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L'essor des exportations d'embryons bovins : un atout pour la génétique française

L'exportation d'embryons bovins représente un secteur en pleine croissance et constitue un levier important pour la diffusion de la génétique française à l'international. Cet article explore les tenants et les aboutissants de ce marché, en mettant en lumière les techniques utilisées, les acteurs impliqués et les enjeux économiques et sanitaires.

La transplantation embryonnaire : une technique au service de l'amélioration génétique

La transplantation embryonnaire (TE) est une technique de reproduction assistée qui consiste à prélever des embryons chez une femelle donneuse de haute valeur génétique et à les transférer chez des femelles receveuses, qui mèneront les gestations à terme. Cette méthode permet de multiplier rapidement le nombre de descendants d'une femelle d'exception et d'accélérer ainsi le progrès génétique au sein d'un élevage.

Sébastien Reveret d’Elva Novia soulignait que l’intérêt de la transplantation embryonnaire est de « valoriser les meilleures femelles d’un élevage en les démultipliant. Cela permet d’évoluer deux fois plus vite ». La TE permet ainsi de rattraper l’avance prise dans la voie mâle. En effet, une pression de sélection très forte est appliquée sur les mâles dont peu sont finalement retenus pour devenir des taureaux reproducteurs. En revanche, « on est obligé de garder des femelles pour le renouvellement du troupeau. Pour assurer le nombre de vêlages, on en conserve des bonnes et des moins bonnes », expliquait Sébastien Reveret.

Un protocole rigoureux

La TE fait appel à un protocole précis et éprouvé. Les femelles donneuses subissent un traitement de sur-ovulation, qui consiste en des injections hormonales répétées. Ces ovulations multiples sont fécondées par une double insémination après chaleur. Les embryons sont prélevés sept jours après la fécondation. Le technicien se rend dans l’élevage avec son laboratoire ambulant installé dans une camionnette. Il procède à un lavage des cornes utérines de l’animal. Ce lavage est recueilli sur un filtre qui permet de récupérer les embryons. Ces derniers sont triés, lavés et conditionnés en paillette.

Deux options s’offrent alors pour les bons embryons, explique Sébastien Reveret. Soit, ils sont congelés pour être stockés, soit ils sont posés directement sur des femelles receveuses de l’élevage. Dans ce cas, ces femelles auront été préalablement synchronisées et échographiées de sorte qu’elles se retrouvent au même stade que les donneuses, c’est-à-dire sept jours après la dernière chaleur, indique le technicien. L’embryon est posé à l’aide d’un pistolet spécifique « le plus près possible de l’ovaire qui a ovulé ».

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Les avantages de la transplantation embryonnaire

La TE offre de nombreux avantages pour les éleveurs :

  • Accélération du progrès génétique : La TE permet de diffuser rapidement les gènes des meilleures femelles, améliorant ainsi les performances du troupeau.
  • Valorisation des femelles d'exception : La TE permet de maximiser le potentiel génétique des femelles les plus performantes en multipliant leur descendance.
  • Flexibilité : Les embryons peuvent être congelés et stockés, offrant ainsi une grande flexibilité dans la gestion de la reproduction.
  • Sécurité sanitaire : La TE permet de limiter les risques de transmission de maladies, car les embryons sont exempts de nombreux agents pathogènes.

Le marché des embryons bovins : acteurs et enjeux

Plusieurs sociétés françaises se sont spécialisées dans le transfert d'embryons de bovins congelés. L'une d'entre elles vient de conclure deux accords avec la République populaire de Chine.

La France, un acteur majeur de la génétique bovine

La France dispose d'un cheptel bovin de haute qualité, issu de programmes de sélection rigoureux. Les races françaises sont réputées pour leurs performances laitières et bouchères, ainsi que pour leur adaptation à différents environnements. Cette excellence génétique fait de la France un acteur majeur sur le marché international de la génétique animale.

Selon FranceAgriMer, les exportations de génétique animale française - animaux vivants, semences et embryons - représentaient 462,1 millions d'euros en 2020 (derniers chiffres disponibles), en hausse de plus de 18 % sur cinq ans. Elles sont principalement portées par les chevaux (158,3 millions d'euros, en hausse de 19 %), les volailles (153 millions, +1 %) et les bovins (118,2 millions, +28 %).

Une diversité génétique, un atout pour l'exportation

L'organisation « Races de France » recense pas moins de 136 races d'animaux d'élevage. Dans le détail, il existe officiellement 43 races de bovins, 57 de moutons, 43 de chèvres, sept de porcs, sept d'ânes et neuf de chevaux.

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Qui dit diversité, dit capacité à s'adapter et à répondre aux demandes diverses des marchés, notamment à l'export. Les races françaises peuvent ainsi être utilisées sur des races locales dans divers pays, notamment pour apporter des caractéristiques de productivité sur ces animaux souvent rustiques et adaptés au climat locaux.

Les débouchés à l'export

Les embryons bovins français sont exportés vers de nombreux pays, notamment en Asie, en Amérique latine et en Europe. Ces exportations contribuent à améliorer les performances des élevages locaux et à répondre à la demande croissante de produits animaux de qualité.

Jean-Claude Plat, directeur général de France-Embryon, soulignait que leur "ambition est d'exporter de la génétique, car la France ne sait plus quoi faire de ses vaches, le lait est soumis aux quotas et les prix de la viande chutent. D'autres pays, au contraire, comme la Chine, manquent de lait. Nous leur vendons donc des bovins sur pied ou sous forme d'embryons congelés."

En février 1985, le premier accord franco-chinois d'équipements destinés aux transplantations est signé avec la Mongolie-Intérieure. Une cinquantaine d'embryons sont transférés. A priori, l'intérêt de ce transfert… de technologie pas comme les autres est double. Côté extrême-oriental, " la Chine est décidée à introduire les techniques avancées de l'Europe pour parvenir à l'autosuffisance en produits laitiers ", déclare M. Jin Zhonghja du service scientifique et technique de l'ambassade de Chine à Paris.

Les enjeux sanitaires

Le commerce d'embryons bovins est soumis à des règles sanitaires strictes, afin de prévenir la propagation de maladies. Les embryons doivent être certifiés indemnes de certaines maladies, et les pays importateurs peuvent exiger des garanties sanitaires supplémentaires.

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Jacques Manière souligne qu'avec les crises sanitaires à répétition, les exportations sont plus difficiles qu’auparavant. Beaucoup de pays exigent des garanties sanitaires. Le principe de précaution prime, même pour les embryons alors qu’ils ne transmettent pas les maladies qui ne sont pas d’ordre génétique.

L'impact de la génétique sur la productivité et la durabilité des élevages

La génétique animale joue un rôle crucial dans l'amélioration des races et des performances des élevages. Grâce à des programmes de sélection rigoureux, il est possible de :

  • Accroître la productivité laitière et la qualité des viandes.
  • Améliorer la résistance aux maladies et réduire la nécessité d’antibiotiques.
  • Optimiser l'utilisation des ressources naturelles et réduire l'empreinte carbone.
  • Assurer la diversité génétique et préserver les races locales.

L'Idele estime ainsi notamment que les vaches normandes ont augmenté leur production moyenne de lait de 581 kg par lactation - temps où elles fabriquent du lait après la naissance d'un veau - en dix ans (2010-2020). Des progrès semblables ont été observés du côté des deux races françaises principales : la Prim'Holstein (+565 kg) et la Montbéliarde (+538 kg).

Le Règlement Zootechnique Européen : un cadre pour le commerce des embryons

Le Règlement Zootechnique Européen (RZUE) est une législation clé de l'Union Européenne visant à créer un cadre juridique clair et à harmoniser les normes zootechniques au sein des États membres. Il a pour objectif principal d'assurer la traçabilité et la transparence, de garantir des normes élevées de bien-être animal, tout en favorisant la compétitivité et la durabilité du secteur. Il a également pour objectif la libre circulation des reproducteurs, de la semence et des embryons ainsi que celle des services associés.

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