Linda Kebbab, figure policière et syndicaliste française, s'est imposée dans le débat public par son franc-parler et son engagement, suscitant à la fois admiration et critiques. Son parcours atypique, ses prises de position sur des sujets sensibles et les controverses qu'elle a suscitées en font un personnage complexe et médiatique.
Un parcours atypique
Née en 1981 à Vaux-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, Linda Kebbab est issue d'une famille d'immigrés algériens. Son père était éboueur et sa mère, femme au foyer, tous deux analphabètes. Elle décrit son enfance comme celle d'une "enfant de Mitterrand", bénéficiant de la Sécurité sociale et de l'école gratuite. Passionnée de littérature, elle dévore les romans de Zola empruntés à la bibliothèque municipale.
Contrairement aux clichés, Linda Kebbab affirme n'avoir pas eu de rapport particulier avec la police durant son enfance. Ses parents l'encouragent à faire des études et elle s'inscrit à la faculté pour étudier l'anglais, le russe et l'arabe, rêvant de devenir reporter de guerre. Cependant, la naissance de sa fille à l'âge de 22 ans la contraint à revoir ses projets. Elle cumule alors divers emplois, parvient à une stabilité financière en créant une société d'import-export dans le textile, mais aspire à se sentir "d'utilité publique".
Un soir, l'intervention de policiers à son domicile pour mettre fin à des violences conjugales est un déclic. Elle y voit "une sorte d'évidence" et décide de passer le concours de gardien de la paix.
Engagement syndical et médiatisation
Dès sa formation à l'école de police de Fos-sur-Mer, Linda Kebbab est confrontée à ce qu'elle considère comme des "abus d'autorité", ce qui nourrit sa fibre syndicale. Affectée à une brigade de police-secours à Créteil, elle vit des débuts difficiles, dormant dans sa voiture pendant trois mois avant de se voir proposer un logement décent.
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Elle adhère rapidement au syndicat Unité-SGP-FO et devient déléguée à plein temps. Elle dénonce les conditions de travail difficiles des policiers, les pressions pour "faire du chiffre", les locaux décrépits et le sentiment de "ne servir à rien" face à la libération des délinquants. Elle critique également la "chape de plomb" que l'administration mettrait sur les maux de la police, notamment le nombre élevé de suicides.
En 2018, elle est propulsée déléguée nationale et porte-parole d'Unité-SGP-FO. Son franc-parler et ses critiques sur la gestion du maintien de l'ordre lors de la crise des "gilets jaunes" lui valent des menaces et une possible enquête de l'IGPN pour manquement à son devoir de réserve.
Linda Kebbab assume son rôle de "porte-souffrance" des policiers et utilise les réseaux sociaux et les plateaux de télévision pour faire entendre sa voix. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité policière et les questions de sécurité.
Controverses et prises de position
Le parcours et les prises de position de Linda Kebbab ont suscité de nombreuses controverses. Son statut de femme, issue de l'immigration et syndicaliste dans un milieu majoritairement masculin lui vaut des remarques sexistes et des insultes.
Elle est régulièrement critiquée pour ses positions sur les "violences policières". Elle bat en brèche cette expression et défend l'action des forces de l'ordre, ce qui lui vaut des accusations de complaisance envers le racisme et les discriminations. Elle est notamment qualifiée d'"arabe de service" par le journaliste Taha Bouhafs, qui sera condamné pour injure publique à raison de l'origine.
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Linda Kebbab est également critiquée pour ses liens avec des personnalités politiques de droite et d'extrême droite. Elle est notamment consultée par l'ancien directeur général de la police Frédéric Péchenard, devenu responsable chez Les Républicains, et par le député LREM Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID.
Malgré les critiques, Linda Kebbab maintient son engagement et continue de défendre les intérêts des policiers. Elle travaille également à la création d'un "think tank" sur la sécurité et n'exclut pas "un chemin de traverse, en dehors de la police".
L'affaire Audrey Pulvar
En mai 2021, Linda Kebbab a réagi aux propos d'Audrey Pulvar, candidate aux élections régionales en Île-de-France, concernant la manifestation des policiers du 19 mai à Paris. Audrey Pulvar avait déclaré que cette manifestation, "soutenue par l'extrême droite, à laquelle participe un ministre de l'Intérieur, qui marche sur l'Assemblée nationale pour faire pression sur les députés en train d'examiner un texte de loi concernant la justice, c'est une image qui pour moi était assez glaçante".
Linda Kebbab a qualifié ces propos de "humainement et moralement choquants" et "pas dignes d'une candidate qui se dit progressiste". Elle a rappelé que les policiers rendaient hommage à leurs collègues disparus et appelaient le législateur à l'aide. Elle a également dénoncé les propos tenus par Audrey Pulvar en juin 2020, lorsqu'elle affirmait que la "police est raciste".
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, a menacé de porter plainte contre Audrey Pulvar pour diffamation. Linda Kebbab a estimé qu'il était nécessaire de porter plainte pour montrer qu'il n'est pas normal d'inciter à la haine envers les policiers.
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"Gardienne de la paix et de la révolte"
En octobre 2020, Linda Kebbab publie un livre intitulé "Gardienne de la paix et de la révolte" (éd. Stock). L'ouvrage alterne entre des chapitres qui épinglent les errements de sa hiérarchie et d'autres plus intimes, retraçant son enfance et son entrée dans la police nationale.
Elle y raconte son parcours, ses difficultés, ses engagements et ses combats. Elle y dénonce les problèmes de la police, mais aussi les préjugés et les clichés dont elle est victime.
Le livre est un succès et contribue à renforcer la notoriété de Linda Kebbab.
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