Le 7 octobre a marqué une date sombre dans l'histoire d'Israël, caractérisée par des actes de violence d'une ampleur et d'une cruauté sans précédent. Cet article vise à explorer le contexte historique de ces événements tragiques, en mettant en lumière les massacres d'enfants et en analysant les facteurs qui ont conduit à une telle escalade de la violence.
Les événements du 7 octobre : Un aperçu
Le 7 octobre, Israël a subi une attaque surprise du Hamas, entraînant des scènes d'horreur et de dévastation. Des commandos du Hamas ont pris d'assaut des kibboutz et une rave party, semant la terreur et la mort parmi les civils. Le bilan de ces attaques est effroyable, avec des centaines de victimes, dont de nombreux enfants.
Frédérique Leichter-Flack souligne que le massacre du 7 octobre s’est révélé petit à petit, au fil de l’identification progressive des nombreux corps. Il a fallu plusieurs semaines pour pouvoir en donner un bilan chiffré, encore soumis à variation un mois après les faits.
Documentation du massacre : Archives et témoignages
Peu de massacres dans l’histoire récente du monde sont plus factuellement documentés que celui commis le 7 octobre dans le Sud d’Israël. Trois sources principales ont permis à ce stade la reconstitution de l’événement :
- Matériel vidéo tourné par les hommes du Hamas : Ces vidéos, captées et montrées dans le but de terroriser la population israélienne, ont été un instrument singulier de torture psychologique. Des familles ont été réduites à identifier les êtres chers dont elles restaient sans nouvelles, à tenter de deviner leur sort en guettant un signe de vie.
- Traces laissées sur les lieux et à même les cadavres : Décryptées par les équipes médico-légales, ces traces permettent de déchiffrer sur les corps les sévices subis par les victimes.
- Collecte de témoignages des survivants et des équipes de secours : Une multitude d’initiatives spontanées ont émergé en ligne, dès le lendemain du massacre pour enregistrer les récits des témoins et les publier.
Ce réflexe de recueillir les témoignages des rescapés dépasse de très loin l’enjeu de faire savoir au monde ce qui venait de se passer. Il y avait bien cet objectif de faire partager le sentiment d’horreur et de sidération, de susciter de l’empathie en misant sur les récits, les visages et les voix, et si possible, d’attirer un peu de compréhension et de soutien dans le reste du monde. Mais il y avait encore autre chose, comme si une autre mémoire, celle de la Shoah, s’était interposée à la manière d’un intertexte spontané.
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La mémoire de la Shoah en surimpression
Les initiatives de collectes portent la marque de la littérature testimoniale de la Shoah. Dans un pays où la littérature de témoignage et les récits oraux des rescapés de la Shoah sont des réalités culturelles familières, les codes de ces corpus et de ces pratiques de transmission du trauma fondateur se sont immédiatement proposés pour prendre en charge le nouveau traumatisme collectif.
Avec cette mémoire de la Shoah en surimpression, d’autres fonctions du témoignage venaient se proposer aussi : avec l’expression « survived to tell », le lien entre survie et promesse de témoigner rappelle que le rescapé qui raconte s’acquitte toujours aussi d’une sorte de promesse tacite, celle de parler pour les morts, d’entretenir la mémoire de leur nom et de l’irréparable injustice qui leur a été faite.
Questions pour les sciences sociales
Les sciences sociales qui s’intéressent aux violences de masse nous apprennent que ce n’est pas toujours difficile de tuer. Le 7 octobre, manifestement, les vidéos tournées par les tueurs semblent montrer que cela ne l’a pas été du tout. Mais quels modèles convoquer pour interpréter l’excès de cruauté, et l’enivrement qui semble l’avoir accompagné ? Les viols, les tortures, les mutilations et profanations des corps, étaient-elles toutes prévues, planifiées, comme les documents retrouvés sur certains combattants du Hamas semblent l’indiquer ?
S’il n’y a pas qu’une seule grille de lecture pertinente du massacre qui s’impose à l’esprit, c’est sans doute qu’il faut en mixer plusieurs, et c’est vers ce chantier que l’attention des sciences sociales doit être appelée, face au défi que ces différentes archives du massacre soulèvent.
Victimes civiles à Gaza : Une crise humanitaire sans précédent
L'offensive militaire israélienne a commencé en octobre à la suite des attaques du Hamas. Près de 1 200 Israélien·nes et ressortissant·es étranger/ères ont été tué·es. Parmi les victimes figurent au moins 282 femmes et 36 enfants, ce qui fait du 7 octobre la journée la plus meurtrière de l’histoire d’Israël. L’AOAV se base sur les rapports des médias anglophones pour ses recherches.
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D’après des estimations prudentes, plus de 6 000 femmes et 11 000 enfants ont été tué·es par l’armée israélienne à Gaza au cours des douze derniers mois. Un nombre record de femmes et d’enfants tué·es à Gaza n’inclut pas les quelque 20 000 personnes non identifiées, portées disparues, ou ensevelies sous les décombres. Les infrastructures civiles, notamment 68 % des terres agricoles et des routes, ont été soit détruites, soit sévèrement endommagées. Les rapports de l’ONU sur les enfants et les conflits armés mettent l’accent sur le nombre d’enfants palestinien·ens tué·es à Gaza et en Cisjordanie.
Sally Abi Khalil, directrice d’Oxfam pour la région Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), déclare que ce bilan vertigineux est glaçant et bouleversant. Oxfam appelle à un cessez-le-feu immédiat et permanent, à la libération de l’ensemble des otages et des Palestin·niens détenu·es illégalement, à la suspension des ventes d’armes mortelles à Israël et à l’accès à l’aide humanitaire dans la totalité de la Bande de Gaza.
Umaiyeh Khammash, directrice de Juzoor, raconte que l’année écoulée a eu des conséquences dévastatrices sur les femmes qui sont doublement touchées par la guerre. Nombre d’entre elles ont dû subvenir aux besoins de leur famille du jour au lendemain et jongler entre leur survie et leurs responsabilités en matière de soins alors que les destructions se poursuivent. Les enfants aussi ont été profondément traumatisé·es. Plus de 25 000 enfants ont perdu un parent ou sont devenus orphelins et sont confronté·es à une profonde souffrance psychologique.
La désinformation et les fausses nouvelles
Après l’attaque du Hamas contre Israël qui a fait environ 1 160 victimes, les images du massacre ont inondé les réseaux sociaux et les médias du monde entier. Mais dans ce flot de témoignages de meurtres, pillages, mutilations, une rumeur a pris une ampleur extraordinaire : quarante bébés décapités auraient été retrouvés dans le kibboutz Kfar Aza. Pourtant, dans l’horreur qu’a constituée ce massacre, où trente-huit mineurs dont deux nourrissons ont été tués, il n’y a jamais eu quarante bébés décapités. Ni à Kfar Aza, ni dans aucun autre kibboutz, a confirmé au Monde le bureau de presse du gouvernement israélien. L’enquête du Monde met en lumière une rumeur née de manière organique, d’un mélange d’émotion, de confusion et d’exagération macabre. Mais Israël n’a rien fait pour lutter contre, et a plus souvent tenté de l’instrumentaliser que de la démentir, alimentant les accusations de manipulation médiatique.
Dévastation physique et bombardements industriels
Ce qui distingue Gaza, c’est non seulement le massacre massif de sa population, mais l’ampleur de la destruction matérielle : une campagne systématique, d’une envergure inédite, visant chaque structure et institution rendant possible la vie organisée dans l’enclave. Selon les estimations les plus basses, Israël a largué depuis le début de la guerre plus de 70 000 tonnes de bombes sur Gaza - l’équivalent d’environ six bombes d’Hiroshima, sur un territoire deux fois plus petit que la ville japonaise mais six fois plus peuplé.
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Une grande part de cette dévastation tient à une campagne de bombardements d’une intensité et d’une indiscrimination rares. En six semaines à peine, le nord de Gaza a subi un niveau de destruction comparable à celui des villes allemandes de Dresde, Hambourg ou Cologne pendant la Seconde Guerre mondiale.
Destruction du secteur de la santé
L’attaque contre le secteur de la santé a été particulièrement intense : au moins 94 % des hôpitaux ont été touchés, le dernier établissement pleinement fonctionnel ayant été partiellement détruit en avril dernier. Près de la moitié ne fonctionnent plus. Ce niveau de destruction est comparable aux neuf années de guerre au Yémen (50 % d’hôpitaux hors service) et dépasse largement les chiffres de la Syrie (37 %), de l’Ukraine (37,5 %) ou de l’Irak en 2003 (7 % partiellement détruits).
En deux mois, Israël avait déjà tué plus de soignants à Gaza que dans l’ensemble des conflits mondiaux survenus en une année depuis 2016. Ce chiffre n’a cessé de croître.
L'éducation palestinienne : Incitation à la violence et à la haine
Dans l’ensemble des classes et des matières enseignées, de nombreux observateurs, issus d’organisations internationales et d’instances européennes, ont documenté la présence croissante de contenus haineux au sein des manuels scolaires palestiniens. Ces contenus incitent à la violence en glorifiant les actes de terreur et ceux qui les commettent, encouragent le Jihad à travers l’exaltation du statut de martyr, et diffusent un antisémitisme virulent, notamment par la diabolisation de l’État d’Israël et la négation de son existence.
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a élaboré des normes internationales en la matière. Malheureusement, cette exigence n’est pas respectée par l’Autorité palestinienne, dont les défaillances contribuent à l’ancrage d’un système éducatif porteur de haine plutôt que de savoir.
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