La Fondation Sonnenhof, ancrée dans l'histoire et tournée vers l'avenir, incarne un engagement profond envers l'inclusion et le bien-être des personnes handicapées mentales. Fondée en 1865 par des pasteurs, cette institution alsacienne s'est développée au fil des décennies pour devenir un acteur majeur dans le domaine du handicap, offrant un accompagnement personnalisé et adapté aux besoins de chacun.
Un Héritage Historique et Spirituel
Au cœur du Sonnenhof, à Bischwiller, se trouve un héritage précieux : une Bible du XIXe siècle, rescapée des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ce symbole, transmis de génération en génération, témoigne de l'attachement de la fondation à ses racines spirituelles et à sa mission d'offrir une vie digne et épanouissante aux personnes handicapées.
Christian Albecker, actuel directeur général, a pris ses fonctions il y a quinze ans. Il ne connaissait pas la fondation qui a été créée en 1865 par des pasteurs pour permettre à des enfants handicapés mentaux d’avoir accès à une vie normale et à la Bible et il ne connaissait rien au monde du handicap.
Un Développement Constant et une Approche Humaine
Sous la direction de Christian Albecker, la Fondation Sonnenhof a connu un essor considérable, avec la création de 280 places nouvelles et 300 emplois. Aujourd'hui, elle accueille 750 personnes sur 7 sites répartis dans le Bas-Rhin. Malgré cette croissance, la fondation a su préserver une dimension humaine, plaçant l'écoute et le respect de chaque individu au centre de son action.
Le directeur général s’arrête spontanément pour saluer les résidents qu’il croise, les appelle souvent par leur prénom, s’enquiert auprès de l’un de son travail en atelier protégé, échange avec une monitrice sur l’évolution de jeunes autistes. La porte de son bureau reste ouverte. Même s’il n’est pas le père tout puissant pour régler seul tous les problèmes, il est important pour lui d’écouter les résidents. Car ils lui rappellent sa mission. Ils sont aussi source d’énergie lorsqu’il s’impatiente devant certaines lenteurs.
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Défis et Engagement
La fondation est confrontée à des défis constants, notamment en matière d'autorisations administratives et de moyens financiers. Malgré les promesses politiques, les projets indispensables au bien-être des personnes handicapées tardent parfois à se concrétiser. Face à ces obstacles, Christian Albecker se mobilise inlassablement, faisant du lobbying pour défendre les intérêts des personnes qu'il accompagne. Il gère la fondation - avec son budget de 35 M€ - comme une entreprise, tout en se souvenant que « chaque vie est une lumière ».
Un Parcours Inattendu
Rien ne prédestinait Christian Albecker à diriger une fondation dédiée au handicap. Il grandit à la Robertsau qui était alors un faubourg populaire de Strasbourg, où son père, maître-peintre, dirigeait l’entreprise familiale. Sa mère, en bonne luthérienne, l’emmène à l’« école du dimanche » avec sa sœur. Élève brillant, le jeune garçon est « poussé par un instituteur remarquable » qui l’incite à viser loin. Dès la 6 e, il entre au lycée Kléber où il obtient le bac scientifique avec mention très bien. Lorsqu’il est en « maths sup », le proviseur fait venir des « anciens qui ont réussi ». Un certain François Loos - qui fera son chemin en politique - se présente aux élèves en uniforme de l’X ! Admis à Polytechnique, Christian Albecker choisit à sa sortie l’École nationale du Génie rural et des Eaux et Forêts. Il démarre sa carrière au ministère des Finances, mais fait le choix de revenir en Alsace, en 1984, après la naissance des deux aînées, Marie-Fleur et Anne-Claire. Ariane, naîtra à Strasbourg. Trois filles brillantes, de 28, 26 et 22 ans, aux parcours différents, dont il est fier… Pendant six ans, il suit les dossiers de restructuration industrielle, d’emploi et de formation auprès du préfet de région. En 1990, il quitte la fonction publique pour entrer au Crédit agricole, comme ingénieur-conseil, dans une filiale de capital-risque.
Après un passage remarqué dans le secteur bancaire, il choisit de donner un nouveau sens à sa carrière en rejoignant le Sonnenhof. Cette décision témoigne de son engagement profond et de sa volonté de mettre ses compétences au service d'une cause qui lui tient à cœur.
Une Quête de Sens et un Engagement Protestant
Depuis l’X, Christian Albecker s’est toujours ménagé une vie en parallèle de son univers professionnel, entamant à Paris une maîtrise de théologie protestante qu’il terminera à Strasbourg. Se poser des questions, c’est l’essence même du protestantisme. Au tournant de la quarantaine, il s’interroge sur son avenir. Il est alors vice-président du directoire des Luthériens d’Alsace-Lorraine. Devant son président, Michel Hoeffel, qui l’avait fait venir, il parle de « changer de vie » et de « se réorienter vers les œuvres d’Église ». Othon Prinz, qui a marqué le Sonnenhof de son empreinte, va prendre sa retraite. L ’aventure, qui se traduit pour Christian Albecker par « un virage à 180°», démarre le 1 er octobre 1994.
L'engagement de Christian Albecker au sein du Sonnenhof est intimement lié à sa foi protestante. Impliqué dans les groupes de jeunes protestants dès son plus jeune âge, il a toujours cherché à donner une dimension spirituelle à son action. Pour lui, se poser des questions et remettre en question les idées reçues est essentiel, y compris dans le domaine professionnel.
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Un Travail d'Équipe et un Soutien Familial
Pour mener à bien sa mission, Christian Albecker peut compter sur une équipe dévouée et sur le soutien indéfectible de son épouse, Sylvie Grappe. Chirurgien dentiste à temps partiel à la fondation, Sylvie a aussi trouvé au Sonnenhof « un travail qui fait sens ». Ensemble, ils parviennent à concilier leurs engagements professionnels et personnels, en s'accordant des moments de détente et de ressourcement.
Le couple aime à se retrouver en toutes saisons à Saulxures, dans leur maison qui est « leur jardin secret… ».
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