Le sommeil est un élément fondamental du développement de bébé. Comprendre les besoins de sommeil de votre enfant et adapter son environnement de couchage à son âge est essentiel pour favoriser un sommeil paisible et réparateur. Cet article explore les différentes étapes du sommeil de bébé, du berceau au lit de grand, en passant par les transitions et les facteurs à prendre en compte pour un sommeil optimal.
Les particularités du sommeil de bébé
Il est important de noter qu'il existe une grande variabilité individuelle en matière de sommeil chez les bébés. Tout comme chez les adultes, certains bébés sont de petits dormeurs, d'autres de grands dormeurs, certains sont couche-tôt et d'autres couche-tard. Cette variabilité est inscrite dans les gènes et se manifeste dès les premiers mois de vie. Il est donc difficile de parler de "norme" en matière de sommeil.
En moyenne, un bébé dort beaucoup, environ 16 à 17 heures sur 24. L'hormone de croissance étant principalement sécrétée pendant le sommeil, il est crucial de permettre à un bébé de dormir autant qu'il le souhaite.
Le berceau : un cocon pour les premiers mois
Le berceau est un choix populaire pour les premiers mois de la vie de bébé. Sa petite taille offre un sentiment de sécurité et de confort, rappelant l'environnement confiné du ventre maternel. Généralement portable, le berceau est facile à installer dans la chambre des parents, favorisant ainsi le cododo, recommandé pendant les six premiers mois pour la sécurité de bébé.
Jusqu'à quel âge utiliser un berceau ?
Le berceau s'utilise généralement de la naissance à 6 mois. Il existe différents types de berceaux :
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- Berceaux suspendus: Ils rappellent à bébé les sensations qu'il avait dans le ventre de sa mère.
- Berceaux à bascule: Ils permettent de bercer doucement bébé pour l'apaiser ou l'aider à s'endormir.
- Petits lits hauts: Ils servent de transition entre la naissance et les 5-6 mois de bébé.
Lit bébé : une étape naturelle vers l'autonomie
À partir de 3 mois environ, votre bébé peut commencer à se sentir à l'étroit dans un couffin. C'est le moment idéal pour passer au lit bébé à barreaux, souvent de dimensions 70x140 cm. Généralement, le changement passe inaperçu et bébé est même souvent ravi d'avoir un lit plus grand et plus confortable.
Les lits à barreaux, tout comme le lit parapluie, possèdent des dimensions assez spacieuses pour accueillir les enfants jusqu'à 2/3 ans. Vers l'âge d'un an, les barreaux vont l'aider à se mettre debout. À cet âge-là, bébé peut encore dormir dans son lit en bois en toute sécurité. Par contre, vers 2/3 ans, il va commencer à vouloir escalader les barreaux du lit.
L’avantage des lits bébé évolutifs est qu’ils suivent la croissance de bébé. Les barreaux peuvent s’enlever l’un après l’autre et même être remplacés par une barrière de sécurité pour rassurer parents et enfant.
Le passage au lit de grand : un cap important
Il n’y a pas de réponse toute prête à cette question. Il n’y a pas de règle universelle, chaque enfant évolue à son propre rythme. Certains enfants sont prêts à passer au lit de grand dès 15 mois. Entre le berceau pour le cododo et le petit lit à barreaux, fiez-vous à l’âge et à la taille de bébé. En moyenne, cette transition a lieu autour des 18/24 mois. Généralement, les enfants qui sont prêts pour un changement de lit vous le feront savoir d’une manière ou d’une autre.
Même si votre enfant réclame un grand lit enfant, ce n’est pas pour autant que cette transition ne l’angoisse pas. Changer de lit est une étape importante pour votre tout-petit. Vous devez le préparer en amont pour qu’il intègre ce passage comme un événement valorisant. Vantez-lui les mérites d’un grand lit comme son frère ou sa sœur aînée ou comme papa et maman.
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Préparer la transition vers le lit de grand
Pour un changement de lit tout en douceur, n'hésitez pas à le laisser choisir son lit. Parcourez avec lui les rayons des magasins de meuble : lit enfant évolutif, lit cabane en bois, lit Montessori, etc. Montrez-lui les différentes options et laissez-le explorer : un lit évolutif qui grandira avec lui, un lit cabane pour stimuler son imagination, ou un lit Montessori bas pour favoriser son autonomie. En l'impliquant ainsi dans le choix, vous lui donnez un sentiment de contrôle et de responsabilité qui facilitera grandement l'acceptation du changement.
Bien sûr, si vous changez de dimension de lit, vous allez être obligé de changer toute la literie : matelas bébé et linge de lit. Mais si ce n'est pas le cas, conserver son linge de lit est essentiel pour une transition réussie. Reprenez la même housse de couette et la même taie d'oreiller pour recréer un univers connu et rassurant. Les odeurs et les textures familières de sa literie habituelle aideront votre enfant à se sentir en sécurité dans son nouveau lit.
Favoriser l'endormissement et un sommeil serein
Au-delà de l'âge et du type de lit, plusieurs facteurs contribuent à favoriser un endormissement facile et un sommeil serein chez bébé.
L'importance de l'endormissement autonome
Savoir s’endormir seul est un apprentissage : les parents peuvent décider du moment qui leur semble favorable pour le mettre en place. Pour certains ça sera dès les premiers mois de vie, alors que d’autres préféreront remettre cela à plus tard. Pour qu’un bébé fasse ses nuits, il faut d’abord qu’il soit capable de s’endormir seul. S’il s’endort chaque soir dans les bras, il aura besoin des bras lorsqu’il se réveillera dans la nuit.
L’endormissement autonome décrit la capacité d’une personne à s’endormir dans son lit sans l’intervention d’une personne extérieure. Nous pouvons donc considérer par cette définition qu’un bébé qui s’endort au sein, bercé, collé à ses parents ne s’endort pas de façon autonome. Idem pour un enfant qui s’endort en tenant la main de son parent. En d’autres termes, un enfant s’endort se façon autonome lorsqu’il est capable d’être posé éveillé dans son lit et de s’endormir par lui-même. Cela induit que l’enfant a acquis la compétence de s’auto-apaiser pour aller vers le sommeil. Cela n’est pas inné et demande plus ou moins de temps selon les enfants.
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Le rituel du coucher : un moment clé
Il est important de renforcer les signaux de sommeil avec un rituel de coucher et des horaires de lever, de coucher, de repas et de siestes qui soient réguliers. Le rituel du coucher est un moment d’intimité avec les parents, qui prépare à la séparation de la nuit. Qu’il s’agisse de la lecture d’un livre, d’un câlin, d’une chanson, il ne doit pas durer plus d’une quinzaine de minutes. Sa limite dans le temps renforce son côté sécurisant.
Ne changez pas vos habitudes au moment du coucher. Histoire, câlin, bisou, la routine a son importance avant de s'endormir. Elle permet non seulement de faire la transition entre le jour et la nuit en douceur, mais elle offre aussi à votre enfant des repères rassurants et structurants. Un rituel du soir bien établi, avec des étapes régulières comme le bain, le brossage des dents et la lecture d'une histoire, aide votre enfant à se préparer mentalement au sommeil.
Les éveils nocturnes : une phase normale
Au moment des éveils nocturnes, il est important de laisser au bébé le temps de retrouver son sommeil. Ces éveils sont normaux : le bébé reste éveillé plusieurs minutes et se rendort souvent sans intervention des parents. Pendant cette période d’éveil, les bébés jouent, gazouillent et parfois pleurent.
Il est normal que bébé bouge en dormant, et il n’est généralement pas nécessaire d’intervenir. Par moments, il peut bouger beaucoup, faire des mimiques, pleurnicher, grogner. C’est ce qu’on appelle le « sommeil agité » et c’est une phase tout à fait normale du sommeil. Mais si on sent bébé trop agité, qu’il gémit ou qu’il est inconfortable, on peut intervenir pour le rassurer, l’apaiser par notre présence et l’aider à se rendormir. On peut lui proposer à boire s’il montre des signes de faim. Mais il ne se réveille pas forcément parce qu’il a faim. Il peut aussi avoir besoin d’être câliné et rassuré. Pour l’aider à se rendormir, mieux vaut rester dans une ambiance calme, sans bruits et sans lumière forte.
L'importance de la succion et du doudou
Par son effet apaisant, la succion permet de ralentir le rythme cardiaque donc à l’enfant d’entrer plus facilement dans le sommeil. Les difficultés surviennent lorsque le bébé s’est habitué à avoir la tétine en bouche pour s’endormir, elle devient alors un mode d’endormissement : si bien que le bébé qui se réveille la nuit s’apercevant qu’il ne l’a plus près de lui, va logiquement la réclamer à chaque fois.
C’est souvent vers 6 ou 7 mois que le bébé commence à ressentir le besoin d’un doudou. Le doudou permet à l’enfant de s’apaiser au moment où il doit se séparer de ses parents pour s’endormir. Dès les premiers mois, le bébé peut déjà identifier des objets familiers dont la vue, le contact et l’odeur, assurent une fonction de réassurance au cours des séparations, et notamment, au moment de l’endormissement. Pour le bébé ce lien d’attachement n’est pas conscient, c’est un lien sensoriel qui prolonge le contact physique avec sa figure d’attachement (personne prenant en charge le soin et le bien-être de l’enfant). Certains enfants se l’approprient très bien, d’autres moins.
Certains enfants ont aussi besoin d’objets apaisants pour s’endormir. C’est d’ailleurs tout à fait conseillé d’investir un doudou ou de trouver des objets qui permettront à votre bébé se s’endormir plus sereinement. Ces objets apaisants permettent à l’enfant de trouver de la douceur et du réconfort, indispensable pour s’endormir. Ces objets ne remettent pas en cause la capacité d’un enfant à s’endormir de façon autonome. Sauf si l’adulte doit sans cesse revenir pour remettre la musique ou la tétine.
Adapter l'environnement de sommeil
Il s’agit de lui faire comprendre qu’il ne vit pas de la même façon la nuit que le jour, et qu’il y a un temps pour dormir et un autre pour les activités. La nuit on alimentera le bébé dans une demi-obscurité, au calme, en lui parlant peu et avec le moins de gestes possible.
Dans la journée, le bébé doit être couché dans son lit dès qu’il commence à présenter des signes de fatigue. Pour les siestes, il ne faut pas qu’il soit dans le noir total, un peu de lumière dans sa chambre lui permettra de différencier les siestes du sommeil de nuit. À partir de 4 mois, il est habituel qu’un bébé fasse 3 siestes par jour - le matin, après le déjeuner et l’après-midi. Pour aider le vôtre à trouver son rythme, il faut, dans un premier temps, l’observer et essayer de lui proposer une sieste aux heures où il présente des signaux de sommeil : frottement des yeux, regard dans le vide, bâillements à répétition, tête qui dodeline… Ensuite, proposez les siestes à horaires réguliers, dans les mêmes conditions (demi-obscurité, dans son lit, avec son doudou…) et avec un petit rituel de sommeil préalable. Si votre bébé n’a pas envie de dormir, laissez-le dans son lit le temps qu’il trouve son sommeil.
En diminuant l’intensité de la lumière le soir et ouvrant grand les volets le matin, on marque la différence entre l’environnement de la journée et celui de la nuit. Cela fait des points de repères pour les rythmes de bébé qui se construisent.
Sécurité avant tout
Pendant ses six premiers mois au moins, il est préférable d’installer le lit de bébé dans la même chambre que nous. C'est mieux pour sa sécurité. En plus, pendant la nuit, c'est aussi plus simple pour nous, pour réagir la nuit quand il s'agite, commence à pleurer, ou montre des signaux de faim. Passé l’âge de six mois, bébé peut dormir dans une autre pièce que nous, si notre logement s’y prête. Dès la naissance, on installe bébé dans son propre lit.
Dans tous les cas, le lit doit comporter le marquage CE ou NF avec la mention « conforme aux exigences de sécurité ». Et s’il est neuf, on le déballe le plus tôt possible avant l’arrivée de bébé afin de le laisser bien s'aérer.
Avant six mois, tous les objets mous qui risquent de couvrir la tête ou le visage de bébé peuvent être dangereux. Alors, on choisit un matelas ferme, adapté aux dimensions du lit et on fixe bien le drap housse dessus. Pour la turbulette (ou « gigoteuse ») l’important c’est qu’elle soit à la bonne taille. On couche bébé toujours sur le dos, à plat, sans oreiller, coussin, couverture, tour de lit, ni doudou à proximité.
Que faire en cas de pleurs incessants le soir ?
Reflets de la mise en place de l’horloge interne du bébé, ils sont quasi inévitables. Ces pleurs incessants du soir se manifestent parfois dès la maternité, parfois quelques semaines plus tard. Ils sont très intenses à la fin du premier mois. Rien ne permet d’apaiser le bébé. Cette situation peut être très stressante, on peut se sentir dépassé (e), excédé(e). Trouvez des activités stimulantes pendant la journée. Diminuez l’intensité de la lumière le soir et ouvrez grand les volets, le matin . L’alternance lumière/obscurité est importante pour synchroniser l’horloge biologique.
Les régressions du sommeil
Une régression du sommeil peut également être la cause d’une difficulté passagère ou durable à s’endormir en autonomie.
Conseils supplémentaires
- Si le lit est haut, pensez à ajouter une petite barrière de lit pour éviter les chutes nocturnes. Ces barrières de sécurité sont particulièrement utiles pendant les premiers mois de transition, car votre enfant n'est pas encore habitué à dormir dans un espace plus ouvert.
- Pensez aussi à brancher une veilleuse ou une lampe de chevet pour que votre enfant ne se perde pas en pleine nuit dans sa chambre à coucher. La lumière douce d'une veilleuse le rassurera s'il se réveille et l'aidera à se repérer facilement pour aller aux toilettes ou vous rejoindre en cas de besoin.
- Inutile de lui mettre la pression. On ne connaît aucun adulte qui dort encore dans leur lit à barreaux. Par contre, évitez les retours en arrière. De même, si votre petit chenapan trouve que le lit parental est plus confortable, ne cédez pas ! La nuit, c’est chacun dans son lit.
- Enfin, évitez de perturber votre enfant en opérant plusieurs changements à la fois, comme un changement de chambre ou l’arrivée d’une petite sœur ou d’un petit frère.
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