L'article explore la notion de paternité, en s'appuyant sur des perspectives philosophiques, religieuses et sociologiques. Il examine les crises de la paternité, le rôle du père dans la société contemporaine, et la signification profonde de la paternité divine.
Crise de la Paternité et Ses Manifestations
On observe une crise de la paternité marquée par l'absence ou le déni du rôle paternel. Cette crise est souvent attribuée à une montée du maternage, avec un besoin accru de cocooning et de relations fusionnelles privilégiant la relation maternelle. On souligne également une crise de la masculinité, où le père est soit absent physiquement, soit psychologiquement. Une société sans père est perçue comme une société sans repères.
Historiquement, le père a été dépeint sous des images détériorées, allant du père cruel exerçant violence et contrainte, à l'autorité autoritaire qui assujettit et aliène. Ces images sont porteuses de germes de violence, de névroses et de pathologies.
La Paternité Divine : Un Modèle Transcendant
La Bible définit essentiellement Dieu comme un père. Dieu est père en tant que créateur, ayant fait le ciel et la terre pour l'homme. Il est aussi père car il est miséricordieux, comme illustré dans la parabole de l'enfant prodigue. Cette représentation paternelle de Dieu transcende les différences sexuelles, intégrant des images maternelles d'intimité et de tendresse. En Dieu, paternité et maternité sont indissociables et complémentaires. La Bible parle de Dieu au masculin pour souligner la dimension d'altérité et de transcendance qui lui est attachée.
Jésus est présenté comme l’icône de la paternité divine, l’image du père : « Qui m’a vu, a vu le Père ». Il nous en montre le chemin.
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La Paternité Humaine : Devenir Père et la Parole Maternelle
On devient père en devenant d’abord fils. C’est respecter un ordre chronologique, générationnel. En accueillant Jésus, en exerçant sa responsabilité vis-à-vis de lui, Joseph entre dans le mystère de la paternité de Dieu. La figure de Moïse nous éclaire. Devant le Buisson ardent, il enlève ses sandales et entend que ce lieu est saint.
La paternité n’est pas un droit de propriété. Le père n’accède à l’existence que par la parole de la mère. C’est la mère qui, à la naissance de l’enfant, identifie « cet homme que voici » comme le père. Le père doit entendre cet amour maternel pour déclarer à son enfant sa paternité : « tu es mon fils parce que la parole de cette femme qui est ta mère est vraie ». En naissant, chacun est suspendu à cette parole maternelle, reconnaissant une dette de foi envers un don gratuit.
La paternité ne se possède pas comme un bien matériel : un père la reçoit en héritage pour que la vie se prolonge. Aucun fils -comme fils- n’appartient à son père et aucun père -comme père- n’appartient à son fils. Cette origine renvoie toujours à une Origine, un don gratuit.
La Parole : Appel et Promesse de la Paternité
Au cœur de l’incertitude, la paternité est une révélation qui ne se voit pas mais qui se dit. La parole est ce lieu qui engendre, ce « milieu » qui donne vie parce qu’il est à la fois appel (appel ‘adressé à’) et promesse. La parole est un appel à articuler le désir qui habite un père et une mère en direction de leur enfant. Sans cette parole qui dit ce désir, aucun enfant ne peut se construire vraiment dans sa vie.
La parole différenciée, échangée entre un homme et une femme, donne vie et parole à un enfant, qui répond à ses parents en donnant vie à ceux qui l'ont appelé. La promesse, comme les fées des contes, projette un avenir et atteste que l'action de l'enfant sera personnelle.
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Paternité Spirituelle et l'Interprétation des Écritures
Il est écrit « Ne donnez à personne le nom de père » (Mt 23,9) mais dans l’Évangile lui-même comme chez les premiers chrétiens, ce texte n'a jamais été pris à la lettre. Un verset de l'Ecriture ne doit jamais être isolé. Dieu donne à son Fils, « conçu du Saint Esprit, né de la vierge Marie », un père en la personne de Joseph. Jésus est sans illusion sur la médiocrité humaine mais quand il veut parler de son Père, il s'appuie sur la paternité humaine.
Saint Paul se considère comme le « père » non seulement de quelques disciples chéris, mais de communautés entières. Les « enfants bien-aimés », ce sont aussi les Corinthiens, alors que la communauté lui donne bien du souci (1 Corinthiens 6, 13). De même, saint Jean adresse sa première épître à ses « petits enfants ». L'apôtre est leur père ; il représente le Père ; mais il n'est pas le Père. Ils exercent donc une mission de paternité spirituelle.
Paternité dans le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam
Dans le judaïsme, le christianisme et l'islam, il y a la nécessité d’établir la filiation biologique. Savoir qui est son père et qui est sa mère, c’est obligatoire. Dans le christianisme, c’est l’expérience du pardon. Donner une bonne éducation, dans l’islam, c’est aussi important. Et dans les trois religions, la nécessité d’avoir beaucoup de respect pour ses parents, ses grands-parents, les anciens. Dans le judaïsme, on exige d’un papa qu’il installe sa famille dans une ville où se trouvent obligatoirement une école et un médecin. C’est une obligation religieuse.
Défis Contemporains et Transmission de la Foi
La transmission de la foi est un défi dans une société qui détourne de la foi. La droiture, la vérité, le partage, la générosité ne sont plus associés à la pratique religieuse. Les parents demandent à leurs enfants de se comporter en tant que croyants dans leur famille, dans leur communauté mais aussi à l’école publique, dans la rue et dans leurs faits et gestes.
L'importance d'être des exemples pour nos enfants afin qu'ils se comportent le mieux possible où qu'ils se trouvent et peu importe avec qui ils se trouvent, avec des gens de leur communauté religieuse ou non.
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