Les kystes ovariens sont un problème gynécologique assez courant chez les femmes, mais heureusement, ils sont souvent bénins. Cet article explore les causes, les symptômes et les traitements des kystes post-ovulatoires, en particulier ceux qui surviennent après une insémination.
Qu'est-ce qu'un kyste ovarien ?
Les kystes ovariens sont des accumulations de liquide enfermées dans de petits sacs qui se développent à l’intérieur des ovaires. La taille d'un kyste de l'ovaire est très variable (de quelques millimètres à plusieurs centimètres de diamètre). Il existe deux principaux types de kystes ovariens :
- Kystes fonctionnels (ou physiologiques) : Ils représentent 90 % des cas et sont liés au fonctionnement normal de l'ovaire. Ils résultent d'un hyperfonctionnement des hormones qui régulent l'ovaire.
- Kystes organiques : Leur cause est souvent inconnue et ils ne disparaissent pas d'eux-mêmes. Leur morphologie demeure identique quel que soit le moment du cycle.
Kystes fonctionnels : Kystes folliculaires et lutéaux
Les kystes fonctionnels sont la conséquence du développement atypique d'un follicule. Des perturbations hormonales conduisent au grossissement anormal d’un follicule qui ne se rompt pas et ne libère donc pas l’ovule. Conséquence : il n’y a pas d’ovulation. On distingue :
- Kyste folliculaire : Résultant de l'évolution anormale d'un follicule qui, au lieu d'éclater au 14e jour du cycle, continue à grossir.
- Kyste lutéal : Dû à une distension du corps jaune (tissu formé par la transformation du follicule après l'ovulation). Il est dû à une augmentation du volume du corps jaune - la glande qui se forme temporairement dans l'ovaire après chaque ovulation.
Heureusement, ces kystes disparaissent souvent spontanément au bout de quelques cycles menstruels. Si ce n’est pas le cas, un traitement médical (pilule œstroprogestative) peut être proposé afin que tout rentre dans l’ordre. Ce type de kyste peut changer de volume, disparaître avec les règles puis réapparaître au cycle suivant.
Kystes organiques : une autre catégorie
Les kystes de l'ovaire qui ne sont pas fonctionnels sont organiques. On retrouve fréquemment ces derniers, les kystes endométriosiques chez les femmes présentant une infertilité. Ils sont la conséquence d’une maladie, l’endométriose, au cours de laquelle du tissu de l’endomètre (muqueuse à l'intérieur de l'utérus) se développe dans d’autres organes. En fin de cycle, l'endomètre saigne et les règles arrivent. La présence de sang, dans des organes où il ne peut pas s'évacuer, comme l’ovaire, entraîne des hématomes douloureux, longs à disparaître. Lorsque le kyste devient trop volumineux, le traitement consiste en l’ablation du kyste, le plus souvent par cœlioscopie. De plus, les kystes organiques en général risquent d'entraîner des complications comme potentiellement une torsion de l'ovaire, une hémorragie intra-kystique, la rupture du kyste de l'ovaire, ou encore un abcès ovarien.
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Kystes et insémination : le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO)
Le SHSO est une complication liée à l'injection d'hormones destinées à stimuler l'ovulation (en cas de fécondation in vitro par exemple, mais aussi lors d'inséminations). En clair, les ovaires sont sur-stimulés, ce qui peut entraîner des conséquences pour la santé de la femme. Ce syndrome apparaît généralement dans la semaine qui suit l'injection d'hormones.
Dans le cas d'une hyperstimulation mineure (la plupart des cas), on constate une augmentation du volume des ovaires, l'apparition de petits kystes ovariens, des douleurs abdominales légères et parfois des vomissements ou des diarrhées. Au stade le plus grave, la forte augmentation du volume des ovaires (leur taille dépasse 12 cm de diamètre) peut s'accompagner de troubles de la coagulation, d'accidents thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire…) et de complications diverses (insuffisance rénale, infection urinaire, infection pulmonaire, syndrome de détresse respiratoire aigu…). Dans ce cas, l'hospitalisation est nécessaire.
Il n'y a aujourd'hui aucun traitement curatif en cas de syndrome d'hyperstimulation ovarienne. D'où l'importance de la prévention. Et heureusement, un certain nombre de facteurs de risques sont aujourd'hui clairement identifiés. Ainsi, les femmes de moins de 30 ans, celles qui ont un indice de masse corporelle (IMC) bas, des antécédents de SHSO, un syndrome des ovaires polykystiques ou encore qui ont de multiples follicules en développement au cours de la stimulation présentent plus de risques que les autres. Chez les femmes qui présentent ces facteurs de risques, un certain nombre de précautions doivent être prises lors de l'injection des hormones. Elles bénéficient donc généralement d'une surveillance médicale accrue de la part de l'équipe soignante.
Elle survient généralement chez des femmes qui ont eu une très forte réponse ovarienne au traitement de stimulation (beaucoup de follicules en échographie et plus de 20 ovocytes à la ponction). A une rétention d’eau. Elle peut commencer pendant la stimulation, mais elle ne peut devenir sévère que si l’on déclenche l’ovulation par Gonadotrophines Chorioniques ou Ovitrelle. Par conséquent, l’attitude de prudence qui consiste à annuler les cycles hyperstimulés permet une prévention efficace. Le meilleur critère est la prise de poids. Si vous êtes dans un cadre tel que celui-là, n’hésitez pas à retourner voir votre gynécologue ou votre centre en urgence. Un bilan sanguin et une échographie s’imposent rapidement.
Symptômes des kystes ovariens
Dans de nombreux cas, un kyste de l'ovaire ne se traduit par aucun signe et est découvert à l'occasion d'un examen gynécologique (toucher vaginal associé à une palpation de l'abdomen) qui révèle une masse indolore et mobile, séparée de l'utérus par un sillon. Dans d'autres cas, le kyste provoque une sensation de pesanteur abdominale, des douleurs pendant les rapports sexuels, une aménorrhée (arrêt des règles) ou un saignement, ou encore une gêne pour uriner. Certains kystes sécrètent des hormones féminisantes (œstrogènes) ou masculinisantes (androgènes). Un kyste de l'ovaire peut se tordre, s'infecter ou se rompre, entraînant une violente douleur associée à des nausées et à des vomissements.
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La présence d’un kyste ovarien fonctionnel peut cependant générer de l’inconfort et des douleurs. Vous pouvez ressentir des douleurs pelviennes (bas ventre), avoir un gonflement abdominal d’un seul côté. Si le kyste appuie sur votre vessie, il provoque des envies d’uriner fréquentes, en petite quantité (pollakiurie).Certaines femmes ont des règles douloureuses, des troubles intestinaux (constipation), ressentent des douleurs lors des rapports sexuels. D’autres ont un saignement génital en dehors des règles (métrorragies) provoqué par une rupture du kyste ou une torsion d'ovaire.
Diagnostic des kystes ovariens
Afin de poser le diagnostic, votre gynécologue peut en effet procéder à une palpation abdominale, un examen gynécologique au spéculum, et un toucher vaginal. Le toucher vaginal permet de rechercher des kystes ovariens. Le diagnostic est confirmé par une échographie pelvienne, qui permet de préciser la taille du kyste et son aspect. Une échographie abdomino-pelvienne ou endovaginale permet de localiser et mesurer le ou les kystes. Une prise de sang en laboratoire peut parfois être nécessaire en cas de possible grossesse extra-utérine. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) est proposée si le kyste est volumineux ou en cas de suspicion d’endométriose.
Traitement des kystes ovariens
Le traitement dépend du type de kyste, de sa taille, des symptômes et de l'âge de la patiente.
- Kystes fonctionnels : Ils disparaissent généralement spontanément après quelques cycles menstruels. Le traitement des kystes fonctionnels fait appel à un médicament bloquant l'ovulation ; le kyste disparaît normalement en quelques cycles. Pour gérer l’inconfort, des antalgiques peuvent être prescrits.
- Kystes organiques : Ils sont traités par ablation, réalisée le plus souvent par cœlioscopie. En cas de torsion du kyste, l'intervention, consistant à détordre puis à enlever le kyste, doit être réalisée en urgence ; tout retard pourrait en effet entraîner la nécrose de la trompe et de l'ovaire et amener à retirer chirurgicalement les deux organes. Cette ablation chirurgicale appelée kystectomie ovarienne s’impose aussi si le kyste est toujours présent trois mois après le diagnostic, s’il a pris du volume ou changé d’aspect. La technique de chirurgie utilisée, cœlioscopie ou laparoscopie, permet de préserver au mieux le fonctionnement de l’ovaire et de ne pas entraver votre fertilité.
Traitement du SHSO
Les hyperstimulations modérées ne nécessitent pas de traitement, en dehors du repos. Les formes sévères nécessitent une hospitalisation avec correction des anomalies par des perfusions, ou par des ponctions d’ascite ou de plèvre. L’hyperstimulation guérit toujours toute seule dans un délai de 15 à 30 jours.
Suivi post-opératoire
Le temps nécessaire pour se rétablir après une telle opération s’étale généralement sur quelques jours. Marchez régulièrement pour éviter les risques de phlébite. Progressivement, vous pourrez reprendre vos activités quotidiennes et sportives. Prenez contact avec votre médecin en cas de fièvre, douleurs abdominales, hématome au niveau de l’abdomen ou lourdeur au niveau des mollets.
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Kystes endométriosiques : traitements spécifiques
À ce jour, il n’existe pas de traitement définitif qui permette de stopper la création d’un kyste entraîné par l’endométriose. Pour remédier aux kystes ovariens entraînés par l’endométriose, vous pouvez donc avoir recours à un traitement hormonal qui empêche les règles de survenir. Au bout de 3 à 6 mois, il peut vous proposer de faire une échographie pour vérifier si les kystes se sont résorbés et confirmer que le traitement hormonal fonctionne pour vous. Si le kyste entraîne chez vous de fortes douleurs, une infertilité, s’il pose problème pour effectuer une FIV, et/ou persiste malgré un traitement hormonal, le chirurgien gynécologue peut vous proposer de le retirer au cours d’une opération. La ponction du kyste : qui permet de le “vider” mais par de l’extraire complètement.
Kystes et fertilité
Généralement, si la taille des kystes est contenue, ils auront tendance à se résorber d’eux-mêmes, sans causer de problèmes particuliers. Cependant, dans certains cas, la future maman pourrait ressentir une sensation de gonflement et de fortes douleurs, car cette formation de liquide aura tendance à augmenter de volume dans les mois suivants de la grossesse. Dans de très rares cas, ceux qui inquiètent le plus le gynécologue, il est possible que le kyste doive se rompre, libérant le liquide qui était présent dans le sac. Heureusement, il est assez rare que les simples kystes ovariens puissent influencer la fertilité de la femme, car beaucoup de femmes enceintes présentent ce phénomène. Les kystes peuvent avoir beaucoup plus d’impact sur le bon déroulement de la grossesse elle-même. Cependant, dans la grande majorité des cas, ces kystes se résorbent d’eux-mêmes avant le deuxième trimestre.
Le principal risque des kystes provoqués par l’endométriose est celui de la difficulté à envisager une grossesse. En effet l’adhérence qu’ils peuvent créer au niveau des trompes de Fallope peut engendrer une infertilité, et lorsqu’ils grossissent, ils peuvent détruire le tissu ovarien qui les entoure.
Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Il peut entraîner des troubles de la fertilité et de la pilosité (hirsutisme), ainsi que des complications métaboliques comme le diabète de type 2, l’obésité et les maladies cardiovasculaires. À ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique.
Le SOPK est dû à un dérèglement hormonal d’origine ovarienne et/ou centrale (au niveau du cerveau). Il entraîne une production excessive d’hormones androgènes (habituellement produites en petite quantité dans l’organisme féminin) dont il résulte souvent une élévation du taux de testostérone dans le sang des femmes concernées.Le nom de cette maladie vient de sa description, effectuée dans les années 30, qui reposait sur l’observation de ce que l’on pensait être des kystes dans les ovaires des patientes. En réalité, il s’agissait de multitudes de follicules (des structures composées de plusieurs couches de cellules nourricières dans lequel baigne un ovocyte immature) dont le développement est inachevé.
Le diagnostic de SOPK est posé si deux critères sont retrouvés parmi les suivants : des troubles du cycle, une hyperandrogénie clinique ou biologique, en l’absence d’une autre maladie qui entraîne des troubles du cycle et/ou une hypersécrétion d’androgènes et, des ovaires « dystrophiques » à l’échographie.
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