La colique néphrétique se traduit par une douleur aiguë, unilatérale et lombaire. Elle touche environ 150 000 personnes en France chaque année et représente 1 à 2 % des consultations aux urgences hospitalières. Cet article aborde en profondeur la nature des coliques néphrétiques en examinant leurs causes, symptômes, les approches de diagnostic et de traitement, ainsi que des conseils préventifs pour esquiver ces épisodes douloureux.
Qu’est-ce que c’est ? Définition et généralités
Les coliques néphrétiques sont la conséquence du blocage d'une lithiase dans les voies urinaires. Elles représentent une urgence médicale provoquée par des douleurs aiguës et sévères dans le dos et l'abdomen. Les coliques néphrétiques sont dues à la présence d’un calcul urinaire, ou lithiase rénale, secrété par le rein et se coinçant dans l’uretère. Ce calcul peut se loger dans l'uretère, le conduit étroit qui transporte l'urine des reins à la vessie, provoquant une douleur intense. On parle également de maladie lithiasique.
La lithiase urinaire est issue de la sécrétion de calculs urinaires, qui se forment lorsque des minéraux ou d'autres substances s'accumulent, s'agglomèrent et créent des cristaux. Il peut s'agir de calculs de calcium, de calculs d'acide urique, de calculs de cystine, etc. Ces calculs peuvent obstruer n'importe quelle partie de votre système urinaire comme vos reins (calculs rénaux), votre vessie (calculs vésicaux) et vos uretères (calculs urétéraux).
Selon la taille et l'emplacement du calcul, les coliques néphrétiques peuvent varier de légères à graves. Les douleurs sont liées à la mise en tension brutale des parois urinaires, du fait de l'accumulation des urines dans les voies urinaires. Environ 12 % des hommes et 6 % des femmes souffriront d'un ou plusieurs calculs urinaires au cours de leur vie. La colique néphrétique touche environ 150 000 Français par an et représente 1 à 2% des consultations aux urgences hospitalières.
A savoir ! Lorsque la colique néphrétique n’est pas due à un calcul, on parle de colique non lithiasique (20 % des cas). L’obstacle se révèle alors être une anomalie de la paroi urétérale (rétrécissement ou tumeur).
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Causes des coliques néphrétiques
La colique néphrétique est causée par un obstacle des voies urinaires qui provoque une augmentation de pression brutale dans les voies urinaires (uretère et rein). Dans 80 % des cas, cet obstacle est un calcul rénal qui s’est déplacé et qui bloque l’écoulement des urines au niveau de l’uretère. Cette obstruction entraîne une tension soudaine dans la partie supérieure du système urinaire, provoquant de ce fait une dilatation de l'uretère et une augmentation de la pression au niveau du rein, ce qui est à l'origine de la douleur ressentie par les patients. Mais, plus rarement, cette dernière peut aussi être la conséquence d'une compression brutale des voies urinaires par une tumeur, un traumatisme ou une infection urinaire.
Les coliques néphrétiques, souvent déclenchées par un obstacle dans les voies urinaires sont influencées par divers facteurs de risque comme :
- la génétique : elle joue un rôle prépondérant, surtout chez ceux qui ont des niveaux d'acide urique élevés, les rendant plus susceptibles aux crises de goutte ;
- une faible consommation d'eau et une alimentation riche en protéines et en sel favorisent la formation de calculs urinaires ;
- l'obésité ;
- l'hypertension ;
- l’hyperplasie : pour les hommes de plus de 50 ans, l'hyperplasie bénigne de la prostate peut entraîner le vidage complet de la vessie, favorisant ainsi la formation de calculs ;
- les déséquilibres hormonaux, notamment ceux liés à un dysfonctionnement des glandes parathyroïdes ;
- les infections urinaires chroniques, particulièrement chez les femmes et les individus avec une sonde vésicale ;
- la prise de certains médicaments peut créer la formation de cristaux ;
- l'abus de laxatifs, la diarrhée chronique et un excès de vitamine D sont également des facteurs contribuant à l'urolithiase.
D’autres facteurs spécifiques peuvent aussi augmenter le risque de coliques néphrétiques, tels que :
- un long voyage ;
- un séjour dans un climat chaud ;
- une immobilisation prolongée (après une maladie par exemple) ;
- une activité sportive sans hydratation adéquate.
Enfin, les anomalies anatomiques des reins ou des voies urinaires, ainsi que les tumeurs ou les rétrécissements dus aux inflammations ou cicatrices, peuvent provoquer des coliques néphrétiques non liées à la présence de calculs.
Le risque de souffrir de coliques néphrétiques augmente à la suite de modifications dans notre alimentation et nos habitudes de vie, notamment :
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- avoir une alimentation riche en nutriments favorisant la formation de calculs, comme les protéines ;
- avoir des antécédents familiaux ou médicaux de calculs ;
- souffrir de déshydratation due au fait de ne pas boire suffisamment ou de perdre trop de liquide par la transpiration (par exemple en cas de travail dans une ambiance surchauffée), les vomissements ou la diarrhée ;
- être en surcharge pondérale ;
- souffrir de troubles métaboliques pouvant augmenter la quantité de substances produisant des calculs ;
- avoir des infections urinaires.
Colique néphrétique et grossesse
Le risque de souffrir de calculs rénaux pendant la grossesse augmente au cours des deuxième et troisième trimestres. Les calculs rénaux pendant la grossesse augmentent le risque d'infections des voies urinaires, et les femmes enceintes souffrant de coliques néphrétiques présentent un risque accru d'accouchement prématuré par rapport aux femmes qui n'ont pas de calculs rénaux. Il est donc essentiel de consulter rapidement son gynécologue obstétricien en cas de crise de colique néphrétique.
Symptômes des coliques néphrétiques
Les coliques néphrétiques sont caractérisées par des symptômes spécifiques, souvent très handicapants, tels que :
- une douleur intense et soudaine, localisée généralement dans la région lombaire, au niveau des reins, et peut se propager vers le bas de l'abdomen et les organes génitaux. Habituellement, la douleur est unilatérale, c’est-à-dire qu’elle affecte un seul côté du corps, en fonction de l'emplacement de l'obstruction dans les voies urinaires. Elle est particulière car elle n'est pas soulagée par le changement de position, ce qui la distingue d'autres types de douleurs abdominales ou dorsales ;
- des nausées ;
- des vomissements ;
- des ballonnements ;
- une fréquente envie d'uriner : même si l'envie d'uriner est pressante, l'obstruction peut rendre difficile la vidange complète de la vessie ;
- la présence de sang dans les urines (hématurie), résultant de l'irritation et des lésions des parois urinaires par le calcul ;
- de l'anxiété et de l'agitation dues à l'intensité de la douleur et au malaise général.
La colique néphrétique se manifeste le plus souvent par une douleur soudaine et intense dans le dos, puis dans le bas du ventre, au niveau des organes génitaux. Vous pouvez aussi remarquer la présence de sang dans les urines. La douleur, intense, se manifeste fréquemment d'une manière brutale, localisée d'abord derrière, au niveau des dernières côtes, d'un seul côté, celui où la petite pierre (calcul rénal ou lithiase) est en train de migrer. Puis, elle peut migrer vers l'abdomen et irradier vers les organes génitaux externes. Cette douleur parfois violente, évoluant par crise, s'accompagne souvent d'envies fréquentes d'uriner, de nausées et vomissements, d'une constipation, d'une anxiété et d'une agitation. Il peut y avoir du sang dans les urines.
Colique néphrétique et fièvre
Lorsqu'elle est accompagnée de fièvre, une infection urinaire associée doit être recherchée. Si la colique néphrétique est accompagnée de fièvre, cela peut signifier la présence d’une infection telle qu’une pyélonéphrite (infection du rein). Exceptionnellement, la colique néphrétique peut se compliquer en pyélonéphrite (infection du rein).
Complications possibles
Non traitée, la colique néphrétique peut également évoluer vers l’insuffisance rénale. Si la colique néphrétique est particulièrement douloureuse, elle n’entraîne pas toujours de complications. Toutefois il est important d’adopter les bons gestes pour la traiter rapidement.
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Diagnostic des coliques néphrétiques
Le diagnostic des coliques néphrétiques est essentiellement basé sur la présence des symptômes caractéristiques de l’affection. Cependant, certains examens vont être prescrits par le médecin, afin de confirmer le diagnostic :
- une analyse d’urine, à la recherche d’une infection ;
- une prise de sang pour doser la créatinine sanguine, afin de mettre en évidence une éventuelle détérioration rénale due à l'obstruction ;
- une échographie, pour visualiser et mesurer le calcul et la dilatation de l’uretère et du rein ;
- une radiographie, pour mettre en évidence le calcul ;
- un scanner, pour confirmer le diagnostic de la lésion responsable de l’obstruction.
Le premier examen prescrit par le médecin consistera sûrement en un test urinaire, effectué grâce à une bandelette. Cela permet au professionnel de santé de dépister la présence de sang, fréquente lorsque le calcul rénal est amené à irriter les voies urinaires en se déplaçant. Ce premier examen permet également de vérifier s’il y a des leucocytes ou des nitrites, leur présence pouvant révéler une infection urinaire.
Dans un second temps, des examens radiologiques sont également prescrits, afin d’évaluer le positionnement et les caractéristiques du calcul rénal : une échographie abdomino-pelvienne est systématique car elle permet de visualiser les reins et l’appareil urinaire. Il peut s’accompagner d’un scanner de l’abdomen et de la région pelvienne, s’il y avait besoin d’identifier plus précisément les sources d’obstruction des voies urinaires.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter en urgence si :
- la colique néphrétique s’accompagne de fièvre, de frissons ;
- la personne souffre d’anurie (plus d’émissions d’urines) ;
- la colique néphrétique survient chez la femme enceinte ;
- les douleurs ne disparaissent pas après la prise d’antalgiques et d’anti inflammatoires prescrits par le médecin.
Traitements des coliques néphrétiques
Le traitement des coliques néphrétiques a pour but principal de soulager la douleur, de favoriser l'élimination des calculs rénaux et de prévenir les complications. Les principales approches thérapeutiques envisagées sont :
- des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que le diclofénac (voie intramusculaire) ou le kétoprofène (voie intraveineuse). À savoir ! Les AINS sont contre-indiqués pendant la grossesse.
- des analgésiques morphiniques : ils sont utilisés seuls, ou associés aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Concernant la douleur engendrée par la colique néphrétique, votre médecin pourra vous prescrire au plus vite un traitement par anti-inflammatoires non stéroïdiens ou par antalgique associé à des antispasmodiques pour calmer les crises.
Dans le cas où le calcul à l’origine des coliques néphrétiques ne s’élimine pas naturellement, d’autres techniques peuvent être envisagées pour le dissoudre :
- la lithotritie extracorporelle : des ultrasons sont envoyés à travers la peau et vont désintégrer le ou les calculs par un effet d’ondes de choc. À savoir ! La séance de lithotritie extracorporelle se déroule en milieu hospitalier sur une journée. Le patient reçoit des calmants contre la douleur, puis le calcul est repéré par rayon X. La tête de traitement est installée au contact de la peau. Les ondes de choc sont ressenties comme des sortes de « claques » ; la douleur est généralement tolérable.
- la fragmentation du calcul avec un laser par voie endoscopique ;
- exceptionnellement, la chirurgie.
En présence de complications comme une infection urinaire sévère (pyélonéphrite aiguë), de la fièvre élevée ou d'une obstruction importante qui nécessite une intervention chirurgicale, une hospitalisation d'urgence est souvent requise. Des antibiotiques et des traitements adaptés à chaque complication seront alors administrés.
Dans la majorité des cas, les calculs sortent spontanément des voles urinaires au bout de quelques heures. Le médecin pourra vous demander de filtrer vos urines à l'aide d'une compresse ou d'un filtre à café pour recueillir le calcul et pouvoir l'analyser. Il prescrira également un examen cytobactériologique des urines (analyse d'urine) afin d'éliminer une surinfection urinaire, et un dosage de la créatinine pour vérifier que vous ne souffrez pas d'insuffisance rénale.
Autres options de traitement
- L’urétéroscopie : il s’agit d’une intervention sans incision réalisée via les voies naturelles. Une caméra est introduite et progresse jusqu’à retrouver le calcul. Si celui-ci n’est pas trop gros, il est placé dans un «panier» et extrait.
- Lithotritie extra corporelle : dépend de la taille, de la dureté et de la localisation du calcul. C’est le traitement de première intention et le moins invasif des calculs urinaires. Les calculs sont détruits par des ondes de choc produites par un générateur situé à l’extérieur du corps. L’efficacité est en moyenne de 75% pour les calculs situés dans les cavités du rein et mesurant moins de 2 cm. Plusieurs séances peuvent être nécessaires pour fragmenter le calcul. Le principal risque de la LEC est la colique néphrétique liée à l’élimination des fragments du calcul (20%).
- La néphrolithotomie percutanée : consiste à fragmenter puis à retirer un ou des calculs du rein à travers la paroi lombaire.
Que faire en cas de crise ?
Première chose à faire : téléphoner au service d'urgence (le 15). On vous orientera soit vers un médecin de garde, soit vers les services d'urgences. Il faut boire le moins possible en attendant le médecin pour ne pas aggraver les douleurs. Prendre des analgésiques tels que le paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens soulage la douleur des coliques néphrétiques dans l'attente du traitement.
Bon à savoir
Il est recommandé de ne pas trop boire durant la crise, afin de ne pas augmenter la pression dans le rein malade. En dehors de l’épisode de crise, il est conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour, voire davantage, pour faciliter l’élimination du calcul et prévenir les nouvelles formations. Appliquez une compresse chaude ou une bouillotte sur la zone qui vous fait souffrir.
Prévention des coliques néphrétiques
Les coliques néphrétiques ont tendance à récidiver. Environ la moitié des personnes ayant souffert de cette affection récidive dans les 5 ans. La lithiase urinaire est une maladie récidivante : chez la moitié des personnes qui ont connu une crise de colique néphrétique, une deuxième crise est observée dans les cinq années suivantes. La prévention des coliques néphrétiques est donc indispensable pour éviter qu’elles ne reviennent et améliorer la qualité de vie des personnes à risque de développer des calculs urinaires. Adopter certaines mesures peut réduire considérablement ce risque :
- Hydratation adéquate : Boire au moins 1.5 litre d’eau chaque jour pour éviter la concentration des urines et éliminer les cristaux avant qu’ils ne deviennent volumineux. Boire au moins deux litres d'eau par jour permet de diluer les urines et donc, de diminuer la concentration en sels minéraux. Il faut privilégier l’eau comme boisson et ne pas oublier de boire avant le coucher. Pour empêcher des calculs rénaux de se former, le meilleur moyen consiste en l’élimination et la dilution des urines. Pour ce faire, boire au moins 2 litres d’eau par jour (un peu plus que le minimum recommandé d’1,5 litre journalier) est nécessaire, en particulier quand il fait chaud ou que vous faites du sport.
- Ajustement du régime alimentaire : La prévention par l’alimentation dépend du type de calcul dont a souffert la personne. De façon générale, il est conseillé de limiter la consommation de protéines animales, de sel et de produits laitiers. En cas de calculs à oxalates, il faudra éviter le chocolat, la plupart, des fruits secs, les asperges, la rhubarbe, l’oseille, les épinards, le thé, etc. En cas de calculs à acide urique, il faut limiter la consommation de charcuterie, d’abats et de fruits de mer. Une modification de vos habitudes alimentaires peut être nécessaire.
Afin de diminuer le risque de récidive, il est conseillé d'adapter son régime alimentaire en fonction du type de calcul. Il peut être utile d'éviter les aliments riches en protéines animales, en sel et en acide urique, et de privilégier l'eau riche en bicarbonate pour désacidifier les urines. Un accompagnement nutritionnel personnalisé peut être bénéfique pour les patients sujets aux récidives.
L’avis des experts
Les personnes ayant des coliques néphrétiques devraient consulter régulièrement un urologue ou un néphrologue pour surveiller la formation de nouveaux calculs et ajuster leur régime alimentaire si nécessaire. En suivant ces recommandations, il est possible de diminuer significativement le risque de coliques néphrétiques et de favoriser une meilleure santé générale.
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