Introduction
La chèvre du Massif Central, race rustique et adaptée à son terroir d'origine, présente des caractéristiques intéressantes en matière de lactation et de valorisation de ses produits. Cet article explore les particularités de cette race, son histoire, son habitat, son alimentation, ainsi que les aspects liés à la durée de lactation et à la transformation du lait.
Origines et Histoire
Contrairement à la chèvre Alpine, issue de la sélection de robes chamoisées des chèvres de Savoie, la chèvre du Massif Central a conservé une diversité de robes. Autrefois présente dans un large périmètre de 25 départements, principalement en Auvergne, mais également de la Nièvre à la Lozère et de la Haute-Vienne à la Drôme, cette race a failli disparaître avec l'introduction de races plus spécialisées comme l'Alpine et la Saanen.
Au début du 20ème siècle, elle couvrait un large périmètre de 25 départements. Son ossature robuste et son large thorax en faisaient une excellente marcheuse sur les coteaux, capable de supporter les conditions climatiques difficiles. Elle était principalement destinée à la production d'un lait riche, transformé en fromage.
Dès 1994, des éleveurs se sont mobilisés pour sauvegarder la race, ce qui a conduit à la création de l'Association pour le Renouveau de la Chèvre du Massif-Central (ARCM-C) en 1996. Grâce à cette initiative, le cheptel a progressivement augmenté.
Caractéristiques et Adaptations
La chèvre du Massif Central est une race de taille moyenne à grande, plutôt trapue et osseuse. Ses poils sont semi-longs à longs, avec des poils longs sur la colonne vertébrale et les cuisses. Sa tête est imposante et ses oreilles assez longues, portées horizontalement. Les cornes peuvent être présentes ou absentes.
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Elle se distingue par sa robustesse et son adaptation à la marche et aux fourrages rudimentaires. Elle apprécie particulièrement les fourrés, les ronces et les arbustes.
Standard de la race
Le standard de la race comprend les éléments suivants :
- Poils mi-longs recherchés sur le dos et les cuisses, poils mi-longs obligatoires pour les boucs.
- Profil du chanfrein/cornes rectiligne.
- Cornes épaisses à la base, de longueur moyenne.
- Oreilles longues (la pointe de l'oreille arrive à la commissure des lèvres) avec un port horizontal et en cornet vers l'avant.
- Pampilles fréquentes.
- Robe avec une large variété de couleurs y compris en mélange (mais en excluant la couleur rouge chamoisée, sa dilution et les taches type chèvre anglo-nubienne). Le corps peut être de couleur uni noir, chocolat, blanc, avec des nuances grises, rouan, frosting ou tacheté, et à barrettes (lignes blanches au-dessus des yeux depuis les cornes jusqu'au mufle). Dans la majorité des cas, le museau, le ventre et les pattes sont blancs.
Alimentation et Valorisation
La chèvre du Massif Central possède une excellente aptitude à l'utilisation des ressources naturelles et renouvelables, telles que les herbes, les feuilles, les jeunes arbres, les plantes ligneuses et les ronces. En hiver, elle consomme du foin produit majoritairement à la ferme et peu de concentrés.
Son lait est principalement transformé en fromages (lactiques, faisselles, tommes), mais également en yaourts, glaces, confitures de lait, savons et produits de beauté.
Durée de Lactation et Production Laitière
La chèvre du Massif Central était autrefois renommée pour sa production laitière. Bien qu'elle soit aujourd'hui devancée par les races Alpines et Saanen en termes de quantité, elle se distingue par la teneur élevée de son lait en matières grasses. Sa production moyenne est estimée entre 400 et 500 kg par lactation.
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En 2020, la lactation moyenne des chèvres contrôlées a duré 321 jours, avec une production totale de 989 kg de lait. Les chèvres alpines, qui représentent plus de 60% des lactations qualifiées, produisent en moyenne 974 kg de lait en 318 jours. Les saanens, quant à elles, produisent environ 1028 kg de lait en 10 jours de plus.
La lactation longue : une pratique en développement
La pratique des lactations longues (LL), d'une durée supérieure à 485 jours, se développe de plus en plus dans les troupeaux laitiers caprins en France. En 2020, plus de 10% des chèvres étaient en LL. Cette pratique présente des avantages tant pour l'éleveur que pour l'animal.
Anthony Chanvin, éleveur en Côte-d'Or, a choisi cette conduite dès son installation. Il transforme l'intégralité du lait et vend ses produits sur les marchés. La lactation longue lui permet de poursuivre son activité en hiver et d'éviter la concurrence durant cette période. De plus, il constate que ses chèvres sont en meilleur état avec la lactation longue, produisant un volume de lait un peu moindre sur l'année mais similaire chaque mois, sans les pics de production stressants pour les animaux. Il réalise une seule traite quotidienne, ce qui facilite son organisation et lui permet de travailler en fromagerie, dans les champs ou de commercialiser ses produits.
Avec les lactations longues, il y a également moins de mises bas dans le troupeau, ce qui simplifie la gestion et évite la vente des cabris à bas prix. Les chevreaux sont élevés sous leur mère, ce qui évite les frais de lait en poudre et les problèmes sanitaires.
Structures Impliquées et Initiatives Locales
L'Association pour le Renouveau de la Chèvre du Massif-Central (ARCM-C) joue un rôle essentiel dans le développement et la sauvegarde de la race. Créée en 1996, elle met en œuvre des actions de conservation et de promotion de la chèvre du Massif Central.
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Des initiatives locales, telles que la création de la "Cabrache" dans le Morvan, témoignent de la volonté de valoriser les produits issus de cette race et de soutenir les éleveurs. La Cabrache est un fromage élaboré par un collectif de 13 éleveurs caprins, ovins et bovins, dans le respect d'un cahier des charges strict qui prend en compte l'élevage, l'alimentation et le bien-être des animaux.
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