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Métrite aiguë post-partum: Causes, symptômes et traitements

La métrite post-partum est une infection utérine aiguë qui survient après la mise-bas et qui nécessite une prise en charge rapide. Cet article aborde en détail les causes, les symptômes, les méthodes de diagnostic et les traitements disponibles pour cette condition.

Qu'est-ce que la métrite post-partum?

La métrite post-partum est une infection aiguë de l'utérus qui survient après la mise-bas. Lors de la mise-bas, le col de l’utérus reste ouvert pendant un certain temps, facilitant l’entrée de bactéries opportunistes, notamment Escherichia coli, mais aussi Streptococcus spp. et Staphylococcus spp.

Pyomètre et métrite: Quelle différence?

Il est important de distinguer la métrite du pyomètre, une autre infection utérine. Le pyomètre (aussi appelé métrite) est une infection grave de l’utérus caractérisée par une accumulation de pus à l’intérieur de la cavité utérine. Il s’agit d’une urgence vétérinaire fréquente chez les chiennes non stérilisées, principalement après leurs chaleurs. On distingue deux types de pyomètre:

  • Pyomètre ouvert: le col de l’utérus est partiellement ouvert, permettant l’écoulement d’un pus épais, jaunâtre ou brunâtre, parfois malodorant.
  • Pyomètre fermé: le col de l’utérus est complètement fermé, empêchant le pus de s’échapper.

Causes de la métrite post-partum

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition de la métrite post-partum:

  • Infection bactérienne: Après l’œstrus, la phase de diœstrus est caractérisée par une sécrétion élevée de progestérone pendant plusieurs semaines. Les bactéries les plus fréquemment impliquées dans le pyomètre proviennent de la flore vaginale normale et remontent dans l’utérus. Escherichia coli est souvent l'initiateur de la prolifération bactérienne excessive. La bactérie facilite l'installation et le développement d'Arcanobacterium (pyogenes). Le pouvoir pathogène de ce dernier est favorisé par l'installation de Bacteroides spp et Fusobacterium necrophorum. F. necrophorum et B. melaninogenicus inhibent la phagocytose d'A. pyogenes et inversement. A. pyogenes synthétise un facteur favorable au développement de F. necrophorum. L'installation de cette combinaison bactérienne non spécifique serait favorisée par une défense immunitaire utérine altérée.
  • Rétention placentaire: On considère qu’il y a une rétention placentaire (ou non-délivrance) quand le placenta n’est pas sorti dans les 12 heures post-partum. Les structures fœtales (ou annexes) et maternelles (la muqueuse de l’utérus) sont étroitement imbriquées, mais uniquement au niveau de 60 à 120 cotylédons. Ces « points d’attaches » peuvent facilement entrainer une déchirure au niveau du placenta. Un morceau de placenta va alors rester dans la cavité utérine et provoquer des infections.
  • Mise-bas difficile: La métrite est une infection de l’utérus qui suit le plus souvent une mise-bas difficile. Un vêlage difficile avec une blessure du col de l'utérus ou du vagin peut entraîner une infection.
  • Facteurs liés à l'alimentation: La préparation à la mise-bas permet d’éviter les non délivrances. Lors du tarissement, attention à la ration qui doit être équilibrée afin d’éviter les excès. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation semble également être des aliments prédisposants.
  • Faiblesse immunitaire: Quand l’immunité de la vache est bonne, la matrice utérine évacue de manière naturelle et spontanée ses microbes banaux. Un défaut d’immunité chez la vache (particulièrement dû à des carences en calcium, vitamine E, sélénium et magnésium) peut favoriser l'infection.
  • Hygiène: Un défaut d’hygiène dans la zone de vêlage (litière souillée, humidité élevée, …) peut également contribuer à l'apparition de la métrite.

Symptômes de la métrite post-partum

La métrite post-partum peut se manifester par divers symptômes, dont:

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  • Écoulements vulvaires: Présence d’écoulements nauséabonds au niveau de la vulve dans les 10 jours suivant le vêlage avec parfois atteinte de l’état général (abattement, hyperthermie). En cas de métrite perpuérale:Présence d’écoulements nauséabonds au niveau de la vulve dans les 10 jours suivant le vêlage avec parfois atteinte de l’état général (abattement, hyperthermie). Les écoulements vaginaux mucopurulents nauséabonds et sanieux, ainsi qu'une vulve gonflée.
  • Atteinte de l'état général: L’état général de l'animal peut être atteint avec augmentation de la température, abattement, anorexie et baisse importante de la production laitière. De manière générale, on observe un abattement marqué, une perte d’appétit et parfois de la fièvre.
  • Fièvre: Une hyperthermie transitoire (39,5 °C).
  • Baisse de la production laitière: La métrite a des conséquences sur la reproduction.
  • Anorexie: Perte d’appétit.
  • Distension utérine: Une distension de l’utérus.
  • Signes moins spécifiques: La chienne peut aussi boire et uriner plus que d’habitude (polyuro-polydipsie), signe fréquent mais non systématique.

Métrite aiguë vs. Endométrite

Il est important de distinguer la métrite aiguë de l'endométrite. Les métrites aigües apparaissent après vêlage, suite à des lésions dues à l’explusion du veau, tandis que les endométrites sont visibles au-delà de 3 semaines après vêlage. Les symptômes visibles de l’endométrite sont principalement locaux: des écoulements au niveau de la vulve, au-delà de 3 semaines post-vêlage, des problèmes de reproduction (pas de retour en chaleur, cycle déréglé, échec à l’IA, …), malgré un maintien de l’état général de la vache.

Diagnostic de la métrite post-partum

Le diagnostic de la métrite post-partum repose sur plusieurs éléments:

  • Anamnèse: Lors de la consultation, le vétérinaire interroge le propriétaire sur les symptômes observés et l’historique de la chienne, notamment la date des dernières chaleurs. Un pyomètre apparaît souvent quelques semaines après celles-ci.
  • Examen clinique: L'amélioration du dépistage d'une métrite puerpérale aiguë passe par la mise en évidence de l'hyperthermie transitoire, puis par l'examen systématique de l'appareil génital à partir d'une température de 39,5 °C, ainsi que par une surveillance accrue des animaux à risque. A la palpation transrectale, l'utérus est flasque, non contractile, parfois cartonné.
  • Examens complémentaires: Pour confirmer le diagnostic, l’échographie abdominale est l’examen de choix. Elle permet de visualiser un utérus distendu contenant du liquide anéchogène (pus). Des analyses sanguines sont souvent réalisées. Une numération formule sanguine peut révéler une leucocytose (augmentation des globules blancs) en cas d’infection, et une biochimie sanguine peut montrer des signes d’atteinte rénale si la maladie est avancée. Le vétérinaire peut proposer une mise en culture des pertes vaginales, afin de déterminer quel antibiotique est le plus approprié pour éliminer les micro-organismes décelés.

Traitement de la métrite post-partum

Le traitement de la métrite post-partum dépend de la gravité de la maladie et de l’état général de l’animal.

  • Traitement antibiotique: Antibiotiques par voie générale (respect de la posologie et des délais d’attente). Un traitement antibiotique systémique répond mieux aux exigences de traitement de la septicémie et de concentrations thérapeutiques au niveau de l'ensemble de l'appareil génital. Tétracyclines et céphalosporines sont actives. Les essais comparatifs entre ces deux familles n'ont pas montré de différence d'efficacité pour la guérison clinique.
  • Traitement local: Antibiotiques par voie intra-utérine. Le traitement intra-utérin au moyen d’instillation de chlortétracycline (5 g) bihebdomadaire pendant deux semaines.
  • Anti-inflammatoires: Anti-inflammatoires.
  • Soutien général: Et pour le rétablissement de l’état général : réhydratation par voie veineuse, favoriser la rumination. Dans certains cas, une réhydratation par perfusion peut s’avérer utile.
  • Hormonothérapie: Traitement hormonal : Prostaglandines au-delà de 15 jours après vêlage.
  • Ovario-hystérectomie: L’ovario-hystérectomie (stérilisation avec ablation de l’utérus et des ovaires) est le traitement de choix, surtout en cas de pyomètre fermé ou d’état général altéré. Cette intervention permet d’éliminer définitivement l’infection et de prévenir toute récidive. Avant la chirurgie, la chienne est stabilisée avec une perfusion intraveineuse, des antibiotiques et parfois des anti-inflammatoires.

Détails de l'ovario-hystérectomie

  1. Préparation de la chienne: Avant l’intervention, la chienne est stabilisée avec une perfusion intraveineuse afin de corriger une éventuelle déshydratation et prévenir l’hypotension liée à l’anesthésie. Des antibiotiques sont administrés pour limiter la dissémination bactérienne.
  2. Anesthésie et installation: L’animal est placé sous anesthésie générale avec intubation pour assurer une ventilation correcte. Il est positionné en décubitus dorsal (sur le dos) sur une table chirurgicale.
  3. Incision et extraction de l’utérus infecté: Le chirurgien réalise une incision médiane sur l’abdomen (laparotomie). L’utérus est identifié et délicatement extériorisé. En cas de pyomètre, il est très dilaté et fragile, ce qui nécessite des manipulations précautionneuses pour éviter sa rupture. Les ligaments ovariens sont clampés et sectionnés, puis les ovaires et l’utérus sont ligaturés et retirés en un seul bloc.
  4. Fermeture et réveil: Après un contrôle minutieux de l’hémostase (absence de saignement), la cavité abdominale est rincée avec du sérum physiologique. La paroi est refermée en plusieurs plans (muscles, tissu sous-cutané, peau) avec des points de suture. La chienne est ensuite réveillée sous surveillance stricte.
  5. Soins post-opératoires: Après son retour à domicile, des antibiotiques et des antalgiques sont prescrits. Il est important de limiter l’activité physique et d’empêcher la chienne de lécher la plaie (collerette ou body de protection).

Traitements complémentaires

Les traitements phtyothérapeuthiques peuvent s’avérer efficace lors d’affections utérines. Les extraits de plantes peuvent être administrés par voie orale 1 à 2 fois par jour pendant 5 jours environ. Les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution et parcimonie. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Prévention de la métrite post-partum

La prévention est cruciale pour éviter l’apparition de métrites.

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  • Hygiène: Il convient de veiller à l’hygiène des locaux et zones dans lesquels évolue la vache à l’approche du vêlage. Il faut à tout prix réduire le risque d’infections lors du vêlage. Pour cela, la litière doit être propre, sèche et n’avoir connu aucun animal malade.
  • Préparation à la mise-bas: Si les causes des métrites ne sont ni infectieuses ni obstétricales, l’état d’engraissement des vaches lors de la préparation au vêlage et la composition de l’alimentation doivent être examinés. L’objectif est d’avoir des vaches avec une note d’état corporel (NEC) autour de 3, de la phase de tarissement jusqu’au vêlage.
  • Alimentation équilibrée: La complémentation minérale et vitaminique est indispensable, notamment en : sélénium : stimule la contraction utérine, calcium : de faibles taux de calcium contribuent à l’apparition des rétentions placentaires, vitamine A : répare les tissus épithéliaux qui tapissent les organes, vitamine E : possède des propriétés anti-oxydantes et maintient ainsi l’intégrité cellulaire.
  • Intervention lors du vêlage: Il a été prouvé que plus l’humain intervient pendant le vêlage, plus le risque de métrite est élevé. En cas d’intervention, même si vous êtes dans l’urgence, pensez absolument à laver la région périnéale avec un désinfectant, du savon et de l’eau tiède et désinfecter les équipements d’intervention.
  • Stérilisation: La stérilisation est la méthode la plus efficace pour prévenir non seulement la métrite, mais aussi d'autres maladies liées au système reproducteur, telles que les pyomètres. En faisant stériliser la chienne avant ses premières chaleurs ou après sa dernière portée, on élimine tout risque d'infection utérine.

Impacts économiques de la métrite

La métrite peut entraîner d’importants coûts économiques pour les éleveurs de vaches laitières. Outre les coûts liés aux traitements, il y a également une réduction de la production laitière chez les animaux atteints de métrites. Les pertes économiques peuvent devenir importantes puisque les résultats de reproduction se dégradent, ce qui cause des coûts d’insémination plus élevés, un taux de réforme plus important et un allongement de l’intervalle vêlage - 1è IA fécondante. La métrite puerpérale aiguë a des incidences économiques qui sont loin d'être négligeables. Elles s'élèvent en moyenne à 6 € par vache présente et par an.

Coût des traitements

Le prix de l’ovario-hystérectomie pour traiter un pyomètre chez la chienne peut varier en fonction de plusieurs facteurs, tels que la clinique vétérinaire, la région, l'état de l'animal et les soins supplémentaires nécessaires. Le coût total peut donc se situer entre 300 € et 1 500 € selon les facteurs mentionnés ci-dessus et le degré d'urgence. Le coût total de la stérilisation chez la chienne peut donc se situer entre 200 € et 600 € en fonction de ces différents facteurs. Le tarif d’une consultation vétérinaire de base est généralement compris entre 30 € et 60 €. En moyenne, le coût de l’opération pour retirer les tumeurs mammaires se situe entre 200 € et 1000 €.

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