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Sensation de pesanteur post-partum : causes et solutions

La sensation de pesanteur pelvienne après l'accouchement est une expérience courante, souvent transitoire, mais qui peut parfois persister et affecter considérablement la qualité de vie des nouvelles mamans. Cet article explore les causes de cette sensation, les solutions disponibles, allant de l'ostéopathie à la rééducation périnéale, et l'importance d'une prise en charge globale de la santé de la femme après la grossesse.

Introduction

Souffrir de pesanteur pelvienne après un accouchement n'est pas rare. Ce trouble du post-partum peut disparaître quelques semaines plus tard, mais dans certains cas, le problème persiste. Il est essentiel de comprendre les origines de cette sensation afin de proposer des solutions adaptées.

Causes de la pesanteur pelvienne post-partum

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la sensation de pesanteur pelvienne après l'accouchement :

  • Traumatisme de l'accouchement : L'accouchement est un traumatisme important. Lors du passage du bébé, le périnée, les nerfs, les ligaments et la muqueuse vaginale subissent des microtraumatismes comme des déchirures, des étirements et des élongations.
  • Modifications anatomiques : L'appareil génital se compose de différents muscles et de tissu conjonctif dont l'anatomie peut se modifier lors du passage du fœtus. Le cadre osseux du bassin joue un rôle fondamental au cours de l'accouchement, car il représente un moyen de fixité de l'appareil génital par l'intermédiaire des ligaments.
  • Relâchement du périnée : Le relâchement du périnée est une cause fréquente de pesanteur pelvienne. Le périnée est un ensemble de muscles qui soutient la vessie, le vagin, l'utérus, le rectum et l'anus. Après la grossesse, il est fréquent que le périnée soit affaibli.
  • Descente d'organes (prolapsus) : Le prolapsus est la chute d'un ou plusieurs organes (vagin, vessie, utérus, rectum, intestin) hors du petit bassin. Il survient lorsque les moyens de fixation de l’utérus font défaut : muscles releveurs du périnée, ligaments. Cet événement est favorisé par des grossesses répétées, un accouchement trop rapide ou s’étant accompagné de déchirures du périnée, la naissance d’un gros enfant, en particulier après un forceps. La baisse des estrogènes liée à la ménopause facilite également l’apparition d’un prolapsus génital en raison de la perte d’élasticité des tissus qu’elle induit.
  • Constipation chronique et abdominaux excessifs : Il faut aussi s'interroger sur les origines de cette descente. Est-on constipée de manière chronique, a-t-on fait des abdominaux en excès ?

Symptômes associés

La pesanteur pelvienne peut s'accompagner de divers symptômes, tels que :

  • Fuites urinaires : Après ma grossesse, il m’arrive d’avoir des fuites urinaires lorsque je tousse ou lorsque je ris.
  • Béance vaginale : Si le tampon ne tient pas en place, il s'agit sûrement d'une béance vaginale.
  • Baisse du plaisir sexuel : Le problème de la baisse du plaisir sexuel peut être dû à une diminution du tonus périnéal.
  • Douleurs : Après l’accouchement, les patientes peuvent ressentir des lourdeurs du périnée parfois accompagnées de douleurs, souvent lorsqu’elles portent leur bébé, ou qu’elles restent longtemps debout. Ces pesanteurs peuvent s’estomper au bout de quelques semaines, mais réapparaître lors des règles. Elles peuvent aussi parfois évoluer vers des dyspareunies.
  • Difficultés à uriner ou à évacuer les selles : On retrouve également dans le prolapsus des difficultés à uriner ou à évacuer les selles. Certaines femmes ont l’impression d’être obligée de « remonter leur vessie » grâce à des manipulations intimes pour pouvoir aller aux toilettes.
  • Démangeaisons vulvaires et pertes vaginales : La personne a régulièrement des démangeaisons au niveau de la vulve, associées éventuellement à des pertes vaginales.

Solutions et traitements

Plusieurs options thérapeutiques peuvent être envisagées pour soulager la sensation de pesanteur pelvienne et améliorer la qualité de vie des patientes :

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Ostéopathie

En tant que sage-femme ostéopathe, j’aimerais vous faire partager mon expérience sur le traitement par ostéopathie d’une pesanteur pelvienne suite à un accouchement par voie basse. Grâce à un traitement interne, la jeune mère pourra retrouver un corps équilibré sans douleurs, ce qui lui permettra de retrouver sa vie de femme et de s’épanouir dans sa vie de maman.

Au passage du bébé, ces ligaments, muscles et structures nerveuses peuvent être traumatisés. À l’aide de techniques issues de l’ostéopathie interne, il est possible d’apporter en 1 ou 2 séances un soulagement immédiat de ces douleurs. Le travail se fait par voie vaginale, de manière douce, par des points de pression et permet de détendre les différentes structures musculaires, ligamentaires et nerveuses afin que l’équilibre physiologique puisse être rétabli. Le traitement sera aussi complété par une remise en place du bassin en externe sur la même séance.

Une consultation d’ostéopathie en post-partum, directement dans les jours qui suivent la grossesse (après la maternité), est bénéfique pour diminuer les douleurs (mal de dos, mal de ventre…). Elle permet globalement d’aider au bon rétablissement par la suite. Votre ostéopathe peut aussi vous aider à diminuer les troubles du sommeil, en agissant sur le système neuro-végétatif (et il peut aussi soulager les tensions de bébé s’il a du mal à faire ses nuits). Il permet également le bon rétablissement du système digestif et du système urinaire.

Rééducation périnéale

Une rééducation abdominale est conseillée afin d'apprendre à protéger son périnée lorsque l'on tousse ou lorsque l'on éternue. Effectuer des séances de rééducation abdominale qui permettent de lutter contre cette béance. Pour que la rééducation du périnée soit optimale, il faudrait poursuivre la pratique des exercices enseignés par le thérapeute chez soi. Il faut aussi protéger son périnée en le verrouillant avant d'éternuer, de tousser ou de porter une charge. Il est, par contre, interdit de faire des abdominaux.

La rééducation périnéale ne remet pas les organes en place, mais redonne du tonus aux muscles du petit bassin. De quoi effacer cette désagréable sensation de « pesanteur » dans le bas-ventre.

Lire aussi: Comprendre les sensations de contraction dans le bas-ventre

La rééducation périnéale pendant la grossesse diminue de 40% les problèmes urinaires après. Source : Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français, Recommandations pour la pratique Clinique - Diagnostic et prise en charge de l’incontinence urinaire de la femme adulte.

Traitements médicamenteux

Dans les premiers jours : antalgiques, position de confort, mobilisation périnée, suivi rapproché de la patiente et de la cicatrisation. Tout au long de la prise en charge, pensez à la cotation de la douleur grâce aux échelles numériques ou d’évaluation de la douleur pour objectiver le ressenti de la patiente et vérifier l’efficacité de votre prise en charge.

Afin d’améliorer la trophicité vulvovaginale, l’apport d’acide hyaluronique peut être intéressant. En effet, son rôle dans la matrice cellulaire implique des propriétés cicatrisantes et anti-inflammatoires prouvées. Il existe sous forme de gel à appliquer sur le périnée et sous forme d’injections que seuls un dermatologue ou un gynécologue formé à cette technique, peuvent pratiquer.

Chirurgie

Plusieurs traitements chirurgicaux sont envisageables en cas de prolapsus. Dans la plupart des cas, l'intervention consiste à fixer des bandelettes entre les différents organes pour les maintenir. Dans d’autres cas, une prothèse est mise en place, lors de la chirurgie vaginale.

Autres approches

  • Massage périnéal : Le CNGOF le recommande dans ses dernières RPC de 2018 concernant la prévention et la protection périnéale en obstétrique. Le massage périnéal doit être encouragé chez les femmes souhaitant le pratiquer. Les études montrent qu’il diminue le taux d’épisiotomie et les douleurs périnéales dans le post-partum.
  • MIL-thérapie ou biophotomodulation : La MIL-thérapie ou biophotomodulation, s’effectue quant à elle par l’intermédiaire d’un appareil qui associe des techniques du LED (Light-Emetting Diode), du laser et des champs électromagnétiques.
  • Haute fréquence et laser O2 fractionné : L’utilisation de la haute fréquence a une action drainante, anti-inflammatoire et antalgique. Le laser O2 fractionné améliore quant à lui la trophicité vulvovaginale grâce à une bio stimulation.
  • Techniques de relaxation : Lors des séances de rééducation du périnée, le kinésithérapeute ou la sage- femme peut exercer des techniques à visée de relaxation musculaire telles que le biofeedback négatif, le contracter-relâcher, l’étirer-relâcher, la fascia thérapie ou l’ostéopathie. Ces méthodes doivent être systématiquement associées à la respiration et à la relaxation.

Impact sur la sexualité et la vie de couple

L'épisiotomie, les déchirures périnéales, les sécheresses vaginales ou les cicatrices de césarienne peuvent provoquer des douleurs pendant les rapports sexuels. Il est important de souligner que c’est surtout la question de la pénétration vaginale qui se pose en post-partum. En effet, il n’y a aucune contre-indication à reprendre une sexualité quand vous le désirez. En revanche, en ce qui concerne la pénétration vaginale, il peut être préférable d’attendre quelques semaines.

Lire aussi: Solutions pour une sexualité épanouie après l'accouchement

Si vous avez vécu un accouchement par voie basse, il est probable que vous ayez une béance vaginale (votre vagin reprendra sa forme et sa taille, mais il faut lui laisser un peu de temps) ; de plus, votre périnée a peut-être subi des lésions, appelées déchirures (épisiotomie ou déchirure naturelle).

En général, il faut compter entre trois et six semaines après un accouchement par voie basse, et entre trois et quatre semaines après une césarienne. Le plus important est d’attendre que le col de l’utérus se referme afin de prévenir les risques d’endométrite et d’infections (qui peuvent se produire si un corps étranger, par exemple du sperme, atteint l’utérus). On recommande de consulter votre sage femme ou votre gynécologue avant de recommencer à avoir des rapports pénétratifs.

Si vous avez des cicatrices, n’hésitez pas à les masser avec de l’huile d’amande douce. Le massage encourage la circulation sanguine et donc la cicatrisation. Si vous avez encore des douleurs quinze jours après votre accouchement, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.

Il est relativement fréquent d’avoir des douleurs lors des premiers rapports après l’accouchement. Certaines lésions peuvent prendre plus de temps que prévu dans leur processus de guérison, des douleurs vulvaires peuvent être ressenties, de la sécheresse vaginale peut apparaître (la prolactine, l’hormone nécessaire à la fabrication du lait maternel a pour conséquence de limiter la lubrification vaginale)… Chacun son rythme et sa sexualité. Des pratiques différentes peuvent être mises en place, la pénétration n’est pas une obligation. Si vous rencontrez des difficultés, des douleurs ou une quelconque forme de gêne, n’hésitez surtout pas à consulter un sexothérapeute, les professionnels de la santé sont là pour vous aider à trouver des solutions.

Il arrive très souvent que les désirs et les ressentis évoluent suite à l’arrivée d’un enfant. C’est l’occasion de repartir à la découverte de son corps. Si vous cherchez de nouvelles manières de vous explorer, une séance avec un sexothérapeute peut être intéressante afin qu’il vous propose différents exercices.

Le post-partum : une période de changements et de récupération

Le post-partum, aussi nommé "suites de couches", désigne la période qui suit l’accouchement. Selon les définitions, il dure en général 6 à 8 semaines. Le post-partum est une période de changements et de récupération qui peut s’avérer plus ou moins compliquée.

Directement après l’accouchement, des saignements, nommés “lochies”, sont présents. Ils peuvent parfois être très abondants, même s’il ne faut pas s’en inquiéter : ils signent le bon rétablissement de l’utérus par l’évacuation des déchets. Les lochies durent environ un mois, et il est conseillé de porter, durant cette période, des protections hygiéniques spéciales post-accouchement du fait de leur abondance.

Mécanisme nécessaire mais parfois très douloureux, les tranchées correspondent à des contractions utérines suite à l’accouchement. Elles visent à permettre une bonne évacuation des matières stagnantes (et sont donc en étroit lien avec les lochies). Elles permettent à l’utérus de reprendre sa taille et d’évacuer les éventuels caillots. Si vous allaitez, la tétée s’accompagne souvent de tranchées à cause de la sécrétion hormonale d’ocytocine.

Du fait de la distension du périnée, de l’engourdissement des nerfs du plexus honteux, mais aussi de la pression exercée par la tête de bébé sur la vessie, les mictions du post-partum immédiat peuvent être compliquées. En effet, le fait d’uriner peut être douloureux et des incontinences peuvent apparaître.

A cause du brusque changement de taille de l’utérus et de la distension abdominale acquise au cours de la grossesse, il est normal que l’aspect de votre ventre soit très différent et que vous ressentiez une sensation de “vide”. Cela peut s’accompagner de douleurs abdominales ou d’une sensation de pesanteur pelvienne, d’autant plus si le périnée a été traumatisé durant l’accouchement.

Une douleur à laquelle les parturientes sont rarement préparées est celle liée à la cicatrisation des plaies. Qu’il s’agisse d’une césarienne ou d’une épisiotomie, la cicatrisation peut être longue et douloureuse. Une bonne surveillance doit être effectuée par les sage-femmes et l’équipe médicale afin de vérifier que les points de suture sont correctement supportés et que la peau se rétablit progressivement. Ces douleurs peuvent durer jusqu’à un mois, voire parfois au-delà.

Le retour à la selle après l’accouchement est une étape difficile, surtout si l’accouchement a été compliqué (épisiotomie ou déchirure, ventouse, travail très long…). Il est normal de ressentir une angoisse vis-à-vis des premières selles, ce qui engendre en général une “constipation psychologique”. Cette constipation peut aussi être liée à des facteurs hormonaux et mécaniques. Il ne convient pas de s’en inquiéter : elle est transitoire et s'estompe d’elle-même. Favorisée par la constipation, une crise hémorroïdaire peut survenir à cause de la stase veineuse au niveau périnéal, notamment si des gros efforts de poussée ont eu lieu pendant l’accouchement.

Que votre accouchement se soit déroulé par voie basse ou par césarienne, il est normal de ressentir une profonde fatigue par la suite. Celle-ci peut être aggravée par le manque de sommeil, dû aux réveils fréquents liés au rythme de bébé. La période de récupération varie beaucoup d’une personne à une autre ; ainsi, essayez de privilégier les moments de sommeil lorsque votre bébé dort, même s’il ne s’agit que de siestes de quelques heures.

Si l’arrivée de bébé est souvent une période de joie, elle peut être aussi entrecoupée de moments de profonde tristesse ou mélancolie. À ne pas confondre avec la dépression post-partum, cette déprime teintée d’anxiété est imputable à plusieurs facteurs : bouleversement hormonal, changements physiques, arrivée des responsabilités liées à la parentalité, fatigue et pression de l’entourage… Le deuxième parent peut aussi en ressentir les effets. Afin de vous en sortir, prenez le temps de bien vous reposer pour vous remettre de votre fatigue et faites-vous accompagner par des personnes bienveillantes (amis, professionnels de la santé…). Lorsque la déprime s’aggrave et s’installe sur le long terme, on parle de dépression post-partum. Elle peut survenir dans les six mois qui suivent l’accouchement.

Encore à cause des hormones, une perte de cheveux éparse sur quelques mois est possible suite à l’accouchement. Cette perte est totalement récupérée par la suite, en 1 à 2 ans au maximum.

Importance de la communication et du soutien

Après l’accouchement, on a tendance à mettre sa propre santé de côté, au profit de l’attention portée à bébé, et au risque de s’oublier un peu. Pourtant, dans les premiers temps après l’accouchement, le corps de la mère a besoin de repos et de récupération, et c’est mieux si les deux parents en tiennent compte ensemble.

Quand on vient d’accoucher, on ne doit pas hésiter à partager avec son partenaire ce qu’on traverse. Pour les activités sexuelles aussi, le mieux est de s’en parler sans tabou. On n’hésite pas à parler en couple de ce qu’on ressent, de ce qu’on veut ou ne veut pas. Si on a des symptômes physiques, quels qu’ils soient, on en parle à un professionnel de santé, qui pourra nous aider et nous proposer des solutions dans la plupart des cas.

Quelle que soit la consultation, on n’hésite pas à dire aussi au médecin ou à la sage-femme comment on se sent, comment on vit la période. Ce qu’on ressent physiquement influe également sur notre moral. Et inversement, notre état d’esprit influe aussi la façon dont on vit les changements physiques. On n’hésite pas à en parler aussi à d’autres personnes, notamment des femmes qui ont déjà eu des enfants ou vont en avoir. Par exemple, avec des amies ou voisines, ou même dans des groupes de paroles de mamans ou futures mamans. Il ne doit y avoir aucun tabou autour de ce que vit le corps de la femme après l’accouchement.

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