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Le rôle crucial de l'orthophoniste consultant en lactation

Plus souvent nommée consultante en lactation, cette spécialiste joue un rôle essentiel auprès des familles, en les accompagnant depuis la grossesse jusqu’au sevrage de l’enfant. Avec plus d’une femme sur deux en France qui allaite exclusivement son enfant dès la maternité, le suivi d’une professionnelle expérimentée est plébiscité.

Expertise et accompagnement personnalisé

Les études de sage-femme ou de puéricultrice abordent le sujet de la lactation de manière brève : la conseillère en lactation est quant à elle formée et spécialisée dans ce domaine précis. Cette référente en allaitement accompagne les parents de la préparation pré-natale jusqu’au moment de sevrer l’enfant, en apportant ses conseils au cas par cas durant chaque étape de l'allaitement. Son rôle est de soutenir les parents, de les accompagner dans leurs choix afin de les aider à trouver l’équilibre entre leurs besoins et ceux de l’enfant.

Un consultant en lactation certifié IBCLC est un spécialiste de la lactation humaine, de la conduite de l’allaitement maternel et de la relation d’aide dans le suivi mère-enfant. Le diplôme de consultant en lactation doit être revalidé tous les cinq ans par de la formation continue. Le Centre allaitement Véronique Darmangeat a pour ambition de proposer un accompagnement complet de l’allaitement, à la fois pour les familles et pour les professionnels. Vous reprenez le travail et vous ne savez pas quoi faire avec votre allaitement : sevrer ? Continuer ?

Qualités essentielles pour devenir consultant en lactation

Ce métier nécessite de maîtriser un ensemble de compétences sur les plans techniques et humains. Pour savoir si vous avez le profil pour vous orienter vers la fonction de consultant en lactation, voici les qualités incontournables à développer :

Capacités d’écoute et empathie

Une consultation en allaitement consiste tout d’abord à écouter, puis observer la mère et l’enfant pendant une tétée. Si elle possède d’indispensables connaissances techniques, la conseillère en lactation a un grand rôle de soutien et d’écoute empathique, devant des parents parfois désemparés ou plein de doutes sur leurs capacités. Elle sait apporter les réponses correspondant à chaque cas, désamorcer croyances et clichés autour de l’allaitement, et faire le lien avec les autres professionnels de santé lorsque c'est nécessaire.

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La consultante en lactation s’assure de la sécurité nutritive et affective du bébé, avec une approche toujours bienveillante.

Contact professionnel et chaleureux

Les parents consultent principalement pour des questionnements liés à la crainte de manquer de lait, au poids du bébé, à son rythme de tétée, son sommeil, ou encore la reprise des journées de travail. Une conseillère en lactation doit cerner chaque histoire parentale et apporter des solutions personnalisées. La période périnatale est parfois difficile sur le plan émotionnel : indulgence et approche professionnelle sont essentielles. Un allaitement qui se déroule bien doit apporter à la mère et à l’enfant de l’affection et de la relaxation : la consultante aide à rendre ces moments sereins, même lorsque les débuts s’avèrent compliqués avec la fatigue et le stress.

Prise de recul et approche globale

L’approche d’une conseillère en lactation est par définition globale : il n’y a pas d’un côté la mère et de l’autre le nourrisson, il s’agit d’un duo qui évolue dans un environnement donné, tout doit être pris en compte. L’important reste de préserver le lien parents-enfants. La consultante sait proposer des méthodes pertinentes, que la famille peut ensuite mettre en pratique de la manière qui lui convient.

Déroulement des séances

Selon la praticienne, les séances peuvent avoir lieu à domicile, au cabinet ou à l’hôpital, en présentiel ou en visio. La conseillère analyse les inquiétudes et problématiques exprimées par les parents, instaurant patiemment un dialogue visant à faire émerger des résultats positifs. La consultante veille à adapter ses propositions à chaque problématique et aux besoins mis en évidence.

En période post-partum, l’écoute active est primordiale : se sentir comprise et aidée participe pour beaucoup à apaiser un début de relation difficile entre la mère et son bébé. Fluctuations hormonales, baby-blues, pressions familiales : la conseillère en lactation est à même de guider chaque femme dans son projet d’allaitement. Elle assure une observation clinique du nourrisson, échange sur les ressentis de la maman et identifie l’origine des problèmes rencontrés durant la tétée.

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Formation et certification

S’il existe certaines formations courtes de conseiller en lactation (souvent dispensées par des sages-femmes ou des consultantes en lactation en activité, afin de compléter la formation d’un professionnel de santé), seule une formation spécifique permet d’obtenir une reconnaissance en tant que consultant en allaitement. Il s’agit de la certification IBCLC, ou International Board Certified Lactation Consultant. Reconnu internationalement, ce titre s’adresse aux professionnels du secteur médical disposant d’un bac + 2. Il garantit que la conseillère en lactation respecte un code de déontologie, et renouvelle ses compétences tous les 5 ans.

Parmi les conditions d’éligibilité à l’IBCLC, le candidat doit démontrer un certain niveau d’expérience pratique dans les 5 ans précédant son inscription à l’examen. Il peut s’agir de soignants ou de médecins, ou bien d’une personne ayant soutenu des mères allaitantes, notamment au sein d’associations ou en assurant des permanences téléphoniques.

Délivré par l’IBLCE (International Board of Lactation Consultant Examiners), cet examen implique donc des connaissances théoriques et des études approfondies, ainsi qu’un niveau de pratique et un savoir-faire reconnus.

Rémunération

Les consultants en lactation peuvent travailler au sein de maternités en hôpital ou en clinique, en PMI (maison de protection maternelle et infantile), en cabinet libéral ou directement au domicile des familles. Selon son statut (salarié ou libéral), la consultante en lactation aura une rémunération et un rythme de travail différents. La tarif horaire moyen d’une consultation est de 60€ par heure, une séance pouvant durer de 1 à 2 heures selon le motif et les besoins des familles.

Les consultantes en lactation exerçant à temps plein en libéral sont rares, la formation servant souvent à acquérir toutes les compétences afin d’accompagner les mères allaitantes dans le cadre d’une profession de santé.

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Orthophonie et allaitement : un partenariat pertinent

Orthophoniste diplômée de la faculté de médecine de Strasbourg, certains choisissent de se spécialiser dans les troubles de l’oralité alimentaire et verbale, ainsi que dans l’accompagnement de l’allaitement. Leur cabinet est un lieu où ils reçoivent les familles pour des consultations. Que ce soit pour des difficultés alimentaires chez le nourrisson, des troubles du langage ou de la parole chez le jeune enfant, leur objectif est d’intervenir au plus tôt pour prévenir et limiter l’installation durable de ces troubles.

L’allaitement maternel répond aux besoins du nourrisson et la succion au sein favorise le développement maxillo-facial. Cependant, la dyade mère/enfant peut rencontrer des difficultés. C’est alors que les orthophonistes et consultantes en lactation ont toute leur importance. Leurs compétences complémentaires permettent aux patients d’être mieux accompagnés. Les résultats montrent une connaissance du champ de compétences de l’autre professionnel et un intérêt à consulter ce professionnel. Malgré la complexité pratique, le partenariat orthophoniste - consultante en lactation présente un intérêt pour les professionnels et donc pour les patients. L’allaitement étant un enjeu de santé publique, l’accompagnement par des professionnels de santé formés semble indispensable.

Freins restrictifs buccaux : un sujet d’actualité

Les freins restrictifs buccaux sont de plus en plus souvent incriminés dans les difficultés d’allaitement mais aussi les problèmes de reflux gastro-œsophagien, ou les troubles du sommeil ou plus tard du langage. La frénotomie est alors proposée, parfois avec en plus un protocole complexe impliquant des séances et des massages/étirement de la lèvre/ langue à effectuer avant la frénotomie puis après frénotomie à horaires fixes y compris la nuit. C’est également un sujet récurrent en consultation de soutien à l’allaitement où la question de la présence de freins de langue ou de lèvre et de leur rôle dans les difficultés d’allaitement est fréquemment posée par les parents.

On observe au niveau mondial une augmentation des diagnostics d’ankyloglossie (freins de langue) et des frénotomies : augmentation de 89% entre 2004 et 2013 au Canada (1), multiplication par 5 entre 2003 et 2012 aux Etats Unis, augmentation de des frénotomies sur la dernière décade en Australie (2,3). Une revue Cochrane en 2017 (5) basée sur 5 études contrôlées randomisées conclue que chez un enfant présentant un frein de langue et des difficultés d’allaitement, la frénotomie n’améliore pas toujours l’alimentation de l’enfant mais peut améliorer les douleurs maternelles, avec une qualité de preuve faible à modérée.

Plusieurs conférences de consensus ont été réalisées sur le sujet, notamment :

  • une conférence de consensus américaine (2) basée sur l’opinion de médecins spécialisés en Otorhinolaryngologie concernant le diagnostic, la prise en charge et le traitement de l’ankyloglossie.
  • une conférence de consensus de l’Association australienne de dentistes (3), réalisée à partir de discussions de dentistes, consultant.e.s en lactation ibclc, ostéopathes, chiropracteurs, sages-femmes, chirurgiens maxillofacial et orthophonistes après revue de la littérature scientifique.

Ces conférences ont permis de mettre en lumière les points suivants :

  • les freins de lèvre : les freins de lèvre sont normalement présents chez le nourrisson avec une grande variabilité anatomique et leur impact dans les difficultés d’allaitement n’est pas clair, il n’y a pas de preuve de l’intérêt d’une frénotomie labiale dans les difficultés d’allaitement, la prévention des troubles du langage ou des diastèmes.
  • la technique de la frénotomie : il n’y a pas de preuve de la supériorité d’une technique sur une autre.
  • les complications possibles de l’ankyloglossie : il n’y a pas actuellement de preuve de l’impact des freins de langue sur l’apnée du sommeil, le reflux gastro-oesophagien, les difficultés de diversification alimentaire ou les troubles du langage. Dans une minorité de cas, des enfants développeront des troubles du langage en raison de l’ankyloglossie.
  • il n’y a pas de garantie d’amélioration de l’allaitement avec la frénotomie.
  • les freins de langue postérieurs : il n’y a pas de consensus entre les experts de la conférence de consensus américaine à ce sujet, alors que le document australien recommande d’abandonner la définition de freins de langue postérieurs.
  • l’intérêt des thérapies manuelles dans la prise en charge de l’ankyloglossie : il n’y a aucune mention dans le document américain.

En conclusion, ces deux documents mettent en évidence les controverses actuelles sur le sujet des freins restrictifs buccaux et le manque de données scientifiques permettant de justifier les tendances observées en France dans la pratique quotidienne du soutien à l’allaitement.

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