Introduction
La fécondation in vitro avec transfert d'embryon (FIVETE) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui a permis à de nombreux couples infertiles de concevoir un enfant. Cependant, cette technique soulève d'importantes questions éthiques qui nécessitent un examen approfondi. Le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE) s'est prononcé en faveur de l'accès des couples de femmes et des célibataires à la PMA, marquant un tournant vers de nouvelles conceptions de la filiation et de la famille. Cet article explore les enjeux éthiques de la FIVETE, en mettant en lumière les différents points de vue et les dilemmes moraux qu'elle soulève.
Diagnostic Préimplantatoire (DPI) et Bébé-Médicament
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) est une technique qui consiste à rechercher des anomalies génétiques sur les embryons conçus par FIV ou ICSI avant de les transférer dans l'utérus de la mère. En France, le DPI est autorisé uniquement lorsque l'enfant à naître présente un risque élevé de développer une maladie génétique grave. Le transfert d'embryon n'est effectué que si l'embryon est indemne de l'anomalie génétique.
Cependant, le concept de "bébé-médicament", c'est-à-dire un enfant conçu spécifiquement pour être compatible avec un frère ou une sœur malade, soulève des questions éthiques complexes. Le CCNE s'est interrogé sur la possibilité d'utiliser le DPI non seulement pour éviter la naissance d'un enfant atteint d'une maladie génétique grave, mais aussi pour sélectionner un embryon HLA compatible avec un enfant malade nécessitant une greffe de cellules de cordon.
Ce problème se pose notamment dans le cas de la maladie de Fanconi, une affection héréditaire qui entraîne une aplasie médullaire progressive. La greffe de cellules de cordon provenant d'un frère ou d'une sœur compatible peut être porteuse d'espoir pour ces patients.
Pour le CCNE, la volonté de procréer doit rester primordiale, et l'enfant à naître doit être considéré comme une entité propre plutôt que comme un simple donneur potentiel. Un contrat doit être établi entre les parents et les praticiens, stipulant que le transfert d'embryon sera effectué dès lors qu'il est indemne de l'affection, qu'il soit ou non compatible avec l'enfant malade.
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D'autres, comme le Pr Axel Kahn, estiment qu'il faut aller au-delà par souci de solidarité et réitérer le DPI jusqu'à l'obtention d'embryons à la fois sains et compatibles. Une troisième voie consiste à limiter le nombre de procédures de DPI réalisables.
Gestation Pour Autrui (GPA)
La gestation pour autrui (GPA) est une pratique qui consiste pour une femme à porter un enfant pour le compte d'un autre couple ou d'une autre personne. La GPA est interdite en France, mais de nombreux couples français y ont recours à l'étranger.
La GPA soulève des questions éthiques fondamentales liées à la dignité humaine, à l'indisponibilité du corps humain et à l'indisponibilité de l'état des personnes. En effet, la GPA est considérée comme une transgression de notre conception de la dignité des personnes, car elle implique de considérer le corps humain comme un objet susceptible de faire l'objet de contrats privés.
Même si la GPA est pratiquée à titre gratuit, elle pose des problèmes éthiques, car elle implique un arrangement entre particuliers visant à définir la filiation d'un enfant à naître, ce qui transgresse notre conception de l'autonomie morale des personnes.
La légalisation de la GPA pourrait avoir des effets collatéraux sur le reste des règles d'éthique médicale, notamment en matière de procréation médicalement assistée et d'adoption. Elle pourrait également remettre en cause le principe d'anonymat dans les PMA.
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Don d'Ovocytes
Le don d'ovocytes est une technique qui permet à des femmes infertiles de concevoir un enfant grâce aux ovocytes d'une donneuse. Le don d'ovocytes a permis à de nombreux couples de réaliser leur rêve de parentalité. Cependant, cette pratique soulève également des questions éthiques.
La question de l'altruisme des donneuses est souvent posée, car de nombreuses annonces de don d'ovocytes mettent en avant la possibilité de gagner de l'argent. Les sommes proposées peuvent être très importantes, ce qui peut inciter des femmes à donner leurs ovocytes pour des raisons financières plutôt que par pur altruisme.
Il est également important de prendre en compte la santé des donneuses. Les cliniques ne sont pas toujours tenues de surveiller la santé des donneuses à long terme, et l'on ne connaît pas les effets à long terme de la stimulation ovarienne et du prélèvement d'ovocytes.
La receveuse d'ovocytes doit également prendre en considération les problèmes moraux et éthiques de la FIV, afin de prendre une décision éclairée. Elle doit notamment se poser la question de savoir si elle doit parler à son enfant de ses origines.
Recherche sur l'Embryon
La recherche sur l'embryon est autorisée en France depuis 2013, sous conditions et sous contrôle de l'Agence de biomédecine. Elle doit s'exercer dans le plus grand respect dû à l'embryon lui-même, aux couples donneurs et pour éviter des dérives.
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La recherche sur l'embryon peut être fondamentale, préclinique ou clinique. La recherche fondamentale vise à comprendre le développement précoce de l'embryon et ses perturbations éventuelles. La recherche préclinique consiste à développer de nouvelles méthodologies et procédures pour une éventuelle utilisation ultérieure à visée thérapeutique. La recherche clinique consiste à étudier l'embryon dans le cadre d'une PMA, par exemple pour améliorer les techniques de culture embryonnaire ou identifier les embryons ayant les meilleures chances de se développer.
La recherche sur l'embryon soulève des questions éthiques complexes, notamment en ce qui concerne le statut de l'embryon et les limites de la manipulation de l'embryon.
PMA : Aspects Légaux et Sociaux
La loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de même sexe a modifié les termes du débat autour de la PMA. La loi ouvre l'adoption aux couples homosexuels et reconnaît ainsi qu'un enfant peut avoir deux parents du même sexe. En revanche, le recours à la PMA reste impossible pour ces couples.
En 2015, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a publié un avis recommandant au gouvernement et au Parlement d'étendre l'accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, au nom de l'égalité des droits entre tous et toutes.
Lors des états généraux de la bioéthique, organisés de janvier à mai 2018, les personnes favorables à l'ouverture de la PMA ont fait valoir une demande d'égalité. À l'opposé, les personnes qui y sont défavorables ont mis en avant la notion de nature et les droits des enfants ainsi que leur crainte qu'une évolution législative sur la PMA n'ouvre la voie à la gestation pour autrui (GPA) pour les couples d'hommes.
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