Linda Evans, une figure emblématique du petit écran, a marqué les esprits grâce à son rôle de Krystle Carrington dans la série culte Dynastie. Son parcours, allant de ses débuts timides à son statut de star internationale, est une histoire de transformation et de choix audacieux.
Des Débuts Discrets à la Télévision
Issue de parents danseurs professionnels, Linda Evans baigne très tôt dans un univers artistique. C’est d’abord pour vaincre sa timidité que la jeune fille prend des cours de théâtre, avant de se faire repérer par un agent, en accompagnant une amie à un casting pour une publicité. A l’époque encore brune, elle débute à la télévision en 1960, en tant que guest dans la sitcom Bachelor Father. Le temps d’un épisode, son personnage a le béguin pour le protagoniste Bentley Gregg, interprété par un certain John Forsythe. Celui-ci lui promet d’ailleurs une belle carrière : probablement un signe du destin… La comédienne enchaîne ensuite les apparitions sur le petit écran et obtient son premier rôle au cinéma en 1963, dans l’un des premiers films américains abordant le harcèlement sexuel, l’adultère et la prostitution : Le Motel du crime, avec Richard Chamberlain et Nick Adams. Deux ans plus tard, le public la retrouve dans le drame familial signé Disney, Calloway le trappeur ainsi que dans la comédie musicale Beach Blanket Bingo, pour laquelle Linda Evans est doublée par la chanteuse populaire Jackie Ward.
La Grande Vallée : Révélation d'une Star
L’actrice décide ensuite de se teindre en blonde et se voit confier le rôle principal de la téméraire et impertinence Audra Barkley durant les quatre saisons de La Grande Vallée. Cette saga familiale se déroulant au XIXème siècle et diffusée sur ABC remporte un grand succès, notamment grâce à la prestation de la légende hollywoodienne Barbara Stanwyck, qui prête ses traits à la veuve Victoria Barkley dirigeant le ranch d’une main de fer.
Transitions Personnelles et Professionnelles
Lorsque le show touche à sa fin, Linda Evans épouse le cinéaste John Derek, qui la dirige ensuite dans Childish Things et la photographie pour la couverture du magazine "Playboy". En 1974, alors que la jeune femme est profondément affectée par son divorce avec ce dernier (qui l’a quitté pour Bo Derek, de 30 ans sa cadette), elle continue d’apparaître dans des séries policières, ainsi que dans le film de Terence Young, L’Homme du clan. Aux côtés de Lee Marvin, l’actrice prête ses traits à Nancy Poteet, femme d'un membre du Ku Klux Klan victime d'un viol dans une ville fortement raciste.
Toujours présente dans le paysage audiovisuel, Linda Evans est notamment sous contrat avec Lorimar Productions, tenant le premier rôle féminin d’Hunter. Elle se voit alors approchée par le créateur David Jacobs, qui lui propose d’intégrer la distribution de Dallas, produit par la même compagnie. Cette dernière refuse et retrouve Lee Marvin dans le thriller Avalanche Express, avant de donner la réplique à Steve McQueen dans le western crépusculaire Tom Horn.
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Dynastie : L'Apogée de la Carrière
En 1981, la comédienne est repérée par Aaron Spelling, qui lui offre, après deux épisodes de La Croisière s’amuse, le rôle principal de Krystle Carrington dans le soap Dynastie. Linda Evans retrouve alors son ex-partenaire John Forthsythe, incarnant cette fois sa seconde épouse, durant 9 saisons consécutives. Les spectateurs raffolent particulièrement des scènes avec sa rivale Alexis Carrington (Joan Collins) et la jeune femme gagne rapidement en notoriété. Outre son étoile sur le Walk of Fame, elle se voit d’ailleurs auréolée du Golden Globe de la Meilleure actrice, face à sa concurrente de Dallas, Barbara Bel Geddes, ainsi que de cinq People’s Choice Awards de 1982 à 1986.
La Bataille des Soaps et la Naissance de Dynastie
C’était en 1981 que Aaron Spelling se lance dans la bataille du soap avec Dynastie sur ABC. Richissime homme d’affaires, Blake Carrington est à la tête de la Denver Carrington, sa compagnie de pétrole, et de sa grande famille. 1981. Alors que Dallas bat des records d’audience sur CBS, la chaine ABC, avide de rivaliser avec ce programme phare entreprend le légendaire producteur Aaron Spelling (Drôles de Dames, La Croisière S’amuse, Starsky & Hutch… ) afin qu’il crée une série concurrente capable de faire aussi bien voire mieux que Dallas. Renommée Dynastie la série débute le 12 janvier 1981 avec un épisode pilote de trois heures qui présente l’intrigue et les personnages principaux. Blake Carrington (John Forsythe), sa future femme Krystle (Linda Evans), les enfants de Blake, Fallon (Pamela Sue Martin) et Steven (Al Corley), Jeff Colby (John James), prétendant de Fallon, la famille Blaisdel, Matthew (Bo Hopkins), sa femme Claudia (Pamela Bellwood) et l’associé et ami de Matthew, Walter Lankershim (Dale Robertson).
Le Glamour et le Réalisme : Une Formule Gagnante ?
Pour faire l’évènement, la communication insiste sur le fait que tout ce que l’on voit à l’écran est réel (véritable caviar, champagne et fourrures) et la série se targue d’être autant réaliste que glamour et aborde de front, dès les premiers épisodes, des thématiques alors encore tabous comme l’homosexualité puis affiche une apparence libérale en opposition avec l’image conservatrice de la famille Ewing de Dallas. Malgré tout ce faste les débuts de Dynastie sont chaotiques alors que sa rivale caracole en tête des audiences. Après quelques études auprès des téléspectateurs, il ressort que l’aspect social de la série représentée notamment par la famille d’américains moyens, les Blaisdel, ne permet pas au téléspectateur de s’évader suffisamment de son quotidien.
L'Arrivée d'Alexis et l'Ascension de Dynastie
Malgré des résultats contrastés, la saison 1 se termine par une intrigue qui permet à la série de trouver sa voie. Avec le procès pour meurtre intenté contre Blake après qu’il ait assassiné l’amant de son fils, son ex-femme apparait au tribunal pour témoigner contre lui. C’est Joan Collins, une comédienne assez peu connue alors, qui interprète Alexis Morell Carrington et en fin de saison 2, Dynastie est toujours devancée par Dallas mais a grignoté une partie de son retard grâce à cette femme qui incarne toute la démesure que le public recherche. Pour la troisième saison, Alexis devient financièrement l’égale de Blake en épousant son rival Cecil Colby. Ce dernier est aussitôt éliminé du récit pour permettre à sa femme de mener sa croisade contre son ex-mari. C’est dans cette saison également que le contrat d’Al Corley n’est pas renouvelé et que le personnage de Steven prend l’apparence de Jack Coleman (Heroes) après un soi-disant incendie sur une plateforme pétrolière qui lui a ravagé le visage et qu’il ait dû avoir recours à une opération de chirurgie esthétique. Un des artifices habituels du soap opera qui fonctionne plutôt bien.
L'Âge d'Or et le Déclin Progressif
La quatrième saison de Dynastie voit l’arrivée dans le casting de deux personnages qui deviendront très importants dans la série : Dex Dexter (Michael Nader) et Dominique Devereaux (Diahann Carroll) et également de la première vedette internationale qui y participe en la personne de Helmut Berger, témoignant du gap considérable que la série a fait dans les esprits après des débuts quelque peu hésitants. La cinquième saison de Dynastie est souvent considérée comme la meilleure, la démesure dont la série est capable atteignant son paroxysme. C’est aussi dans cette saison que deux guest stars extrêmement prestigieuses participent à la série : Rock Hudson et Ali MacGraw. En toute fin de saison la série se dote d’un cliffhanger dantesque, l’équivalent du Qui a tiré sur J.R pour Dallas. Dans cet épisode intitulé Mariage Royal, des mercenaires armés font irruption dans l’église lors de la célébration du mariage d’Amanda et du Prince Michael de Moldavie et tirent sur toute l’assistance. La dernière image de l’épisode se fige sur un amas de corps inanimé, du plus petit au plus grand rôle le sort de chacun des protagonistes étant suspendu au bon vouloir des scénaristes et les nerfs des téléspectateurs étant eux mis à rude épreuve.
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Mais après être montée si haut, la série va lentement entamer un déclin, certes progressif, mais indéniable. C’est dans cette saison qu’apparaissent Charlton Heston, Barbara Stanwyck, Maxwell Caulfield, Tracy Scoggins, Claire Yarlett, Ricardo Montalban et Stephanie Beacham, soit la quasi intégralité du casting de la série dérivée que lance Aaron Spelling : Les Colby. Afin de tenter de répondre au triomphe de Côte Ouest, le spin-off de Dallas, Les Colby aligne une distribution haut de gamme que rejoint John James et Emma Samms. Les trois dernières saisons de Dynastie n’ont plus la flamme et confirment que la série est sous respiration artificielle. Pour la saison 9 Joan Collins signe pour seulement 11 épisodes tandis que Linda Evans tire elle sa révérence. L’ultime épisode désarçonne le public car il propose un cliffhanger démoniaque qui n’est évidemment pas résolu, suscitant l’incompréhension et la frustration du public. Dans l’histoire de la télévision américaine, Dynastie est l’un des 4 grand primetime soap avec Dallas, Côte Ouest et Falcon Crest, mais à n’en pas douter elle est la plus fastueuse, la plus bigger than life. On y vit quand même notamment deux femmes adultes se battre à coup de strass.
Après Dynastie : Une Nouvelle Vie
Entre temps, Linda Evans joue son propre rôle dans le pilote de la nouvelle production d’Aaron Spelling, Glitter, puis rejoint l’équipe de la mini-série Nord et Sud, immense fresque sur le destin de deux amis durant la guerre de Sécession, avec une distribution prestigieuse (entre autres Patrick Swayze, Gene Kelly, Elizabeth Taylor…), des milliers de figurants, et une reconstitution impressionnante. En 1989, l’aventure Dynastie touche à sa fin, bien que Linda Evans n’ait participé qu’à seulement six épisodes de la dernière saison. Toutefois, deux ans plus tard, le public la retrouve aux cotés de tous ses anciens partenaires, dans un téléfilm-retrouvailles qui permet de donner une véritable conclusion à la série.
Enfin, à l’exception de ses seconds rôles dans les téléfilms Dazzle et Complots de femmes, Linda Evans se fait plus rare à l’écran et se consacre à d’autres passions telles que le militantisme écologique, l’ouverture de centres de fitness et la cuisine. Depuis 1989 et son départ de Dynastie, le visage de Linda Evans se fait rare sur nos écrans de télévision. Et pour cause : après quelques maigres rôles, elle a mis définitivement fin à sa carrière en 1997. Celle qui se revendique comme une militante écologiste a désormais radicalement changé de vie, notamment en raison du travail qu'elle a opéré sur elle-même grâce à de multiples guides spirituels.
La Cuisine et le Retour à l'Écran
Elle a ouvert plusieurs centres de fitness mais s'est surtout trouvé une nouvelle passion, : la cuisine ! En 2009, à l'âge de 66 ans, elle a même remporté la quatrième saison de Hell's Kitchen, une émission de télévision britannique dans laquelle des célébrités s'affrontent derrière les fourneaux. Trois ans plus tard, en 2012, elle a publié son premier livre de cuisine, intitulé Recettes de vie. En 2020, Linda Evans revient à ses premières amours et joue son propre rôle dans le soap opera allemand Das Traumschiff. Et, en 2021, elle est l’une des têtes d’affiche du film Swan Song.
Vie Privée
Côté vie privée, Linda Evans a été mariée de 1968 à 1974 au photographe John Derek. Après une brève relation avec l'entrepreneur Richard Cohen, elle a vécu durant neuf ans avec le musicien grec Yanni, dans les années 90. Depuis, elle n'a fait mention d'aucun homme dans sa vie.
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