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Grossesses gémellaires : Comprendre les risques liés à la fusion placentaire

Les grossesses gémellaires sont des événements fascinants, mais elles présentent des spécificités qui nécessitent une surveillance accrue. En France métropolitaine, environ 1,61 % des naissances sont gémellaires. Ces grossesses peuvent être dizygotes (issus de deux ovules fécondés) ou monozygotes (issus d'un seul ovule fécondé). Cet article explore les différents types de grossesses gémellaires, les risques associés à la fusion placentaire et les implications pour le suivi médical.

Types de grossesses gémellaires

Il existe deux grandes catégories de jumeaux : les jumeaux dizygotes, souvent appelés « faux jumeaux », et les jumeaux monozygotes, ou « vrais jumeaux ».

Jumeaux dizygotes

Les jumeaux dizygotes proviennent de deux ovules distincts fécondés par deux spermatozoïdes différents. Chaque embryon se développe dans sa propre poche amniotique et possède son propre placenta. Ces jumeaux sont génétiquement différents et peuvent être de même sexe ou de sexes différents. D'un point de vue génétique, ils ne sont pas plus différents que des frères et sœurs.

Jumeaux monozygotes

Les jumeaux monozygotes sont issus d'un seul ovule fécondé par un seul spermatozoïde. L'œuf unique se divise ensuite en deux embryons. Ces jumeaux partagent le même patrimoine génétique, ce qui explique leur grande ressemblance physique. Le type de grossesse (monozygote ou dizygote) est généralement déterminé par l'échographiste au début de la grossesse.

Grossesse bi-choriale bi-amniotique (Bi-Bi)

Dans une grossesse bi-choriale bi-amniotique (bi-bi), chaque jumeau possède son propre placenta (chorion) et sa propre poche amniotique. Les "faux" jumeaux sont issus d'une grossesse bi-bi. Cependant, il est important de noter que des "vrais" jumeaux peuvent également être issus d'une grossesse bi-bi si l'œuf unique se divise très tôt, donnant lieu à deux placentas distincts. Cette configuration est souvent considérée comme la moins risquée des grossesses gémellaires, bien qu'elle nécessite toujours une surveillance attentive. Elle peut se prolonger jusqu’à 40 semaines d’aménorrhée (SA).

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Grossesse mono-choriale bi-amniotique (Mono-Bi)

Dans une grossesse mono-choriale bi-amniotique (mono-bi), les jumeaux partagent le même placenta mais ont chacun leur propre poche amniotique. Ce type de grossesse est caractéristique des "vrais" jumeaux dont l'œuf s'est divisé plus tardivement, empêchant la formation de deux placentas distincts. Le partage du placenta peut entraîner des risques accrus, car cela crée une fragilité au niveau de cet organe vital. Les médecins ne prolongent généralement pas ces grossesses au-delà de 37 SA en raison du risque de dégradation précoce du placenta commun.

Grossesse mono-choriale mono-amniotique (Mono-Mono)

La grossesse mono-choriale mono-amniotique (mono-mono) est une forme rare de grossesse gémellaire monozygote. Ici, l'œuf se divise très tardivement, ne laissant pas le temps de créer deux placentas et deux poches amniotiques. Les deux bébés se retrouvent donc dans la même poche. Il s’agit d’une grossesse gémellaire à haut risque, et la grossesse n'est pas prolongée au-delà de 36 SA.

Fusion placentaire : Risques et complications

Les grossesses gémellaires présentent des risques obstétricaux et fœtaux plus élevés que les grossesses uniques, nécessitant un suivi adapté. La fusion placentaire, en particulier dans les grossesses mono-choriales, peut entraîner des complications spécifiques.

Syndrome Transfuseur-Transfusé (STT)

Le Syndrome Transfuseur-Transfusé (STT) est une complication grave qui peut survenir dans les grossesses mono-choriales, où les jumeaux partagent le même placenta. Dans ce syndrome, il existe un déséquilibre dans les échanges sanguins entre les jumeaux. L'un des jumeaux, appelé donneur, transfuse trop de sang à l'autre, appelé receveur. Le donneur peut alors souffrir d'anémie et d'un faible volume de liquide amniotique, tandis que le receveur peut développer une surcharge de liquide amniotique et une hypertension.

Le STT peut entraîner de graves complications, telles qu'une fausse couche, un accouchement prématuré, un retard de croissance et, dans les cas les plus graves, le décès d'un ou des deux jumeaux. Environ 13 % des grossesses mono-choriales sont concernées.

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Autres risques et complications

Outre le STT, les grossesses gémellaires, en particulier celles avec fusion placentaire, peuvent être associées à d'autres risques, notamment :

  • Prématurité: La présence de deux bébés augmente le risque d'accouchement prématuré (avant 37 SA).
  • Hypertension: Les grossesses gémellaires sont plus susceptibles de provoquer une hypertension chez la mère.
  • Problèmes de col de l'utérus: Le col de l'utérus est soumis à une pression plus importante en raison du poids de deux bébés, ce qui peut entraîner une modification plus rapide et un risque d'accouchement prématuré.
  • Cholestase gravidique: Il s’agit d’une pathologie hépatique liée aux hormones de la grossesse, se manifestant par des démangeaisons.
  • Anémie: Les femmes enceintes de jumeaux sont plus susceptibles de développer une anémie en raison des besoins accrus en fer.
  • Césarienne: En raison des complications potentielles, de nombreux praticiens optent pour une césarienne lors de grossesses gémellaires.

Diagnostic et suivi

Le diagnostic de chorionicité (nombre de placentas) est crucial et doit être effectué lors de l'échographie du premier trimestre, idéalement avant 14 semaines d'aménorrhée. Ce diagnostic permet de déterminer si la grossesse est mono-choriale ou bi-choriale, ce qui influence le suivi médical.

Suivi médical

Les grossesses gémellaires nécessitent un suivi médical plus rapproché que les grossesses uniques. La fréquence des consultations et des échographies dépend du type de grossesse :

  • Grossesses bi-bi: Suivi gynécologique mensuel et une échographie supplémentaire par mois.
  • Grossesses mono-bi: Rendez-vous mensuel chez le médecin et une échographie tous les 15 jours.
  • Grossesses mono-mono: Rendez-vous et échographie tous les 15 jours dans un premier temps, puis toutes les semaines à mesure que la grossesse avance.

Ce suivi rapproché permet de surveiller la croissance des fœtus, de détecter d'éventuelles complications et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé de la mère et des bébés.

Cas particuliers

Il existe des cas particuliers de grossesses gémellaires qui méritent d'être soulignés :

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  • Fusion placentaire chez les faux jumeaux: Dans de rares cas, les parois des placentas de faux jumeaux peuvent fusionner, formant un seul placenta. Cependant, leur circulation sanguine reste indépendante, et la grossesse est toujours considérée comme bi-bi.
  • Jumeaux sesquizygotes: Il s'agit d'une grossesse très rare issue d'un seul ovule fécondé par deux spermatozoïdes. Ces jumeaux partagent le même placenta et peuvent avoir une ou deux poches amniotiques. Ils partagent le même ADN maternel mais diffèrent au niveau de l'ADN paternel et peuvent être de sexes différents.

Impact psychologique et social

Attendre des jumeaux peut être source de joie, mais aussi d'inquiétude. Les futurs parents peuvent se poser de nombreuses questions sur leur capacité à élever deux enfants en même temps, sur les aspects financiers et logistiques, et sur les risques associés à la grossesse.

Il est essentiel que les parents de jumeaux bénéficient d'un soutien psychologique et social adéquat. Ils peuvent se tourner vers des associations de parents de jumeaux, des groupes de soutien ou des professionnels de la santé mentale. Il est également important de bien s'organiser, de demander de l'aide à son entourage et de ne pas hésiter à parler de ses difficultés.

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