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L'Origine de la Paternité de Dieu

Introduction

Le concept de la paternité de Dieu est un thème profond et riche qui traverse toute la tradition biblique. Loin d'être une simple attribution de genre, il révèle la nature de Dieu comme source de toute vie, amour et autorité. Cet article explore l'origine et la signification de la paternité divine, en s'appuyant sur les Écritures, la tradition et la réflexion théologique.

La Révélation du Père par le Fils

Le Fils de Dieu est venu dans le monde pour révéler le Père. Jésus-Christ, par sa vie, ses enseignements et son sacrifice, nous a montré le visage du Père. Ceux qui croient en lui peuvent devenir fils et filles de Dieu par le Saint-Esprit, comme le souligne le Prologue de Saint-Jean (Jean 1, 12) et l'épître aux Romains (Romains 8, 15). L'Église, Corps du Fils de Dieu, attend la manifestation de la paternité divine en son sein.

La Paternité dans la Tradition Biblique

La tradition biblique est profondément marquée par le mystère de la paternité. Par souci de la venue du Messie, elle se préoccupe de tout ce qui est de l'ordre de la parentalité. La Tradition, ou « transmission », se fait des pères vers les fils. La paternité du sang véhicule la mémoire adamique et le souvenir du Nom de Dieu.

L'Origine Divine de Toute Paternité

En fait, toute paternité s'origine dans celle de Dieu (Isaïe 9, 5). À la faveur des épreuves historiques, le peuple d'Israël a découvert la sollicitude paternelle dans la protection dont il a été l'objet (cf. Psaume 102, 13). Accomplissement des prophéties, le Messie Jésus apprend à ses disciples à prier le Père. Loin d'utiliser à la légère le nom de père (cf. Notre besoin de mères et de pères en Dieu, car le charisme de la paternité n'a d'autre limite autre que la vraie foi, se manifester par la prière. Saint Syméon le Nouveau Théologien conseille de demander au Père céleste de manifester sa paternité par des personnes en qui nous pouvons mettre notre confiance.

La Tradition Apostolique et la Recherche d'un Père Spirituel

La tradition apostolique est celle de la paternité, dépassant l'étroite ou académique institution. Pour trouver un père ou une mère en Dieu, cherchons, par une attitude filiale, à jouir d'une telle faveur divine. L'obéissance à la volonté du Père nous y exerce. Le disciple du Fils de Dieu l'écoute et l'imite, comme l'apprenti écoute le maître et regarde son exemple. Il se dispose ainsi à recevoir la grâce d'être fils. L'obéissance est liberté : elle est un renoncement à tout savoir et à avoir toujours raison. L'obéissant préfère la volonté du Père à la sienne propre : il écoute et met en pratique (cf. (a.p. 9 Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! 2 Il leur dit : Quand vous priez, dites : Père ! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne.

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Le "Notre Père": Une Révélation de la Paternité Divine

Aujourd'hui, si nous demandons aux croyants adhérant du christianisme s'ils connaissent le «Notre Père », beaucoup vous le réciterons les yeux fermés, même en dormant. Nous voyons que dès les origines, Dieu a toujours eu une relation et communication libre avec l'homme. Dans le contexte de notre histoire, ce n'est pas la foule qui avait besoin de prière. Ce sont les disciples qui voulaient apprendre à prier. Cette prière concerne donc les disciples de Jésus Christ seulement. Comprenons mes amis que la prière est le point de contact entre le ciel et la terre, le divin et l'humain, le créateur et sa créature. C'est une rencontre de deux esprits. La prière permet à l'être temporel (l'homme) d'entrer en relation et communion avec l'éternité (Dieu). Cependant, il faut savoir que Dieu n'est pas accessible par tous. Etant un être qui se révèle, seul ceux qui ont la révélation de Dieu peuvent comprendre qui il est. La révélation c'est tout simplement rendre visible l'invisible, dévoiler le caché ; porter à la connaissance de tous ce qui est caché, mystérieux.

La Révélation: Un Langage Divin

La révélation est un mystère pour la science et la raison humaine. L'homme ne peut saisir la révélation par ses propres capacités intellectuelles. Le domaine de la révélation est la chasse gardée du Souverain des Cieux. La révélation a un langage et peut se percevoir au travers de n'importe quelles situations et circonstances de la vie. La révélation est le langage de Dieu sur lui-même. Durant cette dispensation ou période de temps, tout le monde ne pouvait s'approcher de l'Eternel. Il inspirait de la crainte voire de la peur. Il était bel et bien le grand et puissant "Lion de la tribu de Juda".

La Grâce et l'Adoption Divine

Dans le livre des Juges, nous voyons comment Samson «le petit Soleil » a dévoilé ce qui se trouvait dans le lion : miel. Le miel est un symbole de douceur et de grâce. Les parents de Samson ont mangé de ce miel. En temps normal ils n'auraient pas eu accès à ce miel. Ne disons nous pas que la grâce est une faveur que nous ne méritons pas ! Les parents de Samson n'étaient pas dignes de tuer le Lion et de dévoiler ce qui était en lui. Ils n'avaient pas suffisamment de force pour cela. Ainsi, Dieu nous fait d'abord grâce par Jésus Christ de nous approcher de lui et d'accepter gratuitement son don de vie pour notre salut. Après avoir accepté la grâce de Dieu, nous devenons ipso facto de nouvelles créatures avec une identité et une position nouvelle : fils de Dieu et cohéritier avec Jésus Christ. Alléluia ! 14 car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. 15 Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! La paternité de Dieu est donc une révélation de Dieu pour ceux qui sont sauvés. Appeler Dieu «mon Père » avec assurance ne peut se faire que poussé par le Saint Esprit. Amen !

La Semence Divine et la Relation Père-Enfant

  1. C'est Dieu qui donne la semence (la Parole de vie) afin de nous engendrer spirituellement. Sans semence, il n'y a pas de vie ; il n ' y a pas de conception. C'est pourquoi, la Bible nous révèle que nous sommes enfants de Dieu par la volonté de Dieu qui nous a donné sa semence.
  2. La science nous révèle que c'est le père qui détermine le sexe de son enfant. C'est assez mystérieux n'est ce pas !
  3. En tant que père, Dieu nous révèle son besoin d'avoir une relation et une communion avec l'homme.

Dieu, Notre Berger

Cantique de David. L'Eternel est mon berger : je ne manquerai de rien. 2 Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. En définitive, retenons que nous avons un Père qui est dans les cieux. 6 Un fils honore son père, et un serviteur son maître. Si je suis père, où est l'honneur qui m'est dû ? Si je suis maître, où est la crainte qu'on a de moi ? Que Dieu vous bénisse !

La Paternité de Dieu et la Famille Humaine

Le thème de la paternité fait référence à la préparation au grand Jubilé, consacrée précisément au Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Il s’agit d’un thème sur lequel il convient de réfléchir, dans la mesure où aujourd’hui, la figure du père dans le domaine de la famille tend à s’atténuer, voire même à disparaître. A la lumière de la paternité de Dieu, «de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom» (Ep 3, 15), la paternité et la maternité humaines acquièrent tout leur sens, leur dignité et leur grandeur. «Tout en étant biologiquement semblables à celles d’autres êtres de la nature, la paternité et la maternité humaines ont en elles-mêmes, d’une manière essentielle et exclusive, une “ressemblance” avec Dieu, sur laquelle est fondée la famille entendue comme communauté de vie humaine, comme communauté de personnes unies dans l’amour (communio personarum)».

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Le Rôle de l'Esprit Saint dans la Filiation Divine

Nous sentons encore vif dans notre âme l’écho de la récente célébration de la Pentecôte, qui nous conduit à proclamer avec espérance l’affirmation de saint Paul: «En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu» (Rm 8, 14). De même qu’il est l’âme de l’Eglise, L’Esprit Saint doit être aussi celui de la famille, petite église domestique. C’est l’Esprit Saint qui nous conduit au Père céleste et qui fait jaillir de nos cœurs la prière confiante et joyeuse: «Abba, Père!» (Rm 8, 15; Ga 4, 6). La famille chrétienne est appelée à se distinguer en tant que milieu de prière partagée, dans laquelle, avec une liberté de fils, l’on s’adresse à Dieu en l’appelant avec le nominatif affectueux de «Notre Père!».

Les Attaques Contre l'Institution Familiale

Depuis quelques temps se répètent les attaques contre l’institution familiale. Il s’agit d’atteintes d’autant plus dangereuses et insidieuses qu’elles méconnaissent la valeur irremplaçable de la famille fondée sur le mariage. On arrive à proposer de fausses alternatives à celui-ci en en sollicitant la reconnaissance législative. Ainsi, dans certains pays, l’on veut imposer à la société ce que l’on appelle les «unions de fait», renforcées par une série d’effets légaux qui érodent le sens même de l’institution familiale. Les «unions de fait» sont caractérisées par la précarité et par l’absence d’un engagement irréversible qui engendre des droits et des devoirs et respecte la dignité de l’homme et de la femme. On veut conférer, en revanche, une valeur juridique à une volonté éloignée de toute forme de lien définitif. Avec de telles prémices, comment peut-on espérer en une procréation véritablement responsable, qui ne se limite pas à donner la vie, mais qui comprenne également l’apprentissage et l’éducation que seule la famille peut garantir dans toutes ses dimensions? De telles positions finissent par représenter un grave danger pour le sens de la paternité humaine, de la paternité dans la famille.

Le Mariage et le Droit Naturel

Lorsque l’Eglise expose la vérité sur le mariage et la famille, elle ne le fait pas seulement sur la base des données de la Révélation, mais également en tenant compte des postulats du droit naturel, qui sont à la base du véritable bien de la société elle-même et de ses membres. Il est possible d’imaginer d’autres formes de relations et de cohabitation entre les sexes, mais aucune d’elles ne constitue, malgré l’avis contraire de certains, une authentique alternative juridique au mariage, mais plutôt un affaiblissement de celui-ci. Dans les soi-disant «unions de fait», on remarque une carence plus ou moins grave d’engagement réciproque, un désir paradoxal de maintenir intacte l’autonomie de la volonté au sein d’un rapport qui devrait être relationnel. Ce qui manque dans les cohabitations en dehors du mariage, est, en somme, l’ouverture confiante à un avenir à vivre ensemble, qu’il revient à l’amour d’activer et de fonder et qui est du devoir spécifique du droit de garantir. En outre, lorsque les «unions de fait» revendiquent le droit à l’adoption, elles montrent clairement qu’elles ignorent le bien supérieur de l’enfant et les conditions de base qui lui sont dues pour une formation adéquate.

L'Importance du Rôle Parental

Une autre caractéristique du contexte social dans lequel nous vivons est la propension de nombreux parents à renoncer à leur rôle pour prendre celui de simples amis de leurs enfants, s’abstenant des rappels à l’ordre et des corrections, même lorsque celles-ci seraient nécessaires pour éduquer dans la vérité, avec certes toute l’affection et la tendresse possibles. Il est donc opportun de souligner que l’éducation des enfants est un devoir sacré et une tâche solidaire des parents, que ce soit du père ou de la mère: il exige la chaleur, la proximité, le dialogue, l’exemple. Paternité et maternité, par la volonté de Dieu-même, se placent dans un rapport de participation intime à son pouvoir créateur, et ont, par conséquent, une relation réciproque intrinsèque. J’ai écrit à ce propos dans la Lettre aux Familles: «La maternité suppose nécessairement la paternité et, réciproquement, la paternité suppose nécessairement la maternité: c’est le fruit de la dualité accordée par le Créateur à l’être humain “dès l’origine”».

La Transmission et les Figures Paternelles

Le premier mot qui vient quand on parle de paternité, c’est le mot transmission. A la paternité biologique, peuvent s’ajouter d’autres figures paternelles qui accompagnent l’enfant dans son développement. Pour autant, ces figures exemplaires n’invalident pas ce que transmet le père biologique mais le complètent. A notre époque, la paternité a évolué vers plus d’implication de ces “nouveaux papas”. Alors que le Pape François a consacré l’année à Saint Joseph, voilà peut-être une belle occasion de se replacer sous la figure de ce saint vertigineux, qui a fait preuve d’une incroyable force et d’une insondable foi pour accueillir celle qui allait donner naissance au messie dans des conditions loin d’être idéales, et qui a accepté de ne pas tout comprendre.

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L'Énigme de l'Engendrement

Qu’est-ce qu’engendrer ? Comment parler de ce lien entre père et fils ou fille ? « A tous qui croient en son nom, le Verbe a donné pouvoir de devenir enfant de Dieu » affirme Saint Jean dans son Prologue (Jn 1, 12). Il y a une énigme dans tout engendrement ; une énigme qui convie à un silence intérieur pour accueillir la relation dont elle est porteuse. L’intimité que suppose cette relation demande que nous ne cherchions pas à mettre la main dessus. La figure de Moïse nous éclaire. Devant le Buisson ardent, il enlève ses sandales et entend que ce lieu est saint. La conversation qu’il va avoir avec Dieu va, en effet, le conduire à reconnaître le Seigneur comme origine et père de toutes choses.

La Paternité: Un Don, Pas un Droit de Propriété

La paternité n’est pas et ne sera jamais un droit de propriété. Pensons à notre propre expérience de fils ou de fille ! C’est bien notre mère qui, à notre naissance, nous dit que « cet homme que voici » est notre père. Dit autrement, le père n’accède à l’existence que par la parole de la mère. A lui aussi d’entendre cet amour d’une mère pour qu’il puisse déclarer à son enfant sa paternité : « tu es mon fils parce que la parole de cette femme qui est ta mère est vraie ». Se révèle alors, pour chacun, un lien d’amour conjugal qui demande une véritable acceptation… On sait à quel point nous pouvons mettre du temps avant d’accepter cette parole ou ce lien et d’y porter réponse. En naissant, chacun de nous est donc comme suspendu à cette parole maternelle. En d’autres termes, il y a une part d’inconnu dans toute naissance. Cette part d’inconnu est, en fait, une dette qui demande créance, c’est-à- dire « foi »… parce que nous sommes tous nés d’un don gratuit. En effet, la paternité ne se possède pas comme un bien matériel : un père la reçoit en héritage pour que la vie se prolonge. Aucun fils -comme fils- n’appartient à son père et aucun père -comme père- n’appartient à son fils. Mon origine renvoie toujours à une Origine, un don gratuit. C’est - semble-t-il- ce que le Christ essaie de faire comprendre à Nicodème lorsqu’il lui déclare qu’il faut naître d’en haut. Dans ce dialogue, cette gratuité prend les traits de l’Esprit qui, comme nous le confessons chaque dimanche, procède du Père et du Fils, nous oriente vers le Père et nous fait découvrir cette communauté de frères qu’est l’Eglise.

La Parole et la Promesse de la Paternité

Il y a donc à donner foi en toute paternité, plus exactement à reconnaître ce lien à une parole (celle de nos parents) qui dit la vérité de notre filiation et combat doutes, dénis et violences de toutes sortes. Cette parole trace du même coup le chemin d’une transcendance qui est un appel adressé à toute l’humanité. C’est ce qu’exprime St Paul aux chrétiens d’Ephèse : « Je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom » (Ep. 3,14-15). Au cœur de l’incertitude, la paternité est une révélation qui ne se voit pas mais qui se dit. La parole est ce lieu qui engendre, ce « milieu » qui donne vie parce qu’il est à la fois appel (appel ‘adressé à’) et promesse. En quel sens la parole est appel ; un appel ‘adressé à’ ? L’expérience quotidienne apprend que si nous n’y prenons pas garde, nous pouvons passer à côté du temps de la parole. Se parler entre adultes, entre parents, entre parents et enfants n’est en rien évident. De fait, sur ce terrain de l’engendrement, la parole est un appel à articuler le désir qui habite un père et une mère en direction de leur enfant. Car sans parole qui dit ce désir, sans cette parole qui appelle, aucun enfant ne peut se construire vraiment dans sa vie. C’est cette parole, en ce qu’elle est différenciée (c’est-à-dire échangée entre un homme et une femme) et commune à la fois (dite par eux deux) qui donne vie et parole à un enfant. Et celui-ci répondra à ses parents avec ce qu’il est, non pas en écho, mais autrement, donnant vie lui aussi à ceux qui l’ont appelé. Faire ce constat n’est pas aussi simple que cela puisse paraître. En effet, nous sommes toujours tentés par le mutisme, les silences, les secrets ne serait-ce que par le fait que toute naissance est lieu d’un combat où vie et mort s’affrontent. Même si cela n’est jamais parlé, la naissance d’un enfant est, pour tout parent, le signe précurseur de leur effacement et de leur disparition ! Dans ce contexte, comment la vie peut-elle être victorieuse de ce combat intérieur pour chaque être ? Pour qu’il en soit ainsi, il y a une condition : que la parole soit là pour dire aussi la promesse. Dire la promesse ? Dans les contes d’autrefois, le rôle des fées qui se penchaient sur le berceau d’un nouveau-né était bien de figurer un destin, de projeter un avenir. Même si leurs paroles étaient énigmatiques, elles ouvraient un possible. Dit autrement, elles accompagnaient l’enfant en attestant que son action serait personnelle, qu’elle serait distincte de celle d’un congénère. Certes tout enfant a besoin de transformer ce destin en liberté. Mais cette parole qui était prononcée à sa naissance était là pour qu’il tienne face à tous les événements de l’existence. Si bien que lorsque cette parole fait défaut, il est logique de se demander comment tenir dans la vie ? Des parents qui ne peuvent soutenir la vie de leur enfant risquent de ne pas lui permettre de soutenir sa vie, de venir au monde.

La Paternité Face aux Défis Contemporains

Toute cette analyse qui chemine dans les profondeurs psychologiques de notre humanité peut paraître bien lointaine de nos préoccupations … tout en percevant peut-être qu’elle vient aussi frapper à notre porte en quelques endroits. Elle peut se dire plus simplement. Lorsque le prophète Isaïe dit qu’un rejeton sortira de la souche de Jessé, qu’il mettra la main sur le trou du cobra, etc., il redonne - par cette figure - espérance à tout un peuple qui a perdu sa liberté et que les liens de la mort viennent enserrer. Il me dira : Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut !

Absence et Déni de Paternité

On invoque une montée du maternage, besoin de cocooning et de relations fusionnelles qui privilégient la relation maternelle. On souligne la crise de la masculinité. Le père absent physiquement ou psychologiquement. Une société sans père est une société sans repère. Le père est absent car le père a été tué. C’est le siècle où Œdipe, héros de la mythologie grecque, est roi et qui s’oppose radicalement à Isaac. Le père cruel, qui exerce la violence, la contrainte et la coercition. Son autorité devient autoritarisme. Il assujettit, aliène, et écrase. Ces images détériorées de la paternité sont porteuses de germes de violence, de névroses et de pathologies, (en particulier, ils induisent l’homosexualité).

Dieu comme Père: Miséricorde et Altérité

« Dieu, personne ne l’a jamais vu ». Certes, l’innovation de Dieu comme père, n’est pas propre à l’Ancien Testament, mais la Bible définit essentiellement Dieu comme « un père ». Dieu est père comme créateur : il a fait le ciel et la terre et il l’a fait pour l’homme. Dieu est père car il est miséricordieux (parabole de l’enfant prodigue). Cette représentation paternelle de Dieu ne dit pas tout de Dieu. En Dieu, paternité et maternité sont indissociables. Pour Dieu, les différences sexuelles sont transcendées. Il y a une complémentarité en Dieu entre d’une part les images maternelles d’intimité, de communion, de tendresse, et d’autre part, les images paternelles que soulignent la séparation, la prise de distance (cf. Genèse, Dieu crée en séparant) pour empêcher la fusion. Certes Dieu est tendre comme une mère, et le mot miséricorde vient de « matrices », « entrailles », « utérus » (Chouraqui). Mais, si la Bible parle de Dieu au masculin, c’est pour marquer et souligner la dimension d’altérité, de transcendance qui lui est attachée.

L'Incarnation de la Paternité

En observant dans différentes cultures les relations entre un jeune papa et son petit enfant, il est un geste symbolique universel : le père jette son enfant en l’air. Oui le « père incarne » : la relation entre un père et un enfant est une relation charnelle (sans qu’il y ait soupçon de pédophilie), différente de celle de la mère. L’enfant, si c’est un garçon, aime à se bagarrer avec son père, le boxer.

La Quête du Père

Oui, c’est une parole d’appel. Toute notre vie chrétienne est quête du Père. Jésus nous en montre le chemin. Jésus est lui-même l’image du père « Qui m’a vu, a vu le Père », l’icône de la paternité divine. Mais cette image du Père qu’est Jésus, est unique. La filiation de Jésus est de nature consubstantielle. On devient père en devenant d’abord fils. C’est respecter un ordre chronologique, générationnel. Chacun de nous est créé en forme de fils et le restera toujours. C’est constitutif de la nature humaine. En accueillant Jésus, en exerçant sa responsabilité vis-à-vis de lui, Joseph entre dans le mystère de la paternité de Dieu. Il l’exprime, l’incarne et en révèle la profondeur.

Dieu, Notre Père Créateur

Dieu nous a créés, il est donc notre Père. L'Écriture nous a habitués à dire "Père" en parlant à Dieu. A première vue, cela va de soi : Dieu nous a créés, il est donc notre Père. A la réflexion, cela n'est pas si simple. D'abord, pourquoi ne pas dire mère ? Dieu aurait-il un sexe ? On trouve dans les deux Testaments quelques textes qui attribuent à Dieu un amour maternel, tel Isaïe 66,12-13, mais ils sont trop rares pour constituer un thème. Nous restons dans le contexte d'une société patriarcale, où le père est la figure centrale de la famille. Du point de vue génital, l'Antiquité pensait que l'enfant à naître était tout entier contenu dans la semence du père, la mère ne fournissant que le placenta nourricier. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner si la Bible a retenu l'image du père pour dire l'origine. A nous de corriger et de comprendre que Dieu est "père et mère". Cependant la figure du père est mise en opposition non pas avec celle de la mère mais avec les images de Dieu que se faisaient les nations païennes : des dieux en compétition avec l'homme, capables de cruauté envers lui. La Bible s'en démarque en mettant en valeur le Père vu comme bienveillance. Le Père est celui qui donne le pain et de "bonnes choses", non la pierre, le serpent ou le scorpion (Matthieu 7,7-11 et Luc 11,11-13). Il est aussi celui qui veille sur la famille, qui la protège et la défend. Il représente la force et l'autorité.

La Révélation du Père dans le Nouveau Testament

A vrai dire, le thème de la paternité de Dieu est très discret dans l'Ancien Testament, ce qui ne signifie pas qu'il en est absent. Il faudra attendre le Nouveau Testament pour que le Père apparaisse en pleine lumière et, en même temps, se dégage de toute ambiguïté. Pas de révélation totale du Père sinon dans le Christ et, plus précisément, dans les événements de sa Pâque. Voilà qui ne saute pas aux yeux : comment l'horreur de la Passion peut-elle révéler la paternité de Dieu ? A tout le moins, comprenons que tout ce que fait le Christ - et la manière dont il le fait - révèle le Dieu invisible. Or, tout le récit évangélique converge vers la Pâque, sommet de cette révélation. Que se passe-t-il là, dans cette série d'événements qui vont de la dernière Cène à la résurrection ? La démonstration de la gratuité de l'amour de Dieu pour nous. Dans le Christ, c'est Dieu lui-même qui nous donne sa propre substance pour nous faire vivre. Or, donner sa substance, faire vivre sont actes paternels. Des actes qui ne sont pas ponctuels mais permanents : la chair et le sang du Christ, la vie livrée deviennent notre nourriture quotidienne. Le Père est aussi celui qui nourrit. La résurrection fait éclater au grand jour cette vie nouvelle nourrie de Dieu. Nouvelle naissance pour une vie indestructible.

Les Paradoxes de la Paternité Divine

La signification de la paternité divine se heurte à la contradiction même qui surgit des paroles de l'écriture : paternité divine source de toute paternité, paternité unique d'un Père sans Père, Père d'un Fils unique. Comment légitimer la nomination paternelle ? Pour réfléchir sur le thème de la paternité divine, trois citations peuvent nous servir de point de départ. La première est empruntée à l’Écriture ; les deux autres en sont un commentaire. « Je fléchis le genou devant le Père de qui toute paternité / toute famille (patria) tire son nom.

Le Père Sans Père

Le premier commentaire de cette citation est celui de la Lettre aux familles de Jean-Paul II. « Loin de convenir à la procréation humaine, la paternité est un concept univoque révoquant nos paternités. Car elle signifie exactement le Père, c’est-à-dire le père sans père. Ce que jamais homme ne peut être, tout simplement parce qu’il est d’abord fils, parce qu’il n’est pas Origine absolue, créatrice, commencement sans commencement. ce Nom divin.

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