Loading...

Publicité Post-Partum : Exemples et Impact sur la Perception de la Maternité

La période post-partum, souvent éclipsée par l'idéalisation de la maternité, est une réalité complexe et parfois difficile pour de nombreuses femmes. Cet article explore comment la publicité, en particulier, peut contribuer à briser les tabous et à offrir une représentation plus honnête et complète de cette phase de la vie.

Le Tabou du Post-Partum : Un Silence Préjudiciable

Vivre le plus beau jour de sa vie, découvrir un amour sans limite, et baigner dans un bonheur pur qu’aucune nuit blanche ne saurait contrarier. Ça, ce sont les joies de la maternité. L’épuisement, la souffrance psychique ou l’impression d’avoir le corps en miettes, on en parle moins. Cachez donc ce post-partum que l’on ne saurait voir. Le tabou du post-partum vient de l’idée qu’il ne répond pas à la vision idyllique de la maternité glorifiée, que l’on n’est pas une vraie mère si on ose se plaindre. Evidemment, un enfant, c’est du bonheur, mais il s’agit de rééquilibrer le discours. Si personne n’en parle, quand on est confrontée à son tour aux difficultés du post-partum, on n’ose pas en parler.

L'Expérience Personnelle et le Silence

Illana Weizman, sociologue et militante féministe, témoigne de son propre vécu : « Je me suis autocensurée pendant près de huit mois, je n’ai pas parlé de mes difficultés à mon mari, je me cachais pour pleurer, sous la douche, dans les toilettes. J’avais l’impression d’être une mauvaise mère, d’être la seule à vivre ça, alors que de nombreuses femmes sont concernées. »

La Nécessité de Libérer la Parole

A chaque fois que la parole se libère sur un sujet de société grâce aux réseaux sociaux, il faut s’en réjouir. Mais ce n’est qu’une première étape : il faut ensuite que cette parole libérée soit entendue et suivie de réponses politiques. Parce qu’aujourd’hui, elles ne sont pas à la hauteur, et trop de jeunes mères se sentent abandonnées.

La Censure de la Publicité : Un Symptôme du Problème

En février 2020, une publicité sur des produits du post-partum était censurée à la télévision américaine le soir des Oscar. « Il n’y avait rien de trash dans ce spot, qui montrait la réalité d’une femme qui vient d’accoucher, portant des protections adaptées, c’était même assez émouvant », se souvient Illana Weizman. Le 9 février 2020, la publicité de Frida Mom, spécialisée dans les produits post accouchement, est censurée par la chaine américaine ABC le soir de la 92e cérémonie des Oscars. Finalement, le spot est diffusé sur le compte Instagram de la marque qui précise qu’il n’y a là aucun caractère violent, politique ou sexuel, ni même religieux, obscène ou pro-armes. Mais il est jugé trop « graphique », trop « cru ». Pourtant, il dévoile simplement la vie d’une femme fraichement rentrée de la maternité, le ventre encore bombé et alourdi, ainsi qu’une cicatrice à vif au niveau de la vulve et du sang qui s’écoule de l’utérus.

Lire aussi: France : Publicité et post-partum

Réactions Face à la Censure

La mannequin Ashley Graham ne tarde pas à réagir à la polémique et s’affiche sans filtre après la naissance de ses jumeaux. Sur son compte Instagram, elle publie une photo d’elle en culotte de maternité, vergetures et cellulite apparentes et poils sous les bras, assortie d’une punchline bien sentie : « Levez la main si vous ne saviez pas que vous changeriez aussi vos propres couches ! » Elle poursuit : « Après toutes ces années dans la mode, je n’aurais jamais cru que les couches pour adultes seraient mes nouveaux sous-vêtements fétiches, mais nous y sommes ! Personne ne parle de la période de récupération et de guérison que traversent les nouvelles mamans. Je voulais montrer qu’il n’y a pas que des arcs-en-ciel et des papillons ! »

Le Mouvement #MonPostPartum : Une Libération de la Parole

Écœurée par la censure, la sociologue et militante féministe lançait dans la foulée avec trois amies militantes le #MonPostPartum, qui ouvre un espace de parole sur ce sujet très tabou, et via lequel des milliers de femmes vont livrer leur témoignage. « Je sortais à peine la tête de l’eau de ma dépression du post-partum. Lire tous ces témoignages a été une sorte de thérapie », confiait-elle. Un an plus tard, Illana Weizman signe Ceci est notre post-partum (éd. Marabout), un manifeste pour que les choses changent. Illana Weizman, sociologue et militante féministe, enclenche la même démarche. Tout comme Morgane Koresh, Masha Sexplique et Ayla Saura. « On s’est alors mises en contact toutes les quatre et on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire ensemble. On a lancé le hashtag et puis ça a été le déferlement ! », se souvient Ayla Saura, libraire et co-fondatrice de La nuit des temps, à Rennes, et militante féministe. « On a halluciné de l’ampleur que ça prenait ! On a eu des interviews et des articles dans toute la presse francophone.

Objectifs du Mouvement

Premier objectif : rendre visible la réalité du post-partum. Raconter le sale, le travail et la douleur pour que les femmes ne se sentent plus seules et « ne se soumettent plus à l’injonction de rester pudique sur leurs souffrances ». Montrer l’envers du décor pour informer les futures mères - oui il est normal d’avoir peur de retourner aux toilettes après que son périnée a été recousu, d’avoir un œdème à la vulve ou besoin de temps avant de reprendre des relations sexuelles -, mais aussi les hommes qui s’interrogent sur ce qui se passe dans le corps de leur conjointe. Ce hashtag n’est « pas là pour faire peur » mais pour « normaliser l’imperfection », résume Masha Sacré dans une vidéo publiée par Konbini.

Ressources et Accompagnement : L'État des Lieux en France

Or, vous le rappelez, le savoir est un pouvoir, et permet de se préparer…Aucune femme de mon entourage ne m’avait parlé du post-partum, c’est une sorte de pudeur largement répandue, « pour ne pas faire peur », entend-on souvent. Mais ce qui m’a fait peur, c’est précisément de ne pas savoir ce que j’allais traverser ! Même dans le champ médical, ça n’est pas abordé. Les grossesses sont très suivies, il y a des séances de préparation à l’accouchement, mais rien sur le post-partum : à partir du moment où l’enfant est né, c’est le trou noir.

Manque de Préparation et d'Information

Pourtant, ce serait simple de créer des modules de préparation. Personne ne m’avait prévenue que j’aurais des tranchées [des contractions pour que l’utérus retrouve sa forme et sa taille normales] si fortes et douloureuses que j’irais aux urgences, croyant faire une hémorragie interne, alors que c’était normal. Si j’avais su que cela pouvait arriver, cela m’aurait épargné ces angoisses traumatisantes.

Lire aussi: Boîte aux lettres sans publicité : Le guide

Ressources Existantes et Nécessité de Renforcement

Quelles sont les ressources disponibles sur le post-partum aujourd’hui en France ? Le militantisme se développe peu à peu, des associations montent des groupes de parole, il y a des comptes Instagram, des podcasts. Côté médical, beaucoup de femmes ignorent qu’elles peuvent bénéficier de consultations prises en charges avec une sage-femme dans les premiers jours suivant l’accouchement. Et pour celles qui sont en grande souffrance, il existe en France une quinzaine d’unités mère-enfant. Il faut renforcer les structures existantes. Ensuite, chaque femme vit son propre post-partum : il peut durer quelques semaines, plusieurs mois, voire un ou deux ans, avec des symptômes physiques et psychiques variés. D’où l’importance de mettre en place un suivi individuel.

Inspirations Internationales : Des Modèles à Suivre

Vous avez exploré les différentes mesures d’accompagnement dans le monde. De quels pays pourrait-on s’inspirer ? Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, il y a cette idée qu’il faut un village pour élever un enfant. Pendant une quarantaine de jours, les femmes de la communauté sont au chevet de la jeune mère, la nourrissent, s’occupent des tâches domestiques et prennent soin d’elle et son bébé.

Le Modèle Néerlandais

Dans les sociétés occidentales qui accompagnent le post-partum, ce « village » est composé notamment de professionnels de santé. Aux Pays-Bas, lorsqu’il n’y a aucune complication, la mère sort de la maternité le jour de l’accouchement. Mais elle est accompagnée par une infirmière spécialisée, qui vient chez elle durant huit jours, huit heures par jour, dans le cadre de soins pris en charge par l’Etat. Elle l’accompagne sur la mise en place de l’allaitement, le premier bain, le nettoyage de la cicatrice du cordon ombilical, la rééducation du périnée…

L'Importance de l'Apprentissage et de la Prévention

On veut nous faire croire qu’on est naturellement mère, mais c’est un apprentissage. Si on avait en France cette prise en charge automatique, on préviendrait bien mieux la dépression du post-partum, qui touche une femme sur cinq. Parce que quand on est sous l’eau, c’est compliqué de demander de l’aide, surtout quand on vit loin de ses proches et que le coparent travaille.

Congé Paternité : Une Mesure Insuffisante

Le 1er juillet entrera en vigueur le congé paternité porté à 28 jours. Cette mesure peut-elle changer la donne ? Ce congé coparental n’est assorti que de 7 jours obligatoires, c’est largement insuffisant ! Pour répondre à la souffrance psychique des mères, il faut un congé égalitaire pour les deux parents, sur un temps long et rémunéré. La France est à la traîne, et pas seulement en se référant aux pays nordiques. L’Espagne a mis en place un congé parental obligatoire et rémunéré de 16 semaines pour la mère et le coparent. Cela montre bien que tout est une question de volonté politique, et de moyens financiers.

Lire aussi: Publicité Mustela : l'impact des données

Conseils aux Futures Mères : Préparation et Soutien

Que conseilleriez-vous aux futures mères pour se préparer au post-partum ? Selon les moyens du foyer, on peut essayer de s’organiser pour que le coparent prenne un congé de plusieurs semaines dès le retour de la maternité. On peut aussi, en amont, pendant la grossesse, mettre en place un réseau de soutien en sollicitant ses proches, par exemple pour s’occuper des enfants aînés. Ou leur demander - plutôt que d’offrir un énième doudou ou des vêtements que le bébé n’aura pas le temps de porter - d’offrir des heures de ménage, des repas chauds, des soins post-partum, des massages. Mais encore faut-il que les conjoints, les amis et les proches soient informés sur le post-partum pour apporter de l’aide.

La BD "La Remplaçante" : Une Exploration de la Dépression Post-Partum

Avec "La Remplaçante", Sophie Adriansen et Mathou nous parlent de leurs inspirations pour explorer la dépression post-partum. Dans leur bande-dessinée “La Remplaçante” qui sort le 12 mai aux éditions First, l’autrice Sophie Adriansen et l’illustratrice Mathou traitent de la dépression post-partum et reviennent sur des épisodes qui parlent sûrement à toutes les mères après une grossesse. Elles évoquent également à travers la BD ce fossé existant entre l’idée que l’on se fait de la maternité et la réalité après l’accouchement. “La Remplaçante”, c’est l’histoire de Marketa, une jeune femme qui vit bien sa grossesse et qui a hâte de rencontrer son enfant. Seulement, les choses se compliquent pour elle lors de l’accouchement. Suite à cet évènement traumatisant, elle fait une dépression post-partum et s’imagine alors une “remplaçante”, une femme qui serait une meilleure mère qu’elle et une meilleure version d’elle-même. C’est ce qu’a vécu l’autrice Sophie Adriansen, à qui est venue l’idée du scénario. “J’ai eu une dépression post-partum pendant près de trois ans après la naissance de mon premier enfant”, confie-t-elle au HuffPost. “J’avais donc imaginé une remplaçante qui ferait les choses mieux que moi, qui serait une meilleure mère et épouse. C’était une mécanique de dissociation”. Ce mécanisme s’apparente aux symptômes de la dépression post-partum: les mères qui souffrent de cette pathologie ressentent alors un sentiment de culpabilité, de dévalorisation et de honte ce qui a des conséquences sur leur santé mais également sur la relation de la mère et son bébé. L’autrice qui a mal vécu sa première maternité s’est alors promis que ce sera différent à la naissance de son deuxième enfant. “Et c’est à ce moment, à la maternité, que le scénario de la BD ‘La Remplaçante’ est né″, raconte Sophie Adriansen.

Un Concept Ancré dans la Société

Pour l’illustratrice Mathou, l’idéal que l’on se fait de la maternité est un concept problématique ancré dans la société et créé par les générations précédentes. “On nous dit souvent que l’accouchement sera le plus beau jour de notre vie, que ce sera que du bonheur mais on se rend rapidement compte que non, ça ne l’est pas”, explique Mathou au HuffPost. En effet, avant le mouvement #Mon post-partum, lancé sur les réseaux par la sociologue française et féministe Illana Weizman et développé sur les réseaux sociaux en 2020, il y avait encore peu de témoignages sur les mauvaises expériences pendant et après l’accouchement. La période de dépression qui pouvait s’en suivre était encore peu connue. Pourtant, cette pathologie toucherait 10 à 15% des femmes selon Santé publique France. “Heureusement que l’on est beaucoup plus renseigné aujourd’hui, et ce dès le plus jeune âge”, continue-t-elle. “Le fait de le dire, d’anticiper, permet aux femmes de mieux vivre l’accouchement et le post-partum”, dit l’illustratrice. Elle insiste sur le fait qu’il n’y a rien de mal à ne pas se sentir bien après un accouchement. Et les autrices le montrent parfaitement à travers la BD en mettant en opposition les souhaits de l’héroïne et la réalité qu’elle vit après son accouchement.

Sortir des Standards et des Injonctions

Cet idéal qu’imaginent beaucoup de femmes est, selon Sophie Adriansen, un reflet des figures de mères que l’on voit autour de nous. “On est dans un pays où on est entouré par des exemples de femmes qui reprennent le travail après un accouchement”, argumente l’autrice. “Certaines femmes pensent donc que l’on peut accoucher et reprendre notre vie comme avant”. Sophie Adriansen expose donc ce fossé et souhaiterait sortir de ces standards et de ces injonctions. “Je trouvais important de montrer dans la BD que chacune a son propre rythme, chacune a un corps différent et c’est ok”. En plus d’avoir représenté la période d’incertitude que certaines femmes traversent après la maternité, la BD dépeint la réalité à travers les illustrations. “Je souhaitais vraiment que mes illustrations soient crédibles et que la force du texte soit mise en valeur”, dit Mathou. Si les personnes à qui elle a fait lire la BD ont jugé ses illustrations “cash”, pour elle, ses dessins représentent simplement la réalité. Et tout comme l’autrice, Mathou s’est servie de sa propre expérience pour dessiner la maternité du personnage de Marketa et raconter les différentes étapes par lesquelles passe son héroïne, des doutes à l’acceptation de soi.

Témoignages et Réalités du Post-Partum

La claque ! C’est souvent le terme employé par les personnes ayant accouché et découvrant, dans un mélange d’émotions, de fatigue et d’ignorance, le post partum, période suivant « la délivrance », à laquelle la plupart des nouveaux parents ne sont préparés ni mentalement ni physiquement. Les militantes féministes s’emparent d’un sujet longtemps silencié, minimisé ou biaisé et dévoilent témoignages et astuces démontrant l’adversité et la diversité des situations et des vécus.

La Pression Sociale et l'Image Sacralisée de la Mère

Actuellement, dans la société, la question est obsédante : la nouvelle mère a-t-elle retrouvé sa ligne ? L’injonction tonne. Elle est le cœur d’une tempête d’éléments qui se déchainent. Le post accouchement est un tourbillon pour de nombreux parents qui font face à une nouvelle réalité à laquelle rien ne les prépare. La confrontation entre le vécu imminent et l’image sacralisée de la Mère épanouie avec son nourrisson suscite chez certain-e-s des ravages conséquents.

Expériences Physiques et Émotionnelles

Le bébé pleure, la mère se réveille. Elle sort de son lit et marche difficilement jusqu’aux toilettes. Il faut laver les points dus à la déchirure ou à l’épisiotomie, aller remplir le flacon au lavabo, remettre une protection périodique, enfiler à nouveau la couche filet avant d’aller nourrir le nouveau-né…

L'Importance de l'Information et de la Déculpabilisation

Parce que clairement, l’information manque. Dans les commentaires et les témoignages, nombreuses sont celles qui expriment leur désespoir après coup de n’avoir reçu aucun cours sur le post-partum lors des séances de préparation à l’accouchement, que certaines sages femmes intitulent désormais « Préparation à l’accouchement et à la parentalité » afin d’englober quelques notions sur la période qui suivra la naissance. « Quand on a fait le livre, on avait toutes des enfants en bas âge. Ma fille avait quelques mois, on était dedans ! On a questionné nos mamans mais elles ont oublié cette période. Elles ont occulté. Et je me rends compte avec le temps que moi-même j’oublie. Et pourtant, j’ai vécu un accouchement traumatique. En parlant avec la sage femme, elle m’a dit qu’elle m’en avait parlé du post-partum. Mais je crois quand même que ce n’est pas assez abordé. Et si tu cherches des infos dessus, en effet, tu ne trouves pas grand chose. », réagit Ayla Saura.

Le Guide "Nos Post-Partum" : Un Outil Essentiel

Dans Nos post-partum - Un guide pour accompagner en douceur les mois après l’accouchement, on trouve toutes ces notions par ordre alphabétique. Accessibilité, allaitement, amour pour son bébé, bébé secoué, couple et baby clash, dépression, deuil périnatal, estime de soi, identité, kilos, lectures, mort inattendue du nourrisson, périnée, retour au travail, saignements… figurent parmi les chapitres abordés et développés, dans lesquels on trouve des ressources sous la forme de QR code - permettant d’accéder à des sites délivrant des informations complémentaires et détaillées - et surtout des messages déculpabilisants, basés sur la liberté et le droit de choisir. Le droit de faire comme on veut et comme on peut. « J’ai eu l’idée de l’abécédaire qui permettait de lister les mots essentiels et de se répartir les sujets par affinité. C’est un livre doudou, qui fait du bien, dans lequel on peut piocher les passages qui nous intéressent. Après l’accouchement, j’étais incapable de lire un livre de A à Z. On a voulu le faire le plus complet possible avec des liens vers des articles, vers des podcasts, etc. », commente Ayla Saura.

Implications Sociétales et Politiques

Informer les personnes concernées apparaît comme essentiel pour briser ce qu’Illana Weizman appelle le tabou du post-partum. « Les choses ne vont pas changer du jour au lendemain, car ce tabou est très ancré. On parle d’un système qui est en place depuis des siècles voire des millénaires. », indique-t-elle dans une interview accordée au Huffington Post, en février 2021.

Le Patriarcat et le Capitalisme : Des Obstacles à Surmonter

« Le patriarcat et le capitalisme voudraient qu’on ferme nos gueules et qu’on soit toujours aussi productives qu’avant la grossesse. Mais entre les douleurs ligamentaires, le mal de dos, les reflux gastriques, le fait d’être essoufflées au moindre mouvement, potentiellement les nausées et les vomissements, puis tout ce qui survient lors du post-partum, ce n’est pas possible. J’ai mis du temps à accepter que ça déborde sur mon travail, à accepter que ma fille était là, que j’allais mal dormir, qu’elle allait être malade, que j’avais envie de passer du temps avec elle et être contente qu’elle prenne du temps et de la place dans ma vie. », souligne Ayla. Elle pointe du doigt le manque d’écoute, de compassion et de compréhension. Face aux professionnel-le-s de la santé mais pas que. « Si l’on se plaint de certains éléments de la maternité, on est considérées comme de mauvaises mères. Si des femmes osent dire qu’elles ne veulent pas d’enfants, elles sont vues comme des étrangetés. », précise la sociologue.

Nécessité d'Évolution des Représentations

Parce qu’aucune femme ne vit le même post-partum. Il est nécessaire et indispensable de faire évoluer les représentations et de désacraliser le post-accouchement, à l’instar de tout le travail de déconstruction réalisé et encore en cours autour des menstruations afin d’en lever le tabou, la portée culpabilisante et la précarité inhérente.

Le Documentaire "Post Partum" : Briser le Silence

Eve Simonet, initiatrice des Clubs Poussettes, en fait un documentaire, intitulé Post partum, allant à la rencontre d’autres personnes souhaitant s’exprimer sur la question : « Je me suis mis en tête de proposer un contenu informatif, pédagogique et didactique sur ce moment de chamboulement vécu par quasiment la moitié de l’humanité. La violence de mon propre post-partum m’a convaincu de ne pas lâcher ce projet. Briser le silence, briser le tabou, briser l’isolement. Mettre en avant les changements, la liberté d’agir, le droit de faire autrement, signifier la perte de repères, la stupéfaction face à un corps que l’on ne reconnaît plus mais aussi face à une personnalité qui se dévoile, celle du parent. Accepter les difficultés, pouvoir les dire, échanger autour des vécus et ressentis. Et puis aussi s’autoriser l’épanouissement et/ou la frustration, parfois les deux mélangés, sentir sa puissance et la faire jaillir.

tags: #publicité #post-partum #exemples

Articles populaires:

Share: