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Mariage Pour Tous : Un Débat Sociétal en France – Évolutions et Actualités

La loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, adoptée en France, a suscité des débats passionnés et des évolutions significatives dans la société. Cet article explore les actualités et les différentes perspectives entourant cette loi, mettant en lumière les changements d'opinion, les résistances persistantes et les enjeux contemporains.

Une Décennie de Mariage Pour Tous : Bilan et Perspectives

Le 23 avril 2013, l'Assemblée nationale adoptait définitivement le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, après de vifs débats dans l'hémicycle et dans les rues. Dix ans plus tard, le mariage pour tous est entré dans les mœurs : plus de 70.000 couples de même sexe se sont mariés lors de la dernière décennie, ce qui représente un peu plus de 3% des unions. Si plusieurs candidats à la présidentielle appelaient encore à l'abrogation de la loi en 2017, aucun programme ne mentionnait cette promesse en 2022.

En 2013, la France est devenue le 14e pays à légaliser le mariage pour les personnes de même sexe. Cette loi a marqué une étape importante dans la reconnaissance des droits des personnes LGBT+ en France.

Évolution des Opinions Politiques

La loi qui ouvrait le mariage aux couples de même sexe avait profondément divisé l'Assemblée nationale en 2013. Si l'immense majorité des élus qui ont voté contre ont désormais changé d'avis, quelques uns restent profondément opposés.

Un des aspects les plus frappants de l'évolution autour du mariage pour tous est le changement d'avis de plusieurs figures politiques qui s'y étaient initialement opposées.

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Les Revirements Notables

Plusieurs personnalités politiques qui avaient voté contre le mariage pour tous en 2013 ont par la suite exprimé des regrets et ont affirmé qu'elles voteraient différemment aujourd'hui.

Gérald Darmanin, alors député-maire de Tourcoing, avait fait savoir qu'il refuserait en tant qu'édile de "personnellement" célébrer des unions, après avoir eu de très vifs échanges avec la garde des Sceaux Christiane Taubira qui défendait la réforme. Sa nomination au gouvernement en 2017 avait fait grincer des dents. "Manifestement, l'homophobie n'est pas une ligne jaune pour Emmanuel Macron", s'était par exemple désolée la militante féministe Caroline de Haas. Le nouveau locataire de la place Beauvau avait alors lancé une opération déminage, expliquant dans les colonnes du Point que "le manque d'expérience" l'avait "poussé parfois à dire des bêtises". "Si c'était à refaire, je voterais le texte du mariage pour tous", a fait savoir ce jeudi Gérald Darmanin auprès de La Voix du Nord. "Le ministre n'a jamais voulu blesser personne", nous explique encore son cabinet. "Il regrette beaucoup son vote."

Christian Estrosi, qui avait initialement exprimé des réserves quant au tempo gouvernemental, a par la suite reconnu que le mariage pour tous "a été adopté, il est rentré aujourd'hui dans les pratiques de l'état civil de notre pays".

D'autres élus, tels que Damien Abad et Laurent Marcangeli, ont également admis avoir voté contre le texte par respect pour leur famille politique, tout en étant personnellement favorables au mariage pour tous.

Valérie Pécresse a également changé d'avis. À l'automne 2012, alors députée des Yvelines, celle qui est désormais présidente (LR) de la Région Île-de-France se prononce pour l'abrogation du mariage en tous en cas d'adoption par les députés de la réforme. "On peut imaginer mettre en place un statut d'union civile et transférer les droits sur un statut d'union civile, ça peut se faire", envisage-t-elle. Deux ans plus tard, changement de ton: "Sur le mariage homosexuel, j'ai changé d'avis parce que tout simplement j'ai réfléchi", avance Valérie Pécresse, tout en intégrant quelques mois plus tard plusieurs figures de la Manif pour tous dans son équipe de campagne pour les élections régionales. Pendant la dernière présidentielle, Valérie Pécresse a dit sur France 2 avoir "regretté les invectives qui ont pu être prononcées lors de ces manifestations". "Je défendais l'union civile à l'époque", défendait alors la candidate LR.

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Jean-François Copé, à l'époque président de l'UMP, avait été de toutes les manifestations parisiennes de la Manif pour tous. Il qualifie désormais son opposition au mariage homosexuel de "seul grand regret de sa vie politique". "C'est totalement rentré dans les mœurs et c'est tant mieux", a jugé le maire de Meaux auprès du Journal du dimanche.

La Résistance Persistante

Malgré ces évolutions positives, certaines figures politiques maintiennent leur opposition au mariage pour tous.

Thierry Mariani, alors député LR qui avait été en tête de presque tous les cortèges de la Manif pour tous, entre Christine Boutin et Laurent Wauquiez, n'a pas changé d'avis, sans toutefois souhaiter son abrogation. "Je ne suis toujours pas enthousiaste mais c'est une demande de la société. La démocratie, c'est parfois accepter ce qui ne nous fait pas plaisir", explique à BFMTV.com l'eurodéputé, désormais étiqueté RN.

Gilbert Collard, proche de Marine Le Pen en 2013, n'a pas non plus changé d'avis. "Je reste philosophiquement et juridiquement opposé au mariage pour les couples homosexuels", nous répond le député européen, un temps président d'honneur de Reconquête pendant la campagne présidentielle.

Laurent Wauquiez a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de supprimer cette loi. "Je me suis opposé à la loi Taubira et je suis toujours pour la suppression de cette loi. Je n'ai pas changé mon cap sur cette question", fait-il ainsi savoir en 2016.

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Charles de Courson qui a gagné en notoriété avec son opposition à la réforme des retraites n'a pas échangé d'avis. "Durant l’examen de la loi Taubira, j’étais en faveur d’un contrat d’union civile. Et comme disait Dalida : 'Je n’ai pas changé'", a expliqué le député centriste qui siège avec le groupe Liot auprès du Journal du dimanche en mars.

Ceux qui Nuancent Leur Position

Certains élus, tout en ayant voté contre le mariage pour tous, affirment aujourd'hui que leur vote n'était pas une opposition à l'union des personnes de même sexe, mais plutôt une préoccupation concernant la filiation et la PMA.

Valérie Boyer, alors député UMP, a ainsi été de toutes les manifestations contre le mariage pour tous. En 2016, elle fait ainsi partie des élus encore présents pour battre à nouveau le pavé à l'invitation du mouvement, en perte de vitesse."Je n'ai jamais été opposée à l'union de deux personnes de même sexe", fait ainsi savoir à BFMTV.com celle qui est depuis devenue sénatrice. "Je reste opposée à la PMA (procréation médicalement assistée) pour les personnes fertiles", avance encore cette ancienne proche de François Fillon qui juge que "le mariage pour tous a entraîné de façon logique comme on le craignait à l'époque" des "risques sur l'achat d'enfants", pointant du doigt la gestation pour autrui - si la PMA a été ouverte à toutes les femmes en 2021, la GPA reste interdite en France.

Philippe Gosselin, l'un des députés les plus actifs contre la réforme dans l'hémicycle. "Je n’étais pas opposé à l’union de personnes du même sexe", nous a fait valoir le député, tout en reconnaissant avoir été "contre le mariage lui-même, notamment en matière de filiation"."Sur ce point, je n'ai pas changé", avance l'élu de la Manche, regrettant "la PMA et la GPA".

Les Débats Parlementaires et la Société

En 2013, s’affrontent deux France, deux conceptions de la famille. D’un côté, les partisans du Mariage pour tous, dont les défilés atteignent au mois de janvier 2013 jusqu’à 400 000 manifestants à Paris. Dans les cortèges des défenseurs du mariage gay, on rivalise d’imagination, entre allusion fashion « Avec deux papas homos, plus d’enfants mal habillés » et pancartes mode arroseurs arrosés : « Vous nous faites des homos, nous vous ferons aussi des hétéros. »De l’autre, les slogans de la Manif pour tous : l’emblématique « Un papa, une maman ! », le plus imaginatif « Pour une famille PME (Père, Mère, Enfant) » clamés dès novembre 2012 dans un premier rassemblement de 100 000 personnes, un chiffre qui va grossir au mois de janvier 2013 (entre 340 000 et 800 000 personnes) puis au mois de mars (entre 300 000 et 1,4 million de personnes) à mesure que le message s’étend à la question de la PMA et celle de la GPA pour tous.

Tout au long des 6 mois qu’ont duré les débats parlementaires sur le mariage pour tous, la rue s’est saisie de la loi.

PMA et GPA : Les Enjeux Connexes

La question du mariage pour tous a souvent été liée à d'autres enjeux sociétaux, tels que la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA).

En 2013, le premier ministre avait pourtant affirmé que le texte sur le mariage homosexuel n'aborderait pas le sujet de la PMA. Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, souhaite voir déposé un amendement sur la question de la procréation médicale assistée (PMA) au moment de l'examen du projet de loi sur le mariage homosexuel, a-t-il expliqué à quelques journalistes vendredi 12 octobre.

La ministre de la famille, Dominique Bertinotti, a abondé dans le sens de Bruno Le Roux, dans une interview donnée vendredi sur Canal+. "Il est normal qu'au travers des questions de parentalité qui sont posées, toutes les questions de la parentalité puissent être abordées, dont celle de la procréation médicalement assistée", a-t-elle déclaré.

Les associations homosexuelles telles que l'inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) ou l'association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) estiment que mariage et adoption ne peuvent pas être abordés séparément des questions de parentalité et de filiation.

En 2021, la PMA a été ouverte à toutes les femmes, mais la GPA reste interdite en France.

Le Mariage Pour Tous à l'Étranger

La France a été l'un des nombreux pays à légaliser le mariage pour les personnes de même sexe. D'autres pays ont également franchi ce pas, tandis que d'autres continuent de débattre de la question.

Des centaines de couples LGBT+ se sont dit « oui » jeudi 23 janvier 2025, date de l’entrée en vigueur de la première loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe en Thaïlande. Le Népal a reconnu le mariage d’un premier couple LGBT + dans le pays, ont annoncé jeudi 30 novembre les autorités népalaises. Les mariés sont désormais officiellement unis grâce à une décision favorable de la Cour suprême. La plus haute juridiction de Hong Kong s’est prononcée mardi 5 septembre en faveur des unions civiles de personnes de même sexe.

Les discussions autour de la légalisation du mariage homosexuel s’intensifient au Japon, le seul pays du G7 à ne pas reconnaître l’union entre personnes du même sexe. En Corée du Sud, aussi, la question est relancée par une décision de justice rendue ce mardi 21 février.

Trois mois après la décision de la Cour constitutionnelle, le Parlement slovène a adopté, mardi 4 octobre, une loi légalisant le mariage pour les personnes de même sexe.

Les premières unions homosexuelles ont été célébrées dimanche 1er octobre en Allemagne.

Un référendum local a recueilli plus de 62 % de voix favorables pour intégrer le mariage homosexuel dans la Constitution du Nevada.

Réunis en synode national samedi 22 août, les membres de l’Église catholique chrétienne de Suisse ont voté en faveur de la célébration de mariages « de manière identique » pour les couples hétérosexuels et homosexuels.

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