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L'Espagne, Eldorado de la PMA : Réalités et Enjeux

L'Espagne est devenue en quelques décennies un leader européen en matière de procréation médicalement assistée (PMA). Ce pays attire de nombreux couples et femmes seules, notamment françaises, en quête de solutions pour fonder une famille. Cet article explore les raisons de cet engouement, les spécificités de la PMA en Espagne, les questions éthiques soulevées et les implications juridiques pour les familles transfrontalières.

L'Attrait de l'Espagne pour la PMA

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi l'Espagne est devenue une destination privilégiée pour la PMA :

  • Législation permissive : La législation espagnole est moins restrictive qu'en France, autorisant la PMA pour les femmes seules et les couples de femmes.
  • Absence de délais : Contrairement à la France, où les délais d'attente pour un premier rendez-vous en PMA peuvent être longs, l'Espagne offre un accès plus rapide aux traitements.
  • Techniques de pointe : L'Espagne a développé des techniques de pointe en matière de PMA, telles que le diagnostic préimplantatoire (DPI), qui permet de sélectionner les embryons viables avant leur implantation.
  • Expertise et infrastructures : Le pays compte un grand nombre de cliniques spécialisées dans la PMA, avec une expertise reconnue et des infrastructures modernes.
  • Accueil des patientes étrangères : De nombreuses cliniques espagnoles ont mis en place des services spécifiques pour accueillir les patientes étrangères, notamment françaises, avec du personnel francophone et une coordination personnalisée.

En 2018, l'Espagne a réalisé cent quarante mille procréations médicalement assistées et compte trois cents cliniques dédiées à cette pratique. Sept mille Françaises vont chaque année en Espagne pour y pratiquer une procréation médicalement assistée. Les Françaises représentent d'ailleurs la moitié de la clientèle étrangère des cliniques privées espagnoles.

Spécificités de la PMA en Espagne

Plusieurs aspects distinguent la PMA en Espagne :

  • Sélection des donneurs et donneuses : Les cliniques espagnoles appliquent des critères de sélection rigoureux pour les donneurs et donneuses de gamètes.
  • Protocoles adaptés aux quadras : Des protocoles de PMA spécifiques sont mis en place pour les femmes de plus de 40 ans, tenant compte des particularités de leur fertilité.
  • Examens complémentaires de l'endomètre : Des examens complémentaires de l'endomètre sont réalisés pour évaluer la réceptivité de l'utérus à l'implantation de l'embryon.
  • Tests génétiques : Les tests génétiques, tels que le DPI, sont plus largement utilisés en Espagne qu'en France, permettant de dépister les anomalies chromosomiques et les maladies génétiques chez l'embryon.
  • Transparence : Certaines cliniques mettent en avant la transparence de leurs pratiques, en permettant aux patientes de voir le laboratoire et les biologistes à l'œuvre.

À Saint-Sébastien (Espagne), l’Instituto Vasco de Fertilidad a vu exploser le nombre de patientes françaises en quelques années. Environnement chaleureux, lumières douces et décorations de Noël… Peu d’indices laissent penser que l’on se trouve dans un établissement médical. Cela correspond à 350 femmes par an, un chiffre qui a bondi en six ans. Soixante pour cent du personnel est francophone, et la clinique finance même des cours pour ses employés. Une équipe de neuf personnes est entièrement dédiée à l’accueil des Françaises.

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Coûts de la PMA en Espagne

Les coûts d'un traitement de PMA en Espagne varient en fonction des techniques utilisées et des cliniques choisies. En général, ils sont comparables, voire légèrement inférieurs, à ceux pratiqués en France. À la clinique IVF, cela comprend la conservation des œufs pendant cinq ans. Pour un parcours PMA complet, il en coûte entre 6 000 et 7 000 euros. Il se situe autour de 2 700 euros pour l’autoconservation d’ovocytes.

PMA Post-Mortem : Un Enjeu Éthique et Juridique

La PMA post-mortem, qui consiste à utiliser les gamètes d'un conjoint décédé pour concevoir un enfant, est interdite en France mais autorisée dans certains pays d'Europe, dont l'Espagne. Cette pratique soulève des questions éthiques complexes, notamment en ce qui concerne le droit de l'enfant à connaître ses origines et le consentement du défunt.

En France, la reconnaissance de la filiation d'un enfant conçu par PMA post-mortem à l'étranger est un sujet de débat juridique. La cour d'appel de Paris a récemment estimé qu'il était dans "l'intérêt supérieur de l'enfant" de reconnaître la filiation dans deux affaires où des enfants étaient nés d'une PMA réalisée en Espagne après le décès du conjoint. Cette décision pourrait alimenter les prochains États Généraux de la bioéthique et relancer le débat sur l'autorisation de la PMA post-mortem en France.

L'Histoire de Femmes en Quête d'Espoir

Derrière les statistiques et les considérations juridiques, il y a des histoires de femmes qui ont choisi l'Espagne pour réaliser leur rêve de maternité. Ces femmes témoignent de leur parcours, de leurs difficultés, mais aussi de leur espoir et de leur détermination.

J’ai 44 ans, mon mari en a 45. J’ai rencontré mon mari à 31 ans après une séparation douloureuse, 2 ans après notre rencontre j’arrêtais la pilule pensant tomber enceinte rapidement. Entre l’intervention qui a révélé une endométriose de stade 3 (ovaire, utérus et vessie) et l’injection d’Enantone qui a suivi, nous n’avons pu reprendre les essais qu’en janvier 2013. 4 semaines après j’apprenais qu’il s’agissait d’un œuf clair. Ce qu’elle m’a dit à ce moment-là avec une sincérité vraie m’a profondément touchée « tu es jeune, on va y arriver ». Et puis en juillet 2016 a eu lieu la réunion annuelle de notre OAA, où nous apprenions qu’au lieu d’être 12 couples en attente, nous étions 25 couples et que seulement deux enfants étaient arrivés en 1 an. Ce jour-là sur le chemin du retour j’ai pris la décision qui allait changer notre vie. Je me rappelle que je voyais des signes de notre réussite partout. J’étais aux anges, super confiante. L’émotion que j’ai ressentie ce jour-là, seule, dans mon bureau au boulot, je ne l’oublierai jamais. Ma grossesse s’est très bien passée, même si la peur de perdre notre puce ne nous a pas quittés (oui la PMA ça laisse des traces).

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tags: #PMA #Espagne #reportage

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