L'avortement médicamenteux, également connu sous le nom d'IVG médicamenteuse, est une méthode d'interruption de grossesse qui utilise des médicaments plutôt qu'une intervention chirurgicale. Cette approche a suscité beaucoup d'intérêt et de débats au fil des ans. Cet article vise à fournir des informations essentielles sur l'avortement médicamenteux, en abordant son déroulement, les médicaments utilisés, les considérations de sécurité et les perspectives plus larges entourant cette pratique.
Déroulement de l'IVG médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol. La prise de la mifépristone, à l’occasion d’une consultation avec un médecin ou une sage-femme, interrompt la grossesse. Ce médicament bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. À l’issue de cette première étape, il peut survenir des saignements plus ou moins importants. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament. La méthode contraceptive choisie peut vous être prescrite lors de cette consultation. La prise du misoprostol, entre 36 h et 48 h plus tard, augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines induisent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’antalgiques.
La Mifépristone (RU-486)
Le RU-486, aussi nommé mifépristone, est un analogue structural de la progestérone. Il est en général incapable d’activer le récepteur de la progestérone et agit comme un antagoniste de la progestérone (anti-progestatif). Le RU-486 présente une action anti-progestative sur l’utérus gravide. Il inhibe donc les effets de la progestérone.La progestérone est « l’hormone de la gestation », elle a, entre autres, pour effet d’inhiber les contractions utérines. Ces propriétés font que le RU-486 peut être utilisé lors d’interruptions de grossesse. Le RU-486 est utilisable pour une IVG (interruption volontaire de grossesse), au terme maximal de 49 jours d’arrêt des règles (aménorrhée). Cette utilisation est réalisée sous contrôle médical, dans un centre habilité. La femme enceinte prend 3 comprimés de Myfégyne® (RU-486). Le RU-486 prépare ainsi l’utérus à l’avortement. Deux jours plus tard, on administre des prostaglandines (comprimés par voie orale ou vaginale) qui induisent des contractions de l’utérus, facilitées en cela par l’action du RU-486. Sous l’effet de ces contractions, l’embryon se décolle, et est évacué par les voies naturelles.
Le Misoprostol
Le misoprostol est un analogue de la prostaglandine E1, une substance naturelle qui provoque des contractions utérines. Il est utilisé pour compléter l'action de la mifépristone en aidant à expulser l'embryon ou le fœtus de l'utérus.
Considérations de sécurité et effets secondaires
Comme toute procédure médicale, l'avortement médicamenteux comporte des risques et des effets secondaires potentiels. Il est essentiel que les femmes soient pleinement informées de ces aspects avant de prendre une décision.
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Effets secondaires courants
Les effets secondaires courants de l'avortement médicamenteux comprennent :
Saignements vaginaux : Des saignements plus ou moins importants peuvent survenir après la prise de mifépristone. La patiente doit être informée de la survenue de métrorragies prolongées, parfois abondantes, jusqu’à 12 jours après la prise de mifépristone.
Crampes abdominales : Les contractions utérines induites par le misoprostol peuvent provoquer des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’antalgiques.
Nausées et vomissements
Diarrhée
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Fatigue
Complications potentielles
Bien que rares, des complications graves peuvent survenir à la suite d'un avortement médicamenteux. Ces complications comprennent :
Hémorragie : En raison de métrorragies sévères nécessitant un curetage hémostatique dans 0 à 1,4 % des cas lors de l'interruption médicamenteuse de grossesse, la prudence s'impose chez les patientes souffrant de troubles hémostatiques associés à une hypocoagulabilité ou une anémie.
Infection : Des cas graves (incluant des cas fatals) de syndrome de choc toxique et de choc septique faisant suite à des infections par des pathogènes atypiques (comme Clostridium sordellii ou Escherichia coli) ont été rapportés après l’interruption médicamenteuse de grossesse réalisée avec 200 mg de mifépristone suivie par l'administration vaginale ou buccale non autorisée de comprimés de misoprostol.
Avortement incomplet : Une visite de contrôle doit avoir lieu durant la période de 14 à 21 jours faisant suite à la prise de la mifépristone, pour vérifier par un moyen adéquat (examen clinique avec dosage de β-hCG ou échographie) qu'une expulsion complète a eu lieu et que les métrorragies ont cessé.
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Réaction allergique
Contre-indications
L'avortement médicamenteux n'est pas approprié pour toutes les femmes. Il existe certaines contre-indications médicales, telles que :
Grossesse extra-utérine suspectée ou confirmée
Allergie connue à la mifépristone ou au misoprostol
Troubles de la coagulation
Insuffisance surrénale chronique
Maladie inflammatoire pelvienne aiguë
Perspectives et enjeux éthiques
L'avortement médicamenteux soulève d'importants enjeux éthiques et sociétaux. Les opinions divergent quant à la moralité de l'avortement en général, et l'avortement médicamenteux ne fait pas exception.
Accès à l'avortement médicamenteux
L'accès à l'avortement médicamenteux varie considérablement d'un pays à l'autre et même d'une région à l'autre au sein d'un même pays. Dans certains endroits, l'avortement est légal et accessible, tandis que dans d'autres, il est restreint ou illégal.
Aspects légaux et réglementaires
En France, le recours au RU 486 sera rigoureusement réglementé et seuls les centres d'orthogénie agréés par le ministère de la santé, pourront disposer de ce produit. Le circuit de distribution qui va être mis en place dans les prochaines semaines exclut toute vente dans les pharmacies.
Controverses et débats
L’inhibition très probable de l’implantation est la cause d’un rejet, parfois violent, de la contraception d’urgence par les opposants à l’avortement : ils considèrent en effet qu’empêcher la nidation d’un embryon est un avortement.
L'avortement médicamenteux en Chine
La campagne pour la limitation des naissances et l'encouragement des méthodes anticonceptionnelles en Chine a pris une ampleur sans précédent depuis le début de cette année. On voit aujourd'hui les autorités gouvernementales diffuser systématiquement à la fois la connaissance des procédés de contrôle des naissances et les instruments ou les médicaments nécessaires. Bien plus, la Chine vient de prendre des décisions dont l'audace n'a croyons-nous, jamais été égalée par aucun pays, même le Japon d'aujourd'hui où le birth control va déjà très loin : la Chine a officiellement autorisé les Chinois et les Chinoises à se faire stériliser sur simple requête aux autorités médicales, et elle a instauré la liberté de l'avortement sans aucune restriction.
Après avoir tout fait pendant des décennies pour limiter le nombre de naissances, le gouvernement chinois vient d’annoncer, lundi 27 septembre, une nouvelle politique visant à favoriser le taux de natalité. Il entend contrôler et réduire les avortements qui ne sont pas « médicalement nécessaires ». De nouvelles directives politiques viennent d’être publiées, mettant en avant le souci du gouvernement d’assurer la bonne santé sexuelle des femmes. Elles stipulent que les professionnels de santé devront désormais « promouvoir les examens prémaritaux, des bilans de santé prégrossesse » et « réduire les avortements qui ne sont pas nécessaires médicalement ».
Alternatives à l'avortement médicamenteux
Il est important de noter que l'avortement médicamenteux n'est pas la seule option disponible pour les femmes enceintes qui ne souhaitent pas poursuivre leur grossesse. D'autres options comprennent :
Avortement chirurgical : L'avortement chirurgical est une procédure qui consiste à retirer l'embryon ou le fœtus de l'utérus à l'aide d'instruments chirurgicaux.
Adoption : L'adoption est une option pour les femmes qui souhaitent mener leur grossesse à terme mais ne veulent pas élever l'enfant elles-mêmes.
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