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Reflux gastro-œsophagien chez le nourrisson : Causes, symptômes et traitements

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est un phénomène courant chez les nourrissons, caractérisé par la remontée du contenu de l'estomac vers l'œsophage, parfois jusqu'à la bouche. Bien que ces régurgitations puissent sembler impressionnantes, elles sont généralement bénignes et transitoires. Cependant, dans certains cas, ces régurgitations dépassent le cadre normal et nécessitent une intervention médicale spécifique.

Qu'est-ce que le reflux gastro-œsophagien (RGO) ?

Le reflux gastro-œsophagien, ou RGO, survient lorsqu'une partie du contenu gastrique, composé de sucs et d'acide chlorhydrique, remonte de l'estomac dans l'œsophage. Chez le nourrisson, cela s'explique par l'immaturité du sphincter œsophagien inférieur, une sorte de valve située entre l'œsophage et l'estomac. Cette remontée acide peut être fréquente sans être inquiétante, on parle alors de reflux gastro-œsophagien physiologique. Le RGO est une remontée passive (sans effort) du contenu de l’estomac dans l’œsophage.

Les causes du RGO chez le nourrisson

Plusieurs facteurs peuvent contribuer au RGO chez le nourrisson :

  • Immaturité du sphincter œsophagien inférieur : Le sphincter œsophagien inférieur, qui empêche les remontées du contenu gastrique, est immature chez les nourrissons.
  • Pression exagérée sur l'estomac : Une pression excessive sur l'estomac, par exemple lorsqu'on change le bébé et qu'on relève ses jambes ou lorsqu'on le porte, peut provoquer un reflux.
  • Volume ingurgité trop important : Si le volume ingurgité par le bébé est trop important par rapport à la capacité de l'estomac, cela peut entraîner une remontée du bol gastrique (contenu de l'estomac remonte dans l'œsophage). Un bébé de 3 mois qui vient de boire 120 à 150 ml de lait maternel équivaut à un adulte qui boit 5 litres d’eau !
  • Position allongée : La position allongée dans laquelle se trouvent souvent les bébés empêche la gravité de faire son travail.
  • Transit ralenti : Un bébé peut avoir un transit ralenti. Il aura envie d’aller à la selle et se contractera pour pousser, ce qui amènera une pression sur le ventre qui entrainera un reflux gastro-œsophagien chez votre nourrisson.
  • Encombrement de l'estomac : Lorsque l'estomac est complètement distendu, il occupe les 2/3 du ventre à la fin du repas. Il doit trouver sa place entre un colon plein d'air ou plein de selles. Le colon du milieu gène alors l'estomac. Résultat: il peut se vider d'un coup, c'est la régurgitation.
  • Ingestion de lait importante : Le reflux gastro œsophagien est lié à l’ingestion de lait importante du bébé et qui peut dépasser les capacités de distension de l’estomac.

Les symptômes du RGO chez le nourrisson

Les symptômes du RGO chez les nourrissons sont variés et parfois difficiles à identifier. Il existe deux types de RGO :

  • RGO simple (physiologique) : Il s'agit d'un reflux de lait sans effort, qui peut avoir une odeur un peu aigre s'il survient quelques heures plus tard, mais qui est sans conséquence pour le sommeil ou la croissance de bébé.
  • RGO pathologique : Il s'agit d'un reflux acide qui peut alors provoquer des œsophagites (inflammations de l'œsophage), des laryngites, faire tousser, donner des angines et des complications oto-rhino (bronchiolites, bronchites, asthme, etc.).

Symptômes du RGO pathologique

  • Rejets de lait dès que le bébé est manipulé après la tétée, même plusieurs heures plus tard.
  • Pleurer après un rejet de lait, car l'acidité remonte et le brûle.
  • Régurgitations qui sentent le vomi.
  • Difficultés alimentaires.
  • Douleurs.
  • Vomissements sanglants.
  • Malaises.
  • Toux.
  • Signes ORL.

Il est important de noter qu'une régurgitation n'est pas toujours synonyme de RGO pathologique.

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Reflux interne

Dans certains cas, le bébé peut souffrir d'un reflux sans régurgitations apparentes, c'est ce que l'on appelle un reflux interne. Un reflux interne peut aussi être responsable de troubles du sommeil chez le bébé. En position allongée, les remontées acides sont en effet plus fréquentes et douloureuses. Attention : ces symptômes peuvent parfois être confondus avec des coliques ou des allergies alimentaires.

Diagnostic du RGO

Dans la plupart des cas, un RGO physiologique ne nécessite pas d'examen complémentaire. Le diagnostic repose d'abord sur un examen clinique.

Quand consulter ?

Il est conseillé de consulter un médecin dans les cas suivants :

  • Les symptômes sont intenses.
  • Le RGO interne est particulièrement douloureux.
  • Pleurs incessants.
  • Signes de douleur ou d'irritabilité intenses.
  • Sommeil perturbé.
  • Prise de poids ralentie ou retard de croissance.
  • Toux persistante ou respiration sifflante.
  • Vomissements sanglants.

Dans certains cas, le médecin peut avoir recours à des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic de reflux interne. Il peut par exemple demander une pH-métrie œsophagienne pour mesurer l’acidité dans l’œsophage, ou une endoscopie digestive pour observer d’éventuelles lésions dans l’œsophage. Lorsque le reflux gastro œsophagien est très important et associé effectivement à des complications comme une perte de poids, à ce moment là, on peut faire une échographie abdominale pour rechercher une sténose du pylore.

Traitements du RGO chez le nourrisson

En cas de reflux gastro-œsophagien chez le nourrisson, les mesures hygiéno-diététiques constituent le premier traitement recommandé. Elles consistent à adapter l'alimentation et les habitudes quotidiennes de votre bébé pour limiter les remontées acides.

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Mesures hygiéno-diététiques

  • Position verticale après les repas : Après chaque tétée ou biberon, il est important de maintenir le nourrisson en position verticale pendant une vingtaine de minutes pour favoriser une bonne digestion.
  • Rot après les repas : Faire faire un rot systématique après chaque repas permet d'évacuer l'air avalé et de réduire la pression intra-abdominale.
  • Changement de lait : Dans certains cas, le médecin peut recommander un changement de lait.
  • Ne pas manipuler bébé après la tétée : Ne manipulez pas trop votre bébé après la tétée. Changez la couche de bébé en milieu de tétée ou biberon plutôt qu'à la fin pour éviter de comprimer son abdomen. Le fait de relever ses jambes exerce une pression sur celui-ci et donc sur son estomac, ce qui peut engendrer un reflux. N'asseyez pas bébé après la tétée. Essayez de mettre ses jambes dans le prolongement de son corps en le mettant debout contre vous.
  • Fractionner les repas : Fractionner les repas, tétées ou biberons : faites des pauses pendant son repas pour lui permettre de roter, et d'évacuer ainsi l'ai englouti. Son estomac sera alors moins distendu.
  • Biberons avec valve : Préférez les biberons qui ont une valve laissant passer de l'air par le fond plutôt que par la tétine, afin de limiter la déglutition d'air.
  • Vêtements amples : Evitez les couches ou vêtements trop serrés à la taille (qui comportent un élastique par exemple).
  • Surélever la tête du lit : Surélevez la tête de son lit afin que bébé ne soit pas complètement à plat pour éviter que le contenu gastrique ne remonte.
  • Eviter le tabagisme passif.
  • Maintenir l’enfant droit pendant 20 minutes, par exemple après l’ingestion du biberon, lui faire faire un rot, éviter la suralimentation, éviter des biberons qui soient trop importants ou rapprochés.

Traitements médicamenteux

Si les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas, le médecin peut prescrire des médicaments :

  • Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : Des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), comme l'oméprazole, sont prescrits uniquement sur avis médical en cas d'œsophagite sévère. La HAS rappelle que ces traitements doivent être utilisés avec prudence chez les nourrissons. La prescription de traitement médicamenteux comme les inhibiteurs de la pompe à protons qui inhibent la sécrétion acide doit être limitée. C’est des médicaments qui sont surprescrits. C’est des médicaments qui n’ont pas l’autorisation de mise sur le marché chez l’enfant de moins d’un an et qui ont des effets secondaires.
  • Antiacides : Si les symptômes du reflux interne persistent ou s’aggravent, le médecin peut prescrire des antiacides ou inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Ces médicaments permettent de réduire l’acidité gastrique, et de soulager les douleurs liées aux remontées du contenu gastrique. Mais ils ne peuvent être pris que sur une durée limitée. Ils peuvent en effet affecter la digestion du lait et engendrer des carences chez le nourrisson et le bébé.

Alternatives naturelles

Des alternatives naturelles comme l’homéopathie ou les probiotiques peuvent également être proposées en complément.

Traitement chirurgical

Rarement envisagée, une intervention chirurgicale peut être nécessaire en cas de hernie hiatale sévère, de malformation anatomique ou de reflux très invalidant.

RGO physiologique vs. RGO pathologique : Quelles différences ?

Il est important de distinguer le RGO physiologique du RGO pathologique. Le RGO physiologique est un phénomène normal chez les nourrissons et ne nécessite généralement pas de traitement médical. Il se caractérise par des régurgitations occasionnelles et sans complications.

Le RGO pathologique, en revanche, est associé à des symptômes plus graves, tels que des difficultés alimentaires, des douleurs, des vomissements sanglants, des malaises, une toux ou des signes ORL. Il peut également entraîner des complications telles qu'une œsophagite.

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Rejets, RGO pathologique et vomissements : Comment les différencier ?

Il ne faut pas confondre rejets, reflux gastro-œsophagien pathologique et vomissement.

  • Rejet : Un rejet est dû à un trop plein de lait, c’est un petit peu de liquide qui remonte au coin de la bouche après son repas.
  • Reflux gastro-œsophagien pathologique : Un reflux gastro-œsophagien pathologique est similaire au rejet mais se caractérise par une plus grande quantité rejetée, dure plus longtemps (jusqu’à la tétée suivante) et il peut être acide donc douloureux. Deux heures après la prise de lait, il peut encore régurgiter. Dans les deux cas, ce renvoi est passif : le contenu remonte tout seul.
  • Vomissement : Le vomissement, quant à lui, est actif : il faut faire un effort pour vomir. Si le contenu gastrique de votre bébé est propulsé en jet avec un effort visible, c’est un vomissement.

Si votre bébé a un peu de lait au coin de la bouche dans la première demi-heure, c’est un simple rejet. Ce n’est pas agressif pour l’œsophage car le pH du lait est neutre. Ce n’est donc pas du tout inquiétant. Si votre bébé pleure et qu’il est soulagé par son rot, c’est l’air qui le gênait, c’est tout à fait normal. Il n’a probablement pas de remontée. En revanche, si votre bébé va bien mais qu’il pleure après le rejet de lait, c’est qu'il peut ressentir une brûlure. Une autre indication : le lait rejette une odeur de vomi. Il s’agit là probablement d’un reflux gastro-œsophagien (RGO) pathologique que votre médecin essaiera de traiter pour soulager votre bébé.

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