Loading...

Kystes et allaitement : comprendre les causes et les implications

La découverte d'une boule dans le sein, en particulier pendant l'allaitement, peut être source d'inquiétude. Cependant, il est essentiel de comprendre que la majorité de ces masses sont bénignes. Cet article vise à informer sur les causes possibles d'une boule au sein, en mettant l'accent sur les kystes et leur relation avec l'allaitement, afin d'éviter une panique excessive et d'encourager une consultation médicale appropriée.

Identifier une masse mammaire : ce qu'il faut savoir

Une masse mammaire, qu'elle soit appelée boule, grosseur ou nodule, est souvent détectée par palpation, soit lors d'un auto-examen, soit lors d'un examen médical. Ces masses peuvent présenter différents aspects et s'accompagner de divers signes cliniques :

  • Présence d'une boule ferme qui grossit et entraîne une sensibilité accrue, surtout avant et pendant les règles.
  • Douleur mammaire possible.
  • Apparition d'un aspect peau d'orange.
  • Ganglions axillaires élargis.
  • Écoulement du mamelon.
  • Épaississement de la peau.

Il est important de noter qu'un nodule au sein peut être douloureux, notamment en cas de calcifications, mais la douleur n'est pas toujours synonyme de cancer. Au contraire, elle peut indiquer la présence d'un kyste ou d'une mastite bénigne. Chez les femmes qui allaitent, une boule au sein peut également être douloureuse en raison d'un possible engorgement du lait maternel.

Une tumeur bénigne du sein peut légèrement rouler sous les doigts à la palpation. En revanche, une boule qui semble fixée dans la poitrine peut révéler la présence d'un cancer du sein.

Causes non cancéreuses de boules au sein

Il existe de nombreuses causes non cancéreuses pouvant expliquer l'apparition de boules dans un sein, voire dans les deux. Parmi les plus courantes, on retrouve :

Lire aussi: Fertilité et kystes ovariens : la FIV

  • Nodules fibrokystiques (fibrose kystique ou mastose sclérokystique): Il s'agit de petites masses dures, fibreuses, rondes et mobiles, que l'on retrouve le plus souvent dans les deux seins. Elles peuvent être assorties de douleurs, d’écoulements, et se calcifier ou se remplir de liquide. Ces affections bénignes concernent 50% à 80% des femmes.
  • Kystes: Ce sont des tumeurs bénignes remplies de liquide, fréquentes chez les femmes de 35 à 50 ans. Ils se développent généralement sous l'influence des hormones responsables du cycle menstruel. Les kystes mammaires peuvent se trouver dans un seul ou dans les deux seins. Les kystes du sein contiennent essentiellement du liquide. Ces masses sont très majoritairement bénignes, et il est exceptionnel de les voir évoluer vers une pathologie cancéreuse.
  • Papillome intracanalaire: Il s'agit d'une masse qui se forme dans les canaux mammaires. Le symptôme le plus commun de ce trouble est l'apparition d'écoulements clairs ou sanguinolents, mais il est aussi possible de sentir une petite boule dans la zone du mamelon ou en dessous. Plus qu’une tumeur, le papillome intracanalaire est une sorte de verrue, souvent reliée au Papillomavirus (HPV).
  • Tumeur phyllode (cystosarcome phyllode): C'est une masse ronde, dure et parfois douloureuse qui se développe dans les tissus conjonctifs ou glandulaires du sein.
  • Mastites: Ce sont des inflammations du sein qui peuvent entraîner une masse discrète. La mastite est souvent d'origine infectieuse et touche plus particulièrement les jeunes patientes, notamment pendant l'allaitement. On distingue plusieurs types de mastites, dont les plus fréquentes sont la mastite typique, la mastite subaigüe, la mastite subclinique, la mastite périductale ou la mastite récurrente (avec plusieurs épisodes qui se manifestent au cours de l’allaitement du même enfant). La mastite récurrente peut être le signe d’un autre trouble sous-jacent, comme un kyste ou une tumeur du sein. La mastite périductale survient souvent chez les femmes qui ont peu ou pas allaité et il est difficile de déterminer précisément son origine. On la retrouve aussi chez les femmes âgées de 45 à 55 ans en période de périménopause. La mastite périductale touche habituellement le mamelon, mais peut aussi impacter la totalité de la glande mammaire. Lors de l’allaitement principalement, une infection bactérienne peut provoquer une inflammation du sein : c’est la mastite. Dans certains cas (rares, rassurez-vous), celle-ci finit par provoquer un abcès, autrement dit une accumulation localisée de pus.
  • Adénofibromes: Ce sont de petites tumeurs bénignes, souvent d'un diamètre allant de 2 cm à 3 cm.

Kystes et allaitement : une relation fréquente

Il n'est pas rare qu'une petite boule apparaisse dans le sein pendant l'allaitement ou lors du sevrage. Ces grosseurs peuvent avoir différentes origines et sont, dans une immense majorité des cas, sans gravité.

Engorgement

L'engorgement est une condition physiologique du post-partum précoce qui se produit au moment de la montée de lait. Il se caractérise par une congestion douloureuse des seins, accompagnée d'une augmentation du débit vasculaire et lymphatique, avec un œdème et associé à l'augmentation du volume de la sécrétion lactée. L’engorgement touche généralement les deux seins, qui sont alors tendus, lourds, sensibles et la mère peut alors sentir des boules dans son sein, qui correspondent aux lobes remplis. Le lait a plus de mal à sortir à cause de l’œdème, bébé peut avoir plus de mal à s’accrocher parce que l’aréole est œdématiée et tendue également.

Mastite

Une mastite est une inflammation du tissu mammaire, avec ou sans infection. Elle est déclenchée par une stase de lait qui s'est compliquée, un lobe qui n'est pas bien drainé. Elle touche généralement un seul sein, et la maman va décrire une zone de son sein rouge, chaud, douloureux. Ces symptômes sont accompagnés de signes inflammatoires généraux, comme un syndrome grippal : de la fièvre, des courbatures, des frissons, une fatigue.

Sevrage

Le sevrage peut provoquer un engorgement s'il est fait trop rapidement. Il est donc recommandé de prendre son temps, entre 2 à 3 semaines pour un sevrage complet sans risque d'engorgement. Tout l'enjeu va être de désengorger le sein mais sans le stimuler, l'objectif étant de sevrer bébé. En cas d'engorgement, pour évacuer le lait, il faut faire téter bébé, ou assouplir le sein par de l'expression manuelle ou du tire-lait mais sans vider le sein pour ne pas restimuler. Là encore, l'objectif va être d'exprimer le lait mais sans relancer la lactation.

Diagnostic et examens complémentaires

En présence d'une boule au sein, il est important de consulter un professionnel de santé pour établir un diagnostic précis. Plusieurs examens peuvent être prescrits :

Lire aussi: Impact des kystes ovariens et des fibromes sur l'avortement

  • Examen clinique: Le médecin procédera à une palpation des seins et des ganglions axillaires. Parlez-en à votre gynécologue ou votre médecin généraliste, lesquels pourront effectuer un premier examen clinique, notamment une palpation.
  • Mammographie: C'est une radiographie des seins qui permet de détecter des anomalies.
  • Échographie mammaire: Elle permet de déterminer si la masse est solide ou liquide. Une masse solide peut révéler la présence d'un lipome, d'un adénofibrome ou d'un cancer du sein. Une masse liquide peut, quant à elle, faire évoquer la présence d'un kyste. Une échographie mammaire peut venir compléter la mammographie, notamment pour déterminer si la masse est solide ou contient du liquide.
  • IRM (Imagerie par Résonance Magnétique): Plus rarement, une IRM pourra être prescrite pour déceler une potentielle hypervascularisation, symptomatique d’une lésion maligne.
  • Cytoponction: En présence d’un kyste notamment, une cytoponction pourra ensuite être réalisée sans anesthésie dans la salle de consultation. Il s’agit d’insérer une aiguille très fine pour retirer le liquide. Ce n’est pas très douloureux et permet, bien souvent, de résoudre le problème.
  • Biopsie: Dans certains cas, il est toutefois indispensable de prélever un échantillon de tissu pour réaliser une biopsie. La microbiopsie consiste à faire un prélèvement sur la masse suspecte.

Ces examens permettent de différencier un kyste mammaire bénin d'un cancer du sein. La palpation mammaire seule ne suffit pas à différencier un kyste mammaire bénin d'un cancer du sein. Il faut pousser les investigations et rechercher la présence d’autres signes cliniques comme un gonflement, une masse au niveau de l’aisselle, une rougeur, un écoulement… Les examens d’imagerie médicale comme la mammographie ou l’échographie mammaire sont indispensables pour catégoriser la nature d’une masse suspecte dans le sein. Une microbiopsie peut compléter ces examens.

Traitement et prise en charge

La plupart du temps, un nodule ou un kyste mammaire ne nécessite pas de traitement particulier et disparaît spontanément. Dans la plupart des cas, les kystes mammaires ne nécessitent aucun traitement et se résorbent d’eux-mêmes. Un kyste mammaire de petite taille peut disparaître spontanément sans nécessiter de traitement. Un kyste sur le sein est généralement bénin et rarement cancéreux. A priori, un kyste mammaire ne nécessite pas de traitement et disparaît spontanément. Un examen de contrôle est obligatoire dans 4 à 6 semaines après l’intervention pour vérifier que le kyste à bien disparu. Il est possible que le kyste se remplisse à nouveau.

Cependant, dans certains cas, un traitement peut être nécessaire :

  • Ponction: Une ponction des kystes volumineux et douloureux est possible afin de soulager la symptomatologie. L’adénofibrome peut se résorber spontanément ou être ôté chirurgicalement, et le kyste peut être ponctionné (vidé de son liquide) pour soulager la douleur qu’il occasionne parfois.
  • Chirurgie: La chirurgie d’exérèse du kyste n’est envisagée qu’en cas de kyste très volumineux, douloureux, gênant ou inesthétique et qui récidive malgré les ponctions.
  • Traitement médical: Selon le diagnostic, une stratégie thérapeutique, après une concertation pluridisciplinaire, doit être déterminée en fonction des caractéristiques du cancer (type, grade, caractéristiques histologiques, taille) et du profil de la patiente. Un traitement médical, en fonction des caractéristiques de la tumeur, peut être indiqué. Si la chirurgie est indiquée, un traitement conservateur est privilégié lorsqu’il est possible. Il s’agit alors d’une tumorectomie pratiquée par un spécialiste. S’il n’est pas possible de préserver le sein, une mastectomie est alors réalisée. Une reconstruction mammaire immédiate ou différée peut être proposée.

En cas de pathologie bénigne confirmée, des conseils de mode de vie peuvent être donnés (arrêter de fumer ou de boire trop de café, pratiquer une activité physique régulière pour se détendre…). La prise de pilule œstroprogestative n'est pas contre-indiquée et peut même améliorer la symptomatologie.

Surveillance et prévention

L'autopalpation mammaire est un auto-examen réalisable à la maison dont l'objectif majeur est de mieux connaître ses seins pour repérer rapidement toute lésion suspecte au niveau de la poitrine. En position debout ou assise face à un miroir, réalisez tout d'abord un examen visuel de vos seins. Après avoir observé votre poitrine minutieusement, vous pouvez commencer l'autopalpation. Palpez les seins un par un, sans trop de pression, avec le bras levé. Palpez le sein de l'extérieur vers l'intérieur avec la pulpe des doigts. Palpez également l'aisselle à la recherche de ganglions anormalement volumineux, ainsi que la zone entre le sein et l'aisselle. Enfin, pincez légèrement le mamelon à la recherche d'une rétraction, de douleurs ou d'un écoulement.

Lire aussi: Causes et traitements du kyste du cholédoque

Même si les kystes mammaires n’augmentent pas le risque de cancer du sein, la présence de kystes peut rendre plus difficile la détection de nouvelles masses mammaires ou d’autres changements qui pourraient nécessiter une évaluation par votre médecin.

tags: #kyste #et #allaitement #causes

Articles populaires:

Share: