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Naissance d'une Reine : Histoire d'un Basculement Royal

Le 6 février 1952, le roi George VI s'éteint paisiblement dans sa chambre au château de Sandringham. Cet événement marque le début du règne d'Elizabeth II, un règne qui allait durer plus de 70 ans. La jeune femme, alors en déplacement officiel au Kenya, est loin de se douter du bouleversement qui l'attend. Aucun des télégrammes du palais ne parvient jusqu'à elle, la laissant dans l'ignorance de son nouveau destin.

Un Séisme Familial et National

La mort du roi et l'accession d'Elizabeth au trône ne sont pas sans conséquences. Pour son mari, le prince Philip, c'est un déchirement. Il perd un beau-père qu'il appréciait et doit désormais partager son épouse avec le monde entier. L'autrice, Isabelle Rivère, analyse avec délicatesse l'onde de choc que ce changement de statut provoque au sein de la famille royale.

Un Documentaire Historique et Culturel

À l'occasion du Jubilé des 70 ans de règne d'Elizabeth II, Isabelle Rivère a souhaité revenir sur ces jours cruciaux dans un ouvrage documentaire, loin des ragots des magazines people. Il s'agit d'un récit précis et documenté, qui nous plonge au cœur du protocole et des traditions de la cour d'Angleterre. On y découvre les forces en présence, ceux qui préféreraient que rien ne change, et ce qui attend cette jeune femme de 25 ans qui entre dans l'Histoire.

Du Kenya au Trône : Un Récit Captivant

Le livre nous raconte la naissance d'une reine, du décès de son père à ses funérailles. En quelques jours, la vie de nombreuses personnes de la monarchie bascule. On découvre comment la jeune Elizabeth est devenue reine du jour au lendemain. L'écriture est accessible à tous, même ceux qui découvrent la monarchie.

En lisant ce livre, on ne peut s'empêcher d'avoir en mémoire les images de son discours. « Je ne me sens plus ni nerveuse ni inquiète », confie d’ailleurs Elizabeth à l’une de ses proches.

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Les Premiers Pas d'une Reine : Entre Devoir et Tradition

L'auteure revient sur les premiers moments de son accession au trône, entre la mort du roi George VI le 6 février 1952 et ses funérailles neuf jours plus tard. Naissance d'une reine livre le récit passionnant des quelques jours où tant de vies basculent et où la mécanique de l'institution monarchique se révèle dans sa dimension écrasante et inéluctable.

La vague qui emporte Elizabeth et son époux, le prince Philip, entraîne en effet avec eux leur famille et leurs équipes, mais aussi les grandes figures de la vie britannique de ce début des années 1950, en premier lieu Winston Churchill, qui contribuera à donner aux événements leur part de théâtre. Derrière la charge historique et dramatique des faits se révèlent des femmes et d'hommes confrontés à des traditions et des enjeux qui les obligent autant qu'ils les dépassent.

Isabelle Rivère, journaliste et auteure, est la seule journaliste française à avoir été autorisée par le palais de Buckingham à suivre Elizabeth II pendant plusieurs années, à rencontrer ses proches et ses équipes.

Naissances Royales : Un Spectacle Codifié

Si la naissance d'une reine est un événement exceptionnel, les naissances royales ont toujours été entourées d'un protocole strict et d'un certain apparat. À Versailles, par exemple, les naissances princières étaient de véritables événements publics, bien que cette idée soit aujourd'hui nuancée.

Préparatifs et Mobilier Spécifique

Deux mois avant la naissance présumée, les préparatifs commencent. Ils concernent aussi bien l’enfant que la mère. Pour le premier, un appartement est aménagé au sein du château et une « layette » est commandée, comprenant du mobilier adapté, de l’argenterie, du linge de corps et de service, fournis le plus souvent par la Maison du roi. Un mobilier spécifique, dit « de couches », est également livré pour la princesse en vue de faciliter l’accouchement et d’améliorer son confort.

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Au lit de parade est adjoint un lit de travail qui, à compter des années 1680, remplace la chaise, encore utilisée par l’épouse de Louis XIV. La chambre est, elle aussi, aménagée pour l’occasion. Une « tente » ou « pavillon » - remplacée au temps de Marie-Antoinette par des paravents - est installée pour la parturiente et son personnel, chirurgien-accoucheur et sage-femme essentiellement.

Un Père en Retrait, une Assistance Nombreuse

Le futur père peut, quant à lui, se tenir à l’écart. C’est par exemple le cas du duc de Bourgogne qui, en juin 1704, patiente dans un cabinet « où on lui venait rendre compte à tout moment de tout ce qui se passait et d’où il ne pouvait entendre les cris, qui lui auraient trop fait de peine », précise Dangeau. L’épouse, qui « souffrit cruellement durant trois heures », était alors accompagnée de son grand-père par alliance, Louis XIV, et de Madame de Maintenon. Les autres membres de la famille royale, ainsi que les grands officiers de la Couronne, attendent dans le salon de la Paix. Ils ne sont autorisés à pénétrer dans la chambre qu’au moment de la délivrance.

Annonce et Bénédiction

C’est le roi qui est le premier informé du sexe de l’enfant. Après l’avoir fait constater à son chancelier, il l’annonce lui-même à la mère comme au public. Alors seulement, les portes de la chambre sont ouvertes aux courtisans, officiers et ambassadeurs qui ont pu accéder aux pièces attenantes, contrôlées par des gardes du corps et huissiers.

Après la bénédiction royale vient celle de l’Église : dans l’attente du baptême et pour prévenir un décès précoce sans sacrement, le nouveau-né est ondoyé au-dessus d’un plat d’argent surmontant l’autel provisoire, de façon à intégrer la communauté chrétienne. Il est également « présenté », c’est-à-dire désigné par le roi avec les titres et qualités qui lui sont attribués.

Elizabeth I : Une Naissance Précaire, un Règne Glorieux

L'histoire d'Elizabeth I, reine d'Angleterre, offre un contraste saisissant avec la solennité des naissances royales à Versailles. Sa naissance fut loin d'être un triomphe, et son chemin vers le trône fut semé d'embûches.

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Élisabeth naît le 7 septembre 1533. Son règne, baptisé l’âge élisabéthain, s’étend de 1558 à 1603. Les premières années de la jeune Élizabeth n’augurent guère d’un avenir radieux. Son père, Henri VIII, défie le pape et « invente » l’Église Anglicane afin de dissoudre son mariage avec Catherine d’Aragon, dont il a seulement une fille, Marie. Il veut des héritiers mâles et espère ardemment qu’Anne, sa deuxième conjointe, mettra au monde un garçon, supposément clé d’une dynastie stable. La naissance d’une autre fille est une amère déception qui affaiblit immédiatement dangereusement la position de la nouvelle reine. Avant qu’Élisabeth n’atteigne son troisième anniversaire, Henri fait décapiter Anne pour adultère et trahison.

L’impact émotionnel de ces événements sur l’enfant n’est pas connu. Les témoins notent néanmoins que la fillette fait preuve d’un sérieux et d’une intelligence précoces. Quand, en 1537, la troisième épouse d’Henri, Jane Seymour, donne enfin naissance à Edouard, le fils tant attendu, Élizabeth retrouve une relative obscurité, mais n’est pas négligée. La petite fille est présente aux cérémonies et déclarée troisième dans la ligne de succession. Elle passe la majeure partie de son temps en compagnie de son demi-frère et de sa belle-mère, Catherine Parr, la sixième et dernière épouse du monarque. Élizabeth reçoit une éducation rigoureuse centrée sur les langues classiques, l’histoire, la rhétorique et la philosophie.

Avec la mort de son père en 1547 et l’accession au trône du fragile Edouard, sa vie prend un virage dangereux. Son tuteur, Thomas Seymour, est arrêté pour trahison et accusé d’avoir comploté pour l’épouser afin de gouverner le royaume. Après la mort d’Édouard en 1553, c’est Marie, la demi-sœur aînée d’Élizabeth, qui lui succède. Mais son fanatisme religieux catholique, ainsi que son mariage impopulaire avec le roi Philippe II d’Espagne, suscitent une terrible réaction de la part des protestants. Élisabeth, fervente anglicane, devient le centre d’intérêt des complotistes qui souhaitent renverser le gouvernement et rétablir le protestantisme. Sa vie est menacée. Arrêtée et envoyée à la Tour de Londres, la jeune fille échappe de justesse au destin de sa mère et est finalement libérée.

Malgré un début de vie tumultueux, Élisabeth monte sur le trône au milieu de l’allégresse générale et son règne sera marqué par une période de prospérité et de rayonnement culturel pour l'Angleterre.

Allégories de la Naissance : Mythes et Symboles

La naissance d'une figure royale est souvent entourée de mythes et de symboles. Les arts visuels, notamment la peinture, ont souvent représenté ces moments de manière allégorique.

Un tableau datant de la Renaissance, par exemple, représente la déesse Lucine avec une torche en main, laquelle venant du ciel présente à la Florence une jeune fille nouvellement née environnée d’une lumière, signe qu’elle devait être la plus grande princesse du monde, laquelle Florence en forme d’une nourrice la tient entre ses bras. Au-dessous sont représentées les Heures en forme d’ange ayant des ailes de papillon qui jettent des fleurs en signe de joie et auprès des Heures un Génie tenant un cornet d’abondance, dans lequel il y a un sceptre, une couronne et une main de justice, marque qu’elle devait être la plus grande Reine du monde. Au-dessus est représenté le Sagittaire, signe céleste qui prédominait en sa naissance. Au-dessous le fleuve Arno représenté par une figure d’homme accompagné d’enfants représentant la fécondité du lieu.

Rubens a limité les Heures à deux jeunes femmes répandant des fleurs au-dessus de l’allégorie de Florence qui reçoit l’enfant. Le Sagittaire disparaît presque dans le halo de lumière dorée tout en haut au centre.

Ces représentations allégoriques soulignent l'importance symbolique de la naissance d'un héritier royal et le destin exceptionnel qui l'attend.

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