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Les Personnalités Politiques et la PMA : Un Débat Sociétal en France

La procréation médicalement assistée (PMA) est un sujet de société majeur en France, suscitant des débats passionnés et des opinions divergentes au sein de la classe politique et de l'opinion publique. L'extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, a ravivé ces discussions, mettant en lumière des enjeux éthiques, sociaux et philosophiques profonds.

L'Extension de la PMA : Une Promesse et des Réactions

La mesure phare du projet de loi bioéthique, actuellement en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, est l’extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. Cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron a suscité de vives réactions, tant positives que négatives.

Les opposants à la PMA pour toutes les femmes, ont dénoncé la création d’emblée « d’orphelins de pères » ou le risque d’une « marchandisation de la procréation », réaffirmant leur inquiétude que l’ouverture de la PMA ne mène « inéluctablement » à la GPA.

Au sein du gouvernement, des ministres issus de la droite dénonçaient pourtant cette idée il y a six ans. Au sein du gouvernement Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu défendent désormais le projet d'extension de la PMA à toutes les femmes qui sera examinée fin septembre à l'Assemblée nationale. Pourtant, cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron n'a pas toujours reçu l'assentiment de ces hommes politiques, issus de la droite, bien au contraire.

Edouard Philippe et Bruno Le Maire s'étaient abstenus lors du mariage pour tous. En première ligne, Edouard Philippe. Jusqu’en 2013 il s’opposait "résolument" à cette initiative. Avec cinq autres députés de l’UMP (ex-LR), il s'était abstenu de voter pour l’ouverture au mariage pour les couples de même sexe. Car, comme le montre une tribune publiée dans le Huffington Post, il estimait que voter "oui" à cette loi serait "encourager le gouvernement à poursuivre" vers la PMA. En 2019, c'est un tout autre discours que tient l'actuel Premier ministre. Il justifiait sa prise de position : "J'assume parfaitement d'évoluer, comme d'ailleurs, me semble-t-il, la société française évolue sur ces sujets", explique-t-il sur France Info. Dorénavant, il pense donc qu’il est "possible d’accorder ce droit sans enlever quoi que ce soit à quiconque et sans remettre en cause les équilibres fondamentaux sur lesquels reposent notre société".

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Dès janvier 2013, Bruno Le Maire s’inquiétait des "hésitations du gouvernement" de l’époque qui, selon lui, n’était "pas au clair" sur le projet de société qu’il portait, tendant vers l’ouverture à la PMA. Alors décrit par la presse comme l’un des plus progressistes des chefs de file du parti de droite, il assumait ne pas être pour l’abrogation du texte, comme le demandaient certains. Cependant, il estimait que le rôle de son camp était d’œuvrer pour "garantir les droits des enfants et [s’] opposer à la PMA et à la GPA." Aujourd'hui, s’il ne s’est pas transformé en grand défenseur de l’ouverture de cette pratique pour les couples de lesbiennes, il confie ne plus y être "totalement opposé". Au micro d’Europe 1, il indique avoir "toujours des interrogations", mais a laissé entendre qu’il pourrait changer d’avis grâce au "débat".

Gérald Darmanin avait déposé un amendement contre la PMA en 2013. Député du Nord, il avait voté contre le mariage pour tous. Et était allé plus loin participant au dépôt d'un amendement en février 2013 pour interdire explicitement le recours à la PMA pour les couples de même sexe. Invité du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, il en est même venu à regretter d’avoir voté contre le mariage pour tous. En guise d'explication, Gérald Darmanin a déclaré devant le Grand jury RTL/LCI/Le Figaro, qu’il avait juste "un certain nombre de préventions devant les questions sociétales".

Arguments et Positions des Acteurs Politiques

Les débats à l'Assemblée nationale ont été marqués par une diversité d'opinions et d'arguments. Les Républicains (LR), farouchement opposés à la PMA pour toutes, ont dénoncé la création d’emblée « d’orphelins de pères » ou le risque d’une « marchandisation de la procréation », réaffirmant leur inquiétude que l’ouverture de la PMA ne mène « inéluctablement » à la GPA. Valérie Six (UDI) a aussi exprimé une crainte que l’extension de la PMA ne conduise à « une marchandisation du vivant », tandis que Laure de La Raudière (Agir) a dit sa « perplexité » devant un texte qui, selon elle, revient à priver « volontairement d’une figure masculine paternelle certains enfants ». Agnès Thill (UDI) a accusé la majorité de « dépasser les limites humaines ».

Blandine Brocard, a aussi estimé que la mesure « laisse en suspens les conséquences sur l’enfant, le plus vulnérable d’entre nous ».

Le corapporteur Jean-Louis Touraine (LRM) a défendu pour sa part un article « essentiel », le « fondement même de notre loi », estimant que l’idée que cela mène vers la GPA relève du « fantasme ». Le premier ministre, Jean Castex, a insisté sur le fait que l’interdit de la GPA demeure une « ligne rouge ».

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Le ministre de la santé, Olivier Véran, a pour sa part argué que « l’amour est la base du foyer familial », vantant un nouveau droit pour « des milliers de familles qui feront des milliers d’enfants ». Son propos a suscité des tensions avec les LR, pour qui l’argument de l’amour est « trop facile ». M. Véran a eu un accrochage avec Xavier Breton, inquiet de voir un jour « trois adultes » vouloir un enfant, le ministre lui lançant : « Vous comparez la polygamie avec des femmes qui veulent avoir des enfants dans le cadre d’une PMA, c’est indécent ! »

Aurore Bergé (LRM) a accusé les LR d’avoir « rompu » la sérénité des discussions avec des « outrances ».

Des amendements PS, LFI et LRM visant à ouvrir la PMA aux hommes transgenres ont été rejetés. Comme en première lecture, le gouvernement y était défavorable.

Évolution de l'Opinion Publique et Enjeux Sociétaux

L'opinion publique française a considérablement évolué sur la question de la PMA au cours des dernières années. 65% des Français sont désormais favorables à la PMA pour toutes, soit 10% de plus qu'il y a cinq ans. Cette évolution témoigne d'une plus grande acceptation sociale de l'homosexualité et des modèles parentaux non traditionnels.

Plusieurs facteurs expliquent ce changement d'opinion. Tout d'abord, une plus grande acceptation sociale de l’homosexualité. Ensuite, la reconnaissance accrue des modèles parentaux sortant de la norme hétérosexuelle. L'officialisation des couples homosexuels par les lois a fait évoluer les représentations à l’égard d’homosexuels jusque-là souvent réduits à leur sexualité. La plus grande représentation des familles homoparentales dans les médias a contribué à « normaliser » l’image du couple homosexuel.

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Malgré cette évolution positive, des poches de résistance subsistent, notamment chez les personnes âgées, les moins diplômées et les plus influencées par la religion. Sur le plan politique, c'est dans les rangs des sympathisants des partis de la droite classique que l'on trouve toujours le plus d'opposants à cet élargissement de la PMA.

La PMA : Un Droit et des Inégalités

La PMA est promise depuis presque dix ans, mais de nombreuses femmes lesbiennes, bis et célibataires ont dû reporter ou modifier leur projet de fonder une famille. Une vingtaine d'élus, ont lancé une pétition appelant à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Cette pétition, publiée sur le site de l'Inter-LGBT , appelle les élus et élues à oeuvrer en faveur d'une "évolution de la législation" dans ce domaine. "Refuser l'accès à la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires a été qualifié d'‘incohérence du droit français' par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh). C'est pour moi une inégalité injustifiable", souligne le texte.

Christiane Taubira avait relancé le débat sur la PMA , en déclarant qu'il s'agissait d'une "revendication légitime". Elle avait ajouté qu'il fallait que le milieu politique "ait le courage de livrer cette bataille".

L'ouverture de la PMA se situe dans la lignée de l'ouverture de l'IVG : toute femme doit pouvoir disposer librement de son corps, que ce soit pour avorter (IVG) ou pour procréer (PMA). Les femmes célibataires ou en couple avec une femme font face aux mêmes obstacles que les femmes voulant avorter avant la loi Veil.

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