L'œuvre d'Arthur Rimbaud, notamment son poème "Les Premières Communions", offre une perspective riche et complexe sur la religion, la condition féminine et la société du XIXe siècle. Ce poème, souvent associé à l'idéologie communarde, met en lumière les effets du "bourrage de crâne" religieux et les inégalités de genre persistantes sous la Troisième République. L'analyse de ce poème révèle une critique acerbe des institutions religieuses et une profonde empathie envers la souffrance des jeunes filles soumises à un endoctrinement rigide. Parallèlement, l'étude de la ménopause révèle des parallèles surprenants avec l'adolescence, notamment en ce qui concerne les dérèglements hormonaux et les troubles du comportement.
Contexte historique et interprétation politique
Composé en juillet 1871, peu après la Semaine sanglante, "Les Premières Communions" témoigne de la colère et du dégoût de Rimbaud face au retour à l'ordre conservateur. Ce poème, ainsi que "Ce qu'on dit au Poète à propos de fleurs" et "L'Homme juste", constitue une mise en cause véhémente de figures littéraires telles que Théodore de Banville et Victor Hugo, que Rimbaud jugeait compromises politiquement.
La violence antichrétienne exprimée dans "Les Premières Communions" est intrinsèquement liée à l'idéologie communarde du poète. Bien que certains détails de son argumentation puissent se retrouver chez des auteurs non communards, voire anti-communistes, le poème possède un sens synchronique qui n'aurait échappé ni aux Communards ni aux Versaillais de l'époque.
La condition féminine au cœur du poème
Au-delà de la critique religieuse, "Les Premières Communions" s'intéresse de près à la condition féminine sous la Troisième République. Rimbaud met en lumière la souffrance des jeunes filles soumises à un endoctrinement religieux rigide et les conséquences néfastes de cette oppression sur leur épanouissement personnel.
Contrairement à certains commentateurs qui estiment que Rimbaud met en cause la femme dans ce poème, il semble que l'auteur s'intéresse avant tout à la communiante, révélant sa souffrance et dénonçant la responsabilité de l'homme dans sa misère. La déception de l'homme est secondaire par rapport à la détresse de la jeune fille.
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Analyse du poème : Églises, campagnes, paysans
Le poème peut être divisé en deux parties distinctes. La première section dépeint les effets et le rôle de la religion dans un cadre paysan, tandis que la seconde section relate la crise psychique vécue par une adolescente dans un contexte sociologique différent.
L'église, en tant qu'institution, est engagée dans une lutte contre la Nature et contre toutes ses manifestations chez l'homme, en particulier la sexualité. Rimbaud se penche sur les pratiques religieuses des paysans, soulignant le lien étymologique entre "païen" et "paysan". Bien que les paysans soient souvent perçus comme la partie la plus religieuse de la nation, leur rapport à la nature est avant tout utilitaire. Ils acceptent la présence de l'église, mais sans pour autant être considérés comme de fervents croyants.
Le poème s'ouvre sur une description des églises de village, présentées comme des éléments intégrés au paysage rural. L'église fait partie intégrante de la campagne française, la terre entrant dans l'église par l'intermédiaire des paysans.
La nature et la sexualité dans le poème
La nature, pour Rimbaud, est habitée de forces sexuelles. Elle est la "campagne en rut". Le mot "rut", suivi de l'adjectif "solennelle", affirme l'importance et la grandeur de ces phénomènes naturels, dépassant l'antinomie apparente entre le sublime et le grotesque.
Les "pilosités" du paysage peuvent être interprétées comme une représentation de la sexualité de la nature. La description des "arbrisseaux brûlés où bleuit la prunelle, des nœuds de mûriers noirs et de rosiers fuireux" est riche en connotations corporelles.
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La porosité de l'église s'étend donc naturellement au domaine de la sexualité. Les jeunes filles vont à l'église pour se faire regarder par les garçons, une scène dépeinte par de nombreux auteurs de l'époque. À la sortie de l'église, les jeunes femmes rencontrent les garçons qui, eux, "narguent au café les maisons importantes", lieux de perdition et de subversion où l'on lit des journaux antigouvernementaux.
Parallèles entre adolescence et ménopause
L'étude de la ménopause révèle des parallèles surprenants avec l'adolescence, notamment en ce qui concerne les dérèglements hormonaux et les troubles du comportement. Les femmes et les médecins s'accordent à dire que "l'âge où cesse la menstruation oscille dans des limites assez étendues, comme le moment où s'établit la puberté".
L'irrégularité menstruelle est une caractéristique commune à l'adolescence et à la ménopause. Ces deux périodes sont des ruptures brusques dans le circuit sanguin, des moments de passage d'un système à un autre. Le sang semble hésiter, chercher sa nouvelle voie.
Les troubles du comportement observés à l'adolescence peuvent également se manifester à la ménopause. Ainsi, les femmes peuvent éprouver des "exagérations sensorielles" qui se traduisent par des délires religieux ou des perversions des sens.
Sublimation et retour à l'adolescence
Face à la diminution de leur activité hormonale, certaines femmes peuvent sublimer leur existence en transportant leur énergie dans le travail, dans le dévouement aux bonnes œuvres. Cependant, d'autres peuvent adopter des attitudes d'adolescente, cherchant à "faire les jeunes" et à retrouver une seconde jeunesse.
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Ce retour vers des attitudes d'adolescente peut se traduire par des changements vestimentaires, un intérêt accru pour l'apparence physique et des comportements impulsifs. Certaines femmes peuvent même développer des troubles du comportement alimentaire, tels que l'anorexie ou des envies de choses absurdes.
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