En cas de troubles de l'ovulation ou de difficultés à concevoir, il est possible d'avoir recours à des traitements pour augmenter les chances de tomber enceinte. Ces traitements, appelés inducteurs de l'ovulation, visent à stimuler l'ovulation chez les personnes qui ont du mal à concevoir. Ils peuvent être prescrits seuls, dans le cadre d'une insémination artificielle ou d'une fécondation in vitro.
Quand envisager les médicaments pour stimuler l'ovulation ?
Ces traitements sont généralement prescrits lorsqu'un couple ne parvient pas à concevoir un enfant après une période de deux ans, en raison d'un trouble de l'ovulation, d'une pathologie telle que l'endométriose, d'une anomalie de l'interaction glaire-spermatozoïde ou d'une stérilité masculine ou féminine.
Les différents types de médicaments inducteurs de l'ovulation
Il existe principalement deux catégories de médicaments utilisés pour stimuler l'ovulation : le Clomid et les gonadotrophines.
Le Clomid (citrate de clomifène)
Le Clomid est un traitement oral qui se présente sous forme de comprimés à prendre quotidiennement, généralement à raison de 1 ou 2 comprimés par jour pendant 5 jours par cycle. La prise débute entre le 2e et le 5e jour après le premier jour des règles.
Mécanisme d'action : Le clomifène agit en bloquant les récepteurs aux œstrogènes au niveau de l'hypothalamus, lui faisant ainsi "croire" que le taux d'œstrogène circulant est trop bas. L'hypothalamus donne alors l'ordre à l'hypophyse de sécréter plus de FSH et de LH. L'élévation de la FSH stimule la croissance du follicule ovarien qui libère à son tour de grandes quantités d'œstrogène.
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Indications : Le Clomid est principalement utilisé chez les femmes qui présentent un trouble de l'ovulation isolé lié à un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Il peut également être utilisé dans le traitement des infertilités dues à un dérèglement hormonal, le diagnostic et le traitement de certaines aménorrhées, notamment celles qui peuvent suivre l'arrêt d'une contraception orale, et le déclenchement de l'ovulation chez les femmes ayant recours à la fécondation in vitro.
Surveillance : La surveillance se fait par une échographie réalisée vers le 12ème jour du cycle, éventuellement complétée par des dosages hormonaux, et éventuellement répétée si elle est trop précoce dans le cycle.
Efficacité : L'efficacité de ce traitement est bonne avec environ 70 % d'ovulation par cycle et un taux de grossesse de 30 à 35 %. La majorité des grossesses est obtenue au bout de 3 mois de traitement. Par conséquent, il n'est pas conseillé de prolonger ce traitement au-delà de 6 mois.
Contre-indications : Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants : maladie grave ou récente du foie, saignement génital intermittent (l'origine de ce saignement doit être déterminée par des examens avant la mise en route du traitement), cancer hormonodépendant, certains kystes de l'ovaire, troubles de la vue pendant le traitement ou lors de traitements précédents.
Effets indésirables possibles : Stimulation excessive des ovaires (voir Attention), diminution de la production de glaire cervicale, apparition ou aggravation d'une endométriose, sensibilité des seins, règles plus abondantes, saignement entre les règles, envie d'uriner fréquente, troubles de la vision (spots ou flashs, taches lumineuses dans le champ visuel, inflammation du nerf optique, vision double, douleur oculaire, troubles de l'accommodation, décollement de la rétine ou du vitré, caillot dans les vaisseaux sanguins de la rétine), palpitations, tachycardie, urticaire, allergie cutanée, chute de cheveux, bouffées de chaleur, maux de tête, étourdissement, vertiges, fourmillement des extrémités, anxiété, nervosité, insomnie, troubles de l'humeur, état dépressif, nausées, vomissements, ballonnements, augmentation des transaminases, augmentation des triglycérides dans le sang parfois associée à une pancréatite.
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Précautions d'emploi : L'usage de ce médicament dans les troubles de la fertilité nécessite une surveillance médicale et biologique stricte (prises de sang…). Il entraîne une probabilité plus importante de grossesse multiple. Ce traitement expose à un risque de troubles visuels. Ce médicament, seul ou en association avec des gonadotrophines, peut provoquer une stimulation excessive des ovaires : en cas de douleurs dans le bas-ventre, de sensation de gonflement ou de prise de poids, prévenez votre médecin. Des précautions sont nécessaires en cas d'obésité ou de fibrome utérin.
Les gonadotrophines
Les gonadotrophines sont des injections d'hormones (FSH seule ou association FSH+LH) qui agissent directement sur les ovaires et permettent la maturation des follicules. Elles sont prescrites sous la forme d'une injection quotidienne à réaliser entre le 2e et le 5e jour après le début du cycle.
Administration : Ce traitement consiste à administrer quotidiennement en sous-cutanée (c'est-à-dire sous la peau), au niveau de la cuisse ou du ventre le plus souvent, des hormones pour stimuler la croissance des follicules ovariens. Les stylos auto-injectables apportent une aide supplémentaire permettant une utilisation encore plus simple, en week-end ou en voyage par exemple : ces injections sont moins contraignantes depuis que les femmes peuvent s'auto-injecter ces hormones, sans contrainte d'horaires et sans avoir recours aux infirmières.
Surveillance : Des échographies pelviennes par voie vaginale couplées à des dosages hormonaux sont nécessaires en cours de traitement afin d'évaluer son efficacité. Le monitorage de l'ovulation par l'échographie et les dosages hormonaux permet de choisir le moment où l'on va faire l'injection déclenchante de l'hormone HMG qui va provoquer l'ovulation.
Déclenchement de l'ovulation : Une injection d'une hormone appelée hCG vous sera prescrite en fin de traitement une fois qu'un beau follicule ovarien sera considéré comme prêt à l'ovulation.
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Différents produits disponibles : Différents produits sont disponibles sur le marché, notamment des stylos pré-remplis, des flacons de poudre à reconstituer et des cartouches. Il est recommandé de suivre les instructions des laboratoires fabricants.
Efficacité : Le succès du traitement est variable selon les indications. Même si ce type de traitement n'altère pas la qualité de la glaire cervicale, comme le fait le clomifène, il est utile de réaliser au moment de l'ovulation, lors du 1er ou 2ème cycle de traitement, un test post-coïtal.
Cas particulier des patientes présentant une diminution de la réserve ovarienne : Il est souvent intéressant, chez ces patientes, d'obtenir une stimulation plurifolliculaire (plusieurs follicules qui arrivent à maturité), afin de compenser l'altération de la qualité ovocytaire. On utilise en général de l'estradiol (œstrogène naturel) à la dose de 2 mg matin et soir, que l'on débute vers le 19ème jour du cycle et que l'on arrête le 1er jour des règles.
La pompe à GnRH (gonadoréline)
Moins connue, la pompe à GnRH (gonadoréline) est une seringue portable qui injecte régulièrement de la GnRH pour mimer les effets de l'hypothalamus. Ce procédé est surtout indiqué pour les femmes ayant un anovulation (absence d'ovulation) d'origine hypothalamique. Il permet alors de rétablir des cycles quasiment physiologiques, car il reproduit la pulsatilité des hormones hypothalamiques, nécessaire pour entraîner une sécrétion des hormones hypophysaires FSH et LH et une sécrétion des hormones ovariennes estradiol et progestérone. Le principal avantage est le risque très faible d'hyperstimulation et de grossesse multiple, avec une surveillance allégée. Il s’agit d’un dispositif qui est inséré en sous-cutané et qui reste en place pendant plusieurs jours. Ce dispositif est un réservoir qui contient une hormone de synthèse appelée GnRH. La pompe a GnRH est réservée à des cas rares de troubles de l’ovulation qui sont secondaires à une anomalie de l’hypothalamus (commande de la fonction ovarienne située dans le cerveau). Des échographies pelviennes par voie vaginale couplées à des dosages hormonaux sont nécessaire en cours de traitement afin d’évaluer son efficacité.
Surveillance et effets secondaires
Les médicaments inducteurs de l'ovulation nécessitent une surveillance médicale rigoureuse afin de vérifier leur efficacité, de déterminer la date de l'ovulation et d'adapter le traitement. Une hyperstimulation ovarienne est un effet secondaire possible, se manifestant par une réaction excessive des ovaires qui fabriquent de grandes quantités d'hormones déréglant l'organisme et provoquant un épanchement pleural ou une ascite. Dans les deux cas, il est aussi possible de ressentir de la fatigue, des troubles du sommeil ainsi que du stress.
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