Votre bébé refuse le sein, le biberon et/ou la tétine ? Il ne supporte pas qu’on lui mette quoi que ce soit en bouche ? Vous ne pouvez pas lui toucher la bouche voire même le visage ? Lors de la diversification alimentaire, votre enfant refuse de mettre une cuillère en bouche ? Il ne supporte pas les aliments chauds et/ou froids ? Le brossage des dents est difficile voire impossible ? Il a un réflexe nauséeux dit fort ? Votre médecin vous dit qu’il est capricieux au repas et qu’il fait des comédies ? Les tétées ou les repas durent des heures à n’en plus finir ? Il ne supporte qu’un type de biberon ou de tétine ? Il veut manger dans l’assiette verte et non pas dans la bleue ? Mais que sont ces troubles de l’hypersensorialité chez le bébé et chez le plus grand ?
Un frein de langue court, également appelé ankyloglossie, peut poser des défis à l'allaitement et à l'alimentation au biberon. Alors que les biberons sont généralement conçus pour une tétée normale, certains modèles sont plus adaptés aux bébés ayant un frein de langue. Il est important de comprendre les défis liés à l'alimentation avec un frein de langue et de choisir un biberon qui facilite la prise de nourriture et le développement de la succion.
Introduction
Le frein de langue, cette petite bande de peau qui relie la langue au plancher buccal, peut parfois être trop court, ce qui rend difficile la succion et l'allaitement. Bien que l'on pense souvent à tort que ce problème ne concerne que les bébés allaités, il peut également affecter l'alimentation au biberon. Si votre bébé a un frein de langue, vous devrez peut-être choisir un biberon adapté à sa situation particulière.
Un frein de langue restrictif peut rendre difficile pour le bébé de créer une bonne succion, ce qui peut entraîner des difficultés à se nourrir, une fatigue excessive pendant les repas, des douleurs au mamelon pour la mère qui allaite, et même des problèmes de croissance. Choisir le bon biberon peut aider à surmonter ces défis et à garantir que votre bébé reçoit les nutriments dont il a besoin.
Comprendre le frein de langue
Le frein de langue du bébé est une membrane faite de tissus fibreux située sous la langue et qui la retient au plancher de la bouche. Les freins restrictifs sont des restes embryologiques et présents dès la 12e semaine de grossesse in utéro. Cela veut donc dire que, depuis la 12e semaine de grossesse, le palais, l’arrière de la bouche, etc.
Lire aussi: Visibilité de la grossesse
Tout d’abord, l’un des rôles peu connu mais pourtant primordial de la langue est de moduler notre palais, de l’élargir. Comment ? Grâce à son élévation antérieure et postérieure lors de chaque déglutition et au repos. De plus, le palais n’est autre que le toit des voies respiratoires supérieures (nez, sinus, trompes d’Eustache).
Hypersensorialité et frein de langue
Est-ce ce manque de contact entre la langue et le palais dès la 12e semaine de grossesse qui serait responsable de ces hypersensibilités ? Le palais n’ayant pas l’habitude d’être touché, le moindre contact sensoriel dès la naissance entrainerait-il ce réflexe nauséeux exagéré ?
L’hypersensorialité est une hyperactivité des organes du goût et de l’odorat (et même dans certains cas de la vue, de l’ouïe et du toucher). Elle peut aller d’un simple dégoût pour un type d’aliment en particulier (y compris le lait maternel) à un état d’aversion alimentaire sévère. Elle peut parfois faire croire à de l’anorexie. Selon plusieurs auteurs, les aversions alimentaires d’origine sensorielle sont présentes chez environ 25% des enfants. À titre de comparaison avec les 25% d’enfants atteints d’aversion alimentaire d’origine sensorielle, les freins restrictifs buccaux postérieurs sont présents chez 32% des bébés. Cela ne veut pas dire que tous les bébés ayant un frein restrictif développent un trouble de l’hypersensorialité ni que tous les enfants ayant des troubles de l’hypersensorialité ont un frein restrictif.
L’hypersensibilité de la bouche est également étroitement liée au toucher avec les mains et les pieds. En effet, le bébé a besoin de mettre ses mains et ses pieds (et tous les objets qu’il découvre) en bouche pour appréhender le monde extérieur. Ayant un palais hypersensible, il ne pourra découvrir le monde de cette manière.
Les freins de langue et l'allaitement
Allaiter est difficile, la mise au sein s’avère compliquée car bébé a du mal à attraper le mamelon. La succion étant mal établie, l’éjection du lait est moindre. L’enfant se nourrit moins car il ingère moins de lait. Les tétées sont douloureuses car la langue de bébé ne peut pas être en contact entre sa bouche et la région alvéolaire du sein. Chez la maman, la prise au sein de bébé étant difficile durant l’allaitement maternel, cela peut engendrer des douleurs au mamelon, des crevasses et parfois des mastites. Chez l’enfant, la mauvaise succion fait qu’il va ingurgiter moins de lait et prendra donc du poids plus lentement. Les tétées seront longues et parfois douloureuses pour la maman. En grandissant votre enfant peut avoir des problèmes de la sphère ORL et orthodontique et sera plus sujet aux infections (type otite). Avec une anomalie du placement de la langue et du bon développement mandibulaire, l’enfant avec un frein trop court peut rencontrer des problèmes d’élocution et de phonation. Etant donné qu’il est relié à la gencive, le développement de la cavité buccale sera anormal.
Lire aussi: L'épisode de la naissance de Hope
Un frein de langue court peut rendre l'allaitement difficile pour le bébé et la mère. Le bébé peut avoir du mal à s'accrocher au sein et à maintenir le mamelon en bouche, ce qui peut entraîner des douleurs au mamelon pour la mère. La langue qui ne maintient pas une ventouse correcte à l'abaissement de la mandibule laissera s'engouffrer de l'air, provoquant de l'aérophagie, celle-ci pouvant entraîner des coliques, des reflux et des troubles du sommeil. Le bébé peut également se fatiguer rapidement et avoir du mal à prendre suffisamment de poids.
Il est important de noter que tous les bébés ayant un frein de langue ne rencontrent pas des difficultés à l'allaitement. Cependant, si vous constatez que votre bébé a des difficultés à s'accrocher au sein, à téter efficacement ou à prendre du poids, il est important de consulter un professionnel de santé. Une consultation avec un professionnel de santé pourra déterminer si une intervention chirurgicale est nécessaire pour libérer le frein de langue.
En attendant, l'utilisation d'un biberon adapté peut aider à faciliter l'alimentation du bébé et à réduire les douleurs au mamelon pour la mère.
Les biberons adaptés aux bébés avec un frein de langue
Il existe plusieurs types de biberons qui peuvent être adaptés aux bébés ayant un frein de langue. Voici quelques options à considérer :
- Biberons à tétine souple et large : Ces biberons permettent au bébé de créer une meilleure succion avec sa langue, même si elle a un mouvement limité. La tétine souple s'adapte mieux à la forme de la bouche du bébé, et la base large offre une surface plus importante pour la langue. Il est important de choisir une tétine que l’on pourra placer au fond de la bouche du bébé, presque à la limite du palais osseux et du palais mou, là où le bébé amène le mamelon. Pour qu’une tétine puisse se placer aussi loin en bouche, il faut que le bébé puisse prendre la base de la tétine en bouche. Il faut donc que la base ne soit pas trop large, sinon, il n’y arrive pas et ne prend en bouche que la partie la plus fine de la tétine et place sa langue derrière la tétine en faisant un mouvement en piston. Il vaut donc mieux choisir, a priori, des tétines standard, à l’ancienne.
- Biberons à tétine orthodontique : Ces tétines ont une forme spécifique qui favorise le développement d'une bonne succion et une bonne position de la langue. Il existe plusieurs marques qui proposent des tétines orthodontiques, comme Avent, Tommee Tippee, et Dr. Brown's.
- Biberons à débit lent : Les bébés ayant un frein de langue peuvent avoir du mal à téter rapidement. Un biberon à débit lent permet de ralentir le flux du lait, ce qui donne au bébé le temps de s'adapter et de téter confortablement.
- Biberons à tétine en silicone : Le silicone est un matériau souple et résistant qui peut être plus confortable pour les bébés ayant un frein de langue. De nombreuses marques proposent des biberons en silicone.
Il est important de choisir un biberon qui est confortable pour votre bébé et qui facilite sa succion. N'hésitez pas à essayer plusieurs types de biberons pour trouver celui qui convient le mieux à votre enfant.
Lire aussi: Baignades sécurisées avec bébé
Conseils pour choisir le bon biberon
Choisir le bon biberon pour un bébé ayant un frein de langue peut nécessiter quelques essais et erreurs. Voici quelques conseils pour vous aider à trouver le biberon idéal :
- Tenez compte de l'âge et des besoins de votre bébé : Les bébés plus âgés ont souvent besoin d'un débit plus rapide que les nouveau-nés. Si votre bébé a des difficultés à téter, commencez par un biberon à débit lent et augmentez progressivement le débit si nécessaire.
- Choisissez une tétine souple et large : La tétine doit être suffisamment souple pour permettre au bébé de créer une bonne succion et suffisamment large pour que sa langue puisse s'adapter facilement.
- Testez différents types de biberons : Il n'y a pas de biberon universel qui convient à tous les bébés. N'hésitez pas à essayer différents modèles et marques pour trouver celui qui convient le mieux à votre enfant.
- Observez votre bébé pendant qu'il se nourrit : Faites attention aux signes de difficulté à téter, comme la fatigue excessive, la frustration ou l'aspiration d'air. Si vous remarquez ces signes, il est important de consulter un professionnel de santé pour discuter des options possibles.
Prise en charge et diversification alimentaire
Il faut commencer la prise en charge dès que votre bébé/enfant présente toute une série de symptômes. Si le bébé refuse ou n’arrive pas à attraper du tout le sein. Ou encore s’il présente des hauts-le-cœur dès que vous lui proposez le sein ou le biberon (ou plus tard au contact des aliments). Ensuite, lors de la diversification alimentaire, si votre enfant a des difficultés persistantes face à ces premières purées ou avec les petits morceaux qu’il n’arrive pas à avaler ou s’il refuse des aliments. Si votre bébé/enfant met un temps fou à prendre son biberon ou à manger son assiette. Il est préférable de ne pas attendre ! Dès que votre bébé présente des signes de difficultés à la tétée, à la prise du sein, il est fort recommandé de le faire évaluer par une conseillère en allaitement/sage-femme/orthophoniste ou logopède qui connaît aussi la problématique des freins et de ces troubles d’hypersensoralité. Si votre bébé n’est pas allaité et que la prise du biberon est lente et difficile, une évaluation de la fonction de la langue est également recommandée.
La diversification alimentaire commence en général aux alentours de 6 mois (recommandation de l’OMS). Les bébés qui ont un frein de langue et ou de lèvre restrictif peuvent rencontrer des difficultés. Les bébés ayant un frein restrictif labial auront des difficultés à vider complètement leur cuillère. Après une bouchée, la plupart de la purée est restée dessus. Et typiquement, les parents expliquent devoir utiliser la même cuillère remplie plusieurs fois avant de pouvoir la remplir à nouveau. Lorsqu’il y a un frein de langue, la partie postérieure de la langue est immobile ou moins mobile. Ce qui signifie que le bolus alimentaire a du mal à être envoyé vers l’arrière. Les parents rapportent souvent qu’ils doivent donner plusieurs cuillères avant que le bébé n’arrive à avaler. Les parents de ces enfants avec un frein restrictif expliquent que leurs enfants ont un réflexe nauséeux, de la toux et même parfois s’étouffent avec la nourriture.
Avaler des morceaux demande une augmentation de l’indépendance et de la coordination des mouvements de la lèvre, de la langue, et des joues. Les lèvres et les joues vont permettre de stabiliser la nourriture. Les problèmes les plus fréquents sont un manque d’élévation de la langue et un manque de latéralisation. De plus, les enfants ayant un frein restrictif ne peuvent pas physiquement bouger leur langue vers la nourriture pour aider au processus de mastication. Ils mangent doucement et ont parfois aussi besoin d’eau pour les aider à déglutir. À force d’avoir des expériences négatives avec l’alimentation (toux, fausse déglutition et même vomissements), ces enfants finissent par refuser de se nourrir ou par ne plus réclamer à manger.
Rééducation et désensibilisation
Elle sera multidisciplinaire, mais il faudra commencer par une rééducation logopédique/orthophonique. En effet, si vous essayez de commencer par la frénectomie chez ces bébés/enfants avec des troubles de l’hypersensorialité, celle-ci ne fera qu’empirer les choses. Alors qu’ils ne supportent parfois même pas qu’on leur touche la bouche, la frénectomie sera vécue comme une expérience traumatisante qui ne fera qu’empirer leurs symptômes. C’est pourquoi, si frein de langue restrictif il y a, il faudra attendre que la désensibilisation et la rééducation soient bien avancées, avant de pratiquer la frénectomie.
Pour les nourrissons ayant un problème de frein restrictif, on va commencer par désensibiliser leur visage, leurs lèvres, leurs gencives et le palais en y allant petit à petit. Il faudra aussi parfois, chez ces bébés, rééduquer leur langue par des exercices de stimulation de la succion, de la latéralisation. La logopède va réapprendre à l’enfant à accepter, à voir, à toucher et à sentir les différents aliments. Il y aura également un gros travail de guidance pour rassurer les parents et leur donner des outils à mettre en place à la maison au quotidien pour être acteurs de la prise en charge de leur enfant et déculpabiliser toute la famille.
Premièrement, écoutez votre instinct de maman. Le tout petit passe par certaines étapes clés dont celle de « mettre les objets à la bouche ». Cela lui permet de nouvelles expériences sensorielles. Laissez-le donc mettre tout en bouche ! L’enfant un peu plus grand utilise le mimétisme pour se développer. C’est la phase où il reproduit tout ce qu’il voit. En lui créant des situations propices d’apprentissage, vous pouvez donc cuisiner avec lui en lui faisant toucher, sentir, goûter la nourriture chaude, froide, sucrée, salée, amère, acide, dure, molle, croquante (chips)… Faites des jeux de découvertes alimentaires. Utilisez des renforçateurs positifs en le mettant dans une position de réussite et en faisant appel au côté ludique. Par exemple, vous pouvez faire des petits jeux les yeux fermés où l’enfant peut sentir les aliments puis les goûter. Parfois un aliment sentira fort mais, en bouche, il sera bon. Les ressentis sont souvent différents selon les stimulations olfactives ou gustatives.
Frénectomie : Quand et comment ?
Une fois l’intervention réalisée, les effets peuvent être plus ou moins immédiats en fonction des cas. L’opération arrive en cas de dernier recours. Des solutions plus douces sont d’abord explorées comme une revue des la position d’allaitement, une consultation d’ostéopathie pour relâcher la mâchoire ou chez le pédiatre. L’intervention peut se dérouler quand votre enfant est encore un nouveau-né ou lorsqu’il est plus grand. Elle se fait avec ou sans anesthésie par un généraliste, un ORL ou votre pédiatre. La cicatrisation est quasi immédiate et aucun point de suture n’est nécessaire. Il n’y a pas de « récidive » à ce problème.
tags: #quel #biberon #pour #frein #de #langue