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Comprendre et Gérer le Co-Sleeping en Crèche : Défis et Solutions

Le sommeil est un besoin fondamental pour le développement de l'enfant. Le Dr Kerhervé, médecin de PMI, souligne l'importance d'instaurer des routines favorables au sommeil dès le plus jeune âge, tant à la maison qu'en crèche. Cet article explore les problématiques liées au co-sleeping et à l'endormissement des jeunes enfants en crèche, en proposant des pistes de réflexion et des solutions concrètes pour les assistantes maternelles et les parents.

L'importance du sommeil pour le développement de l'enfant

Le sommeil joue un rôle essentiel dans de nombreux aspects du développement de l'enfant. Une bonne nuit de sommeil permet à l'enfant d'investir ses journées, d'être plus concentré à l'école et de mieux réguler ses émotions. Le sommeil est lié à l’alimentation et/ou l'allaitement, il participe à la prévention des troubles du comportement chez les plus grands, des troubles des apprentissages… En parlant du sommeil, on prévient la mort inattendue du nourrisson, on fait de la prévention sur le sujet des écrans et leur impact sur le développement psychomoteur.

Évolution du sommeil chez le bébé

Le sommeil du bébé évolue énormément les six premiers mois de vie puis dans les trois premières années. Passé 4 mois, le bébé commence à se régulariser, en même temps que l’alimentation, avec la synchronisation sur le rythme circadien. Les premiers mois de vie, les bébés s’endorment en sommeil agité. Ils peuvent bouger mais dorment en réalité. Entre les cycles de sommeil, il y a des réveils naturels. Il est crucial de comprendre ces évolutions pour adapter les pratiques d'endormissement et de sommeil aux besoins spécifiques de chaque enfant. Il faut aussi lui donner des repères pour qu’il se cale peu à peu sur le rythme circadien (notre rythme naturel lié à l’alternance jour / nuit). On peut l’aider par exemple en ne lui faisant pas faire ses siestes dans un environnement totalement noir et silencieux. C’est la journée, il y a de la lumière et des bruits ambiants.

Les défis du co-sleeping en crèche

Le co-sleeping, ou partage du lit parental, est une pratique courante chez de nombreux parents. Cependant, cette habitude peut poser des difficultés lors de l'accueil de l'enfant en crèche. Les assistantes maternelles sont souvent confrontées à des enfants habitués à s'endormir dans les bras, bercés ou en cododo, ce qui peut rendre l'endormissement en crèche difficile.

Le conditionnement à l'endormissement

La première cause de trouble du sommeil c’est le conditionnement anormal à l’endormissement. L’enfant prend l’habitude, notamment avec son parent, de s’endormir en poussette, dans les bras ou en porte-bébé. Ces habitudes peuvent perturber l'apprentissage de l'autonomie dans l'endormissement et rendre les siestes et les nuits en crèche plus compliquées.

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L'adaptation à un nouvel environnement

La crèche est un environnement nouveau pour l'enfant, avec des bruits, des odeurs et des visages différents de ceux de la maison. Cette nouveauté peut être source d'anxiété et rendre l'endormissement plus difficile. Certains enfants peuvent se sentir perdus sans la présence rassurante de leurs parents et refuser de dormir seuls.

Les différences de pratiques entre la maison et la crèche

Les pratiques d'endormissement peuvent varier considérablement entre la maison et la crèche. Les parents peuvent avoir des rituels spécifiques, comme le bercement, la lecture d'une histoire ou le chant d'une berceuse, qui ne sont pas forcément reproduits en crèche. Cette différence peut désorienter l'enfant et rendre l'endormissement plus difficile.

Solutions et recommandations pour les assistantes maternelles

Face à ces défis, les assistantes maternelles peuvent mettre en place différentes stratégies pour faciliter l'endormissement des enfants en crèche.

Communication avec les parents

Une communication ouverte et régulière avec les parents est essentielle pour comprendre les habitudes de sommeil de l'enfant et mettre en place des pratiques cohérentes entre la maison et la crèche. Il est important de discuter des rituels d'endormissement, des préférences de l'enfant et des éventuelles difficultés rencontrées à la maison. On explique factuellement ce qu’il se passe lors des journées et on propose « j’ai entendu parler de telle méthode. Je conseille de parler de la question du sommeil dès les premiers rendez-vous avec les parents : comment dort-il ? Qu’est-ce que vous mettez en place à la maison ?

Mise en place de rituels

Les professionnelles ont aussi tout intérêt à mettre en place des rituels préparant au sommeil, en lien avec les parents. Une chanson chantée systématiquement avant de dormir par exemple, va aider l’enfant à sécréter de la mélatonine. Des rituels simples et répétitifs, comme la lecture d'une histoire courte, le chant d'une berceuse ou un câlin, peuvent aider l'enfant à se sentir en sécurité et à se préparer au sommeil.

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Création d'un environnement propice au sommeil

Il est important de créer un environnement calme, sécurisant et confortable pour favoriser l'endormissement. La pièce doit être suffisamment sombre, mais pas totalement noire, et la température doit être agréable. Un lit douillet, un doudou ou une tétine peuvent également aider l'enfant à se sentir plus à l'aise.

Accompagnement à l'endormissement

Dans ce cas, je propose un processus d’accompagnement à l’endormissement. On peut commencer par coucher l’enfant encore éveillé dans son lit afin qu’il puisse voir son environnement, dès 2-3 mois, en pratique dès qu’il ne s’endort plus systématiquement en fin de tétée. Puis, on l’accompagne à l’endormissement grâce à la voix ou au toucher. Et peu à peu, on sera moins interventionniste. On ne le sort pas du berceau. On ne le berce pas avec les bras mais avec la voix afin qu’il apprenne à s’auto-apaiser. Il est possible de mettre, durant le bercement, un petit oreiller entre le bébé et la personne qui le berce, on l’éloigne doucement jusqu’à ce qu’il finisse dans le lit. On peut parfois sortir de la chambre et revenir. Progressivement, il est possible de mettre en place les méthodes dites « 5/10/15 » ou « 3/5/7 », on adapte le temps en fonction de l’enfant et de son âge. Il existe de nombreuses techniques, adaptées selon la situation individuelle de chacun. Il est important de rappeler qu’on personnalise la technique selon l’enfant, son âge et toujours en lien avec ses parents, et qu’on procède de manière progressive.

Encourager l'autonomie

L'objectif est d'aider l'enfant à s'endormir seul, en douceur et en respectant son rythme. Pour cela, il est important de l'encourager à développer son autonomie en lui laissant explorer son environnement, en lui proposant des jeux adaptés à son âge et en lui offrant un espace sécurisant où il peut se sentir libre de bouger et d'expérimenter.

Activités diurnes

Absolument ! Il est notamment primordial de sortir et de prendre le soleil. Il est aussi important de permettre à l’enfant de bien se dépenser en journée, idéalement avant 18h. On fera aussi attention aux micro siestes de 5/10 minutes de l’enfant dans la poussette, qui peuvent sembler insignifiantes mais qui peuvent complètement perturber son cycle et l’endormissement du soir.

Conseils aux parents

Il est important que les changements d’habitudes impulsés pour le sommeil de l’enfant passent d’abord par les parents puis soient adoptés par les assistantes maternelles. Ensuite, on leur donne les mêmes conseils abordés précédemment : ne pas le prendre dans les bras, ne pas le bercer, ne pas lui donner le biberon dans le lit, rassurer sans être trop interventionniste. Mais pour revenir aux parents, il est important de la part de la professionnelle de s’adapter à ce que le parent peut accepter. Et il faut garder en tête qu’un enfant qui ne dort pas, c’est un parent qui ne dort pas. Il se peut qu’il soit alors épuisé et irritable. Le sommeil est une question intime qui peut ramener le parent à sa culpabilité de ne pas réussir.

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Témoignages et expériences

« Thelma est arrivée quand elle avait 10 ou 11 mois et était habituée, depuis trois mois, à s’endormir en poussette. Le soir, elle s’endormait au sein de sa maman. Les parents n’avaient pas initié un changement avant son intégration, pensant qu’elle prendrait facilement de nouvelles habitudes chez moi. Mais elle hurlait dès que je la posais au lit. J’ai donc commencé par faire moi-même des allers-retours sur ma terrasse avec la petite dans la poussette. Au début c’était pour ne pas la bousculer mais rapidement j’ai compris qu’il allait falloir faire différemment. J’ai donc décidé de me documenter et j’ai lu le livre "Le sommeil, le rêve et l’enfant" des docteurs Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel. J’ai appliqué la méthode du 5/10/15, je restais un peu, je ressortais, je revenais… et surtout je ne la sortais pas du lit. Je l’ai rarement laissé pleurer plus de 5 minutes car j’ai du mal avec ça mais ça a très vite fonctionné.

tags: #problemes #cododo #assistante #maternelle

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