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Endométriose et Ovulation Douloureuse : Causes et Traitements

L'endométriose est une affection gynécologique courante qui touche les femmes en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus, provoquant des douleurs, des troubles de la fertilité et d'autres complications. Cet article explore en détail les causes potentielles de l'endométriose, notamment le rôle possible des infections bactériennes, ainsi que les options de traitement médical et chirurgical disponibles pour soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie des patientes.

Qu'est-ce que l'Endométriose ?

L’endométriose est une maladie gynécologique caractérisée par la présence anormale, dans la cavité abdominale, de tissu endométrial (tissu identique à l’endomètre qui tapisse l’intérieur de l’utérus). L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus et qui permet, après la fécondation, l’installation et le développement de l’embryon. Avant l’ovulation, sous l’effet des hormones, l’endomètre se prépare à accueillir un éventuel embryon.

On estime que l’endométriose touche environ une femme en âge de procréer sur 10, quel que soit son âge, et un tiers des femmes âgées de 16 à 50 ans souffrant de douleurs menstruelles aiguës. Il s’agit donc d’une maladie assez répandue.

Symptômes et Diagnostic

Les symptômes observés lors d’endométriose sont dus au tissu endométrial dispersé dans la cavité abdominale. L’endométriose peut se manifester dès l’adolescence, sous la forme de règles douloureuses, un symptôme relativement répandu chez les adolescentes. Fréquemment, une pilule contraceptive est alors prescrite pour soulager les douleurs liées aux règles.

Aujourd’hui, le diagnostic d’endométriose est posé en moyenne sept années après les premiers symptômes, souvent du fait de la prise d’une pilule contraceptive qui masque la maladie.

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Causes Possibles de l'Endométriose

Bien que les causes exactes de l'endométriose ne soient pas entièrement comprises, plusieurs hypothèses ont été proposées. Parmi celles-ci, l'hypothèse épigénétique d'une contamination bactérienne suscite un intérêt croissant.

Rôle des Bactéries

L’hypothèse épigénétique d’une contamination bactérienne favorisant le développement de l’endométriose a déjà été évoquée par des études ayant montré que, chez les femmes présentant cette maladie, on retrouve une présence plus importante dans le fluide menstruel de la bactérie Escherichia coli, celle-ci étant source de toxines et d’inflammation.

Une étude d’une cohorte de 84 patientes a montré que 64,3% des femmes atteintes d’endométriose présentaient une infiltration de Fusobacterium dans l’endomètre, contre 7,1% seulement chez les femmes sans endométriose. Cette présence plus importante de Fusobacterium n’est pas sans conséquences car les analyses immunohistochimiques et biochimiques réalisées in vitro ont révélé que l’infection par Fusobacterium activait un facteur de croissance (le TGF- β) pour modifier les fibroblastes de l’endomètre.

Une expérimentation chez l’animal (souris) a montré qu’après inoculation de Fusobacterium chez la souris on observe une augmentation marquée des myofibroblastes TAGLN-positifs ainsi qu’une augmentation du nombre de lésions endométriosiques. Ces données récentes suggèrent sur un terrain prédisposant, le rôle inducteur du Fusobacterium dans l’endométriose.

Traitements Médicaux

Outre les médicaments antalgiques, le traitement médical de première intention consiste à stopper les règles (aménorrhée) pour mettre au repos la muqueuse utérine afin d’éviter aux lésions d’endométriose de saigner et de générer une inflammation douloureuse chaque mois lors des règles.

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En bloquant l’ovulation, une pilule œstroprogestative ou progestative (hormones contrôlant le cycle féminin), permet, outre son action contraceptive, de bloquer ainsi les règles. Le stérilet (Dispositif Intra Utérin) diffusant des progestatifs tel que le Levonorgestrel peut également être utilisé dans certains cas.

Traitements Hormonaux et Contraception

Sont efficaces sur les douleurs et peuvent entrainer un arrêt de la croissance des lésions, à condition qu’elles soient administrées de manière ininterrompue (schéma sans règles).Administrées chez les patientes opérées, réduisent de manière significative le risque de récidives.En revanche, elles ont un effet contraceptif inévitable et peuvent être responsables d’effets adverses conduisant à l’abandon du traitement par les patientes (métrorragies et spottings, prise de poids, baisse de la libido, sécheresse vaginale, bouffées de chaleur, etc).En cas d’arrêt du traitement, la reprise évolutive des lésions est très probable, et l’effet du traitement sur les douleurs est généralement perdu au bout de quelques mois. Pour cette raison, il est logique de l’administrer jusqu’à l’âge de la ménopause.

Il y a peu de données scientifiques sur l’efficacité du traitement médical à long terme. Autrement dit, chez une jeune femme de 25 ans qui présente une endométriose et chez qui le traitement médical est prescrit, il est impossible de savoir quelle est la probabilité qu’elle évite pour toujours une chirurgie. L’apparition ultérieure d’une adénomyose peut altérer les résultats du traitement médical, et rendre difficile l’obtention de l’aménorrhée. Néanmoins, le traitement médical ne représente pas la solution idéale pour toutes les patientes. Certaines femmes peuvent présenter des effets secondaires qui les déterminent à arrêter la prise des médicaments hormonaux, d’autres peuvent présenter des contre-indications médicales aux traitements hormonaux (affections cardiovasculaires, hématologiques, méningiomes, tumeurs hormono-dépendantes), enfin chez d’autres patientes l’aménorrhée est impossible à obtenir (malgré la prise des traitements hormonaux en continu, il persistent des saignements utérins fréquents ou incessants).

Traitements Chirurgicaux

La chirurgie a pour but la résection ou la destruction des lésions d’endométriose et la réparation des organes atteints, dans le but de traiter les douleurs et l’infertilité. L’aménorrhée au long cours après la chirurgie permet d’éviter la récidive.En règle générale, les meilleurs résultats sont obtenus lorsque les patientes bénéficient d’une seule intervention chirurgicale bien menée, en évitant les chirurgies itératives incomplètes.L’exérèse (résection) ou l’ablation (destruction sur place) des lésions d’endométriose superficielle est un geste chirurgical accessible à une majorité de chirurgiens.L’exérèse (kystectomie) ou l’ablation des endométriomes ovariens peut entrainer une diminution significative de la réserve ovarienne avec des effets négatifs sur la fertilité. En effet, l’absence d’un plan histologique de clivage entre l’endométriome proprement dit et le parenchyme ovarien qui l’entoure, conduit à des pertes fréquentes de tissu ovarien. La chirurgie itérative des endométriomes récidivés peut entrainer une insuffisance ovarienne définitive. Pour cette raison, d’autres techniques peuvent être envisagées chez des femmes avec des endométriomes sur les deux ovaires, des endométriomes récidivées, des endométriomes très volumineux, ou avec une réserve ovarienne basse : la vaporisation des endométriomes (leur destruction sur place à l’aide du laser ou de l’énergie plasma), la sclérothérapie (la destruction avec de l’alcool), ou le simple drainage.La chirurgie de l’endométriose profonde nécessite une réelle expertise, et il est fortement recommandé de référer les patientes présentant ce type de lésions aux équipes expérimentées. En fonction de la localisation des nodules d’endométriose profonde, la chirurgie peut nécessiter des gestes complexes sur le tube digestif, l’appareil urinaire, les racines sacrées, le diaphragme, nécessitant une équipe chirurgicale multidisciplinaire. L’indication de la chirurgie doit prendre en compte aussi bien le bénéfice attendu sur les symptômes, que les risques de complications postopératoires.Des récidives postopératoires peuvent survenir avant la ménopause, surtout chez les femmes sans traitement hormonal qui continuent à avoir des règles après la chirurgie. La récidive des douleurs ne signifie pas automatiquement une récidive des lésions et ne nécessite pas obligatoirement une nouvelle chirurgie.Dans certains cas, la chirurgie peut être réalisée chez des femmes ménopausées, qui présentent des nodules fibreux, qui peuvent avoir un effet obstructif sur le colon, ou rendent les rapports sexuels douloureux, ou compriment un nerf.

Approches Thérapeutiques Complémentaires

La prise en charge de l’endométriose ne doit pas s’arrêter aux seuls aspects médicaux et chirurgicaux, et peut être complétée par d’autres approches thérapeutiques.

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Par son effet antalgique et décontractant, l’acupuncture (médecine traditionnelle chinoise), peut soulager les patientes, améliorer leur qualité de vie et diminuer le recours aux médicaments antalgiques. La pratique du yoga, (discipline d’origine indienne) propose de son côté de travailler des postures relaxantes et des exercices respiratoires pour décontracter l’utérus et adapter la circulation sanguine afin de mieux gérer l’inflammation douloureuse et le stress. Par ailleurs, les thérapies comportementales et cognitives ou les techniques de méditation en pleine conscience peuvent aider les patientes à mieux vivre avec la maladie. L’endométriose ne contre-indique aucun sport, cependant la pratique d’activités physiques telles que la natation ou la marche, plutôt moins traumatisantes que les sports de contact, permettra d’assouplir en douceur le bassin. Enfin, il conviendra d’adopter une alimentation équilibrée et pauvre en nutriments inflammatoires, riche en fruits et légumes, en vitamine D, et en oméga 3.

Désir de Grossesse

Le traitement médical de l’endométriose permettant l’aménorrhée étant forcément contraceptif, le désir de grossesse nécessite l’interruption de ce traitement.

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