Les Pays les Moins Avancés (PMA) représentent une catégorie d'États confrontés à des défis multidimensionnels qui entravent leur développement durable. Cet article explore les enjeux auxquels ces pays sont confrontés, les initiatives mises en place pour les soutenir, et les perspectives d'avenir pour un développement plus équitable et durable.
Définition et Caractéristiques des PMA
Les PMA sont les États les plus pauvres et les plus vulnérables de la communauté internationale. L'Organisation des Nations Unies (ONU) les identifie selon trois critères cumulatifs :
- Un revenu national brut (RNB) par habitant inférieur à un certain seuil.
- Un indice du capital humain (ICH) faible, basé sur la santé (taux de mortalité, retards de croissance) et l'éducation (scolarisation dans le secondaire, parité des sexes, taux d'alphabétisation des adultes).
- Un indice de vulnérabilité économique et environnementale (IVE) élevé, tenant compte de la part de l'agriculture dans le PIB, de la diversification des exportations, de l'instabilité commerciale, de la densité de population et de l'exposition aux catastrophes naturelles.
La liste des PMA, établie par le Comité des politiques de développement de l'ONU, est révisée tous les trois ans. En 2024, elle comprend 46 pays, dont 33 en Afrique, 12 en Asie-Pacifique et Haïti. Initialement composée de 25 pays, cette liste témoigne des défis persistants auxquels sont confrontés ces États pour s'extirper de la pauvreté.
Il est important de distinguer les PMA des autres catégories de pays en développement. Les notions de pays en développement (PED) et de pays en voie de développement (PVD) décrivent des économies en transition cherchant à rattraper leur retard. Les nouveaux pays industrialisés (NPI) ont réussi à combler ce retard grâce à une industrialisation et une croissance fortes. Les pays émergents, quant à eux, disposent d'un fort potentiel économique et financier, malgré des disparités sectorielles et sociales persistantes. Les BRICS+ désignent un groupe d'États émergents, de puissances régionales, de puissances pétrolières ou d'États moins développés mais à forte croissance économique.
Les Défis Multiples des PMA
Les PMA sont confrontés à une multitude de défis qui entravent leur développement durable. Parmi ces défis, on peut citer :
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- La Pauvreté Extrême : Une part importante de la population des PMA vit dans la pauvreté extrême, avec un accès limité aux besoins de base tels que l'alimentation, l'eau potable, la santé et l'éducation.
- La Vulnérabilité Économique : Les PMA sont souvent dépendants d'un petit nombre de produits de base pour leurs exportations et leurs recettes budgétaires, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux et aux chocs externes.
- La Vulnérabilité Environnementale : Les PMA sont particulièrement exposés aux effets du changement climatique, tels que les sécheresses, les inondations, les cyclones et l'élévation du niveau de la mer, qui menacent leurs populations, leurs infrastructures et leurs ressources naturelles.
- La Faiblesse du Capital Humain : Les PMA sont confrontés à des défis importants en matière de santé, d'éducation et de formation, ce qui limite leur capacité à développer une main-d'œuvre qualifiée et à stimuler la croissance économique.
- La Fragilité Politique et Institutionnelle : De nombreux PMA sont touchés par des conflits, l'instabilité politique et la faiblesse des institutions, ce qui entrave leur développement et leur capacité à attirer les investissements étrangers.
En général, les PMA sont vulnérables aux chocs externes des termes de l’échange en raison de leur dépendance à l’égard d’un petit nombre de produits de base en tant qu’exportations et recettes budgétaires importantes.
Le Financement du Développement des PMA : Un Enjeu Crucial
Le financement du développement est un enjeu crucial pour les PMA. Ces pays sont souvent contraints dans leur capacité à mobiliser suffisamment de ressources domestiques ou sur les marchés internationaux et dépendent donc largement des financements concessionnels pour assurer leur développement. Le Programme d'action de Doha pour les PMA, adopté en 2022, reconnaît cette dépendance à l'égard des ressources extérieures, notamment l'aide publique au développement (APD).
Cependant, l'évolution récente de l'architecture internationale du financement du développement ne semble pas favorable aux PMA. Plusieurs facteurs de risque menacent la pérennité des flux financiers à destination de ces pays.
- L'Évolution des Priorités des Bailleurs Internationaux : Le financement des biens publics mondiaux (BPM), en particulier l'atténuation du changement climatique, est devenu une priorité pour les bailleurs internationaux. Bien que ce financement soit justifié, il risque de détourner des fonds initialement destinés au développement des pays les plus pauvres et les plus vulnérables. La multiplication des engagements financiers pour la lutte contre le changement climatique et la promotion des autres BPM dans les pays émergents et en développement risque d'accentuer ces effets d'éviction.
- La Réallocation des Ressources Financières : Depuis 2022, une réallocation des ressources financières internationales en faveur de l'Ukraine a été constatée, ce qui semble avoir amoindri la capacité des bailleurs de fournir des financements concessionnels aux PMA.
- La Réduction de l'APD : Une tendance nouvelle mais potentiellement durable de réduction de l'aide publique au développement de la part des principaux bailleurs du CAD de l'OCDE est observée, en raison de leurs propres défis économiques.
- La Nouvelle Donne Géopolitique et Géoéconomique : Les perturbations du commerce international et la montée de l'incertitude des marchés financiers internationaux touchent particulièrement les créanciers les plus fragiles, dont certains PMA.
Il est donc essentiel de maintenir un important financement concessionnel du développement des PMA, notamment à travers une réforme des règles d'allocation des institutions financières multilatérales et une attention accrue des bailleurs de fonds bilatéraux aux caractéristiques des PMA dans le choix de leurs priorités de financement. Il est également important d'examiner la capacité des PMA à compenser une réduction des financements externes par un effort fiscal accru et une transformation structurelle réduisant leur vulnérabilité.
Le Rôle de la France dans le Développement Durable des PMA
La France est un acteur majeur du développement durable et s'engage activement en faveur des PMA. La politique d'aide au développement française, définie par la loi de programmation et de développement solidaire (LOP-DSLIM) depuis 2021, accorde une priorité à la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité, la prévention des pandémies, la lutte contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition, la crise des systèmes éducatifs, l'accès à l'eau, l'égalité de genre et la stabilisation des zones fragiles. Les Objectifs de Développement Durable (ODD) servent de cadre de référence à l'action internationale de la France.
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La France met sa diplomatie au service de ses partenaires les plus exposés aux effets du changement climatique, notamment en Afrique, et œuvre pour renforcer la finance-climat. Elle est l'un des principaux contributeurs au partenariat pour une transition énergétique juste, conclu avec l'Afrique du Sud. L'Agence française de développement (AFD) s'est dotée d'un cadre innovant pour assurer la prise en compte transversale de la durabilité dans ses opérations de financement.
La France s'est engagée à porter ses financements publics en faveur du climat dans les économies en développement de 3 milliards d'euros en 2015 à 5 milliards d'euros en 2020. Cet objectif a été atteint et dépassé dès 2019. Depuis, elle a relevé et prolongé son engagement, le portant à 6 milliards d'euros par an entre 2021 et 2025, dont un tiers pour l'adaptation.
La France est investie dans les instances multilatérales en faveur de la protection de la biodiversité et a soutenu l'adoption d'un cadre mondial pour la biodiversité lors de la COP15 en décembre 2022. La biodiversité occupe une place importante dans l'APD française, avec des engagements passant d'une moyenne annuelle de 105 millions d'euros sur la période 2006-2010 à 2,3 milliards d'euros en 2021. L'AFD s'est engagée à consacrer en 2025 1 milliard d'euros à la biodiversité.
La France a créé en 1994 le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) qui a permis de soutenir plus de 400 projets dans plus de 120 pays, dont les deux tiers en Afrique. Elle a organisé le One Ocean Summit en février 2022 et a été l'une des initiatrices de l'Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides.
La France a réaffirmé son engagement en faveur de l'ODD6 à travers sa stratégie internationale pour l'eau et l'assainissement pour 2020-2030, qui s'appuie sur une approche intersectorielle. La coopération décentralisée joue un rôle important dans le secteur, grâce à la loi de 2005 permettant aux autorités locales de consacrer 1% de leur budget eau pour la coopération et la solidarité internationale.
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La France est championne de la coalition mondiale pour l'alimentation scolaire lancée par le PAM en 2021 et participe à la lutte contre les trois grandes pandémies (VIH/sida, tuberculose et paludisme). Elle promeut l'approche One Health et a mis en place l'initiative ACT‐A afin de faciliter l'accès aux outils de lutte contre la Covid-19 pour les pays en développement.
La France est le 3e donateur du partenariat mondial pour l'éducation et a une position majeure dans l'architecture de l'aide mondiale à l'éducation. Elle soutient l'initiative Priorité à l'égalité, visant à renforcer l'éducation des filles et favoriser l'intégration de l'égalité de genre dans les politiques éducatives.
En 2022, l'APD française a atteint 15,1 milliards d'euros, son plus haut niveau historique. La France concentre son effort de solidarité, en subventions et dons, dans un nombre limité de pays prioritaires, tous des PMA, en particulier en Afrique subsaharienne.
Initiatives Locales et Engagement Communautaire
Les collectivités territoriales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Le Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) est un outil de planification stratégique qui permet aux collectivités d'appréhender et de maîtriser les problématiques environnementales sur leur territoire.
Les objectifs de mise en place de Zones à Faibles Émissions (ZFE) - mobilité sont la réduction de l'utilisation de la voiture individuelle et le développement des déplacements plus vertueux, ainsi que l'accélération du renouvellement du parc automobile vers des véhicules moins polluants.
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