Le placenta, organe essentiel et éphémère, sert de lien vital entre la mère et le bébé pendant la grossesse. Il assure l'apport des nutriments et de l'oxygène nécessaires au développement du fœtus, tout en éliminant les déchets. Un placenta en bonne santé est donc crucial pour une grossesse réussie. Cependant, des anomalies placentaires peuvent survenir, compromettant le bon déroulement de la grossesse. Parmi ces anomalies, on retrouve la poche placentaire ouverte.
Rôle et importance du placenta
Le placenta est une sorte de plateforme d’échange entre la mère et le bébé, via le cordon ombilical. Il joue un rôle de poumon, de rein et assure la nutrition du bébé. Un placenta en bonne santé permet au fœtus de se développer correctement.
En fin de grossesse, le placenta se présente sous l’aspect d’un disque de 20 cm de diamètre et de 35 mm d’épaisseur, pesant environ 500-600 g. De temps en temps, son aspect est différent. Au lieu de ne former qu’une seule grosse masse, il est divisé en deux parties reliées par le cordon (placenta bi-partita). D’autres fois, c’est un petit lobe placentaire qui se trouve à distance de la masse principale (cotylédon aberrant).
Définition d'une poche placentaire ouverte
La poche des eaux est une poche fixée au placenta et dans laquelle se trouvent le fœtus et le liquide amniotique. Elle est constituée de deux membranes très fines : le chorion et l'amnios. La fissure de la poche des eaux est une petite rupture des membranes qui constituent la poche des eaux. Elle intervient plutôt dans le haut de la poche des eaux, provoquant ainsi de petits écoulements.
On confond souvent la rupture de la poche des eaux avec la fissure de la poche des eaux qui intervient, elle, durant la grossesse. Très précocement, dès le 8e jour de grossesse, des petites fissures apparaissent sur le bouton embryonnaire. Au cours de la deuxième semaine, celles-ci se rejoignent et forment alors un petit creux. Puis, cette cavité s’enroule autour de l’embryon à la manière d’une hélice : la poche des eaux est née. Deux membranes la délimitent : une première, l’amnios, qui est fine, souple et translucide, et le chorion, sorte de deuxième « couche » plus épaisse et accolée à la paroi interne de l’utérus. La poche des eaux est remplie de liquide amniotique, ainsi appelé parce qu’il est en contact avec l’amnios.
Lire aussi: Délai et prise en charge après rupture de la poche des eaux
Causes possibles d'anomalies placentaires
Les causes des anomalies placentaires dépendent du type d'anomalie. Des germes maternels peuvent atteindre le placenta de différentes manières, par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus lui-même. Les microbes peuvent coloniser la masse du placenta ou siéger au niveau des membranes amniotiques. L’échographie montre parfois l’infection placentaire, mais ce n’est pas toujours évident.
Plusieurs facteurs de risque peuvent être associés au placenta praevia :
- Antécédents de césarienne ou de chirurgie utérine : les femmes ayant subi une césarienne, un avortement (induit ou spontané), ou une autre intervention chirurgicale utérine sont plus susceptibles de développer un placenta praevia.
- Il est important de préciser que les éléments mentionnés précédemment sont des facteurs de risque et ne prédisent pas nécessairement le développement d’un placenta praevia. De même, retenez qu’un placenta situé bas en début ou milieu de grossesse a de fortes chances de remonter avec le temps.
Les raisons ne sont pas toujours évidentes à déterminer, une fissure intervient souvent lorsque la maman arrive au terme de la grossesse.
Risques et complications associés à une poche placentaire ouverte
Les complications dépendent de la distance du placenta par rapport au col. Le principal risque lié au placenta praevia est l’hémorragie. Elle peut varier en quantité ainsi qu’être intermittente ou continue. Du côté maternel, le risque principal est donc une importante hémorragie avant ou pendant le travail. Le placenta praevia est également associé à un risque accru de placenta accreta (attaché au muscle utérin), en particulier chez les femmes ayant déjà subi une césarienne.
Le risque majeur est le risque infectieux car lorsque la poche des eaux est rompue, l’œuf est ouvert et en contact avec le vagin dans lequel il y a des germes dont un que l'on craint, le germe streptocoque B (une bactérie présente dans le vagin de 25% des femmes qui peut causer une maladie grave ou dans de rares cas la mort du nouveau-né), et dans une moindre mesure l'E. Coli (bactérie pouvant provoquer méningite ou septicémie). On peut également craindre un accouchement prématuré. Si la grossesse se maintient, ce qui arrive quelques fois, le risque est que la quantité de liquide amniotique ne soit plus suffisante pour que le bébé puisse se développer. Un fœtus a impérativement besoin d'une quantité minimale de liquide amniotique (au moins 200 ml).
Lire aussi: Comment décongeler le lait maternel correctement ?
Troisième cause de mortalité maternelle, l’embolie amniotique reste toutefois une complication rare de l’accouchement. L'embolie amniotique est une complication qui se produit en quelques minutes après le passage du liquide amniotique dans le sang de la mère. « On parle de réaction immunitaire, qui agit comme un choc allergique, de l'ordre du choc anaphylactique, qui déclenche plusieurs réactions graves, parfois jusqu'au décès ».
Le risque majeur de la rétention placentaire est une hémorragie du post-partum, une cause majeure de décès maternel… si rien n’est fait, évidemment ! L’obstétricien explique : « Normalement, après un accouchement, le placenta se décolle et l’utérus, qui est un muscle, va continuer à se contracter. Or, en se contractant, il va obstruer les vaisseaux qui étaient sous le placenta et empêcher les saignements. C’est ce qu’on appelle une « ligature vivante », l’utérus va collaber spontanément les vaisseaux. » En revanche, quand l’utérus n’est pas vide, on évoque une atonie utérine, c’est-à-dire que l’utérus est mou, ne parvient pas à se contracter, donc à empêcher les saignements.
Lorsque le placenta est inséré près du col, les contractions utérines risquent de déclencher un décollement du placenta plus ou moins important et donc un saignement plus ou moins abondant selon l'âge de la grossesse.
Diagnostic et prise en charge
Les symptômes dépendent du type d'anomalies placentaires. Le symptôme principal du placenta praevia est un saignement rouge vif et indolore, qui se manifeste généralement après la 20ème semaine de grossesse. Ce phénomène, connu sous le nom de métrorragies, résulte de l’amincissement de la partie inférieure de l’utérus en préparation à la naissance.
Pour les patientes, je conseille d'être attentives à des petits signes. Par exemple, si elles ne changeaient pas de culotte de la journée et qu’elles se mettent à en changer 2 à 3 fois par jour. Nous même, quand nous recevons les mamans aux urgences, nous pratiquons un examen au spéculum permettant de regarder à l'intérieur du vagin, pour tenter de savoir de quel liquide il s’agit. Et, parfois nous sommes obligés de faire un prélèvement vaginal et c'est le laboratoire qui nous dit s'il s'agit bien de liquide amniotique ou non.
Lire aussi: grossesse et perte de liquide amniotique
Le placenta praevia peut être identifié lors d’échographies prénatales mais ce n’est pas toujours le cas. Il est donc primordial de rester attentive à toute douleur ou saignement, même léger, durant la grossesse.
La prise en charge du placenta praevia varie selon la gravité de la situation. En l’absence de saignements, la recommandation est du repos et de limiter au maximum les activités physiques (notamment les rapports sexuels et les trajets en voiture).
Traitements et interventions médicales
Au terme de la grossesse : on déclenche l'accouchement dans les 24h. La maman prendra des antibiotiques pendant le travail et le nouveau-né recevra des prélèvements bactériologiques et un bilan inflammatoire pour écarter les risques d’infection. Si c'est une petite fissuration qui arrive avant terme (entre 22 et 35 semaines), on tente de maintenir la grossesse, de lutter contre l'infection par des cures d'antibiothérapies et une hospitalisation.
Le traitement du placenta praevia vise à prévenir la naissance prématurée et à limiter les saignements maternels. Toutefois, en cas de poursuite des saignements, d’anomalies du rythme cardiaque fœtal ou de baisse de tension significative chez la mère, une césarienne est pratiquée. Si votre placenta demeure en position praevia jusqu’à la fin de votre grossesse, il est fortement probable que l’accouchement se fasse par césarienne.
Pour gérer un placenta praevia, des corticostéroïdes peuvent être administrés pour favoriser le développement pulmonaire du bébé, surtout si l’accouchement est prévu avant 37 semaines.
Si le médecin ou la sage-femme découvre une rétention placentaire, partielle comme complète, la prise en charge implique une révision rapide de la cavité utérine sous anesthésie : « L’idée, c’est de retrouver un utérus vide rapidement pour lui permettre de se contracter », détaille le Pr Dreyfus. Lors d’une rétention complète, le geste est le même, à la différence que le médecin suit le cordon ombilical qui le mène au placenta et procède au décollement du placenta avec le tranchant de la main, c’est-à-dire qu’il le clive, puis le fait sortir. Il s’agit d’une délivrance artificielle.
En l'absence d'infection, un traitement associant antibiotiques, corticoïdes pour accélérer la maturation des poumons du bébé et médicament destiné à stopper les contractions utérines est administré.
Placenta praevia et accouchement
Un placenta praevia ne mène pas systématiquement à une césarienne. Si le placenta n’est pas recouvrant et se situe à une distance supérieure à environ 1,5 cm de l’entrée du col de l’utérus, un accouchement vaginal peut être envisagé. En revanche, un placenta praevia couvrant nécessite généralement une césarienne programmée. En effet, les contractions pourraient le décoller et provoquer une hémorragie interne.
Si le placenta est recouvrant : c'est une indication de césarienne. Si le placenta est positionné latéralement : l'équipe médicale attendra le début naturel du travail. Il est possible qu'il y ait un début de saignement, mais le fait de percer la poche des eaux permettra de stopper cette perte de sang. Ou rupture de la poche des eaux.
Impact psychologique et soutien
Vivre une situation de menace d'accouchement prématuré est angoissant. Ce n'est pas une situation qui trouve sa situation immédiatement. Les jours qui s'enchaînent sans savoir si les "choses" vont s'arranger, suspendue aux contrôles médicaux, contrainte à un repos forcé qui entraine des soucis d'organisation dans la vie quotidienne, tout cela rend la situation éprouvante. Même si "c'est pour le bien du bébé" comme on l'entend si souvent, et même si on le sait jusqu'au plus profond de soi, ces jours et, pour certaines, ces mois qui s'enchaînent restent difficiles à vivre. La solution … ne pas rester seule, se faire aider, consulter si besoin une psychologue et/ou partager ses état d'âme sur un blog.
tags: #poche #placentaire #ouverte #définition #causes #risques