L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), un État fédéral transcontinental à régime marxiste-léniniste, a existé de 1922 à 1991. Sa formation est intimement liée au cataclysme européen de 1914-1918 et aux révolutions russes de 1917.
La Russie à la veille de la révolution
En 1914, la Russie du Tsar Nicolas II comptait 170 millions d’habitants, dont 85 % vivaient de l’agriculture. Le servage, officiellement aboli en 1861, laissait une part considérable de paysans (moujiks) dans la misère, aspirant à posséder des terres. La Première Guerre mondiale révéla les faiblesses de la Russie face à l’Allemagne, une puissance industrialisée.
Faiblesses structurelles de l'Empire russe
Avant la Première Guerre mondiale, la Russie, bien que comptant 170 millions d'habitants et disposant d'une armée de 8 millions de soldats, était un pays fragile. La population rurale, majoritaire, souffrait de grandes inégalités, avec des impôts lourds et un surpeuplement rural croissant. Sur le plan politique, malgré l'adoption d'une Constitution après la révolution de 1905, le tsar Nicolas II gouvernait en autocrate.
L'impact de la Première Guerre mondiale
L'entrée en guerre de la Russie le 30 juillet 1914 désorganisa son économie. L'industrie manquait de main-d'œuvre, tout comme l'agriculture, privée de ses chevaux. Les usines ne pouvaient plus fonctionner, les paysans ne livraient plus leurs récoltes. La famine toucha les villes, et les soldats étaient mal équipés et affamés. Les défaites militaires et le nombre élevé de morts (plus de 2,5 millions) exaspérèrent la situation. Dès 1916, des grèves et des manifestations éclatèrent dans tout le pays.
Les révolutions de 1917
La Russie fut le théâtre de deux révolutions majeures en 1917 : la révolution de Février et la révolution d'Octobre.
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La révolution de Février : Chute du Tsarisme
À partir du 8 mars 1917 (23 février dans le calendrier julien), des grèves massives éclatèrent, et l'armée rejoignit les insurgés. Le tsar perdit toute autorité, et un gouvernement provisoire, composé de bourgeois et de nobles, fut créé pour poursuivre la guerre. Ce gouvernement se heurta au soviet révolutionnaire, qui exigeait la paix. Le tsar abdiqua le 16 mars, marquant la fin du tsarisme.
La révolution d'Octobre : la prise de pouvoir par les bolcheviks
En avril 1917, Lénine revint d'exil et formula ses "Thèses d'Avril", prônant "tout le pouvoir aux soviets, la paix immédiate et la terre aux paysans". Les bolcheviks, menés par Lénine, gagnèrent en popularité. Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917 (24-25 octobre dans le calendrier julien), les bolcheviks armés s'emparèrent des points stratégiques de Petrograd, la capitale. Le gouvernement provisoire s'enfuit, et les bolcheviks prirent le pouvoir.
Le pouvoir bolchevique face aux difficultés
Après la révolution d'Octobre, le pouvoir bolchevique fut confronté à de nombreux défis, notamment la guerre civile, la famine et la nécessité de construire un nouvel ordre socialiste.
Les premières mesures du gouvernement bolchevique
Le 8 novembre 1917 (26 octobre dans le calendrier julien), un gouvernement bolchevique, le Conseil des commissaires du peuple, fut formé, présidé par Lénine. Trotski dirigea les Affaires étrangères, et Staline fut responsable des Nationalités. Le gouvernement adopta des réformes importantes, notamment le "décret sur la paix", le "décret sur la terre" et le "décret sur les nationalités". Un armistice fut conclu à Brest-Litovsk, aboutissant à la paix avec l'Allemagne en mars 1918.
La guerre civile et le "communisme de guerre"
Malgré ces réformes, des difficultés persistèrent. La guerre civile entre Blancs (partisans du tsar) et Rouges (bolcheviks) ravagea le pays. La famine toucha à nouveau les villes, et les usines ne fonctionnèrent plus. Pour faire face à cette situation, le Parti communiste instaura une dictature. Les autres partis furent interdits, et la Tchéka, une police politique, fut créée pour réprimer les ennemis du régime. Les terres devinrent la propriété de la collectivité, et les paysans rebelles furent exécutés. L'Armée rouge, créée par Trotski, repoussa les armées blanches. Le régime se durcit, les partis soviétiques jusque-là autorisés durent entrer dans la clandestinité, la quasi-totalité d’entre-deux ayant rejoint la contre-révolution. Anglais, Allemands, Français, Italiens, Américains, Canadiens, Polonais, Roumains, Grecs, Japonais et même Chinois intervinrent pour soutenir les armées blanches et renverser le pouvoir bolchevique.
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La Nouvelle Politique Économique (NEP)
Après avoir nationalisé les banques, les terres et l'industrie, Lénine mit en place la Nouvelle Politique Économique (NEP) en 1921. Cette politique ouvrit les frontières aux capitaux étrangers et réintroduisit l'idée de profit. La NEP permit d'améliorer la situation économique et de rétablir la confiance avec la paysannerie.
La fondation de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) fut proclamée le 30 décembre 1922, suite à la signature du traité d'union entre la RSFS de Russie, la RSFS de Transcaucasie, la RSS d'Ukraine et la RSS de Biélorussie. Une constitution fut rédigée en 1923, et l'union regroupa plusieurs républiques fédérées, dont les frontières furent constituées selon une répartition démographique correspondant à un peuple dans sa définition soviétique. L'URSS devint un État fédéral dans lequel chaque république était, en théorie, égale en droits aux autres.
L'ascension de Staline
Après la mort de Lénine en 1924, Staline s’imposa progressivement comme dirigeant de l’URSS. Il rallia en 1917 le parti bolchevique - le futur PCUS. Il devint commissaire du Peuple aux Nationalités en 1917, puis secrétaire général du PCUS le 3 avril 1922, poste clé lui permettant de consolider son pouvoir.
La fin de la NEP et la collectivisation forcée
Staline mit fin à la NEP et lança le premier plan quinquennal, visant à doter l’URSS d’une industrie lourde, au détriment des biens de consommation et de l’agriculture. Il imposa la collectivisation forcée des terres agricoles et la constitution des fermes collectivistes (Kolkhozes et Sovkhozes).
La Grande Terreur
À partir de 1934, la "grande terreur" s'installa. Les "procès de Moscou" eurent lieu, et les purges touchèrent le Parti ainsi que l’armée. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Staline était le maître incontesté de l’URSS.
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L'URSS pendant la Seconde Guerre Mondiale
Le 22 juin 1941, les troupes allemandes envahirent l’URSS en application du plan Barbarossa. Après des débuts difficiles, l'URSS remporta des victoires cruciales, comme la bataille de Stalingrad (février 1943). L'URSS sortit de la guerre meurtrie mais grandie, occupant une vaste partie de l'Europe de l'Est.
L'après-guerre et la Guerre Froide
Après la Seconde Guerre mondiale, l'URSS devint l'une des deux superpuissances mondiales, aux côtés des États-Unis. La Guerre Froide divisa le monde en deux blocs antagonistes. L'URSS exerça une influence dominante sur les pays d'Europe de l'Est, formant le "bloc soviétique".
La fin de l'URSS
Dans les années 1980, l'URSS fut confrontée à des difficultés économiques et politiques croissantes. Mikhaïl Gorbatchev, arrivé au pouvoir en 1985, lança des réformes de "perestroïka" (restructuration) et de "glasnost" (transparence). Cependant, ces réformes ne parvinrent pas à sauver l'URSS, qui fut dissoute le 26 décembre 1991.
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