La migraine est une maladie neurologique courante qui touche environ 15 % des adultes, plus fréquemment les femmes entre 30 et 40 ans. Pour certaines femmes, le cycle hormonal est un facteur déclenchant majeur. La migraine cataméniale, également appelée migraine menstruelle ou hormonale, se caractérise par sa survenue au moment des règles ou à leur approche, en lien direct avec les fluctuations hormonales, notamment la chute des œstrogènes. Bien que souvent intense et invalidante, cette forme de migraine n'est pas une fatalité et des solutions existent pour la gérer efficacement.
Qu'est-ce que la Migraine Cataméniale ?
La migraine cataméniale est une forme spécifique de migraine liée aux variations hormonales du cycle menstruel, en particulier la chute du taux d'œstradiol. Elle se manifeste généralement dans les deux jours précédant les règles ou pendant les premiers jours de la menstruation. La migraine cataméniale concerne environ 1 femme sur 10.
Migraine menstruelle liée aux menstruations (MRM)
La migraine liée aux menstruations (MRM) touche 90 % des femmes atteintes et survient entre J-2 et J+3 du cycle dans au moins deux cycles menstruels sur trois, J1 correspondant au premier jour des règles. Elle peut également être caractérisée par la survenue de crises supplémentaires en dehors du cycle.
Migraine cataméniale pure
La migraine cataméniale pure est rare, représentant seulement 7 % des patientes migraineuses. Elle apparaît exclusivement au moment des règles et ne s’accompagne pas d’aura.
Migraine aggravée en période de menstruations
Il existe des migraines qui sont aggravées en période de menstruations. Autrement dit, les crises de migraine se manifestent n’importe quand, mais sont plus fréquentes ou plus intenses pendant les règles.
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Symptômes de la Migraine Cataméniale
Les symptômes de la migraine cataméniale ne diffèrent pas de ceux d’une migraine classique sans aura :
- Maux de tête intenses : La douleur est plutôt violente et a systématiquement un caractère pulsatile. Elle peut être modérée ou intense. La douleur est localisée au niveau de la tempe ou au-dessus de l’œil et est majoritairement unilatérale. La douleur migraineuse évolue rapidement, atteignant son intensité maximale en deux à quatre heures en moyenne.
- Nausées et vomissements : Les vomissements sont une manifestation particulièrement difficile à vivre. Des médicaments antiémétiques peuvent être prescrits pour calmer les nausées et les vomissements.
- Hypersensibilité à la lumière et au bruit (photophobie et phonophobie) : Les patientes décrivent très souvent une phonophobie (sensibilité au bruit) et une photophobie (sensibilité à la lumière).
- Autres symptômes : Certaines patientes peuvent ressentir une certaine fatigue ou irritabilité juste avant que la crise ne survienne. Les activités du quotidien, les mouvements et la toux sont des facteurs aggravants.
Comparées aux migraines non menstruelles, les migraines cataméniales sont généralement sans aura (symptômes neurologiques visuels) et durent plus longtemps (parfois au-delà de la limite de 72 heures). Sans traitement, une crise de migraine cataméniale dure plus longtemps par rapport aux crises classiques, s’étendant généralement sur un jour ou deux au lieu de plusieurs heures.
Facteurs Déclenchants et Mécanismes
Chez la femme touchée par les migraines cataméniales, ce sont les variations hormonales qui induisent les crises. Il s’agit d’une hyperexcitabilité neuronale. Les fluctuations des hormones sexuelles féminines jouent un rôle important dans la physiopathologie de la migraine menstruelle.
- Chute des œstrogènes : La chute brutale du taux d'œstradiol endogène, qui atteint son minima en général le 1er jour des règles, mais parfois jusqu'à 5 jours avant, constitue un puissant facteur déclenchant. La chute brutale du taux d'œstrogènes et de progestérone à la fin de la phase lutéale et au début de la phase folliculaire du cycle peut être responsable du déclenchement des crises juste avant les règles.
- Hyperexcitabilité neuronale : Une migraine est la conséquence de l’hyperexcitabilité électrique des cellules nerveuses (ou neurones).
- Dilatation des vaisseaux cérébraux : La douleur de la crise migraineuse est expliquée par une dilatation des vaisseaux cérébraux du fait de leur sollicitation par les nerfs. Le facteur déclenchant provoque une constriction trop rapide des vaisseaux sanguins cérébraux. En réaction un neuropeptide vasodilatateur, messager de la douleur et pro-inflammatoire appelé CGRP (anti-calcitonin gene-related peptide) est sécrété. Toute une chaine de réponses se met en place, comme la libération de sérotonine.
- La migraine cataméniale n’est pas due à une anomalie hormonale.
Diagnostic de la Migraine Cataméniale
Le diagnostic d’une migraine cataméniale est identique à celui des migraines classiques. Autrement dit, il repose sur l’examen clinique de la patiente et sur l’interrogatoire du médecin. Le diagnostic d’une migraine cataméniale est réalisé par le médecin traitant selon les symptômes décrits par la patiente.
Pour aiguiller le médecin, il peut être utile de tenir un calendrier des crises en prenant soin de noter la date, l’heure et la durée de chaque crise.
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Traitements et Prise en Charge de la Migraine Cataméniale
La prise en charge de ce type de migraine implique la prescription d’antalgiques non spécifiques, et d’antimigraineux. La médecine allopathique propose aux patientes atteintes de migraines cataméniales différentes possibilités de traitement, allant des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) à la prise d’anti-migraineux spécifiques comme les triptans.
Traitements médicamenteux
- Antalgiques non spécifiques : En première intention, ce sont les antalgiques non spécifiques qui sont recommandés, à savoir les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui doivent être pris le plus précocement possibles pour être efficaces. Une association aspirine et anti-nauséeux (métoclopramide) peut être envisagée en cas de nausées associées aux maux de tête.
- Antimigraineux spécifiques : Dans un second temps, lorsque les traitements non spécifiques ont montré leurs limites, des médicaments spécifiques de la crise migraineuse sont prescrits. Il s’agit des triptans ou des dérivés ergotés. Les triptans permettent de réduire le phénomène à l’origine des douleurs de dilatation des vaisseaux sanguins présents dans le cerveau. Ils peuvent être associés aux AINS. Les dérivés ergotés sont prescrits en cas de contre-indication aux triptans. Ils ne doivent pas être associés avec ces derniers. Les triptans, spécifiques aux migraines, peuvent être utilisés en traitement de crise lorsque les AINS sont insuffisants.
- Traitement hormonal préventif : Dans le cas spécifique des migraines cataméniales, le médecin peut parfois préférer prescrire un traitement hormonal préventif. Il se présente sous forme de patch ou de crème et assure la libération d’œstrogènes. La prescription d’un contraceptif oral à prendre en continu est une autre alternative lorsque la patiente souhaite une contraception. Il est alors aussi possible de choisir un contraceptif oral à prendre en continu ou avec des fenêtres d'interruption raccourcies à quatre ou deux jours.
- Contraception : La contraception peut aider à calmer les migraines cataméniales, mais elle en est parfois responsable. En effet, certaines femmes prenant la pilule œstroprogestative connaissent des crises lors des 7 jours d’arrêt entre deux plaquettes. C’est également le cas avec les patchs ou les anneaux vaginaux. A noter que parfois, la contraception est à l’origine des crises ou de leur exacerbation.
Alternatives naturelles
De nombreuses femmes privilégient aujourd’hui un traitement naturel contre les migraines liées au cycle.
- Bandeau migraine froid : L’utilisation d’un bandeau migraine froid, placé sur le front ou la nuque, peut apporter un soulagement rapide en début de crise. Le froid provoque une vasoconstriction des vaisseaux dilatés, ce qui diminue la pression et la douleur pulsatile caractéristiques des migraines.
- Huile essentielle de menthe poivrée : Vous pouvez appliquer des huiles essentielles, notamment celles à la menthe poivrée, en massage sur les tempes si cela vous aide à soulager votre migraine cataméniale. Elles peuvent être une aide à la détente, mais attention car elles peuvent être toxiques pour certaines personnes. L’huile essentielle de menthe poivrée est notamment un indispensable dans la trousse de secours des migraineux ! Sa richesse en menthol lui confère des vertus rafraîchissantes et antalgiques, amenuisant le processus d’inflammation et de douleur. En cas de migraine, diluez 2 à 4 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée dans une base neutre ou une huile végétale. Massez en petits cercles le front, les tempes et la nuque, à la base du crâne. A l’application sur le front et les tempes, faites attention à ne pas vous approcher des yeux au risque d’éprouver une sensation de brûlure.
- Magnésium : Le magnésium, vital pour notre fonctionnement, permettrait selon plusieurs études scientifiques de réduire la fréquence des migraines d’en moyenne 40% ainsi que l’intensité de la douleur lors des crises. On a remarqué que pendant une crise, la moitié des migraineux ont un déficit de magnésium. Par ailleurs, le stress, un déclencheur connu de migraines, augmente l’élimination de magnésium dans l’urine et pourrait causer un déficit.
- Vitamine B2 : La vitamine B2 fait fonctionner le métabolisme énergétique des cellules du corps. Il a été démontré de plusieurs façons que, pendant une crise de migraine, le métabolisme énergétique du cerveau est significativement perturbé. Le but de l’augmentation de l’apport de vitamine B2 est de le stabiliser. Une étude scientifique a rapporté qu’après 3 mois, 59% des migraineux qui ont pris de la vitamine B2 ont vu la fréquence de leurs crises diminuer de moitié alors que ça n’a été le cas que pour 15% des migraineux qui ont pris un placebo.
- Soutien du foie : Le soutien du foie, essentiel dans le métabolisme des œstrogènes. Le foie assure, entre autres, le nettoyage de notre organisme. Il évacue par le biais de la bile une partie de nos déchets métaboliques, dont les hormones sexuelles. Les feuilles et les semences de chardon-marie (Silybum marianum) possèdent une action cholagogue, cholérétique, antioxydante mais aussi hépatoprotectrice en régénérant les cellules hépatiques.
- Plantes régulatrices hormonales : Certaines plantes comme l’actée à grappes noires, l’angélique chinoise (dong quai) ou le gattilier sont reconnues pour leur action régulatrice sur les hormones féminines. Pour le gattilier (Vitex agnus-castus), les recherches ont bien démontré une activité bénéfique sur le syndrome prémenstruel et les irrégularités du cycle. Les sommités fleuries et les fruits sont recommandés comme régulateurs de la balance hormonale.
- Bourgeons : Le bourgeon de figuier (Ficus carica), régule une trop grande émotivité. Calmant, il aide à lutter contre l'anxiété́ par une action profonde sur le système neuro-endocrinien. Il permet de limiter les émotions trop fortes et de diminuer la sensibilité aux agents stresseurs. Il calme les palpitations et il est également anti-inflammatoire. Le bourgeon d’aulne glutineux (Alnus glutinosa) est un remède efficace du système circulatoire.
- Grande camomille (partenelle) : Les feuilles et les parties aériennes fleuries de grande camomille (Tanacetum parthenium), appelée aussi partenelle, sont recommandées par l’OMS dans le traitement préventif de la migraine. Ce sont les parthénolides, des lactones sesquiterpéniques comme on en rencontre fréquemment chez les Astéracées, qui sont responsables de ce bénéfice.
- Macérât huileux de camomille matricaire : Pour cela remplissez une cuillère à café de macérât huileux de camomille matricaire, connu pour soulager les maux de tête, et ajoutez 1 goutte d’huile essentielle de menthe poivrée. Massez délicatement les tempes, le front et la nuque. La camomille matricaire est connue pour soulager les maux de tête, les douleurs dentaires des bébés et les névralgies faciales.
- Acupuncture : L’acupuncture, issue de la médecine traditionnelle chinoise, est particulièrement indiquée pour agir à la fois sur la douleur et le déséquilibre hormonal.
En dehors des repas, du 8ème au 21ème jour (inclus) du cycle menstruel diluez 10 gouttes matin et soir dans un fond d’eau peu minéralisée de chacun des cinq extraits de plantes (extraits hydroglycérinés de bourgeons frais et extraits hydro-alcooliques de plantes fraîches). Une semaine avant l’arrivée des règles, il est possible de se supplémenter en huiles de bourrache et d’onagre.
Approches ostéopathiques
En ostéopathie, les migraines et céphalées représentent le quatrième motif de consultation et les résultats de diverses études scientifiques indiquent que les ostéopathes auraient des effets favorables sur ce trouble. Les approches ostéopathiques peuvent inclure :
- Débloquer les lombaires et le bassin : Un blocage peut majorer la congestion des plexus veineux utérin et sacré, entraînant des tensions sur la dure-mère et favorisant alors l’apparition de stases sanguines et de migraines.
- Travailler au niveau du crâne : En équilibrant les tensions ligamentaires et membraneuses. Par le biais du liquide céphalo-rachidien, il pourrait jouer sur l'axe hypothalamo-hypophysaire et la régulation de la production des hormones sexuelles. De plus, le manque de mobilité suturale au niveau des os du crâne peut être un facteur contributif de la migraine.
- Agir sur le système nerveux autonome : En augmentant temporairement l’expression du système orthosympathique ou parasympathique. Utiliser ces techniques permettrait un traitement de l’étiologie, essentiellement hormonale, des migraines cataméniales.
- Travailler au niveau des viscères : En libérant mécaniquement les organes adjacents, le but est d’améliorer l’apport sanguin au niveau des ovaires et aider à équilibrer les variations des taux œstrogéniques dans le sang. Par un manque de mobilité des diaphragmes thoracique et pelvien, le retour veineux peut également être perturbé drainant moins bien les œstrogènes et engendrant une congestion du bassin.
Importance de l'Hygiène de Vie
La régularité et la stabilité dans l’hygiène de vie ne doivent pas être négligées. Le sommeil doit être suffisant et régulier. Il sera nécessaire de privilégier une alimentation riche en fruits et légumes frais de saison.
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Localisation de la Douleur et Migraines
Global Medical Institute se focalise sur la localisation de douleurs pendant une crise de migraines et identifie trois catégories principales de migraines : les migraines frontales, les migraines occipitales et les migraines temporales. Il est très important que vous sachiez situer la douleur, le point de départ de votre douleur, afin que les médecins puissent proposer un traitement adéquat. Si le point de départ de la douleur est cohérent avec les nerfs ou les vaisseaux coincés, c’est là que les médecins et chirurgiens peuvent agir.
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