Introduction
Le Putois d'Europe (Mustela putorius) est un petit carnivore fascinant de la famille des Mustélidés. Souvent confondu avec son cousin domestique, le furet, le putois sauvage possède des caractéristiques et un statut de conservation qui méritent d'être explorés. Cet article vise à fournir des informations complètes sur le putois, sa biologie, son comportement, son habitat et son statut de conservation.
Caractéristiques physiques et identification
Le putois d'Europe est un mustélidé de taille modeste, plus grand qu'une hermine ou une belette, mais plus petit qu'une martre ou une fouine. Il mesure entre 40 et 60 cm de long et pèse de quelques centaines de grammes à 1,5 kg.
- Silhouette: Comme la plupart des membres de sa famille, le putois présente une forme allongée, une tête petite et plate, des pattes courtes et une queue de taille modeste (10 à 15 cm).
- Pelage: Son pelage est généralement brun à noir, avec une tendance jaunâtre, particulièrement sur les flancs. Le ventre et la queue sont très foncés, presque noirs. Le poil de bourre, plus visible sur les côtés, est jaunâtre. En hiver, le pelage s'éclaircit car le poil de bourre s'épaissit. Le putois mue deux fois par an, au printemps et à l'automne.
- Masque facial: Le museau, les sourcils et l'extrémité des oreilles sont de couleur blanche, contrastant avec le fond brun, formant un « masque » caractéristique. Les oreilles sont petites, arrondies et ourlées de blanc.
- Odeur: Le putois est connu pour son odeur forte et désagréable, qu'il dégage lorsqu'il se sent menacé. Cette odeur est sécrétée par ses glandes anales et lui sert de moyen de défense contre les prédateurs. En latin, "putor" signifie puanteur et "putidus", puant, ce qui explique le nom de l'animal.
Habitat et répartition
Le putois fréquente les lisières forestières, les boisements peu denses, les paysages d'agriculture extensive et divers milieux en mosaïque, avec une prédilection pour les milieux humides. Bon nageur mais mauvais grimpeur, il se plaît dans les marais et au bord des étangs. Il creuse son terrier sous les racines des arbres ou occupe celui d'autres animaux.
Historiquement, le putois était présent sur l'ensemble du territoire continental français, à l'exception d'une extrémité sud-est. Bien que sa répartition soit étendue à toute l'Europe de l'Ouest, l'espèce est absente de l'Islande, de l'Irlande, de la Corse, de la Grèce et des îles de la Méditerranée.
Comportement et régime alimentaire
Le putois est un animal solitaire et territorial, actif principalement la nuit. Il est discret et furtif dans ses déplacements. Son territoire s'étend généralement sur un espace d'un kilomètre carré.
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Son régime alimentaire est varié et opportuniste. Il se nourrit principalement de grenouilles, de crapauds, de mollusques, de petits reptiles et de campagnols. Il peut également dévorer des rats, des souris, des surmulots, des musaraignes, des chauves-souris et des rats musqués. En été, il peut s'attaquer aux lapins de garenne ou à de jeunes lièvres, qu'il saigne à mort avant de se nourrir de certains de leurs organes.
Reproduction
Le putois est polygyne, le mâle fréquentant les domaines d'une à trois femelles pendant la période de reproduction, qui s'étend de mars à mai, voire jusqu'à mi-juin. L'accouplement provoque l'ovulation chez la femelle.
La femelle donne naissance à une seule portée par an, comprenant de trois à dix petits de 7 cm de long. Les bébés naissent aveugles et dotés d'un très fin duvet à peine visible. Ils atteignent leur taille adulte à l'âge de trois mois.
Statut de conservation et menaces
Bien qu'à l'échelle mondiale l'espèce soit évaluée dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC), son déclin est avéré ou soupçonné dans 20 pays européens, dont la France. En 2017, le Putois d'Europe a été classé « Quasi-menacé » (NT) sur la Liste rouge nationale des mammifères de France métropolitaine. La tendance de la population française est en « diminution » pour l'ensemble de son aire de répartition métropolitaine, et l'état de conservation du Putois en France est défavorable du point de vue de l'Europe.
Plusieurs facteurs contribuent au déclin du putois :
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- Destruction des habitats: L'urbanisation croissante, la destruction des zones humides, l'assèchement des sols pour leur mise en culture et la disparition des haies réduisent l'habitat disponible pour le putois.
- Piégeage: Bien qu'il contribue à limiter la prolifération de certaines espèces, le putois était classé comme nuisible en France, ce qui a entraîné une chasse injuste, notamment par le piégeage.
- Confusions: Le putois est souvent confondu avec le vison d'Europe, qui est de taille similaire, ce qui peut entraîner des erreurs de gestion et de conservation.
Le Putois et le Furet
On a souvent tendance à confondre le Putois avec le Furet (Mustela putorius furo), mais ce dernier est en réalité une forme domestiquée du Putois d’Europe. Le furet aurait divergé de la sous-espèce type il y a 340 000 ans. C’est cette forme, dont la présence est connue en Afrique du Nord depuis l’Antiquité, qui a été domestiquée.
Le furet est un animal domestique issu de la domestication du putois au cours du 1er millénaire avant J.C. C'est une espèce qui n’existe pas à l’état sauvage. Traditionnellement, il était utilisé pour la chasse aux rongeurs, grâce à son corps long et flexible, idéal pour se faufiler dans des espaces étroits.
Aujourd'hui, le furet est un animal de compagnie apprécié, connu pour son caractère joueur et curieux. La plupart des furets vivent en semi-liberté, la cage étant utilisée lorsqu'il ne peut être surveillé.
Le putois sur l'Île de Ré
Sur l’île de Ré, le putois a été introduit par les chasseurs de lapins. La pratique du furetage, qui consiste à introduire un ou plusieurs furets dans les garennes pour en chasser les lapins, a libéré de nombreux individus dans la campagne rétaise. Selon l'ONCFS, il y aurait environ 80 furets rien que sur Sainte-Marie-de-Ré. Il faudra vraisemblablement réguler cette présence si elle devait se maintenir puis se développer sur l’île.
Protection et conservation
La Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) alerte sur le déclin de cette espèce et milite pour que le Ministère de l’écologie l’inscrive sur la liste des mammifères protégés en France. En raison de son utilité reconnue, ce petit animal devrait être bien mieux protégé.
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