La naissance d'un enfant est un événement précieux et une bénédiction immense dans un foyer musulman. Pour exprimer sa gratitude envers Allah (SWT) pour ce don, le rituel de la Aqiqa a été instauré par le Prophète Muhammad (ﷺ). Ce rituel, qui consiste à sacrifier un animal, généralement un mouton, est un acte de remerciement et de partage. Cet article explore en détail ce rituel, en mettant l'accent sur les paroles à prononcer lors du sacrifice, ainsi que d'autres aspects importants de la Aqiqa.
Le Rituel de la Aqiqa : Un Acte de Gratitude et de Partage
La Aqiqa est un rituel islamique consistant à immoler un animal en signe de gratitude envers Allah (SWT) pour la naissance d'un enfant. Ce geste, empreint de spiritualité, reflète la volonté des croyants de marquer cette naissance par un acte de bonté envers la communauté. La viande issue du sacrifice peut être consommée, partagée ou distribuée aux nécessiteux, renforçant ainsi les liens sociaux et la solidarité.
Pourquoi Accomplir la Aqiqa ?
La Aqiqa est une pratique qui permet de manifester sa gratitude envers Allah (Subḥānahu wa ta'āla) pour la bénédiction d'avoir un enfant. Bien qu'elle ne soit pas considérée comme une obligation religieuse, la Aqiqa revêt une grande importance dans l'Islam en tant que pratique hautement recommandée. Le Prophète (ﷺ) et ses Compagnons ont été des exemples vivants de l'accomplissement de la Aqiqa après la naissance de leurs enfants. En accomplissant cette pratique, on suit les traces du Prophète (ﷺ) et on honore l'enseignement qu'il nous a transmis.
Quand Accomplir la Aqiqa ?
Selon la Sunna, il est recommandé d'accomplir la Aqiqa le septième jour suivant la naissance du bébé. Toutefois, si cela n'est pas possible, il est permis de la réaliser lors des septièmes jours suivants (14e, 21e, etc.). Les savants ont souligné qu'il est possible de l'accomplir jusqu'à ce que l'enfant atteigne l'âge adulte.
Quel Animal Sacrifier ?
Les animaux doivent être en bonne santé, sans aucun défaut comme des cornes ou des dents cassées. Les agneaux doivent avoir au minimum 6 mois et les chèvres 12 mois.
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Que Dire au Moment du Sacrifice ? L'Intention et les Invocations
L'intention (niyya) doit être présente à chaque instant, dans chaque acte, y compris dans le sacrifice rituel pour l'agrément d'Allah. Il n'y a pas de formule d'invocation particulière à dire avant de sacrifier un animal, il suffit d'avoir l'intention de rendre sa viande licite et de prononcer le Nom d'Allah, tout en pouvant ajouter le Takbir en invoquant le Nom d'Allah.
Les Invocations Recommandées
Lors du sacrifice, il est recommandé de prononcer les paroles suivantes :
- "Bismillah, Allahu Akbar" : « Au nom d’Allah, Allah est le Plus Grand. »
- "Allahumma hâdhihi minka wa laka" : « Ô Seigneur, ceci vient de Toi et est pour Toi. »
Selon la Sunna, la personne qui sacrifie un animal pour l’Oudhiya, le Hady (sacrificateur) doit dire « Au nom d’Allah, Allah est le Plus Grand. Ô Seigneur, ceci est de Toi et pour Toi ». Elle peut également ajouter des expressions telles que « Ô Allah, accepte ceci de moi ou de telle personne (si elle sacrifie l’animal pour quelqu’un d’autre) » ou « Ceci est l’Aqiqa de tel fils de tel (si c’est pour une Aqiqa) ».
Ce Qu'il Faut Éviter
Selon les fatwas du Comité Permanent de l'Ifta, passer la main sur le dos de l'animal à sacrifier et dire « Seigneur Allah, accepte ceci comme aumône de ma part et fais-en une barrière entre les épreuves et moi et mes enfants » est considéré comme une innovation (Bid’a) en matière religieuse, qui n’a pas de fondement ni dans le Livre d’Allah ni dans la Sunna de Son Prophète ﷺ.
Différences entre la Aqiqa pour un Garçon et pour une Fille
Lors de la naissance d'un petit garçon, la sounnah est de sacrifier deux moutons plutôt qu'un. Il est préférable que les deux bêtes se ressemblent autant que faire se peut, tant dans l’âge, que dans le poids ou la taille. Toutefois, si les parents ne trouvent ou n’ont les moyens d’acheter qu’un seul mouton, alors cela suffira. Concernant la fille, un seul mouton suffit.
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Aïcha (ra) a rapporté que le Messager d'Allah (saw) a dit : « Sacrifiez pour un garçon deux moutons compatibles et pour une fille un seul. Peu importe que les moutons soient mâles ou femelles ».
Autres Rituels et Traditions Liés à la Naissance
Outre la Aqiqa, d'autres rituels et traditions sont associés à la naissance d'un enfant dans la culture musulmane. Ces pratiques visent à accueillir l'enfant dans la communauté, à le protéger des influences négatives et à lui assurer un avenir prospère.
L'Adhan
Partout, le premier jour, quelques heures parfois quelques minutes après sa naissance, l’enfant entend l’adhân, « appel à la prière », que l’on murmure dans son oreille droite. Cela peut aussi être la profession de foi, shahâda, suivie de Allâhu akbar « Dieu est le plus grand », comme à Tlemcen. Bien que ce rôle soit le plus souvent tenu par le père, c’est, dans les sociétés où il est éloigné, la sage-femme qâbla « celle qui reçoit [l’enfant] » au Maghreb ou dâya (du persan) au Mashreq et en Égypte, qui murmure l’adhân. Dans les traditions mâlikite et shâficite, l’adhân est prononcé dans l’oreille droite et l’iqâmeh dans l’oreille gauche.
Ces formules religieuses où sont prononcés les noms d’Allâh et du Prophète sont particulièrement protectrices et constituent de très puissants repoussoirs des jnûn et maux de toutes sortes.
Le Tahnik
Le bébé a droit à des nourritures spéciales qui donnent lieu à un véritable rituel, le taḥnîk, « frottement du palais avec une substance sucrée », souvent juste après qu’il a été essuyé et ses muqueuses nettoyées. Cette pratique antéislamique est toujours d’actualité en Arabie, en Palestine, au Moyen-Orient où la sage-femme frotte le palais du nouveau-né avec de l’huile d’amande et de l’eau de grenade, à Lamu, en Afrique du Nord, au Sahara, en Inde, et chez les Malais, mais avec de sensibles différences ; il semble absent de Turquie. On peut lui attribuer à la fois une valeur de transmission et des fins propitiatoires.
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Le terme taḥnîk désigne le fait de frotter le palais avec une datte que l’on a mâchée : c’est déjà la description du rituel. Son ancienneté est prouvée par l’étymologie, ḥanak désigne « le palais mou », d’où ḥanaka « manger des dattes ou autre chose en broyant contre le palais ce qu’on mange ». Chez les Hébreux, qui pratiquaient déjà le rituel avec le miel et le lait, le terme ḥanaka, « mettre quelque chose dans la bouche », signifie aussi, par une métaphore courante où le goût est appliqué à la compréhension, « faire goûter », « comprendre », puis « initier, commencer quelque chose ».
Le miel ou les dattes sont les substances sucrées les plus largement utilisées à la fois pour leur saveur très plaisante et ce qu’elles représentent : elles sont hautement génératives, repoussent les mauvais esprits et marquent le bon accueil.
Nommer l'Enfant
Il est du droit de chaque nouveau-né d’avoir une ‘Aqiqah en son septième jour où on sacrifie pour lui, lui rase la tête et lui donne un nom. Parmi les sounnan, on compte tout d’abord le fait de lui attribuer un beau prénom. Aussi, donner au petit bout lors du 7ème jour, un des beaux noms d’Allah en y ajoutant le préfixe “‘abd”, ou un nom de prophètes / messagers, un nom des pieux prédécesseurs.
Raser les Cheveux
Il est recommandé de raser les cheveux de votre bébé comme symbole de purification. Les cheveux coupés doivent ensuite être pesés et leur valeur équivalente en argent ou en or donnée comme Sadaqa aux pauvres. Raser les cheveux du garçon et de la fille et donner en aumône aux plus démunis le poids des cheveux en or ou argent. Le choix de l’or est préférable afin de donner le plus possible lors du changement en euros.
Circoncire le Bébé
Circoncire le bébé fait partie des traditions liées à la naissance.
La Distribution de la Viande et la Solidarité
La viande issue du sacrifice de la Aqiqa peut être consommée par la famille, offerte aux proches et aux voisins, mais il est particulièrement recommandé d'en distribuer une partie aux personnes nécessiteuses. Cette pratique renforce les liens sociaux et permet de partager la joie de la naissance avec ceux qui en ont le plus besoin.
Déléguer le Sacrifice
Les savants musulmans sont unanimes concernant celui qui éprouve des difficultés à sacrifier lui-même. Il peut déléguer son sacrifice à une tierce personne. Des associations musulmanes réalisent les Aqiqa pour les musulmans et distribuent la viande dans des villages, à des familles dans des situations de précarité extrême. C’est un moyen simple et rapide d’accomplir ce rituel.
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