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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Étiologie, Signes et Problèmes Associés

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un acte médical courant qui permet de mettre fin à une grossesse non désirée. Bien que dépénalisée en France depuis 1975 grâce à la loi Veil, l'IVG reste un sujet de débat, de stigmatisation et de criminalisation dans de nombreuses régions du monde. Cet article explore les différents aspects de l'IVG, de ses implications pour la santé des femmes à ses dimensions éthiques et sociales.

L'IVG : Un Droit Fondamental et un Soin de Santé Essentiel

L'accès à l'IVG est un droit humain fondamental, constitutif de l'égalité entre les femmes et les hommes et d'une société plus juste. Pouvoir prendre soi-même les décisions concernant sa santé, son corps et sa vie sexuelle est essentiel pour l'autonomie et l'épanouissement des femmes.

L'IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est une intervention simple qui peut être effectuée sans risque par un large éventail de professionnels de santé. Lorsqu'elle est pratiquée ou accompagnée par un professionnel de santé qualifié dans de bonnes conditions d'hygiène, l'IVG est l'un des actes médicaux les plus sûrs disponibles.

La criminalisation de l'avortement entraîne une tendance à le considérer comme une exception, artificiellement placée hors du champ des soins médicaux classiques. Pourtant, les soins liés à l'avortement sont des soins de santé essentiels qui doivent être accessibles à toutes les femmes.

Les Conséquences de la Restriction de l'Accès à l'IVG

Le manque d'accès, en temps opportun, à un avortement sécurisé, abordable et respectueux est un problème majeur de santé publique. Aujourd'hui, environ 45 % des avortements sont pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité selon l'OMS. Les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses sont la troisième cause de mortalité maternelle au monde. Les décès sont particulièrement courants dans les pays où le recours à l'avortement sûr est limité ou complètement interdit.

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Interdire ce droit ne fait pas baisser le nombre d'avortements. D'après l'Institut Guttmacher, le nombre d'avortements est significativement le même dans les pays qui l'interdisent ou le restreignent et dans ceux qui l'autorisent : 37 personnes sur 1 000 y ont recours dans le premier cas contre 34 sur 1000 dans le second.

La criminalisation de l'avortement et les obstacles persistants au droit à l'avortement touchent de manière disproportionnée les groupes et les personnes déjà marginalisées, notamment celles qui ont de faibles revenus, les personnes réfugiées ou migrantes, les personnes LGBTIQ+ ainsi que les communautés racisées ou autochtones.

L'IVG en France : Cadre Légal et Réalités d'Accès

En France, l'IVG est dépénalisée depuis le 17 janvier 1975, suite au vote de la loi Veil. La loi Pelletier a peu à peu complexifié les politiques de prise en charge de l’IVG.

Le délai légal pour avorter en France est passé de 12 à 14 semaines de grossesse en mars 2022.

En 2023, on comptait environ 232 200 interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France, dont 223 300 en France hexagonale. Ce ratio avoisine 1 IVG pour 3 naissances en 2023.

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Environ 4 IVG sur 5 sont médicamenteuses, notamment depuis la crise sanitaire de 2020.

Malgré ces avancées législatives, l'accès à l'IVG est loin d'être une réalité pour tout le monde. Des inégalités territoriales persistent, avec des variations importantes dans l'offre de soins entre les départements. L’accès à l’avortement a reculé dans la quasi-totalité du territoire.

Les difficultés d'accès à l'IVG sont liées à plusieurs facteurs, notamment la baisse du nombre de professionnels de santé pratiquant l'IVG, la répartition inégale de l'offre de soins sur le territoire, la clause de conscience des praticiens et les pressions exercées par les mouvements anti-avortement.

Les Méthodes d'IVG : Médicamenteuse et Chirurgicale

Il existe deux méthodes principales d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale (ou instrumentale).

L'IVG Médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles). Cette méthode consiste à prendre deux médicaments sous forme de comprimés. Le premier, la mifépristone, sert à interrompre la grossesse en bloquant l'action de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. Le second, le misoprostol, est pris 36 à 48 heures plus tard et provoque l'expulsion de l'œuf ou de l'embryon en générant des contractions de l'utérus.

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L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée sous la supervision d’un médecin généraliste, d’un gynécologue ou d’une sage-femme. Elle peut aussi être réalisée dans un centre de planification (planning familial).

Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse.

Au cours d’une IVG médicamenteuse des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment. Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements ne sont pas la preuve de l’expulsion complète de la grossesse. Il est donc indispensable de réaliser une visite de suivi deux à trois semaines après l’IVG pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.

L'IVG Chirurgicale (ou Instrumentale)

L’IVG chirurgicale est une petite intervention chirurgicale qui se déroule à l’hôpital ou dans un centre spécialisé. Elle peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale en fonction de l'état de santé de la patiente et de son souhait. En passant par le vagin, le médecin va dilater le col de l’utérus puis venir aspirer l'embryon grâce à un tube.

L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.

Comparatif des Deux Méthodes

CaractéristiqueIVG MédicamenteuseIVG Instrumentale
Jusqu'à quand ?7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée.14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée.
Avec quel professionnel ?Médecin ou sage-femme.Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions.
Où ?En cabinet, En centre de santé sexuelle, En centre de santé, En établissement de santé.En établissement de santé, Dans certains centres de santé.
Comment ?Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile.Au cours d’une courte hospitalisation : introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus.
Et la douleur ?Pas d'anesthésie mais prescription d'anti-douleurs systématique.Anesthésie locale ou générale selon votre souhait et en accord avec le professionnel de santé qui réalise l’intervention. En cas d’anesthésie générale il sera nécessaire de réaliser préalablement une consultation avec un médecin anesthésiste.
Quelle durée totale ?Variable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h.L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.
Consultation de suivi ?14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.
Taux de succès95%99,7%
Quels sont les effets indésirables ?Douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours.Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours.
Téléconsultation ?Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation. A noter que toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode.

Complications Possibles et Effets Indésirables

Bien que les IVG soient généralement des interventions sécurisées, certaines complications ou effets indésirables peuvent survenir.

Complications Physiques

Les complications physiques possibles (˂ 0,2 %) ou les problèmes consécutifs à un avortement sont les suivants :

  • Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention
  • Saignements excessifs ou lésions de l’utérus (causées pendant l’intervention)
  • Infections
  • Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle

Si, après l’intervention, une femme a de la fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) et des maux de ventre, il se peut qu’il y ait une infection. Dans ce cas, il faut en informer immédiatement le professionnel de santé qui a suivi l'IVG ou contacter son médecin traitant au plus vite.

Effets Indésirables Psychologiques

Après une IVG, certaines femmes peuvent ressentir un "coup de blues". Parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. Il est important de ne pas hésiter à se confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue.

Des études montrent que les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est également plus élevé.

Certaines femmes peuvent éprouver des sentiments de honte, de remords, de culpabilité, voire des idées noires. Elles sont parfois saisies par le souvenir de l’IVG, qui les fait profondément souffrir.

Il est important de noter que ces conséquences psychologiques ne sont pas une fatalité et que l'aide d'une thérapie peut être bénéfique.

Les Questions Éthiques Autour de l'IVG

L’IVG pose de nombreuses questions d’éthique : Quel statut donnons-nous à l’embryon ? Qui a droit à la Vie ? Quel droit pour le père ? Quelle liberté donnons-nous aux personnels soignants, aux pharmaciens, etc. Il est important qu’une femme envisageant l’avortement les connaisse.

Les femmes qui ont choisi l’avortement, ou qui y ont consenti à cause de pressions parfois violentes, ont certes accepté un acte entraînant la mort d’un être humain, leur enfant. Cependant, il est essentiel d'éviter tout jugement simpliste sur cette décision et sur ces femmes.

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