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Maîtrise de la Reproduction et Assistance Médicale à la Procréation (PMA) : Un Guide Complet

Dès lors qu’un individu est en âge de procréer, le rapport sexuel peut mener à une grossesse. La maîtrise de la reproduction est un enjeu majeur, permettant aux individus et aux couples de faire des choix éclairés concernant leur fertilité et leur vie reproductive. Les avancées de la science en biologie et dans le domaine médical ont permis de mettre au point des techniques permettant de maîtriser la reproduction. Il existe actuellement des méthodes permettant d'éviter une grossesse, appelées méthodes de contraception, ainsi que des méthodes permettant au contraire d'aider à la procréation, appelées méthodes de procréation médicalement assistée (PMA).

I. Méthodes de Contraception : Éviter une Grossesse Non Désirée

Afin d’éviter les grossesses non désirées, il existe des systèmes de contraception variés. Il est nécessaire d’avoir un comportement responsable lors d’un rapport sexuel, que ce soit en matière de maîtrise de la fertilité ou de protection contre la transmission de maladies.

A. Les Mécanismes de la Reproduction Humaine

Les mécanismes de la reproduction humaine sont aujourd'hui assez bien connus. Il est ainsi possible de savoir à quel niveau intervenir si l'on souhaite empêcher ou au contraire favoriser la reproduction.

La reproduction est le processus au cours duquel un être vivant produit d'autres êtres vivants. Chez l'espèce humaine, la reproduction est dite sexuée : elle nécessite la rencontre d'un ovule, produit par la femme, et d'un spermatozoïde, produit par l'homme. La reproduction caractérise l'ensemble des phénomènes qui permettent à des individus de se reproduire.

Les organes reproducteurs chez la femme et les différentes étapes de la reproduction sont :

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  • La fécondation
  • La nidation
  • La grossesse
  • L'accouchement ou la naissance

Dans le cadre de la maîtrise de la reproduction, les techniques modernes agissent essentiellement sur les premières phases, à savoir la fécondation et la nidation. La fécondation correspond à la fusion d'un gamète mâle (spermatozoïde) et d'un gamète femelle (ovule). Le résultat de la fécondation est une cellule-œuf. La nidation de l'embryon correspond à l'implantation de l'embryon dans la paroi de l'utérus de la femme. La nidation a lieu durant les premiers jours suivant la fécondation. L'embryon va ensuite rester dans l'utérus durant tout le reste de la grossesse.

Dans les pays occidentaux, les couples ont en moyenne moins d'enfants et cela de manière plus tardive. Cela est dû à de nombreux facteurs comme l'évolution des mœurs, des conditions de vie et la forte baisse de la mortalité infantile (progrès de la médecine). Cela est rendu possible grâce aux nouveaux moyens de maîtriser sa reproduction.

B. Les Différentes Méthodes Contraceptives

La diversité des méthodes de maîtrise de la reproduction permet à chacun de choisir la plus adaptée à sa situation. En effet il est possible d'agir sur différents éléments : la production des gamètes, leur rencontre (fécondation), la nidation de l'embryon ou encore la poursuite de la grossesse. Les méthodes utilisées sont soit à effet contraceptif, soit à effet contragestif, soit cumulant les deux.

  • Effet contraceptif: Une méthode à effet contraceptif empêche la fécondation. Le port du préservatif est une méthode à effet contraceptif. On dit alors que le préservatif est un contraceptif.
  • Effet contragestif: Une méthode à effet contragestif empêche la nidation de l'embryon. Le port du stérilet est une méthode à effet contragestif.

Parmi les méthodes contraceptives les plus courantes, on retrouve :

  • Le préservatif: Le préservatif est un étui fabriqué en latex ou en polyuréthane imperméable aux liquides corporels. Les préservatifs, qui permettent d'empêcher la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde lors d'un rapport sexuel car ils empêchent le dépôt des spermatozoïdes dans le vagin de la femme. Il existe le préservatif masculin, qui se place sur le sexe de l'homme en érection avant le rapport sexuel, ainsi que le préservatif féminin, qui se place au fond du vagin de la femme avant le rapport sexuel. Il est le seul contraceptif qui préserve des infections sexuellement transmissibles (IST). En effet, en formant une barrière, il empêche la transmission de microbes d’un partenaire à l’autre.
  • La pilule contraceptive: La contraception hormonale ou pilule, qui est la méthode contraceptive la plus utilisée en France. Elle permet entres autres d'empêcher l'ovulation (libération de l'ovule) qui est chez la femme contrôlée par des hormones. La pilule contraceptive se présente sous forme de comprimés, que la femme doit prendre chaque jour à la même heure. La pilule modifie les quantités de ces hormones dans le sang, bloquant leur action sur les ovaires et donc l'ovulation. Pour que cette méthode soit efficace, une femme doit prendre la pilule tout au long de son cycle, même si elle n'a pas de rapport sexuel. Des études sont actuellement en cours pour fabriquer un équivalent masculin permettant de bloquer la production de spermatozoïdes.
  • Le patch et l’implant: Le patch et l’implant diffusent également des hormones sexuelles qui bloquent l’ovulation. Le patch se colle sur une zone du corps et doit être changé régulièrement.
  • Le dispositif intra-utérin ou stérilet: Le dispositif intra-utérin ou stérilet, qui permet de bloquer la nidation de l'embryon dans l'utérus. Cette méthode contragestive consiste à placer pour plusieurs années un petit dispositif contenant du cuivre dans la cavité de l'utérus. Cela est effectué par un médecin et peut être retiré à tout moment si la femme désire avoir un enfant.
  • La contraception d'urgence: La contraception d'urgence, telle que la pilule du lendemain, qui sert à empêcher l'ovulation ou l'implantation de l'embryon dans l'utérus grâce à de fortes concentrations hormonales. Une femme doit la prendre au plus tard 72 heures après un rapport sexuel non ou mal protégé. Elle n'est pas efficace à 100% et provoque des effets secondaires.

C. L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG)

Effet abortif : Les méthodes à effet abortif servent à interrompre une grossesse. À ce titre, elles ne constituent qu'un moyen exceptionnel de maîtrise de la reproduction. L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une méthode abortive. L'interruption volontaire de grossesse (IVG), aussi appelée avortement, a pour objectif d'arrêter une grossesse non désirée.

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L’IVG est soumise à une législation différente selon les pays. Elle est autorisée en France, mais ne doit en aucun cas remplacer l’utilisation d’une méthode contraceptive. Une femme peut avorter en France jusqu’à la 14e semaine de grossesse. Il existe deux méthodes d’interruption volontaire de grossesse : la méthode médicamenteuse et la méthode chirurgicale.

  • La méthode médicamenteuse: Dans la forme médicamenteuse, elle provoque des contractions utérines, des saignements et l'expulsion de l'embryon. Elle entraîne ainsi l'élimination de l'embryon déjà implanté dans la paroi de l'utérus de la femme. La méthode médicamenteuse est autorisée jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse. La femme prend deux médicaments, à 36 ou 48 heures d’intervalle. Cela provoque des saignements pendant une dizaine de jours.
  • La méthode chirurgicale: Dans sa forme chirurgicale, une intervention directe médicale permet de retirer l'embryon. La méthode chirurgicale est autorisée jusqu’à la 14e semaine de grossesse. Elle nécessite une hospitalisation de quelques heures. Le médecin aspire l’embryon, ou le fœtus, sous anesthésie locale ou générale. Dans certains cas, elle peut entraîner l’apparition de fièvre, de pertes de sang et de douleurs abdominales. Comme pour la méthode médicamenteuse, une visite de contrôle a lieu entre le 14e et le 21e jour après l’intervention.

II. Procréation Médicalement Assistée (PMA) : Aider à la Conception

Néanmoins, dans certains cas, un couple souhaitant avoir un enfant peut s’avérer être infertile. Certains couples rencontrent parfois des difficultés à procréer. Cela peut avoir différentes origines. La stérilité est l'incapacité pour un être vivant de se reproduire. L'infertilité décrit l'impossibilité d'avoir un enfant naturellement, même avec des rapports sexuels réguliers.

L’infertilité peut être due chez la femme à des troubles de l’ovulation, une infection des voies génitales ou certaines maladies. Chez l’homme, elle peut être liée à un problème dans la production de spermatozoïdes. Les causes sont multiples : âge élevé, anomalie anatomique, gamètes défectueux, infection, etc. La stérilité peut aussi bien toucher les femmes que les hommes.

A. Les Techniques de PMA

Lorsque l’homme produit un sperme trop pauvre, cela peut causer des difficultés pour la procréation. L’assistance médicale à la procréation (AMP), ou procréation médicalement assistée (PMA), consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse. Elle permet de palier certaines difficultés à concevoir, sans nécessairement traiter la cause de l’infertilité. En France, en 2015, 3,1% des enfants sont nés grâce à une AMP, soit une naissance sur 32 environ. La recherche vise à améliorer les techniques utilisées, de manière à augmenter les chances de succès de grossesse. Dans ce cas, le couple peut avoir recours à un don de sperme. Le sperme peut être fourni par des donneurs volontaires dans une banque de conservation de sperme. Si la femme présente des problèmes d’ovulation, ou si son col de l’utérus empêche le passage des spermatozoïdes, le couple peut avoir recours à l’insémination artificielle.

Trois techniques de PMA sont autorisées en France : la fécondation in vitro (FIV), l’insémination artificielle et l’accueil d’embryon.

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  1. Fécondation In Vitro (FIV)

Des gamètes mâles et femelles sont prélevés sur les deux parents, puis on les fait se rencontrer in vitro (FIV). La fécondation n'a donc pas lieu dans l'organisme maternel mais en laboratoire. L'embryon obtenu est ensuite implanté dans l'utérus de la femme (transfert d'embryon, ET). La fécondation se fait en dehors de l’organisme féminin. Les ovaires sont stimulés par l’injection d’hormones, ce qui permet de récolter les ovules. Les spermatozoïdes sont collectés également puis mélangés aux ovules. Les cellules œufs résultant de la fécondation sont cultivées, jusqu’à l’obtention d’embryons. La fécondation in vitro peut également se faire en injectant un spermatozoïde directement dans l’ovule à l’aide d’une micropipette. Cette technique est utile lorsque l’homme produit un sperme pauvre, contenant peu de spermatozoïdes fécondants. In vitro signifie en dehors de l’organisme.

Il existe deux techniques de FIV :

  • La FIV classique

    • La femme bénéficie d’une stimulation hormonale pour déclencher l’ovulation de plusieurs ovocytes.
    • Le médecin prélève plusieurs ovocytes après une anesthésie locale.
    • Le médecin récupère le sperme de l’homme ou d’un donneur (l’homme éjacule dans une éprouvette après masturbation). En cas d’absence de spermatozoïdes dans le sperme, le médecin peut prélever chirurgicalement les spermatozoïdes dans les testicules.
    • Chaque ovocyte est placé dans une boîte en laboratoire.
    • Les médecins déposent plusieurs spermatozoïdes dans chaque boîte où il y a un ovocyte. La fécondation se fait spontanément par l’un des spermatozoïdes.
    • Deux à trois jours après la fécondation, le médecin transfère un ou plusieurs embryons dans l’utérus par voie vaginale.
  • La FIV avec micro-injection (FIV ICSI)

    • La femme bénéficie d’une stimulation hormonale pour déclencher l’ovulation de plusieurs ovocytes.
    • Le médecin prélève plusieurs ovocytes après une anesthésie locale.
    • Le médecin récupère le sperme de l’homme ou d’un donneur (l’homme éjacule dans une éprouvette après masturbation). En cas d’absence de spermatozoïdes dans le sperme, le médecin peut prélever chirurgicalement les spermatozoïdes dans les testicules.
    • Chaque ovocyte est placé dans une boîte en laboratoire.
    • Le médecin sélectionne les spermatozoïdes les plus vigoureux.
    • Le biologiste injecte un spermatozoïde dans chaque ovule grâce à une pipette.
    • Deux à trois jours après la fécondation, le médecin transfère un ou plusieurs embryons dans l’utérus par voie vaginale.

Les embryons qui ne sont pas transférés dans l’utérus sont congelés pour être conservés. Le couple ou la femme seule peut utiliser ces embryons pendant cinq ans. Il est également possible d’en faire don à un couple anonyme (accueil d’embryon) ou de les détruire.

  1. L’insémination artificielle

L’insémination artificielle est la technique la plus simple de PMA. Il s’agit de :

  • Stimuler l’ovulation de la femme avec des injections pour produire plusieurs ovocytes (pas systématiquement).
  • Recueillir le sperme du conjoint ou d’un donneur.
  • Injecter les spermatozoïdes dans l’utérus au moment précis de l’ovulation.

La fécondation a lieu alors naturellement dans le corps de la femme. L’insémination artificielle représentait 37 % des PMA en 2015.

  1. Le processus de l’accueil d’embryon

Quand les deux personnes d’un couple sont stériles ou risquent de transmettre une maladie génétique, elles peuvent demander à recevoir un embryon. Cet embryon est congelé. Il est issu d’un autre couple qui a accepté de donner son embryon. Le don d’embryon est anonyme et gratuit. En 2015, 27 bébés sont nés en France d’un accueil d’embryon.

Le don de gamètes désigne le don d’ovocytes et de spermatozoïdes. Ce don est anonyme et gratuit, après consentement de la donneuse ou du donneur. Le don de gamètes bénéficie aux couples infertiles, aux couples lesbiens et aux femmes seules dans le cadre de la PMA.

B. Qui Peut Bénéficier de la PMA ?

La PMA s’adresse aux :

  • Couples hétérosexuels infertiles.
  • Couples lesbiens.
  • Femmes seules cisgenres.

Depuis 2021, toutes les femmes de 45 ans et moins peuvent bénéficier d’une PMA, qu’elles soient mariées/pacsées ou non, en couple ou non. En revanche, un homme ne peut pas bénéficier de la PMA s’il est seul ou en couple avec un homme, même s’il a toujours les capacités de mener une grossesse. Le prélèvement de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) peut se faire jusqu’à 43 ans chez la femme et 60 ans chez l’homme.

La PMA a lieu dans un centre spécialisé, que ce soit un centre public associé à un hôpital ou une clinique privée. Dans tous les cas, une équipe de plusieurs professionnels de santé interviennent : un obstétricien pour les prélèvements d’ovocytes, un médecin , un chirurgien ou un gynécologue pour le recueil des spermatozoïdes, un médecin biologiste, un psychiatre ou un psychologue et un assistant social. Plusieurs associations soutiennent les couples et personnes seules dans leur parcours de PMA.

C. Les Enjeux de la Recherche en PMA

De gros progrès peuvent encore être faits pour améliorer l’efficacité de l’AMP. Afin d’y parvenir, plusieurs voies sont l’objet de recherche :

  • Mieux sélectionner les gamètes à féconder: Cette sélection passe par l’identification de marqueurs de qualité. L’IMSI (Intracytoplasmic Morphologically Selected sperm Injection) par exemple, consiste à « sélectionner » les spermatozoïdes destinés à être micro-injectés selon leur morphologie examinée à un fort grossissement. L’IMSI a été utilisée au cours de 3 660 ICSI en 2015 (environ 9% des ICSI réalisées). Par ailleurs, une équipe Inserm au CHU de Montpellier travaille sur un marqueur qui permettrait d’augmenter les chances de succès de FIV : l’ADN libre. Il provient de cellules dégradées et se retrouve dans le sang et les liquides biologiques. Plus sa concentration est importante, plus les cellules de l’organisme ont été stressées. Les chercheurs constatent, dans leur service, que les femmes qui ont un taux élevé d’ADN libre dans leur liquide folliculaire ont souvent une réserve ovarienne pauvre, des syndromes polykystiques et moins de chances de tomber enceinte. Ainsi, en analysant la concentration d’ADN libre dans le l…

III. Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et Sexualité Responsable

Les moyens de contraception variés permettent d’éviter les grossesses non-désirées. Mais les rapports sexuels sont aussi facteurs de transmission d’infections sexuellement transmissibles. C’est pourquoi il faut avoir un comportement responsable vis-à-vis de sa sexualité, afin de se protéger et de protéger autrui.

Il existe une trentaine d’IST, dues à des agents infectieux comme des bactéries, des virus ou des parasites. Le SIDA par exemple est causé par le virus VIH. D’autres IST sont dues à des bactéries, comme la chlamydiose ou la syphilis.

A. Prévention des IST

Le préservatif permet de se protéger contre les infections. De plus, il est possible de se faire dépister en allant chez un médecin, un gynécologue, ou encore des centres de diagnostics et de dépistages. II existe également des vaccins pour certaines maladies. C’est le cas du papillomavirus, un virus pouvant causer l’apparition d’un cancer du col de l’utérus s’il n’est pas détecté à temps. Il existe un vaccin qui peut être administré avant le début de la vie sexuelle de la jeune fille.

B. Respect et Information

Les contraceptifs ne permettent pas forcément de se protéger contre les IST. Les relations sexuelles nécessitent le respect de l’autre. Chacun est libre de ses choix, en ce qui concerne ses pratiques ou son orientation sexuelle. On parle d’hétérosexualité quand l’individu est attiré par le sexe opposé, et d’homosexualité quand il est attiré par le même sexe. Dans le cas où l’individu est attiré par les deux sexes, on parle alors de bisexualité. De plus, de nombreux sites internet d’information et d’écoute permettent de s’informer facilement sur la sexualité.

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