Le livre d'Adèle Faber et Elaine Mazlish, "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent", est une ressource inestimable pour les parents qui souhaitent améliorer leur communication avec leurs enfants. Cet ouvrage offre des méthodes concrètes pour établir une relation saine et respectueuse, tout en favorisant le développement émotionnel et l'autonomie de l'enfant. L'approche des auteures se distingue par son pragmatisme et son respect profond tant pour les parents que pour les enfants.
Reconnaître et respecter les sentiments des enfants
Un principe fondamental du livre est que les enfants se comportent mieux lorsque leurs sentiments sont reconnus et respectés. En effet, il y a un lien direct entre la manière dont un enfant se sent et la manière dont il se comporte. Lorsque les enfants se sentent bien, ils se comportent bien.
Les auteures expliquent que les parents sont souvent dans la négation des sentiments des enfants, parfois de manière automatique et sans mauvaise intention. Par exemple, un enfant dit "Maman, j'ai chaud" et le parent répond "Mais non, il fait froid, garde ton pull". Cette négation peut entraîner des disputes et un manque de coopération.
Pour éviter cela, il est préférable d'accueillir les sentiments de l'enfant. Par exemple, on pourrait répondre "J'ai bien froid, mais pour toi il fait chaud ici". Le simple fait de reconnaître la validité des sensations ou des sentiments de l'enfant peut suffire à ce qu'il coopère.
Il est important d'écouter attentivement l'enfant, en se tournant vers lui et en posant son téléphone, par exemple. On peut accueillir ses sentiments avec un mot simple comme "Oh !", "Hum !", ou "Je vois !". Il est également utile de nommer les sentiments de l'enfant, en utilisant des phrases comme "Ça devait être gênant" ou "Tu as dû te sentir gêné". Nommer son sentiment est l'un des meilleurs moyens de le réconforter.
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Il est important de pratiquer et les auteures proposent des mises en situation à faire avec son conjoint ou sa conjointe.
Susciter la coopération
Un défi quotidien pour les parents est d'obtenir la coopération des enfants. Le conflit fondamental réside souvent dans la différence entre les besoins des adultes (ordre, propreté, horaires) et ceux des enfants, naturellement moins préoccupés par ces aspects.
Au lieu de blâmer, d'accuser, de lancer des injures ou de donner des ordres, il est plus efficace de décrire le problème ou ce que l'on voit. Se focaliser sur la situation permet aux enfants de réfléchir eux-mêmes à une solution. Par exemple, au lieu de dire "Tu as laissé déborder la baignoire, tu oublies toujours de fermer le robinet !", on peut dire "Clarence, la baignoire est presque pleine".
Il est également utile de donner des renseignements plutôt que des accusations. Par exemple, au lieu de "Qui a bu du lait et laissé la bouteille sur la table ?", on peut dire "Les enfants, le lait tourne si on ne le remet pas au frigo".
Parfois, moins signifie plus. Les enfants n'aiment pas les longs discours, les sermons et les longues explications. On peut dire les choses en un mot. Par exemple, au lieu de dire "Regarde-toi, tu passes la porte sans prendre ton goûter ! Un jour tu vas oublier ta tête !", on peut dire "Clarence : ton goûter". Les adolescents préfèrent souvent un simple mot : «La porte! Le chien! La vaisselle !». Ils trouvent que cela leur épargne le sermon habituel et leur permet d’explorer des façons innovantes de régler les problèmes sans conflit.
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Il est important de parler de ses propres sentiments, en décrivant ses réactions sans être blessant. Ne pas faire de commentaire sur l’enfant ou son caractère. Il est plus facile de coopérer avec quelqu’un qui parle de son irritation ou de sa colère, du moment qu’on ne se sent pas attaqué. Par exemple, au lieu de dire "Tu es impoli, tu m'interromps tout le temps", on peut dire "Je suis frustré, quand je commence une phrase, je ne peux même pas la finir".
On peut aussi écrire une note.
Remplacer les punitions
Le livre explore comment réagir lorsque les enfants se comportent mal sans recourir à la punition traditionnelle. Les auteures illustrent comment la punition engendre généralement des sentiments négatifs chez l’enfant : haine, vengeance, défi, culpabilité ou humiliation. La punition ne marche pas parce que c’est une distraction ! Au lieu de se sentir désolé de ce qu’il a fait, l’enfant devient préoccupé par ses envies de revanche.
La seconde partie du chapitre présente une méthode plus complète pour les problèmes persistants : la résolution de problèmes en six étapes. Les auteures soulignent que cette méthode demande un changement d’attitude fondamental : voir l’enfant comme un partenaire dans la résolution du problème plutôt que comme un problème à corriger.
Parler des sentiments et besoins de l’enfant. Parler de nos sentiments et besoins : Cette fois, soyons succincts. Courts et clairs. Chercher une solution qui pourrait convenir en mode brainstorming : Dans cette étape, il n’est pas question de se brider. En suivre l’application : Parfois, parce qu’on a trouvé une solution, on pense que tout est réglé. En fait, c’est toujours une bonne idée de suivre. Vérifier après une semaine que tout le monde est satisfait de la solution. Ou, si elle ne fonctionne pas, en reparler.
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Encourager l'autonomie
Un autre défi fondamental de la parentalité est d'aider les enfants à devenir des personnes autonomes et indépendantes tout en reconnaissant leur besoin naturel de dépendance.
Présenter des choix à l’enfant : « Tu préfères mettre ton pantalon gris ou rouge ? Ne pas se précipiter pour répondre aux questions (« C’est une question intéressante. Qu’en penses-tu ? Ne pas supprimer l’espoir (« Tu veux essayer le rôle principal ? Ce sera toute une expérience ! Une grande partie du plaisir de la vie provient des rêves, des projets, de la fantaisie, de l’anticipation. Une section est consacrée à des alternatives au « non » systématique qui peut provoquer des affrontements.
Cette technique encourage l’enfant à prendre ses décisions. Il devient donc acteur plutôt que spectateur. Dès tout petit, on peut lui demander de choisir entre le tee-shirt rouge ou bleu, puis entre faire ses devoirs avant ou après le goûter. Lui donner des choix permet de lui montrer que certaines décisions lui appartiennent.
Pour réussir, il faut d’abord essayer. Ainsi, plutôt que de chercher à éviter des déceptions aux enfants, en leur expliquant que leur projet ne marchera pas (ce qui les décevra de toute manière), laissons-les le mener. Laissons-les essayer et expérimenter. Si leur projet échoue effectivement, ils auront toujours appris des choses en chemin.
Il est important de ne pas se précipiter pour aider l'enfant. Lorsque l’enfant se donne du mal pour réussir quelque chose, s’approcher en lui disant “Je vais le faire pour toi.” ne l’encourage pas à persévérer. On lui ferait plutôt passer le message qu’il a besoin de nous.
L’autonomie chez l’enfant n’est pas seulement l’autonomie physique. C’est également être autonome dans sa réflexion. Et ceci peut également s’appliquer dans toutes les choses du quotidien, sur lesquelles nos enfants s’interrogent. Pour cela, encourageons-les à se renseigner auprès d’autres personnes.
Utiliser les compliments
Le livre explore l’importance cruciale de l’estime de soi chez l’enfant et la manière dont les parents peuvent la développer efficacement à travers des compliments bien formulés, contribuant ainsi à moins de stress dans leur éducation.
Bien que les compliments soient essentiels pour renforcer l’estime de soi, les compliments traditionnels et évaluatifs (« Tu es un enfant sage », « C’est magnifique ! ») peuvent souvent provoquer des réactions négatives chez l’enfant - doute, déni, anxiété ou sentiment de manipulation.
Il est plus efficace de décrire simplement ce que l'on voit ou ressent (« Je vois que tu as rangé tous tes jouets dans leurs boîtes respectives. C’est un plaisir d’entrer dans cette chambre ! La description suivie d’un mot qui résume le comportement méritoire (« Tu as défendu ton ami même si les autres enfants riaient de lui. C’est ce que j’appelle du courage.
Ces méthodes permettent aux enfants de découvrir leurs propres forces et qualités, créant ainsi des repères positifs permanents auxquels ils pourront se référer dans les moments de doute.
Il est important de ne pas enfermer l'enfant dans un rôle. Les auteures expliquent comment les étiquettes se forment souvent innocemment, parfois même dès la naissance, et comment elles se renforcent au fil du temps. Une remarque anodine d’une infirmière appelant un nouveau-né « têtu » peut influencer la perception qu’une mère aura de son enfant pendant des années.
Pour que le message aide vraiment l’enfant à se construire une bonne image de lui-même, il vaut mieux se contenter de décrire, simplement. On peut ainsi dire à notre partenaire : “Aujourd’hui, le voisin est venu, et il voulait jouer avec le nouveau camion de Léon.
Les enfants adorent quand nous leur racontons des moments de leur passé. Choisissons-en qui correspondent à leurs qualités : “Je me souviens du jour où tu as réussi à grimper tout en haut de l’échelle que papi avait posée contre le mur !
Cette fois, l’idée est de ne pas accepter le comportement comme une évidence venant de notre enfant. Nous lui montrons nos limites, en lui disant clairement ce que nous attendons de lui : “Je n’aime pas voir des livres déchirés.
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