donc nécessaire, quand on est enceinte, de prendre avis auprès de son médecin traitant ou de son gynécologue, même quand il s'agit de soigner une affection bénigne. L'idéal est d'en parler quand un projet de grossesse existe. En cas de traitement chronique, le médecin pourra en effet rassurer la patiente et adapter au mieux son traitement. Il est important de préciser que peu de médicaments nécessitent un arrêt brutal lors de la grossesse, mais de nombreux paramètres sont à prendre en compte pour soigner au mieux la future mère.

Cas Spécifiques : Solupred et Augmentin

Solupred (Prednisolone)

L'ANSM a mis en place un dispositif de suivi de la disponibilité des spécialités orales de prednisolone (SOLUPRED et génériques). La prednisone et la prednisolone peuvent être utilisées sans restriction particulière pour traiter les MICI chez la femme enceinte.

Les informations sur la sécurité d'emploi des médicaments usuels sont disponibles sur le site internet du centre de renseignement sur les agents tératogènes (CRAT) www.lecrat.org. Cette base de données indépendante de l’industrie pharmaceutique est destinée aux professionnels de santé et renseigne sur les risques en cours de grossesse des médicaments, vaccins, radiations et autres.

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Augmentin (Amoxicilline-Acide Clavulanique)

Concernant plus précisément les antibiotiques à base d'amoxicilline (Amodex®, Clamoxyl® et génériques), les données sont rassurantes. Le site du CRAT estime que "les données publiées chez les femmes enceintes exposées à l'amoxicilline en cours de grossesse sont très nombreuses et rassurantes".

Cependant, un cas clinique récent a mis en évidence un possible lien entre l'Augmentin® et des épisodes maniaques (antibiomania). Dans ce cas précis, l'antibiomania résulterait de l'interaction médicamenteuse entre la clarithromycine et l'Augmentin® (amoxicilline-acide clavulanique). Il est donc important d'être vigilant et de surveiller l'apparition de tout trouble psychiatrique en cas de prise de ces antibiotiques.

Antibiotiques et Grossesse : Précautions Générales

Avec un système immunitaire plus faible, la grossesse est une période à haut risque d'infections. Aussi la question de la prise de médicaments, et notamment d'antibiotiques, se pose. Enceinte, on évite d'autant plus l'automédication et on vérifie auprès de notre médecin que notre prise de médicaments est adaptée à notre condition.

Bien que le placenta protège le fœtus de potentielles infections, ce n'est pas pour autant une barrière infranchissable. Les médicaments antibiotiques sont utilisés contre les infections bactériennes. Gastro-entérite, vaginose, angine, otite ou encore infection urinaire (cystite) sont quelques-unes des maladies qui peuvent être d'origine bactérienne et donc qui peuvent nécessiter une prescription d'antibiotiques.

Nombre de médicaments sont déconseillés chez la femme enceinte, du fait d'un risque de malformation fœtale (on parle de risque tératogène). Il existe notamment des antibiotiques ayant des effets ototoxiques, c'est-à-dire toxique pour l'oreille et l'audition, ou encore néphrotoxiques, c'est-à-dire toxiques pour les reins.

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L'application locale est souvent privilégiée, d'autant que c'est un atout en ce qui concerne la grossesse. Par voie locale, que ce soit par voie cutanée, vaginale ou auriculaire par exemple, on estime que le passage systémique est moins important que par voie orale, via le système digestif.

Fertilité et MICI : Impact des Médicaments

Les maladies inflammatoires cryptogénétiques de l'intestin (MICI) atteignent souvent des personnes jeunes, aussi les questions sur l'interférence éventuelle entre ces maladies ou leur traitement et la procréation sont-elles fréquentes. La fertilité des femmes souffrant de MICI non sélectionnées est habituellement normale. Un risque accru de stérilité est observé chez les femmes atteintes de maladie de Crohn (MC) active.

Plusieurs études ont montré que la colectomie totale avec anastomose iléo-anale réduisait fortement (jusqu’à 80%) la fertilité. Ce risque semble nettement moindre après anastomose iléo-rectale. Les avortements semblent plus fréquents chez les femmes atteintes de MICI, tout particulièrement quand la maladie est active (jusqu’à 35% des conceptions).

L’activité de la MICI au moment de la conception augmente le risque d’activité persistante pendant la grossesse. Ainsi, le risque de rechute au cours de la grossesse est d’environ 20-25% si la RCH ou la MC sont inactives au moment de la conception, mais d’au moins 50% si la maladie est active au moment de la conception. Les femmes atteintes de MICI doivent donc être informées d’éviter si possible une conception pendant une phase active de leur maladie.

Pratiquement tous les médicaments utilisés pour traiter les MICI traversent le placenta. Les informations sur la sécurité d’emploi des médicaments usuels sont résumées sur le tableau I et pour beaucoup sur le site internet du centre de renseignement sur les agents tératogènes (CRAT) www.lecrat.org.

Les quinolones, notamment la ciprofloxacine, sont contre-indiquées au cours de la grossesse du fait de leur arthropathogénicité chez l’animal. L’azathioprine et la 6-mercaptopurine (6-MP) sont responsables de lésions chromosomiques et de malformations et pertes fœtales chez l’animal. Ces risques n’ont pas été confirmés chez la femme; aussi l’azathioprine est-il largement utilisé chez les femmes enceintes transplantées ou atteintes de lupus érythémateux disséminé ou de MICI.

Le méthotrexate est tératogène et responsable d’anomalies chromosomiques et d’avortements. Il y a un consensus pour contre-indiquer formellement le méthotrexate au cours de la grossesse et discuter un avortement eugénique si une grossesse se déclare chez une femme recevant ce médicament.

La ciclosporine n’est pas tératogène mais elle expose à un risque de néphropathie tubulaire chez le fœtus comme chez la mère. La thalidomide (utilisée de manière très exceptionnelle et très surveillée au cours des MICI) entraîne très fréquemment des malformations sévères.

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