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Oméprazole et Allaitement: Analyse des Risques et Recommandations

L'utilisation de médicaments pendant l'allaitement est une préoccupation majeure pour les mères et les professionnels de la santé. Cet article examine l'utilisation de l'oméprazole pendant l'allaitement, en s'appuyant sur les données disponibles et les recommandations des experts.

Qu'est-ce que l'Oméprazole ?

L'oméprazole est un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) utilisé pour réduire la production d'acide gastrique. Il est indiqué pour le traitement de diverses affections telles que les ulcères gastriques et duodénaux, l'œsophagite érosive et le syndrome de Zollinger-Ellison. L'oméprazole est un mélange racémique de deux énantiomères réduisant la sécrétion acide gastrique par un mécanisme d’action spécifiquement ciblé. C’est un inhibiteur spécifique de la pompe à protons dans la cellule pariétale. L’oméprazole est une base faible. Il est concentré et converti en forme active dans l’environnement hautement acide des canalicules intracellulaires des cellules pariétales, où il inhibe l’enzyme H+K+-ATPase (la pompe à protons). Une prise orale d’oméprazole une fois par jour entraîne une inhibition rapide et efficace de la sécrétion acide gastrique sur 24 heures avec un maximum d’effet obtenu après 4 jours de traitement. La réduction de la sécrétion acide et de l’acidité intragastrique a pour conséquence la réduction/la normalisation de manière dose dépendante de l’exposition acide de l’œsophage chez les patients ayant du reflux gastro-œsophagien.

Il est disponible sous différents noms commerciaux, dont Mopral®, Oméprazole Bouchara-Recordati et Zoltum®. L'ésoméprazole (Inexium®) est l'isomère S de l'oméprazole et présente des caractéristiques similaires.

Indications Thérapeutiques de l'Oméprazole

L'oméprazole est utilisé pour traiter diverses conditions gastro-intestinales, notamment :

  • Traitement de l’ulcère duodénal évolutif et prévention des récidives. La dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez la plupart des patients, la cicatrisation survient dans les 2 semaines. Chez les patients avec une cicatrisation incomplète après le traitement initial, la cicatrisation sera généralement obtenue après 2 semaines supplémentaires de traitement. Pour la prévention des récidives de l’ulcère duodénal chez les patients non infectés par H. pylori ou lorsque l’éradication de H. pylori n’est pas possible, la dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez certains patients, une dose journalière de 10 mg peut être suffisante.
  • Traitement de l’ulcère gastrique évolutif et prévention des récidives. La dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez la plupart des patients, la cicatrisation survient dans les 4 semaines. Chez les patients non cicatrisés après le traitement initial, la cicatrisation sera obtenue au cours des 4 semaines supplémentaires de traitement. Chez les patients faiblement répondeurs, la dose recommandée est 40 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour et la cicatrisation est généralement obtenue dans les 8 semaines. Pour la prévention de la récidive chez les patients faiblement répondeurs, la dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour.
  • Éradication de Helicobacter pylori (H. pylori) en association avec des antibiotiques appropriés. Pour l’éradication de H. Si le patient présente encore H.
  • Traitement des ulcères gastriques et duodénaux induits par les AINS. La dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez la plupart des patients, la cicatrisation survient dans les 4 semaines.
  • Traitement de l’œsophagite érosive et traitement d’entretien après cicatrisation. La dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez la plupart des patients, la cicatrisation survient dans les 4 semaines. Chez les patients ayant une œsophagite sévère, la dose recommandée est 40 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour, et la cicatrisation est généralement obtenue dans les 8 semaines. Après cicatrisation des œsophagites par reflux, le traitement d’entretien recommandé est 10 mg d’OMEPRAZOLE KRKA 10 mg, gélule gastro-résistante une fois par jour.
  • Traitement symptomatique du pyrosis et des régurgitations acides en cas de reflux gastro-œsophagien. La durée du traitement est de 2 à 4 semaines.
  • Traitement du syndrome de Zollinger-Ellison. La dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA par jour. Chez les patients ayant un syndrome de Zollinger-Ellison, la posologie doit être ajustée individuellement et le traitement poursuivi aussi longtemps que nécessaire. La dose initiale journalière recommandée est 60 mg d’OMEPRAZOLE KRKA. Tous les patients ayant une maladie sévère et une réponse inadaptée aux autres traitements ont été efficacement contrôlés, et plus de 90 % d’entre eux ont été maintenus à des doses comprises entre 20 et 120 mg d’OMEPRAZOLE KRKA par jour.

Oméprazole et Grossesse

Les femmes enceintes sont très nombreuses à souffrir de remontées acides. “Ces douleurs à l’estomac peuvent apparaître très tôt dans la grossesse et sont liées à la stimulation hormonale, œstrogènes et progestérone. L’Oméprazole appartient à la classe des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). “Les protons sont des molécules qui favorisent l’acidité. Ces médicaments vont donc, par un effet mécanique, bloquer l’effet des acides au niveau de l’estomac”, explique Dominique Bonn, pharmacienne. Les IPP, commercialisés en France à partir de 1989, sont des médicaments très bien connus. “Au départ ils n’étaient pas prescrits chez les femmes enceintes car il n’y avait pas assez de recul sur leur utilisation. Comme le précise le site du CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), les données publiées chez les femmes enceintes exposées en cours de grossesse sont très nombreuses et rassurantes. L’oméprazole n’est pas le seul inhibiteur de la pompe à protons (IPP) disponible sur le marché français, mais il est celui avec lequel le recul est le plus important. Il reste donc le médicament prescrit en priorité chez la femme enceinte. Le CRAT précise toutefois que l’ésoméprazole (Inexium ® par exemple) et le lansoprazole peuvent également être utilisés pendant la grossesse.

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Passage de l'Oméprazole dans le Lait Maternel

L'oméprazole passe dans le lait maternel, mais en très faible quantité. Une étude a mesuré le taux d'oméprazole dans le lait maternel d'une femme prenant 20 mg par jour depuis le troisième trimestre de sa grossesse. Le taux lacté était indétectable 90 minutes après la prise, avec un pic lacté de 20 μg/l constaté 3 heures après la prise, ce qui représentait 7% du pic sérique. On estime que le bébé exclusivement allaité recevrait au maximum 3 μg/kg/jour, soit 0,9% de la dose maternelle ajustée pour le poids.

Risques Potentiels pour le Nourrisson Allaité

Compte tenu des faibles quantités d'oméprazole retrouvées dans le lait maternel, le risque pour le nourrisson allaité est considéré comme faible. Cependant, il est important de surveiller tout effet indésirable potentiel, tel que :

  • Irritabilité
  • Troubles du sommeil
  • Problèmes digestifs (diarrhée, constipation)

Recommandations et Précautions

Bien que les données disponibles suggèrent que l'oméprazole est généralement sûr pendant l'allaitement, certaines précautions doivent être prises :

  • Utiliser la dose la plus faible possible : Il est recommandé d'utiliser la dose efficace la plus faible pendant la durée la plus courte possible. La dose recommandée chez les patients ayant un ulcère duodénal évolutif est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez certains patients, une dose journalière de 10 mg peut être suffisante. La dose recommandée est 20 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour. Chez les patients ayant une œsophagite sévère, la dose recommandée est 40 mg d’OMEPRAZOLE KRKA une fois par jour, et la cicatrisation est généralement obtenue dans les 8 semaines. Après cicatrisation des œsophagites par reflux, le traitement d’entretien recommandé est 10 mg d’OMEPRAZOLE KRKA 10 mg, gélule gastro-résistante une fois par jour.
  • Surveillance du nourrisson : Surveiller attentivement le nourrisson pour détecter tout signe d'effet indésirable.
  • Choisir le moment de la prise : Prendre l'oméprazole juste après une tétée ou pendant la période de sommeil la plus longue du nourrisson peut aider à minimiser l'exposition du bébé au médicament. Il est recommandé de prendre les gélules d’OMEPRAZOLE KRKA 20 mg, gélule gastro-résistante le matin, de préférence à jeun, et de les avaler en entier avec un demi-verre d’eau.
  • Alternatives : Discuter avec un professionnel de la santé des alternatives possibles à l'oméprazole, en particulier si l'utilisation à long terme est envisagée. On va d’abord donner des conseils hygiéno-diététiques : éviter les aliments trop lourds, épicés, les boissons gazeuses, ne pas se coucher immédiatement après avoir mangé. Si cela ne suffit pas, le médicament de première intention est le fameux Gaviscon (alginate de sodium/bicarbonate de sodium). “C’est un médicament antiacide très léger qui va tapisser l’estomac. Mais lorsque les symptômes persistent, on passe à l’oméprazole”, détaille Dominique Bonn. Cette dernière précise qu’il existe également une autre classe de médicaments, les antihistaminiques H2. La ranitidine est le seul encore disponible sur le marché.
  • Avis médical : Toujours consulter un médecin ou un pharmacien avant de prendre de l'oméprazole pendant l'allaitement.

Informations Complémentaires et Interactions Médicamenteuses

Il est important de noter que l'oméprazole peut interagir avec d'autres médicaments. Par exemple :

  • L’association concomitante d’atazanavir avec des inhibiteurs de la pompe à proton n’est pas recommandée. Si l'association de l'atazanavir avec un inhibiteur de la pompe à protons est jugée indispensable, une surveillance clinique étroite (ex : surveillance de la charge virale) est recommandée associée à une augmentation de la dose de l'atazanavir à 400 mg avec 100 mg de ritonavir ; une dose maximale de 20 mg d'oméprazole ne doit pas être dépassée.
  • L’oméprazole, comme tous les médicaments anti-sécrétoires gastriques acides, peut réduire l’absorption de la vitamine B12 (cyanocobalamine), en raison de l’hypo - ou achlorhydrie. Ceci devra être pris en compte lors d'un traitement au long cours chez les patients disposant de réserves réduites ou présentant des facteurs de risque de diminution de l'absorption de la vitamine B12.
  • L’oméprazole est un inhibiteur du CYP2C19. Au début et à la fin d’un traitement avec l’oméprazole, le risque d’interactions avec les produits métabolisés par le CYP2C19 doit être envisagé.
  • Une interaction entre le clopidogrel et l’oméprazole a été observée. Par précaution, l'utilisation concomitante d'oméprazole et de clopidogrel doit être déconseillée.
  • L'administration concomitante d'oméprazole (40 mg une fois par jour) a entraîné une diminution de l’exposition moyenne au nelfinavir de 40 % et une diminution de l’exposition moyenne de son métabolite pharmacologiquement actif M8 de 75-90 %.
  • Un traitement concomitant par oméprazole (20 mg par jour) et digoxine chez des sujets sains augmente la biodisponibilité de la digoxine de 10%. La toxicité de la digoxine est rarement rapportée. Cependant, il faut être prudent chez les patients âgés lorsque l’oméprazole est administré à de fortes doses.
  • L’absorption du posaconazole, de l’erlotinib, du kétoconazole et de l’itraconazole est significativement diminuée et l’efficacité clinique peut donc être affaiblie.
  • L’oméprazole est un inhibiteur modéré du CYP2C19, principal enzyme de métabolisation de l’oméprazole. De ce fait, lors d’une administration concomitante avec des substances actives métabolisées par le CYP2C19, la métabolisation peut être diminuée et l’exposition systémique de ces substances augmentée.
  • Il est recommandé de surveiller les concentrations plasmatiques de phénytoïne durant les deux premières semaines qui suivent l’initiation d’un traitement par oméprazole.
  • L’administration concomitante d’oméprazole augmente les concentrations sériques du tacrolimus.
  • Une augmentation des concentrations de méthotrexate a été observée chez certains patients en cas d’administration concomitante de méthotrexate avec les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Lors de l'administration de fortes doses de méthotrexate, un arrêt provisoire du traitement par oméprazole peut être nécessaire.
  • Comme l’oméprazole est métabolisé par CYP2C19 et CYP3A4, des substances actives connues pour inhiber CYP2C19 ou CYP3A4 (telles que la clarithromycine et le voriconazole) peuvent conduire à une augmentation des taux sériques d’oméprazole par diminution de sa métabolisation. L’administration concomitante du voriconazole a entraîné plus d’un doublement de l’exposition à l’oméprazole.

Effets Indésirables Potentiels de l'Oméprazole

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés chez les adultes sont :

Lire aussi: Sécurité de l'Oméprazole pendant l'allaitement

  • Céphalées
  • Douleurs abdominales
  • Constipation
  • Diarrhée
  • Flatulences
  • Nausées/vomissements

Des effets indésirables plus graves, bien que rares, ont également été signalés, tels que :

  • Hypomagnésémie (nécessitant une surveillance régulière du magnésium sanguin, surtout en cas de traitement prolongé ou d'association avec d'autres médicaments induisant une hypomagnésémie)
  • Fractures de la hanche, du poignet et des vertèbres (en cas d'utilisation à fortes doses et sur une durée prolongée)
  • Néphrite tubulo-interstitielle aiguë (NTI)
  • Lupus érythémateux cutané subaigu (LECS)
  • Réactions cutanées indésirables graves (SCAR), notamment le syndrome de Stevens-Johnson (SSJ), la nécrolyse épidermique toxique (NET), la réaction médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS) et la pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG)

Alternatives Médicamenteuses

Si l'oméprazole n'est pas approprié, d'autres options médicamenteuses peuvent être envisagées, en fonction de la condition à traiter :

  • Antiacides : Les antiacides comme le Gaviscon peuvent soulager rapidement les brûlures d'estomac en neutralisant l'acide gastrique.
  • Antihistaminiques H2 : La ranitidine est un antihistaminique H2 qui réduit la production d'acide gastrique.
  • Autres IPP : L'ésoméprazole (Inexium®) et le lansoprazole sont d'autres IPP qui peuvent être utilisés pendant la grossesse et l'allaitement, bien que l'oméprazole soit généralement préféré en raison de son recul d'utilisation plus important.

Lire aussi: Oméprazole et douleurs rénales

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