Introduction
Le concept de biodiversité, bien que relativement récent, est devenu un pilier central de notre compréhension du monde vivant et de son interaction avec les sociétés humaines. Cet article explore la définition de la biodiversité, son importance, et les enjeux éthiques, sociaux, économiques et politiques qui y sont associés.
Définition de la Biodiversité
La biodiversité, selon la Convention sur la diversité biologique signée lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992, est la « variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes ».
La biodiversité concerne l’ensemble des êtres vivants, les interactions qu’ils ont entre eux et avec le milieu où ils vivent. Tous les niveaux d’organisation du vivant sont concernés : cela va du gène à l’individu, puis à l’espèce en interaction étroite avec les milieux où ils se trouvent et avec les espèces qui l’entourent, et en particulier les écosystèmes.
Un Concept Multidimensionnel
La biodiversité est donc une notion qui englobe tous les niveaux d'organisation du vivant, depuis les gènes jusqu'aux écosystèmes. Elle prend en compte la diversité des espèces, leur variabilité génétique et les interactions complexes qui se tissent au sein des écosystèmes.
Elle ne se limite pas à une simple description biologique. Elle est aussi une construction sociale, économique, juridique et politique dont les enjeux relèvent des interactions des sociétés humaines avec l’ensemble de la biosphère : accès aux ressources, usages qui en sont faits, bénéfices qu’on en tire, partage, gestion, durabilité, etc.
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Enjeux Éthiques
La biodiversité est enfin un enjeu éthique car elle soulève la question du droit à la vie des espèces qui peut être considéré comme imprescriptible, ce que défendent plusieurs courants philosophiques très actifs comme l’éthique de l’environnement.
Diversité des Espèces
Ce niveau de compréhension de la biodiversité est, a priori, le plus intuitif. Il distingue les espèces entre elles. Nous faisons naturellement la différence entre les divers animaux ou les plantes qui nous entourent : nous savons ce qu’est un lis, une araignée, un manchot ou un léopard.
Pour schématiser, on peut dire qu’une espèce est un ensemble d’êtres vivants ayant un aspect semblable, féconds entre eux et engendrant, dans des conditions naturelles, une descendance viable et féconde.
Combien d'espèces vivantes sur Terre?
A l’heure actuelle, environ 1,7 à 2 millions d’espèces ont été décrites sur un nombre total estimé entre 3 et 100 millions d’espèces. Naturellement, les espèces les mieux décrites sont celles qui sont directement à notre portée : les plantes terrestres -plus de 200 000 sur un total estimé de 300 000- et les vertébrés, en particulier les oiseaux. Alors que près de 99% des 10 000 espèces estimées d’oiseaux ont déjà été décrits, chaque année de nouvelles espèces d’oiseaux sont caractérisées ! Par contre, seulement 1% du nombre de microorganismes auraient été décrits : virus, archées, bactéries, etc. Ces organismes font donc l’objet d’intenses programmes de recherches.
Les espèces ne sont pas réparties uniformément sur la surface du globe. Il suffit pour s’en convaincre de comparer la densité d’organismes vivants dans les forêts des zones montagneuses du Vietnam ou les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie avec celle des régions désertiques ou polaires.
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Nomenclature Binominale
Au départ, chaque espèce était connue sous divers noms usuels, selon les régions et les langues locales. La nomenclature binominale proposée par le suédois Carl von Linné permettait de nommer précisément une espèce donnée. Lorsqu’elle s’est imposée au 18e siècle, les espèces étaient considérées comme des entités fixes définies par des critères morphologiques.
Le 19e siècle va sonner le glas de l’idée d’espèces fixes et éternelles. Tous ces travaux sont à l’origine de la classification classique des organismes vivants fondée sur des caractères observables et reposant sur une hiérarchie de catégories.
Diversité Intraspécifique, Diversité Génétique et Évolution des Espèces
Figure 3. Photos de plusieurs individus d’Orchis pourpre (Orchis purpurea) montrant la variabilité des caractères morphologiques de la fleur d’une même espèce. Ils ont des caractères propres à chaque individu (le phénotype), qu’ils soient morphologiques (taille, couleur des yeux ou forme des poils), anatomique (caractères sexuels), physiologiques voire pathologiques (maladies génétiques, par exemple).
Selon Darwin, chaque nouvelle génération d’une espèce donnée est constituée d’individus qui ont, malgré leur ressemblance, des aptitudes différentes pour survivre dans leur milieu. Chaque individu présente ainsi une combinaison unique de caractères (physiques, génétiques, d’aptitude à s’adapter au milieu…) de l’espèce à laquelle il appartient. Face aux contraintes et aux changements de leur environnement (climat, prédation, parasites, ressources…), certains auront du mal à survivre et à se reproduire et finiront par disparaître. D’autres s’adapteront plus facilement et survivront.
L’ensemble des individus d’une même espèce, génétiquement différents, vivant dans une aire géographique relativement restreinte représente une population. Lorsque une population d’une espèce donnée se retrouve géographiquement isolée, les individus vont se développer plus ou moins rapidement si les conditions de vie sont satisfaisantes. Génération après génération, ils vont développer des caractères ou aptitudes différents de ceux des populations d’origine. On parle de diversité au sein d’une même espèce ou intraspécifique. L’étape ultime de cette divergence est lorsque les individus de cette population sont devenus incapables de se reproduire avec les individus de l’espèce d’origine. Une nouvelle espèce est née.
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L’importance de la géographie dans la spéciation, déjà imaginée par Alfred R. Wallace au 19e siècle, sera utilisée par Alfred Wegener lorsqu’il émet, en 1915, l’hypothèse de la dérive des continents.
C’est l’ensemble de ces processus (biologiques, géologiques…) qui fait qu’au cours des 3,8 milliards d’années qui ont permis à la vie de se développer, les espèces vivantes ont pu se diversifier. On est passé successivement d’un monde exclusivement constitué d’organismes sans noyau (Archées et Bactéries) aux organismes monocellulaires puis pluricellulaires avec un noyau individualisé (les Eucaryotes), devenant ainsi de plus en plus diversifiés. La formation et l’extinction naturelle des espèces sont des processus lents. On estime en effet que la durée de vie moyenne d’une espèce est de 2 à 10 millions d’années.
Alors que Darwin développe sa théorie, Mendel découvre comment les caractères d’un organisme vivant se transmettent de génération en génération. Cette découverte, passée inaperçue à l’époque, est à l’origine du développement de la génétique qui allait permettre de comprendre les mécanismes à l’origine de l’évolution des espèces.
La diversité intraspécifique est en fait une diversité génétique. Les variations induites par les mutations génétiques sont responsables du polymorphisme des individus. Ces mutations peuvent être « neutres », « faiblement délétères » ou « favorables » du point de vue de la sélection naturelle. Elles sont, ou…
Dérive Génétique et Sélection Naturelle
Si un ensemble d’individus s’isole du premier, l'intervention du hasard dans la fécondation modifie le taux de présence des allèles d’une génération à une autre : c’est la dérive génétique. Les individus possédant un caractère avantageux auront un taux de survie et de reproduction plus élevé. Leurs caractères seront alors de plus en plus représentés et donc sélectionnés : on parle de sélection naturelle. Ces deux phénomènes amènent à l'apparition d’une nouvelle espèce.
L'Arbre du Vivant
L’arbre du vivant illustre la biodiversité des espèces et rend compte des degrés de parenté entre elles et permet de comprendre leur histoire évolutive. La classification phylogénétique vise à rendre compte des degrés de parenté entre les espèces et qui permet donc de comprendre leur histoire évolutive, ou phylogénie.
Les Écosystèmes
Un écosystème est un ensemble formé par une association d’êtres vivants (ou biocénose) et son environnement (le biotope) biologique, géologique, édaphique (le sol), hydrologique, climatique, etc. Un écosystème est caractérisé par des interactions entre espèces vivantes et leur milieu environnant, des flux de matière et d’énergie entre chacun des constituants de l’écosystème permettant leur vie et un équilibre dynamique au cours du temps, entre pérennité et évolution.
Interactions entre Espèces dans les Écosystèmes
Transferts de Matière et d’Énergie au Sein des Écosystèmes
Michel et Monique Pinçon-Charlot: Une Perspective Sociologique sur les Enjeux Actuels
Le travail de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot s’appuie sur une démarche de sociologues qu’ils sont. Leurs recherches et immersion dans le monde réel les conduit à une production de grande qualité dont une des caractéristiques majeures et qu’elle est… hétérodoxe !
Dès lors, « libérés de leur neutralité scientifique », ils publient des ouvrages plus engagés politiquement dont certains sont devenus des succès de librairie (150 000 ventes en 2010 pour Le Président des riches).
En 2019, ils publient « Le président des ultra-riches, chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron », Zones, 2019. Ils ont aussi réalisé un jeu didactique et drôle sur la “guerre des classes”. Leur regard sur la crise sanitaire, sur les prédateurs qui au nom du capitalisme sont à l’origine du dérèglement climatique et le font payer aux plus pauvres, est d’une actualité brulante. Dans quel monde voulons-nous vivre demain ? Des propositions hétérodoxes ou simplement enfin le début d’une nouvelle ère ?
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